GOT
Tablettes de guimauve. Pr. poudre de guimauve, 60 grammes ; sucre pulvérisé, 500 grammes ; Somme adraganthe, 4 grammes; eau, s. q.
Tablettes d’ipëcacuanha. Pr. poudre d’ipécacuanha, 100 grammes; sucre très-blanc, 4,700 grammes; gomme adraganthe, 60 grammes; eau de fleurs d’oranger, 400. Faites des tablettes de 6 décigrarames, qui contiendront chacune 1 centigramme 25 (un quart de grain) de poudre d’ipécacuanha.
Tablettes de magnésie. Pr. magnésie carbonatée, 80 grammes; sucre en poudre, 500 grammes; gomme adraganthe entière, 10 grammes; gomme arabique en poudre, 10 grammes; eau de fleurs d’oranger, 80 grammes. Formez des tablettes du poids de 8 décigrammes, qui contiendront chacune 1 décigramme de magnésie carbonatée.
Tablettes de soufre. Pr. soufre lavé, 60 grammes; sucre pulvérisé, 480 ; gomme adraganthe, 8 grammes; eau de roses, 60 grammes. Faites des tablettes de 1 gramme.
Tablettes de baume de Tolu. Pr. baume de Tolu sec, 30 grammes ; alcool à 36°, 30 ; eau distillée, 60 grammes ; gomme adraganthe, 5,3 ; sucre en poudre, 500 grammes.
Dissolvez dans une fiole le baume de Tolu dans l’alcool ; ajoutez l’earu distillée ; chauffez au bainmarie pour fondre la résine précipitée ; filtrez la liqueur , et faites-en un mucilage avec la gomme adraganthe préalablement humectée avec un peu d’eau ; alors incorporez- y le sucre et formez des pastilles de 8 décigrammes.
Tablettes de Vichy. Pr. bicarbonate de soude, 100 grammes; sucre en poudre, 1,900 grammes; gomme adraganthe, 12 grammes; eau pure, 96 grammes. Faites des tablettes de l gramme dont chacune contiendra 5 centigrammes de bicarbonate de soude. Yée ,
Membre de la Société de Pharmacie.
patate [bot.), s. f. ( convolvulus batatas, L .); patate douce, patate sucrée, patate de Malaga. On donne ce nom à une plante du genre convolvulus qui est originaire de l’Amérique du Sud, et dont les racines donnent des tubercules analogues à ceux de la pomme de terre. Ces racines sont allongées, tubéreuses et charnues ; leur intérieur présente une chair de couleur blanche, rouge ou jaune; elles sont abondantes en fécule, et, par conséquent, très-nourrissantes; aussi servent- elles à l’alimentation de presque toutes les peuplades de l’Amérique du Sud.
Les patates sont un peu sucrées et présentent le goût du fond d’artichaut lorsqu’il est cuit ; on les mange dans nos colonies et dans toute l’Amérique , soit dans les ragoûts , soit cuites sous la cendre ou dans l’eau; c’est un aliment bon et nourrissant, mais qui est moins estimé en Europe que la pomme de terre ; celle-ci est d’un goût plus agréable, d’une culture facile, et d’une production beaucoup plus considérable. La patate a été cultivée dans les contrées chaudes de l’Europe, et surtout aux environs de Malaga, où elle réussit, dit-on, très-bien. Dans le midi de la France, on a fait des essais de culture qui ont eu d’assez bons résultats ; on peut la cultiver même dans le climat de Paris , mais elle n’y fleurit pas, et ne peut être reproduite que par ses uhercules. Les feuilles de patates se mangent cui-
tes comme les épinards ; on prépare au Brésil et à Java une boisson alcoolique par la fermentation des tubercules. J. B.
tâtes (pharm .), s. f. p. On donne ce nom à des médicaments d’une saveur agréable , qui doivent leur consistance à la gomme et" au sucre dissous et rapprochés jusqu’au point convenable pour pouvoir être coupés par petits morceaux , que l’on laisse fondre dans la bouche pour calmer la toux dans les rhumes et autres maladies des bronches et de la poitrine.
Les conditions communes de la bonne préparation des pâtes sont d’abord le choix des gommes , qui doivent être complètement solubles et parfaitement débarrassées des corps étrangers qui adhèrent à leur surface ; elles seront ensuite concassées et dissoutes à froid , autant que possible. La solution passée sera laissée en repos pendant quelques heures pour faire déposer le sable fin qui adhère toujours à la gomme , quelque soin qu’on prenne de la nettoyer , et qui craque désagréablement sous la dent dans la pâte , lorsqu’on n’a pas pris cette précaution. Les solutionsde gomme destinées à la préparation des pâtes transparentes doivent être filtrées à la chausse, sans expression aucune.
Pâte de guimauve. Prenez gomme arabique blanche, 500 grammes ; sucre blanc, 500 ; eau de fleurs d’oranger, 60; blancs d’œufs, n. 6. Faites dissoudre la gomme et le sucre dans suffisante quantité d’eau , évaporez avec précaution jusqu’à consistance de miel épais ; alors , introduisez les blancs d’œufs battus avec l’eau de fleurs d’oranger, jusqu’à ce qu’ils soient réduits en mousse trèsblanche, et terminez la préparation de la pâte en la battant vivement avec la spatule, jusqu’à ce qu’elle n’adhère plus au dos de la main ; coulez-la alors dans des boites de fer-blanc saupoudrées d’amidon. On a depuis longtemps supprimé de la formule de cette pâte la décoction de guimauve , qui lui donnait une saveur désagréable sans rien ajouter à sa propriété.
