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employé dans les arts , a été retiré du sue de divers rumex ; il était d'un prix assez élevé , et connu dans le commerce sous le nom de sel d’oseille; aujourd'hui on le prépare en grand, au moyen de divers procédés chimiques. Y. Oxalique (acide).
Les feuilles d’oseille sont souvent employées comme aliment ; hachées et cuites avec les viandes, elles forment un assaisonnement avantageux qui est rafraîchissant et laxatif. Cependant, les personnes qui ont eu des affections de l’estomac , telles que gastrites et gastralgies, doivent se priver de cet aliment, qui, alors, détermine des douleurs assez vives de l’estomac. L’oseille est aussi employée comme antiscorbutique , et est mangée avec succès parles marins affectés du scorbut, à la suite de longues traversées ; elle entre également dans le jus d’herbes et dans plusieurs autres préparations. En faisant bouillir l’oseille avec d’autres plantes , auxquelles on joint quelque assaisonnement, ou prépare une boisson qui a reçu le nom de bouillon aux herbes ; elle est délayante, et est usitée comme un moyen de préparation à l’action des purgatifs. (Y. Bouillon.)
Prise habituellement, et en grande quantité, l’oseille peut avoir des inconvénients, soit en excitant vivement l’estomac, et le disposant aux gastralgies, soit en introduisant dans l’économie une trop grande proportion d’acide oxalique; elle forme alors un oxalate de chaux insoluble, qui souvent s’est déposé à l’état de gravelle ou de calcul dans la vessie/ Notre très-savant collaborateur M. Magendie a constaté l’existence d’une gravelle d’oxalate de chaux, survenue chez un individu qui, pendant un an, avait mangé chaque jour un plat d’oseille. Les accidents cessent naturellement lorsque l’on ne fait plus usage de cet aliment.
L’oseille a été aussi considérée comme un antidote du suc des plantes âcres et corrosives, telles que les euphorbes, le garou, l’arum. Missa, médecin de la faculté de Paris, éprouva un jour une tuméfaction énorme des lèvres, de la bouche et même du gosier , après avoir goûté seulement du bout de la langue la racine] de Y arum niaculatum ; aucun des moyens qu’il employa n’ayant pu amener de soulagement, il s’avisa de mâcher des feuilles d’oseille, et il fut soulagé immédiatement. Depuis, il répéta plusieurs fois cette expérience , il mâcha même du garou, et la tuméfaction, qui se manifesta d’une manière très-vive, disparut presque instantanément sous l’influence de l’oseille.
Il existe plusieurs plantes qui , sous le nom d’oseille , sont employées comme plantes comestibles; elles jouissent des mêmes propriétés : telles sont l’oseille ronde , rumex scutatus ; l’oseille rouge , rumex sanguineus ; l’oseille à trois feuilles , oxalis acetosella , etc. J. -P. Beaude.
osbsazqme (chim.) , s. f. (du grec osmè, odeur, et zômos , bouillon). On donne ce nom à une substance qui existe dans le bouillon, et à laquelle il doit son arôme. L’osmazôme, qui a été découverte par Rouelle, et étudiée par Thénard, existe dans la proportion d’un dixième environ de ! extrait sec du bouillon; on ne la considère pas comme nutritive , mais comme la partie de cet aliment qui lui donne ses propriétés toniques et exci-
tantes. L’osmazôme n’existe en notable proportion que dans les viandes faites; elle est très-peu abondante dans la chair des jeunes animaux, ce qui explique pourquoi ces viandes sont moins excitantes que les précédentes. Son absence est aussi la cause des propriétés adoucissantes et laxatives du bouillon de veau et de poulet. (V. Bouillon.) J. B. osmium. V. au Supplément.
osmose. V. Endosmose au Supplément.
osselets ( anat .), s. m. pl. On donne le non d’osselets de l’ouïe à quatre petits os qui sont ren fermés dans l’oreille, et qui sont le marteau, l’en clume, l’étrier et l’os lenticulaire. (V. Audition .)
