‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 90 sur 298 · OSE · texte numérisé non relu

OSE

carie. Ces phénomènes s’accompagnent souvent de fièvre ; quelquefois même, si la suppuration est sanieuse et abondante , de fièvre hectique ; enfin , si le séquestre est très-étendu , que la suppuration ne puisse avoir lieu, le sujet peut succomber dans le marasme.

Le pronostic de la nécrose est donc quelquefois grave , surtout quand cette lésion est assez étendue, et qu’elle se manifeste chez un sujet affaibli par une affection constitutionnelle grave (scorbut, scrofules).

. Traitement. Le meilleur moyen de prévenir la nécrose, quand une plaie a déterminé un décollement de l’os , c’est de recouvrir celui-ci avec les parties molles : si on reconnaît un épanchement de pus ou de sang entre le périoste et l’os, on l’ouvrira sur-le-champ, et, le liquide étant sorti, on appliquera le périoste décollé. Quand la nécrose est déclarée, on attaquera la cause générale s’il en existe une ; et, daDS tous les cas, on attendra la mobilité du séquestre pour agir; jusque-là on se contentera de simples topiques adoucissants. Une fois la séparation effectuée , il s’agit d’enlever la portion nécrosée. Rien de plus facile quand elle est à découvert ; mais si elle est renfermée dans un os de formation nouvelle , et que son étendue soit assez considérable pour qu’elle ne puisse sortir par les clapiers de Wiedmann ( voyez plus haut ) , il faut agrandir ceux-ci , fractionner le séquestre à l’aide du trépan, ainsi que le faisait Dupuytren , et l’extraire par fragments. Ceci demande toute l’habileté d’un chirurgien exercé. On panse ensuite mollement, et après plusieurs extirpations successives, si la santé générale du malade n’est pas trop altérée, la plaie marche vers la cicatrisation.

d. L’hypertrophie des os, ou hijpérostose , se distingue de l’exostose (Y. ce mot) en ce que cette dernière forme une véritable tumeur assise sur l’os, tandis que, dans l’hypérostose, c’est l’os qui, dans sa presque totalité ou dans sa totalité, a augmenté de volume, en même temps qu’il est devenu plus dense, plus compacte. Dans l’ostéo-porose de M. Lobstein, le volume est augmenté, mais le tissu s’est raréfié, l’os est plus léger. Le traitement est celui de l’exostose.

e. D’autres fois il y a, au contraire, atrophie^résorption plus ou moins étendue de l’os. Cela arrive surtout chez les vieillards et dans les diathèses cancéreuses. Un effet de cette atrophie est de rendre les os plus fragiles; aussi se fracfurent-ils alors avec la plus grande facilité.

f. Ostéosarcome. On entend généralement par ce mot la dégénération cancéreuse des os. Quand l’affection est arrivée à un certain degré , le tissu de l’os a disparu en partie dans le point malade, et il est remplacé par une substance lardacée, fongueuse, encéphaloïde, etc., plus ou moins ramollie, offrant , en un mot , l’un des aspects si divers sous lesquels se montre le cancer. Cette maladie se manifeste par des douleurs ordinairement très-aiguës, présentant le caractère lancinant ; il y a tuméfaction et tension luisante des parties molles. Si on laisse marcher lamaladie, la peau s’ulcère, unichor sanieux s’écoule par l’ouverture, des fon gosités issues de l’os s’en élèvent; la diathèse cancéreuse se déclare , et l’individu succombe avec tous les symptômes propres à cette terrible affection (Y. Cancer ).

Le traitement général est celui du cancer; quant

au traitement local, c’est, le plus ordinairement, une opération qui a pour objet d’emporter la tumeur dégénérée , ou même, dans certains cas , le membre dans lequel elle siège.

g. Les tubercules (V. ce mot) peuvent aussi se développer dans le tissu des os; c’est à Delpech , puisa MM. Nichet et Nélaton, que l’on doit d’avoir, dans ces derniers temps, appelé sur ces lésions l’attention des praticiens. M. Nélaton nous en a surtout donné une excellente histoire , pour laquelle nous renvoyons au mot Tubercule. Disons en passant qu’il est aujourd’hui bien reconnu que le plus grand nombre des cas dits de carie vertébrale, sont fius à des tubercules développés dans les vertèbres.

h. Spina-ventosa. Dans le spina-ventosa, le point de départ est dans la membrane médullaire : c’est elle qui devient le siège d’une dégénérescence cancéreuse ; alors la tumeur anormale refoule en dehors l’os qui l’enveloppe, l’amincit et le réduit à la minceur d’une coquille d’œuf. A l’intérieur de cette tuméfaction on trouve une matière sanieuse , et une bouillie provenant de la dégénérescence cérébriforme de la moelle de l’os. — Des douleurs dans le point malade , la tension du membre , des abcès qui restent fistuleux, tels sont les symptômes ordinaires de cette maladie, qui s’observe particulièrement aux doigts des pieds ou des mains chez les sujets jeunes et scrofuleux. Le traitement qu’il convient d’appliquer est donc spécialement celui de la scrofule ; on est souvent obligé, comme dernière ressource, d’emporter l’organe malade.

i. Du reste, les os peuvent encore être le siège de diverses tumeurs, mais qui leur sont communes avec les autres parties : des anévrysme s, des kystes séreux ou hydatiques peuvent s’y développer.

k. On a beaucoup discuté sur la question du ramollissement des os, ou ostéomalacie ; mais les détails relatifs à cette question trouveront mieux leur place au mot Rachitisme. E. Beaugrand.

©schéïte ( palh. ) , s. f. On donne ce nom à l’inflammation du scrotum , ou de la peau qui recouvre les bourses. (V. ce mot.)

oschéocÈLE ( chir . ), s. f. C’est un nom donné à la hernie inguinale chez l’homme , lorsqu’elle descend jusque dans le scrotum. (V. Hernie.)

oseille (mat. méd.), s. f. (rumex acetosa) C’est une plante de la famille des Polygonées, J., hexandrie trigynie, L., et du genre rumex. Elle a été désignée aussi sous les noms de surelle , vinette, etc. On la trouve à l’état sauvage , dans les bois et les prés. Cette plante , qui est vivace , est surtout cultivée dans les jardins ; on en forme des bordures pour les plates-bandes, et les feuilles, qui commencent à pousser dès les premiers jours du printemps , persistent fort avant dans l’automne ; elles repoussent, avec une grande facilité de la racine, après qu’elles ont été plusieurs fois coupées. L’oseille , qui est à la fois une plante potagère et médicinale , n’est employée qu’à l’état frais : les feuilles sont les seules parties dont on fasse usage; elles sont considérées comme antiscorbutiques , rafraîchissantes et délayantes ; elles doivent ces propriétés à l’oxalate acide de potasse qu’elles contiennent , ainsi que beaucoup de plantes du même genre. Pendant longtemps, ce sel, qui est

OSM

Page 1