Pâte de jujubes. Prenez jujubes, 500 grammes; gomme arabique, 3,000 ; sucre blanc, 2,500 ; eau de fleurs d’oranger, 190. Faites une décoction avec les jujubes et suffisante quantité d’eau; passez, ajoutez le sucre et clarifiez au blanc d’œuf. Réunissez alors ce sirop à la solution de gomme, évaporez à consistance d’extrait mou, mêlez-y l’eau de fleurs d’oranger , et placez le tout dans le bain-marie d’un alambic qui sera chauffé à l’eau bouillante pendant une heure ; enlevez la pellicule qui se sera formée à la surface, et coulez la pâte bien claire et transparente dans des moules de fer-blanc , trèslégèrement frottés d’huile d’amandes douces. Ces moules seront portés à l’étuve, où la pâte achèvera de prendre la consistance convenable.
Pâte de lichen d’Islande. Prenez iichen d’Islande, 500 grammes ; gomme arabique , 2,500 ; sucre, 2,000. Lavez le iichen à l’eau bouillante , faites ensuite avec de nouvelle eau une décoction prolongée que vous passerez , et à laquelle vous ajouterez le sucre et la gomme préalablement dissous avec la précaution indiquée. Évaporez alors en agitant continuellement jusqu’à consistance convenable, et coulez sur un marbre saupoudré d’amidon.
PAT
PAU
Pâte de réglisse. Preaez suc de réglisse , 95 grammes ; gomme arabique, 1,500 ; sucre blanc, 1,000; extrait d’opium, 1 ; faites dissoudre à part i’extrait d’opium et le suc de réglisse, passez et ajoutez le sucre et la solution de gomme ; terminez alors la pâte de la manière indiquée pour celle de lichen. Le Codex ne fait pas aromatiser ces deux pâtes ; elles sont pourtant beaucoup plus agréables et non moins efficaces , lorsqu'on y a ajouté, vers la fin de l’évaporation , un peu d’eau de fleurs d’oranger ou de teinture de baume de Tolu. Pâte arséniale. (V. au Suppl.) Vée.
pathétique ( anat .), adj. et s. Nom donné a la quatrième paire de nerfs qui naît derrière la partie postérieure des tubercules quadrijumeaux, etse distribue vers l’angle interne de l’œil au muscle grand oblique, ce qui a fait donner à ce muscle le nom de pathétique. Le sentiment qu’exprime l’oeil, lorsque le muscle se contracte, a donné lieu a ladési gnation du nerf qui lui communique le mouvement.
pathognomonique [pathol.), adj. (du grec pathos, maladie, et gnosis, connaissance); sa dit des signes caractéristiques d’une maladie.
pathologie, s. f . , du grec pathos, maladie, et logos , discours. On désigne sous ce nom la partie de la médecine qui traite de la connaissance des maladies La pathologie est divisée en pathologie interne , ou médecine proprement dite, et pathologie externe, ou chirurgie. Sous la première désignation, on comprend généralement toutes les maladies qui affectent les organes internes, et dont les causes sont générales ou cachées ; sous la seconde, on range toutes les maladies qui affectent les organes extérieurs, ou dont les effets apparaissent à nos yeux. Cette division, qui est tout arbitraire , n’existe pas d’une manière aussi tranchée dans la nature , et ce n’est que par un accord tacite, mais qui n’a pas de bases exactes, que l’on a divisé ces deux parties de la médecine, dont les limites sont loin d’être bien tracées; aussi, quoique souvent divisées dans la pratique, ces deux branches sont-elles confondues dans l’enseignement, puisqu’on exige la connaissance de ces deux parties d’une même science de la part des hommes qui se destinent à l’exercice de la médecine et de la chirurgie.
La pathologie générale est cette partie de la médecine qui traite des généralités propres aux maladies, à leurs causes, à leurs symptômes, à leur traitement, sans applications spéciales à l’une desbranches dont nous venons de parler. On a désigné dans ces derniers temps sous le nom de patholoyie spéciale, ou de spécialités, l’enseignement et la pratique de la médecine qui ne s’appliquait qu’à un ordre de maladies donné; mais nous devons dire ici que la pathologie spéciale ne peut être, quant a son étude, que le complément de l’ensemble de toutes les études médicales. (V. Médecine, Chirurgie .)
pathologique, adj., qui a rapport à la maladie. On dit des signes pathologiques, des phénomènes pathologiques , pour indiquer les symptômes d’une maladie; la maladie elle-même est un état pathologique.
patience {mat. méd .), s. f. ( rumex patientia). Plante du genre rumex, de la famille des polygonées, J., hexàndrie trigynie. Cette plante, qui est
herbacée, ainsi que toutes celles qui composent le genre rumex, a une racine vivace, pivotante, grosse comme le pouce ou environ, fusiforme, quelquefois rameuse; eile est inodore , noire en dehors, et jaunâtre en dedans , avec une ligne rose près de l’écorce; son goût est d’abord fade, puis amer et styptique. La patience croît abondamment dans nos lardins, dans les pâturages, et autour des habitations. Sa racine est la seule partie de la plante qui soit employée en médecine; elle sert de base à des tisanes qui sont très- fréquemment employées, surtout dans les hôpitaux , où on l’associe souvent à la bardane et à la réglisse. Sa décoction, dont l’amertume n’est pas désagréable, est colorée en rouge, et elle communique quelquefois cette couleur aux excréments, ce qui souvent a fait croire à des flux de sang.