osseux [anat.), adj. Se dit de ce qui a rapport aux os. On donne le nom de système osseux à l’ensemble de tous les os de l’économie. (V. Os.)
ossification [physiol.), s< f. On désigne ainsi le travail qui se fait dans les tissus pour leur transformation en os; l’ossification est normale ou accidentelle; la première doit s’entendre de la transformation des moules cartilagineux des os, chez les jeunes sujets, en os parfaits ; l’ossification commence dans ces cas par des points de départ qui sont constamment les mêmes, et qu’onanommés points d’ossification, et elle irradie ensuite de ces centres à la circonférence.
L 'ossification accidentelle ou pathologique se développe dans des tissus fibreux et cartilagineux qui, dans l’état normal, doivent conserver leur nature; on la voit souvent aussi se manifester dans les membranes séreuses, et surtout celles qui tapissent les grosses artères et les valvules du cœur; elles envahissent souvent toute l’épaisseur des tuniques artérielles. Ces ossifications pathologiques se manifestent surtout chez les vieillards, et elles sont le résultat du racornissement qu’éprouvent les tissus vers les derniers temps de la vie. Cesaccidents sont ordinairement la cause qui amène la mort par suite de l’extrême vieillesse (Y. Organisme). Des inflammations chroniques qui ont amené l’épaississement et l’induration de certaines parties en favorisent l’ossification, et peuvent causer des accidents plus ou moins graves, suivant les organes affectés. Les plèvres, la dure-mère et même l’arachnoïde, ont été souvent le siège de ces ossifications. (V. Os.) J. B.
ostéite [path .), s. f. Se dit de l’inflammation de la substance même des os. (V. Os.)
ostéoco^e [path.), adj. (du grec ostéon , os, et kopos , fatigue). On désigne ainsi des douleurs vives qui se manifestent dans les os, et qui se fout sentir surtout pendant la nuit. Les douleurs ostéocopes sont un des signes caractéristiques de la syphilis constitutionnelle. (V. Syphilis.)
ostéogénie [physiol.), s. f. (du grec ostéon os, et génésis , génération). On donne ce nom aù développement naturel et normal du système osseux chez les jeunes sujets. (V. Os.)
ostéozogie [anat.), s. f. On désigne par ce mot la partie de l’anatomie qui traite de la description des os.
OSTÉOSTB.ATOME. V. au Supplément.
ostéomaeaxie [path.), s. f. On désigne sous ce nom et sous ceux de Ostéomalacie et Ostéomassie, une maladie du tissu osseux qui en détermine le
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ramollissement. Cette maladie a quelquefois été confondue avec le rachitis. V. Os et Rachitisme.
OSTÉOMYÉLITE ( path .), s. f. C est l’inflammation de la moelle des os, ou mieux de la membrane qui sécrète cetle moelle. V. Os (maladies des).
ostéosarcome ( chir .). s. m. (du grec ostéon, os, et sarx, génit .,sarcos, chair). C’est une maladie qui détermine une augmentation considérable du volume des os, en même temps qu’elle en transforme et ramollit le tissu. La plupart des auteurs ont regardé cette maladie comme analogue aux cancers qui affectent les autres tissus. V. Os (maladies des.)
OTALGiE [méd.], s. f. (de ows, d?os, oreille, et algos, douleur). C’est une douleur vive de l’oreille, dont la cause paraît être purement nerveuse. V. Oreille (maladies de 1’.)