La patience s’emploie à la dose de 30 gram. sèche, et de 60 gram. fraîche, en décotiou dans un litre d’eau; on l’emploie comme tonique et apéritive dans les affections atoniques de l’estomac et du canal intestinal; elle est également usitée dans les maladies de la peau, l’engorgement des viscères. Arétée la prescrivait dans l’éléphantiasis. Pilée avec uu corps gras, on l’employait dans le traitement de la gale. Deyeux dit avoir trouvé du soufre libre dans cette racine, ce qui explique sans doute ses propriétés antipsoriques.
Plusieurs autres rumex sont désignés sous le nom de patience : I e rumex crispus, patience crépue ou frisée; le rumex aquaticus , grande patience; le rumex obtusifolius, sont employés indistinctement pour remplacer la patience; ils ont des propriétés analogues. Les feuilles du premier sont, dit-on, mangées dans certains pays sous le nom d’épinards immortels. J. B.
PAUME 2>E LA MAIN. (V. Main.)
paupières (anat. et ^afA.),s.f.pl.Voiles mobiles destinés à protéger les globes oculaires, elles ont une forme presque demi-circulaire , se réunissant en dedans et en dehors par une double commissure; ce sont les angles de l’œil. — Les paupières sont d’inégale dimension en hauteur; la paupière supérieure est plus large et plus mobile. Les rides transversales sont manifestes lorsque les yeux sont à découvert, elles augmentent avec l’âge; à la commissure externe, ces rides se confondent avec la peau des tempes, et prennentlenom vulgaire Ae patte d’oie.
La face interne des paupières est tapissée par une membrane muqueuse qui porte le nom de conj^ncrive ; elle est en contact avec le globe oculaire luimème; elleest toujours lubréliée par une vapeurhumide qui empêche la sécheresse de l’œil et favorise le glissement des paupières. La jonction despaupières, pendant l’occlusion de l’œil, met leur bord libre eu contact. Celui de la paupière supérieure, disposé eu biseau, favorise le cours des larmes, qui, sécrétées par la glande lacrymale placée à l’angle externe dé l’orbi'te, se rendent dans les points lacrymaux à l’angle interne des paupières. Les deux points ne se touchent pas pendant l’occlusion des paupières, ce qui nuirait au rôle de syphon que les points lacrymaux remplissent : le supérieur est donc un peu plus en dehors que l’inférieur.
Les follicules de Méïbomius, disposés symétriquement le Innydu bord libre de chaque paupière,
PAU
PAU
sécrètent cette humeur onctueuse connue sous le nom de chassie. Les cartilages tarses , qui servent de squelette aux paupières, logent les follicules sécréteurs,mais beaucoup plus près de la lèvre interne du bord libre que de la lèvre externe. Un feuillet aponévrotique ou fibreux part du cartilage tarse pour aller s insérer au pourtour osseux de l’orbite. Par leur face antérieure , lisse et convexe , ces cartilages sont en rapport avec le muscle palpébral, et leur face postérieure présente les sillons qui reçoivent les glandes folliculaires.
Les paupières sont pourvues de deux muscles, le palpébral ou orbiculaire, qui est commun aux deux paupières, et le releveur , particulier à la paupière supérieure. Enfin, il est encore un très-petit muscle, muscle de Horner , situé à la base des points lacrymaux, et qui est l’accélérateur du cours des larmes.
Il va sans dire que des vaisseaux de diverses espèces et des nerfs entrent dans la composition anatomique des paupières. Le tissu cellulaire de ces régions est très-lâche, il se laisse distendre et infiltrer très-facilement. Une particularité essentielle, c’est une absence complète de substance graisseuse pendant toutes les périodes de la vie, circonstance nécessaire pour que les paupières ne soient jamais gênées dans leurs mouvements par un obstacle permanent.
La peau des paupières est lisse et fixe; sur son bord libre, sont implantés les cils, beaucoup plus longs à la paupière supérieure qu’à l’inférieure, et beaucoup plus abondants près del’angleexterne; ils cessent même dans le voisinage de la caroncule lacrymale à l’angle interne de l’œil.
Les fonctions des paupières sont donc de protéger les globes oculaires, de maintenir leurs surfaces incessamment lubrifiées, et de diriger les larmes, qui ne sont pas la seule ressource qui entretient l’humidité au-devant des yeux. C’est ainsi que se trouve modérée l’impression d’une lumière trop vive, et que ces organes sont préservés du contact des corpuscules qui voltigent dans l’air.
Maladies des paupièbes, — Ces voiles protecteurs renfermant dans leur composition anatomique un très-grand nombre de tissus, sont, par la même raison, exposés à toutes les maladies qui peuvent atteindre ces tissus situés dans d’autres régions de notre corps.
La laxité du tissu cellulaire palpébral en favorise le gonflement, les ecchymoses diffuses ou circonscrites, avec infiltration sanguine ou non. Les coups portés sur la tête, les fractures du crâne, "surtout celles de la base, s’accompagnent toujours d’ecchymose aux paupières ; les coups de poing portés sur l’œil sont de toutes les contusions immédiates lesplus fréquentes; rien ne s’accommode mieux aux sinuosités du pourtour orbitaire que la forme de la main fermée. Quand il y a une plaie dans le voisinage des paupières, sur le visage, il est facile de reconnaître l’origine de l’ecchymose : quand cette dernière est accompagnée de peu de gonflement avec absence de toute complication, surtout quand elle n’existe que d’un seul côté, on peut diagnostiquer un coup de poing porté sur l’œil. Le globe de l’œil appuyé en arrière sur un coussinet graisseux qui remplit le fond de l’orbite, ne prend aucune part dans ces sortes de lésions, si ce n’est par
Cû9«
une injection de la muqueuse qui se nuance diffé remment pendant chacun des jours qui succè dent.
Les contusions des paupières avec infiltration , quand elles ne sont pas sous la dépendance de coups portés sur le crâne ou de fractures, restent sans gravité et se dissipent aisément ; la teinte noire et livide de la peau n’est qu’un désagrément de huit à quinze jours de durée. Des compresses en fil imbibées avec du sous-acétate de plomb étendu d’eau (eau blanche) , avec de l’eau-de-vie camphrée, très-peu chargée, avec de l’eau salée, de l’eau vineuse, ou simplement avec de l’eau de fontaine, et encore des lotions faites avec les uns ou les autres de ces liquides, suffisent amplement. Il est bien évident qu’une inflammation qui compliquerait des épanchements sanguins exigerait des évacuations sanguines, qu’il ne faudrait pas pratiquer sur la peau voisine du siège de la maladie; des ventouses scarifiées à la nuque, ou mieux encore des sangsues derrière les oreilles, seraient préférables. Dans le cas où des dépôts sanguins ou autres tarderaient trop à disparaître, que la fluctuation serait apparente, il faudrait les évacuer par une incision toujours pratiquée dans le sens des plis palpébraux, pour éviter toute cicatrice.
Les plaies) des paupières doivent être traitées de la manière suivante. Les plus simples sont quand il n’y a pas de division opérée parallèlement à l’axe du corps. Mais quand le cartilage tarse a été coupé, autrement dit le bord ciliaire des paupières, il faut se bâter de pratiquer une suture, le plus près possible des cils, pour maintenir les lèvres de la division en contact, et empêcher une difformité des plus apparentes, dont un des degrés porte le nom de coloboma. Les plaies dirigées obliquement et qui comprennent toute l’épaisseur de la paupière exigent encore les mêmes précautions, et prises d’une manière aussi minutieuse, c’est-à-dire qu’il faut que l’aiguille traverse le cartilage tarse pour bien assujettir la suture, soit simple, soit entortillée.
Les brûlures des paupières doivent être traitées au moyen d’un topique des plus faciles à maintenir appliqué sur elies , tel que parties égales d’eau de chaux et d’huile d’olive, renouvelé trois à quatre fois par jour sans aucun bandage. Quand la brûlure compromet toute l’épaisseur des paupières, il en résulte un ectropion inguérissable.
Le charbon ou anthrax malin , prend souvent pour siège les paupières: si l’affection est évidente, il ne faut pas hésiter à détruire , par le caustique , ce point de départ d’une affection des plus graves, et qui réagit très-rapidement sur le cerveau.
Des tumeurs très-variées se développent trèsfréquemment sur les paupières; tantôt elles proviennent d’une inflammation des follicules ciliaires ou des cryptes cutanées, tantôt des glandes de Meïbomius ; quelquefois elles sont formées d’une matière caseuse, et parfois tophacée. Ces tumeurs ont des noms différents, ordinairement en rapport avec leur forme ; de là les noms dé chalazion, de grêle , de grêlot, orgeolel, compère-loriot , de verrues, de kystes, etc. Rien n’est plus simple que de débarrasser les individus des tumeurs pédiculées et d’un petit volume; il faut les saisir avec une pince à dents de souris et les couper avec des ci s eaux courbes sur le plat; on peut encore les faire tomber par
PAU
PAU
la ligature, mais ce procédé est plus lent, souvent plus dangereux, et amène quelquefois une inflammation consécutive . Les caustiques vantés par quelques oculistes sont infidèles, ils sont d’une douloureuse application , et il faut y revenir souvent. Il est des verrues de mauvaise nature, espèces de cancers cutanés; c’est pour celles-là qu’on réserve le caustique, et encore secondaire ment à l’emploi du bistouri, emportant, en forme de triangle, une partie de la peau circonvoisine.
Les kystes développés dans le tissu cellulaire des paupières acquièrent un volume très-variable, depuis celui d un grain de millet, jusqu’à celui d’un œuf de pigeon : ces derniers sont très-rares. Ces petits kystes roulent sous la peau par la pression du doigt, ils sont indolents et ne constituent qu’une défectuosité à peine apparente ; leur siège est trèsvariable. Ces tumeurs disparaissent souvent sans aucun traitement, et très - souvent pendant le cours de quelque maladie aiguë. Cependant on peut disposer de plusieurs moyens pour déterminer ou hâter la disparition de ces kystes. Telles sont les frictions avec les pommades mercurielles, ou celles composées avec addition d’hydriodate de potasse, d’iodure de plomb, de chlorure d’oxyde de sodium, des compresses imbibées dans une solution de sel ammoniaque, ou de vin chargé de litharge, etc. Toutefois, ce que l’on peut conseiller de plus utile, de plus radical, c’est un procédé opératoire, qui consiste tantôt à traverser la tumeur avec une aiguille ou un fil, tantôt dans une simple incision rendue ou non plus certaine par l’excision des parois du kyste et par la cautérisation de la poche, vidée de son contenu. On a tort d’insister pour arriver à la tumeur parla face interne des paupières : sans compter la difficulté de l’opération, quand on n’a pas affaire à une végétation de la muqueuse, il est encore une foule d’autres inconvénients, que l’on évite parfaitement en faisant l’incision par la surface externe de la peau ; il ne doit même point y avoir de cicatrice visible, quand l’incision à suivi la direction horizontale des plis de la peau. Cette opération ne peut être confiée qu’à un homme compétent, pour ne pas s’exposer à voir la paupière traversée de part en part comme j’en ai rencontré des exemples.