©tirrhée OU oïoekhée {path.), s. f. (de ous, ôtos , oreille, et rhéô , je coule). C’est un écoulement puriforme qui a lieu par le conduit auditif ; cet écoulement est ordinairement le résultat d’une otite chronique ou d’une carie des parties osseuses de l’oreille. V. Oreille (maladies de 1’.)
otite ( mèd .), s. f. On donne ce nom à l’inflammation de l’oreille. (V. ce mot.) ouïe ( physiol. ), s. f. (V. Audition .) oeraqee ( anat .), s. m. On désigne ainsi un conduit qui, dans le fœtus, se rend de la vessie dans une des vésicules du cordon ombilical; l’ouraque, qui s’oblitère et qui prend la forme d’un cordon vers la fin de la vie fœtale, avait fait croire à quelques anatomistes que ce n’était qu’un cordon destiné à soutenir la vessie ; mais, si l’on considère que chez certains animaux l’ouraque est un véritable conduit qui communique avec l’allantoïde, et que chez l’homme on a vu des cas de monstruosité dans lesquels des individus parvenus à l’âge adulte n’avaient jamais rendu leurs urines que par l’ouraque, toute autre voie n’existant pas, il sera difficile de se refuser à admettre que, dans les premiers temps de la vie fœtale, l’ouraque ne soit un véritable conduit. (V. Ovologie.) J. B.
ovaires [anat.), s. m. pl. (de ovum, œuf). Les ovaires font partie des organes génitaux de la femme; ils sont parenchymateux, de forme ovoïde, aplatis latéralement, d’unenuancerougepâle, offrant à peu près le volume d’un petit œuf de pigeon. On les a nommés les testicules de la femme ( testes muliebrei), et quelques analogies de fonctions justifient cette désignation. Ainsi, le testicule (V. ce mot) est l’organe qui, chez l’homme, fournit le sperme, matière fécondante dans l’acte de la génération ; l’ovaire fournit chez la femme le petit œuf qui, fécondé, doit constituer le nouvel être. (Y. Ovologie.)
Les ovaires sont situés de chaque côté de l’utérus, enveloppés dans ces replis du péritoine qu’on nomme ligaments larges, et dont ils occupent l’aileron postérieur. Chez les jeunes filles ces organes sont peu volumineux ; à l’époque de la puberté ils augmentent de volume, et présentent alors les dispositions anatomiques qui leur font jouer un si grand rôle dans la physiologie de la femme, et dont le secret n’a été réellement découvert que depuis quelques années par M. Négrier, d’abord, puis par MM. Gendrin, Pouchet (de Rouen), Bischoff, Raciborski, etc. Vers l’époque dont nous parlons apparaissent dans l’ovaire de petites poches à parois
transparentes , nommées vésicules de Graaf , renfermant un liquide séreux , au sein duquel nage l’ovule (V. Ovologie). Chaque mois, et d’une ma nière régulière, une de ces vésicules arrive en quel que sorte à maturité, se rompt , laisse échapper ut ovule qui se rend dans l’utérus , d’où il est sans doute expulsé par les voies génitales. L’excitation éprouvée par l’ovaire, au moment de ce travail, se transmet sympathiquement à l’utérus, et provoque l’éruption menstruelle. Ainsi, ce n’est pas, comme on l’avait cru jusqu’à ce jour, l’action d’un coït fécondant qui détermine la descente de l’œuf ; celte sorte de ponte a lieu mensuellement, chez les vierges aussi bien que chez les femmes mariées. Les cicatricules , connues des anatomistes sous le nom de corps jaunes (corpora lutea), que laissent après elles les vésicules rompues , ne sont donc pas l’indice de la fécondation, mais seulement des époques menstruelles. Ces observations expliquent pourquoi la fécondation a lieu si facilement à l’époque des règles; c’est qu’alors le sperme agit sur l’ovule déjà descendu dans la trompe de Fallope ou même dans l’utérus.
Dans la vieillesse, les ovaires se flétrissent et s'atrophient en quelque sorte. Pour compléter ces détails anatomiques, voyez le mot Matrice.
O v axbes (Maladies des) . — Elles sont assez nombreuses, et quelques-unes offrent un grand intérêt.