Les cils se dévient quelquefois, sans que pour cela le bord des paupières ait pris une direction viciéuse ; il n’est pas extrêmement rare de voir des personnes qui portent plusieurs rangées de cils disposés irrégulièrement : quand il arrive que quelques uns d’eux se portent sur l’œil, ils y déterminent de la gêne, du larmoiement, des inflammations de la cornée et son obscurcissement. Comme cette affection, connue sous le nom de trichiasis , est fréquente , un nombre infini de moyens ont été imaginés pour guérir cette maladie, depuis les Grecs qui se servaient d’emplâtres, pour ramener et retenir sur la peau la pointe des cils déviés, et qui devaient réussir quelquefois, jusqu’à nous qui nous contentons souvent, et avec raison, d’arracher les cils déviés un par un, en recommençant chaque fois qu’il est nécessaire, en ayant bien le soin de saisir le cil avec dès pinces épilatoires, le plus près possible de son bulbe, et de l’arracher par un effort unique , saccadé, et suivant son axe. Dans les cas les plus graves, on se déciderait à couper une portion du
cartilage tarse, qui porte les cils déviés, en prenant un point d’appui sur un fragment de corne polie et à cannelures, placée entre le globe oculaire et la paupière.
A la maladie précédente se rattache, à quelque chose près, une autre infirmité connue sous le nom d 'entropion, et qui n’est encore que le frottement des cils contre l’œil, mais par suite du renversement en dedans du bord libre des paupières. Chez les vieillards, cette affection est très-fréquente, elle est la conséquence de la plus grande étendue et flaccidité de la peau des paupières. Des brides et des cicatrices vicieuses de la conjonctive, en raccourcissant cette muqueuse, en ramènent la peau en dedans.
Quand la peau des paupières s’est allongée par suite d’une maigreur subite, des lotions avec des liquides astringents, tels que la décoction de roses de Provins, de racine de ratanhia, additionnées par de l’alun, jointes à un bon régime, peuvent suffire. Un vésicatoire volant appliqué sur les paupières abaissées resseri’e et endurcit la peau en se desséchant, et amène quelquefois la guérison.
Des bandelettes de taffetas d’Angleterre, de diachylum gommé , appliquées méthodiquement , maintiennent la paupière à sa place naturelle ; mais on ne peut, avec raison, se fier à ces moyens pour obtenir une guérison radicale , non plus qu’à l’emploi d’une espèce de bandage en fil de fer dont l’une des extrémités vient abaisser la paupière, tandis que l’autre extrémité va prendre son point d’appui à l’occiput.
Contre Yenlropion, il existe une indication formelle, évidente, qui se comprend par tout le monde : elle consiste à raccourcir la paupière de tout l’excédant de peau qui se renverse sur l’œil ; c’est une prompte opération chirurgicale qui ne dépasse pas l’épaisseur de la peau, et pour laquelle on a imaginé plusieurs procédés efficaces, et d’une grande simplicité. Chez des personnes trop craintives, on peut remplacer l’excision par la cautérisation avec un pinceau chargé d’acide nitrique.
Si le rebord des paupières peut être renversé en dedans, il peut aussi se dévier en dehors : c’est alors Vectropion, très-rare pour la paupière supérieure ; à l’inférieure , il s’ajoute un inconvénient de plus, c’est un éphiphora , un larmoiement continuel, par suite de la déviation de l’orifice du point lacrymal inférieur. L’ectropion est dû à des cicatrices vicieuses, à des brûlures, à des boursoufflements et à diverses variétés de maladies de la muqueuse qui tapisse la face interne des paupières. L’ectropion peut ne compromettre qu’une partie de l’étendue de la paupière.
Lorsque la maladie est sous la seule dépendance de la membrane muqueuse altérée, des collyres secs, les poudres de calomel, d’oxyde de zinc, d’oxyde blanc de bismuth, bien porphyrisées et déposées une fois ou deux en vingt-quatre heures, suffisent le plus ordinairement; la cautérisation avec le sulfate de cuivre, avec l’azotate d’argent, sont encore de bons auxiliaires. Enfin, il reste à se comporter ici en sens inverse de ce que l’on a fait pour l’entropion, c’est-à-dire que l’on fait l’excision du bourrelet exubérant de la muqueuse. Pendant ces dernières années, on a perfectionné et pour ainsi dire inventé des procédés opératoires nouveaux,
PAV
PAU
sous le nom de blépharoplastie , restauration des paupières, afin de pallier la destruction des paupières que divers accidents peuvent avoir causée.