1° Inflammation des ovaires [ovarile, oophoritis). Cette affection existe rarement seule ; presque toujours elle accompagne ces graves phiegmasies du petit bassin que l’on observe à la suite des couches, et qui comprennent l’utérus, les ligaments larges et le tissu cellulaire qui double ceux-ci. On cite cependant des observations qui prouvent que l’ovarite peut se développer isolément.
Lorsque l’inflammation a existé à l’état aigu, et que le sujet est mort peu de temps après l’apparition des premiers symptômes , on trouve l’ovaire rouge, infiltré de sang, tuméfié, et plus dense et plus friable qu’à l’état normal : la tuméfaction est telle , que, dans certains cas, l’organe acquiert en quelques jours le volume du poing. Plus tard on rencontre une sécrétion purulente , dont le produit se montre à différents états, suivant le degré plus ou moins avancé de la maladie. D’abord le pus est simplement à l’état d’infiltration ; plus tard, il est réuni en petits foyers , puis en abcès. Dans certains cas, l’ovaire formait une vaste poche contenant une grande quantité de liquide. Cet abcès peut s’ouvrir dans le péritoine, et occasionner une péritonite mortelle. Un cas plus heureux est celui où la poche devient adhérente à l’un des organes creux voisins (l’utérus, ia vessie, le vagin, une anse intestinale, etc.), s’ouvre dans leur cavité, et se vide ainsi à l’extérieur.
La cause la plus commune de l’ovarite est certainement l’état puerpéral (V. ce mot). Quelquefois, cependant, l’ovarite se montre à la suite d’une phlegmasie développée dans le voisinage, un phlegmon du bassin, une vaginite, une blennorrhagie, etc. On l’a vue succéder à des excès vénériens, etc.
Le diagnostic a été surtout étudié avec soin par le docteur Leroy d’Etiolles. Voici les résultats auxquels il est arrivé (séance de l’académie de médecine, 1er septembre 1840) : la douleur dans l’ovarite est plus vive que dans l’inflammation du péritoine; elle est bornée aux flancs et aux lombes; elle estten-
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siveet expulsive à la fois. La pression sur l’abdomen, si sensible dans la péritonite , est supportable dans l’ovarite ; la tympanite apparaît presque au début , . et distend énormément le ventre : le pouls n’est pas serré, petit, fréquent comme dans la péritonite ; il est même à peine fébrile ; la face , au lieu d’être grippée comme dans les autres phlegmasies sousdiaphragmatiques , est au contraire animée. A ces symptômes, on peut joindre la présence d’une tumeur douloureuse dans l’une des deux fosses iliaques.
Si la phlegmasie ne se termine point par résolution, qu’il y aitun abcès, nous avons vu qu’il pouvait se faire jour soit dans le péritoine, soit dans un organe voisin. Ce second cas est de beaucoup le plus favorable à la malade. Enfin, à l’ovarite aiguë peuvent succéder des dégénérescences de différentes formes, ou l’état chronique.
Dès le début, un traitement antiphlogistique, plus ou moins énergique suivant la force des sujets, doit être mis en usage. Beaucoup de médecins vantent les frictions mercurielles. M. Leroy d’Étiolles affirme avoir retiré d’excellents résultats des purgatifs . Après la période aiguë, M Velpeau assure s’être parfaitement bien trouvé des vésicatoires volants pour résoudre l’engorgement. Quand l’abcès s’est formé, il faut tâcher de lui donner issue artificiellement ; si l’on craint que des adhérences ne se soient pas encore formées entre la poche ovarique et les parties voisines , la potasse caustique sera d’un grand secours. L’état chronique exige l’usage des fondants, des bains minéraux, etc.
2® Lésions organiques. L’ovaire peut devenir le siège de diverses dégénérescences, telles que le cancer, le tubercule, lamélanose, etc. Il s’y forme souvent aussi des kystes, dont il a été parlé avec détail au mot Ilydropisie; nous n’y reviendrons donc pas.
Déplacements, hernies de l'ovaire. Les ovaires sont sujets à différentes sortes de déplacement. Ils peuvent alors devenir adhérents aux parties avec lesquelles ils ont contracté de nouveaux rapports. D’ après les observations de la savante madame Boivin [Recherches sur une des causes les plus fréquentes et les moins connues de l'avortement ) , ils deviennent surtout adhérents aux trompes, à l’utérus, au rectum, au colon, etc. De ces déplacements résultent divers troubles fonctionnels dont on n’a le plus souvent la clef qu’après la mort de la malade. Enfin, l’ovaire peut faire hernie , soit par le canal inguinal, c’est le cas le plus fréquent; soit par le canal crural , soit par le vagin, etc. Le diagnostic est ordinairement fort difficile, surtout quand il y a en même temps hernie des intestins ou de l’épiploon. La réduction et l’opération dans le cas d’étranglement n’offrent rien de bien spécial , et qui ne rentre dans les indications ordinaires aux hernies , mais surtout aux épiplocèles. J. -P. Beauee.
©vâx. 33 (anat.) , adj. On donne le nom de fosse ovale à une dépression qui existe en dedans de l’oreillette droite , dans la cloison qui la sépare de l’oreillette gauche, et qui indique l’endroit où existait chez le fœtus le trou de Botal qui faisait communiquer ensemble les cavités droite et gauche du cœur. (V. Cœur Circulation.) — On a donné aussi le nom de trou ovale au trou sous-pubien ou obturateur. (V. ce mot.) — Il existe au sphénoïde un trou qui donne passage à la troisième branche du
nerf trifacial, et qui, à cause de sa forme, a reçu le nom de trou ovale. J. B.
ovakite ( méd .), s. f. C’est l’inflammation des ovaires. Y. ce mot.
oviiïïjcte (anat.), s. m. (de ovum, œuf, et ducere, conduire). On donne quelquefois ce nom à la trompe de Fallope , parce qu’elle sert à conduire l’ovule de l’ovaire dans la matrice, où il doit se développer pendant la gestation. (Y. Génération.)
ovipahe (physiol . ) , s. et adj. Nom donné à toutes les espèces animales qui se reproduisent eu émettant leurs œufs au-dehors , avant que le fœtus soit développé; tels sont les oiseaux , presque tous les reptiles , et les insectes. On donnait à ces espèces le nom d’ovipares, par opposition à celles qui mettent leurs petits au jour lorsqu’ils ont acquis un développement déjà avancé. On désignait aussi sous le nom $ ovovivipares les espèces dont les œufs éclosaient dans le ventre de la mère , telles que les vipères. L’expression d’ovipare doit être restreinte seulement au cas que nous avons d’abord établi , car aujourd’hui il est prouvé que tous les animaux ont pour point de départ un œuf, et qu’il n’y a de différence entre les diverses espèces que dans l’instant de la séparation de la mère. (V. Ovologie , Génération et Organisme.) J. B.
©VOE.OGIE (physiol.), s. f. (du grec ôon, œuf, et logos, discours); histoire de l’œuf. Or, sous le nom d 'œuf, on désigne un corps qui se forme dans les ovaires des femelles de certains animaux, et qui renferme les éléments du nouvel être susceptible de se développer, si la fécondation a lieu. L’ovologie est cette partie de la physiologie qui traite du développement de cet œuf, qui nous fait connaître son organisation intime, qui le suit dans les modifications qu’il subit après la fécondation, et dans les changements successifs qu’éprouve le germe jusqu’à son entier accroissement.
Je regrette beaucoup que les étroites limites qui me sont imposées m’interdisent les développements que comporterait cette vaste et intéressante question. Je me bornerai donc à esquisser à grands traits les circonstances les plus importantes de l’évolution de l’œuf dans l’espèce humaine, renvoyant les personnes désireuses de plus amples détails à l’article OEuf que j’ai publié dans le Dict. de méd., ou Répertoire général des sciences médicales, t. xxr.