Des inflammations partielles du bord des paupières, suivies ou non d’ulcérations, déterminent à la longue, dans quelques cas, des adhérences aux commissures des paupières, dont elles rétrécissent ainsi l’ouverture; cette difformité porte le nom d 'ankyloblépharon, interne ou externe suivant qu’il existe à l’angle interne ou à l’angle externe. Quelquefois cette adhérence est congénitale, mais alors l’ankyloblépharon est ordinairement interne. En outre de la difformité qui résulte du trop petit écartement des paupières, souvent la vision en est gênée, et il y a strabisme.
Le traitement exige une opération très-simple qui divise la réunion en suivant la ligne du bord palpébral. Quand on agit sur l’angle interne, il ne faut pas toucher aux points lacrymaux. Le 20 septembre 1843 , j’ai pris cette précaution avec succès sur un jeune séminariste de Versailles, âgé de 16 ans, nommé Gongeard, et qui portait depuis l’âge de un an un ankyloblépharon interne à l’œil gauche, suite de brûlure par un éclat de charbon incandescent.
L’adhérence de la paupière au globe oculaire, le symblëpharon, est une maladie d’une toute autre gravité, et son traitement chirurgical est subordonné à la plus ou moins grande intégrité de la cornée transparente.
Le bord des paupières, riche par la variété de ses tissus sur une aussi restreinte surface, est par là même malheureusement exposé à un plus grand nombre de maladies que les autres parties des paupières. La chute des cils est irrémédiable quand le bulbe est détruit, les yeux restent alors plus exposés aux inflammations, la lumière n’étant plus modérée, et l’air tamisé par les cils. La cause la plus générale de la chute des cils est due à des blépharites chroniques, à des ulcérations du rebord palpébral , dont quelques-unes sont des espèces particulières, telles que la teigne des paupières ; et d’autres sont dues à des insectes qui se multiplient sur cette région. La syphilis, les scrofules surtout entretiennent des blépharites chroniques.
Le traitement doit remonter aux causes : quant à celui que l’on dirige localement, rien ne saurait se comparer aux pommades àToxyde rouge de mercure, à l’azotate d’argent, au sulfate de cuivre, mêlés à la suie, à l’axonge, au beurre frais, en ajoutant du camphre ou du soufre, variés de nature et de quantité suivant le cas spécial. La cautérisation de chaque point ulcéré satisfait quelquefois rapidement.
En évitant de parler des maladies communes aux paupières et à d’autres régions, il resterait encore à dire un seul mot du spasme nerveux des paupières, du clignotement ; c’est souvent un tic vicieux contracté en exerçant la vision sur certains travaux à l’éclat du soleil ou d’une vive lumière. Il faut suspendre le travail, prendre des bains de rivière, faire des lotions avec l’eau distillée de lauriercerise, et se livrera des exercicesgymnastiques,pour détruire la prédominance du système nerveux.
Pendant tont le cours de ma pratique, je n’ai rencontré qu’un cas unique de contraction spasmodique des orbiculaires des paupières, chez M. S., âgé
de 35 ans, curé deFouchères(Aube), homme fort et robuste. J’ai donné communication de ce fait rare à la Société médicale d’émulation de Paris, séance du 2 août 1843. Les auteurs n’avaient mentionné jusqu’à présent aucun fait de ce genre. Caffe,
Docteur en médecine, ancien chef de clinique opbthalmologique à l’Hôtel-Dien.
taviïæqn' ( anat .), s. m. On donne Je nom de pavillon ou de conque de l’oreille à toute la partie interne et cartilagineuse de cet organe , qui est située sur les côtés de la tête (V. Oreille). — La partie libre, évasée et frangée des trompes de Fallope, trompes utérines, a reçu le nom de pavillon de la trompe de Fallope (°V. Matrice). — Le pavillon d’une sonde est la partie de l’instrument que l’opérateur tient dans sa main, et qui reste toujours au dehors de l’organe dans lequel elle est introduite. J. B.
pavot (bot.,méd.) , s. m. Il est originaire de l’Orient, mais on le cultive maintenant dans presque toutes les contrées du globe. On en connaît deux espèces , qui sont le pavot rouge ou coquelicot, et le pavot somnifère, papaver somniferum ; c’est de ce dernier dont nous allons plus spécialement nous occuper. Il offre deux variétés : le pavot noir , à fleurs rouges, à capsules arrondies, à semences noires ; et \e pavot blanc, à fleurs blanches, à capsules ovoïdes, et à semences blanches. Les capsules ou têtes du premier sont moins grosses; mais quelle que soit l’espèce ou la variété , la forme des capsules est constante; elles s’ouvrent au sommet par un opercule surmonté d’un têt radié formé des restes de la fleur, persistante ; le péricarpe est mince et d’une consistance spongieuse ; il est divisé intérieurement par des cloisons papyracées,qui ne se réunissent pss au centre; les graines sont très-petites, striées et réniformes. Le pavot blanc est généralement plus grrs et plus allongé. Il jouit de la propriété narcotique ou somnifère à un plus faible degré que le pavot noir. Sa décoction fait la base du sirop diacode ; elle entre dans la composition de certaines lotions magistrales, et des cataplasmes calmants ou sédatifs.
Le pavot noir, dont la propriété somnifère est si énergique en Orient, et qui fournit l’opium, est surtout cultivé dans les contrées septentrionales de l’Allemagne et dans nos départements du Nord, pour sa graine, qui fournit une huile abondante et douce de couleur blanc-jaunâtre ; cette huile est l’objet d’une grande consommation, soitdans l’économiedomestique, soit dans les arts, elle est connue dans le commerce sous les noms à: huile blanche ou d'œillette.
Les semences de pavot, que l’on mêle au millet pour donner aux oiseaux, ont eu, chez les Grecs et les Romains, une destination plus importante ; elles sont encore pour les Indiens une ressource alimentaire assez précieuse.
M. Thiloy, de Dijon, s’est occupé avec succès de l’extraction de l’opium contenu dans les capsules de nos pavots. Cet opium indigène, s’il ne jouit pas à un aussi haut degré que l’autre de ses propriétés calmantes et narcotiques, est loin cependant d’être sans action. Ce pharmacien distingué, poussant plus ioin ses recherches, a vu qu’il contenait une proportion de morphine assez notable pour qu’on puisse l’extraire avec avantage , surtout si, par quelques circonstances, l’opium exotique venait à manquer.
COUVEKCHEL.
PEA
PEA
peau ( anal .), s. f. (en latin pellis ou culis).— On appelle ainsi un sac membraneux , sans ouverture , se continuant , aux orifices naturels , avec les membranes muqueuses (V. Membranes ), et formant l’enveloppe extérieure du corps de l’homme et de la plupart des animaux. Chez les êtres inférieurs qui occupent les premiers degrés de l’échelle zoologique , tout le corps semble ne constituer qu’une masse homogène , et les tissus de la surface ne se distinguent, en aucune manière, du reste du parenchyme. Mous, spongieux , perméables comme celui-ci, ils jouissent aussi d’une contractilité plus ou moins prononcée , par suite de la fusion qui existe encore entre les divers éléments de l’organisme ; mais en nous élevant quelque peu, et déjà chez les classes supérieures du type des animaux rayonnés , le tissu superficiel se condense en une couche plus ou moins distincte qu’on désigne sous le nom générique de tégument, et qui forme à l’animal une véritable enveloppe. Simple d’abord, et formée d’une seule couche dans les classes dont nous venons de parler, la membrane tégumentaire se complique beaucoup dans les ordres supérieurs , et surtout à mesure que ses fonctions deviennent plus délicates et plus nombreuses. C’est chez l’homme qu’elle acquiert son plus haut degré de développement ; chez l’homme, en effet, elle n’est pas simplement un agent de protection, mais elle devient l’organe spécial du sens du toucher (Y. ce mot ) , que seul l’homme possède à un degré éminent.
g Ier. Pendant longtemps on ne reconnut à la peau que deux parties distinctes, le derme ou chorion, et l’épiderme(cuticule, surpeau). Malpighi, savant anatomiste , découvrit la couche muqueuse qui sépare ces deux éléments; de là, le nom de corps muqueux de Malpighi, donné à cette substance intermédiaire, dans laquelle les anatomistes postérieurs décrivirent (Gaultier) jusqu’à quatre couches superposées.
Le derme forme la trame, la charpente du tissu cutané, dont il est la couche la plus profonde et la plus épaisse. Il est constitué par un tissu d’apparence fibreuse; ses faisceaux entrelacés laissent à la face profonde des mailles coniques, dont le sommet est dirigé vers l’extérieur, tandis que la base répond au pannicule graisseux ou celluleux situé sous la peau. Ces mailles sont elles-mêmes remplies de petites pelottes graisseuses , dont l’inflammation constitue le furoncle.
Au-dessus du derme est le corps papillaire ; il consiste dans un assemblage de petits pinceaux (papilles), formés par les extrémités des nerfs et des vaisseaux, qui, après avoir passé par les mailles du derme, se sont groupés par petits bouquets rangés sur les élévations du derme. Les papilles sont surtout développées là où les propriétés tactiles de la peau sont le plus développées, à la face palmaire des doigts, aux lèvres, au mamelon, etc.
Vient ensuite le corps muqueux de Malpighi, dont les auteurs ont donné des descriptions très-différentes les unes des autres. Quelle est en ie é la disposition de cette couche? C’est ce qu’il est fort difficile de déterminer dans l’état actuel de la science , en dépit des recherches microscopiques et des emprunts faits à l’anatomie comparée. C’est dans cette couche muqueuse que se trouve le pigtnentum, substance colorante de la peau, peu mar-
| qué chez le blanc , noir chez le nègre , rouge chez l’Américain, etc. (V . Races humaines ). Les altérations du corps pigmentaire donnent lieu , dans la ; race blanche , à certaines taches , connues sous le nom d’éphélides, de lentigo, taches de rousseur, de j vitiligo, etc.
: L 'épiderme recouvre le corps muqueux, dont il
| semble être la couche la plus superficielle, passée à l 'état solide; adhérent d’une manière intime aux tissus j sous-jacents, il en dessine exactement les plis et les , inégalités; examiné au microscope, il paraît, disent les uns, formé de petites écailles imbriquées comme les tuiles d’un toit ; tandis que, suivant les autres,
J il constitue une expansion membraneuse non inter- ! rompue. On a beaucoup parlé des pores de l’épi- ! derme , pores qui serviraient de bouches d’excrétion pour la sueur. Quelques observateurs distingués, M. de Humboldt et Meckel, entre autres, les ont vainement cherchés à l’aide de forts grossissements. Suivant M. Breschet, la sueur formée j par des glandes spéciales ( glandes sudoripares ), si- | tuées dans l’épaisseur de la peau, serait versée à la surface de l’épiderme au moyen d’un petit conduit s’ouvrant entre deux papilles. Cette membrane est généralement très -mince, homogène, demi-transparente, blanchâtre chez l’Européen, gris-clair chez le negre. Elle est d’une remarquable épaisseur dans certains points, au talon par exemple, et à la paume des mains chez les ouvriers livrés à des travaux manuels très-durs, les serruriers, les forgerons, per exemple. On n’y voit ni vaisseaux, ni nerfs; l’épiderme est donc complètement inorganique et insensible.