A la surface de l’ovaire ( V. ce mot ) on voit de petites cellules ou vésicules enchâssées comme des perles dans la substance de l’organe. Ces vésicules (nommées vésicules de Graaf) contiennent un liquide transparent dans lequel flotte un petit corps sphéroïdal ; c’est l’ovule, La production de ce petit corps précède manifestement la fécondation. Il y a plus, c’est qu’il n’est point besoin de l’acte fécondant pour qu’une vésicule vienne à se rompre et à laisser échapper i’ovulè qu’elle renferme. Ce phénomène se manifeste tous les mois d’une manière régulièrement périodique, chez les femmes pubères, vierges ou non, et constitue la cause réelle de la congestion utérine qui produit le flux mens truel. Mais quand l’acte générateur a eu lieu, l'ovule qui s’échappe, ou qui déjà s’était échappé de la vésicule rompue, devient apte à se développer.
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On aindiqaé, aux mots Génération et Grossesse, comment l’ovule pénétrait dans l’utérus par les trompes de Failope, ou bien restait dans ces conduits , ou bien enfin tombait dans l’abdomen , circonstances d’où résultent les différentes sortes de grossesse intra ou extra-utérine. Combien faut-il de temps, dans les conditions ordinaires de la fécondation, pour que l’ovule accomplisse son trajet de l’ovaire à l’utérus? Chez les mammifères, la durée paraît être en raison de la durée de la gestation, et çn constituer la septième partie. Mais on ne sait rien de précis à cet égard, surtout pour l’espèce humaine.
L’histoire de l’œuf, dans laquelle nous allons actuellement entrer, comprend deux parties fort distincte, l’étude des annexes du fœtus et l’étude du fœtus lui-même. Notre article sera donc partagé en deux sections.
§ I. Des enveloppes et des annexes du fœtus. — C’est particulièrement à l’ensemble des membranes dans lesquelles le fœtus est renfermé comme dans une poche, que l’on donne le nom d’œuf. Considérées dans leur réunion, ces membranes ont d’autant plus d’ampleur, d’épaisseur et de pesanteur, relativement au fœtus, que celui-ci est plus rapproché de l’époque de sa formation. A partir du troisième mois un rapport inverse s’établit. Ces membranes, qui sont au nombre de trois , vont d’abord fixer notre attention.
1° Membrane caduque. L’observation et les expériences démontrent qu’à la suite d’un coït fécondant l’utérus éprouve une excitation spéciale qui détermine, dans sa cavité, la sécrétion d’une matière séro-albumineuse qui ne tarde pas à se concréter, et forme ainsi une couche continue qui tapisse: la surface interne de l’organe. C’est cette membrane que l’on nomme caduque { épichorion de Chaussier, pèrione de M. Breschet) : elle précède la descente de l’œuf. Ainsi, lorsque ce dernier arrive dans la matrice, il trouve fermé l’orifice de la trompe qui lui a servi de canal, et, pour pénétrer dans la cavité au sein de laquelle il doit se développer, il refoule devant lui la portion de caduque qui lui bouche le passage. Cette portion, repoussée de la sorte, s’accole à sa surface, et devient le feuillet fœtal ou la caduque réfléchie. A mesure que l’œuf fécondé augmente de volume, ce feuillet fœtal s’élargit, s’amincit, et finit par de venir contigu au feuillet extérieur qui est resté accolé aux parois de l’utérus. Enfin, vers le quatrième mois, la portion réfléchie a presque complètement disparu.
Les fonctions de la membrane caduque sont d’unir l’œuf à l’utérus , en circonscrivant le placenta aux limites duquel cette membrane s’arrête , et de concourir ainsi à fixer l’ovule fécondé sur un point déterminé des parois utérines.
2° Le chorion , membrane moyenne de Haller, endochorion de Dutrochet, forme l’enveloppe la plus extérieure de l’ovule. 11 me paraît très-probable, d’après ce que l’on observe chez les batraciens et les oiseaux , que l’augmentation du volume de l’ovule, pendant son passage au travers de la trompe de Failope, est due à une sorte d’exsudation muqueuse dont il s’enveloppe, et qui constitue la trame élémentaire des villosités qui recouvrent toute la surface de l’ovule peu après sa pénétration dans l’utérus. — Par sa face externe, le chorion est en rapport avec le feuillet réfléchi de la membrane ca-
duque, à l’exception du point par lequel l’ovule est resté adhérent aux parois de l’utérus, et où doit se former le placenta. Par sa face interne, il répond, pendant les premiers temps, à un intervalle qui le sépare de Vamnios, ou tunique interne. A mesure que le fœtus avance vers l’époque de la parturition, on voit le chorion s’amincir et s’accoler davantage à la caduque et à l’amniospar un tissu filamenteux très-court et très-délié. Au niveau, du placenta, il est appliqué à la face fœtale de cette masse vasculaire jusqu’à l’insertion du cordon ombilical, sur lequel il se réfléchit, pour s’arrêter enfin à l’ombilic.
Le chorion est une membrane d’apparence celluleuse, dépourvue de nerfs et de vaisseaux : plusieurs observateurs lui refusent les attributs de l’organisation.
3° L 'amnios est la membrane interne de l’œuf. Elle contient un. liquide d’abord limpide et séreux , plus tard lactescent, visqueux etmêlé de flocons, au sein duquel l’embryon est plongé. L’amnios paraît être, dans l’origine, une partie intégrante de l’embryon, dont Use trouve ultérieurement isolé de plus en plus, à mesure que l’œuf se développe et que la quantité du liquide amniotique augmente. Dans les trois premières semaines l’amnios est ‘toujours séparé du chorion par un intervalle rempli de liquide, intervalle qui est assez considérable par rapport au volume de l’œuf, mais qui s’efface de plus en plus jusqu’au quatrième mois : à cette époque l’amplitude toujours croissante de l’amnios, par l’accumulation du liquide qu’il contient, met cette membrane en contact avec le chorion par tous les points de sa surface, et l’y fait adhérer.
Il résulte des recherches de Velpeau que, pendant les quinze premiers jours de la gestation, cette membrane n’a de rapports qu’avec la portion embryonnaire du cordon ombilical, sur lequel elle se replie à son point d’immergence dans l’embryon , et auquel elle forme ensuite une gaine à mesure que les vaisseaux ombilicaux s’allongent en s’implantant sur le chorion. La continuité de l’amnios avec l’épiderme du fœtus est très-vraisemblable.
Les eaux de l’amnios entretiennent l’isolement des parties extérieures de l’embryon et du fœtus , avant que la peau soit recouverte de l’enduit sébacé dont nous parlerons plus tard : elles le garantissent des chocs extérieurs, favorisent ses mouvements et son accroissement , en forçant l’utérus à se développer régulièrement autour de l’œuf. Ce liquide sert encore à l’accouchement, en déterminant la dilatation du col et en lubrifiant le vagin . Nous verrons plus tard si ce liquide sert à la nutrition dü fœtus, comme beaucoup d’auteurs l’ont pensé.
4° Le placenta ou délivre , est une masse molle, spongieuse, formée essentiellement de vaisseaux sanguins, et qui constitue la principale connexion de l’œuf avec l’utérus. Je pense, avec Velpeau, que le développement du placenta coïncide avec la pénétration de l’ovule dans l’utérus ; évidemment les villosités du chorion en sont les premiers rudiments. Suivant l’auteur que je viens de citer, ces villosités ne peuvent être comparées, dans l’origine, qu’au chevelu des racines des plantes, et n’absorbent d’abord les éléments nutritifs que par un simple effet de capillarité : il ne s’y développe des vaisseaux qu’après la. troisième semaine. Ces vaisseaux rudimentaires s’accroissent successivement, s’allongent;