Telle est en peu de mots, et sans entrer dans le détail des opinions actuellement en controverse, l’indication sommaire des parties qui entrent daus la composition de la peau : nous renvoyons aux mots Ongles et Poils pour les renseignements relatifs à ces appendices du système cutané.
Si, maintenant, nous examinons la peau d’une manière générale, nous verrons qu’elle est plus mince, plus souple, plus douce chez la femme que chez l’homme , chez l’enfant que chez l’adulte ; qu’elle offre, suivant les différentes races, des caractères particuliers. (Y. Races humaines.)
La surface de la peau présente des plis et des sillons dus à différentes causes, les uns dépendent des mouvements de la partie et de l’action des muscles sous-jacents, tels sont ceux qui se voient au niveau des articulations, à la face palmaire des doigts, par exemple ; d’autres résultent d’une diminution de la graisse qui distendait le tégument; alors, quand celui-ci a perdu son élasticité, sa force de ressort, il ne peut revenir sur lui-même, il en résulte donc un froncement, plus ou moins apparent suivant que I l’amaigrissement est plus considérable et la peau i moins rétractile : c’est ainsi que se forment les ri- ! des chez les vieillards. Un troisième ordre de plis j provient de la présence des papilles, sur lesquelles j E épiderme se moule , et trahit ainsi à l’extérieur ; leur préseuce par des rangées de petites éminences très-fines, très-menues , que séparent de légers sillons : cette disposition <ist surtout appréciable à la face palmaire des doigts , où l’on voit les papilles rangées par lignes, ici parallèles, là concentriques.
g II. La peau remplit plusieurs fonctions fort importantes pour l’économie; d’abord elle sert de mena-
PEA
PEA
brane protectrice , d’enveloppe aux différents tissus ; puis elle est un organe de sécrétion pour la sueur qu’elle sépare et qui sert si souvent de voie d’élimination pour des produits anormaux renfermés dans l’économie. Une absorption fort active s’exerce à sa surface ; quelques auteurs ont même pensé que le tégument était une sorte de succédanée du poumon, et qu’il était le siège d’une respiration complémentaire. Enfin c’est lui qui est l’instrument des sensations tactiles. (V. Sécrétion, Sueur, Tact.)
Depuis longtemps les pathologistes ont constaté la solidarité qui lie les fonctions de la peau avec celles des organes intérieurs ; et, en effet, beaucoup de maladies succèdent à des refroidissements, à des suppressions de transpiration , ou , comme le dit le vulgaire, à des sueurs rentrées. De là encore l’utilité que présente la peau comme agent de révulsion , dans une foule de lésions internes, lorsqu’il s’agit de détourner une irritation qui siège dans un viscère important pour l’appeler à la peau . Telle est la théorie de ces médications si souvent et si utilement employées, et qui consistent dans l’usage des frictions, des bains locaux irritants, des sinapismes, des vésicatoires, etc. D’un autre côté, on met à profit les facultés absorbantes de la peau pour faire pénétrer dans l’économie certaines substances qui pourraient fatiguer le canal digestif , si on les administrait par les voies ordinaires. C’est sur cette donnée que repose la méthode endermique. Dans d’autres cas, on provoque des sueurs, soit à l’aide de boissons chaudes, soit au moyen de bains ou de fumigations, dans le but de faciliter l’élimination de certains principes morbifiques et de substances toxiques, etc., etc.
Peau (Maladies de la). — Le nombre et la fréquence des maladies de la peau en ont fait une des branches les plus importantes de la pathologie; l’histoire de ces affections a été spécialisée par Alibert sous le nom assez heureux de dermatologie. Les étroites limites dans lesquelles nous devons nous renfermer ne nous permettent pas d’entrer ici dans les développements que comporterait cette vaste question ; nous allons nous borner à quelques données générales.
Les lésions dont l’enveloppe cutanée peut être le siège se rapportent à plusieurs chefs bien distincts. Tantôt la lésion est tout-à-fait locale et transitoire ; née sur une portion plus ou moins circonscrite de la peau, elle s’y développe et y meurt. Tels sont certains furoncles, certaines rougeurs érysipélateuses, certains érythèmes et autres affections fugaces et passagères. D’autres fois, elle est liée à un trouble général plus ou moins grave de l'économie, trouble dont elle n’est que le symptôme. C’est ainsi que, dans la variole et la rougeole, la scarlatine, les pustules, les plaques rouges, sont une manifestation morbide localisée de l’état fébrile général. C’est ainsi que les taches rosées lenticulaires de la fièvre typhoïde, les pétéchies du typhus, les ecchymoses du scorbut, ne sont que des symptômes de la maladie principale. Enfin , il est une dernière section qui renferme plus particulièrement les maladies comprises sous le nom de dermatoses : celles-ci se développent sous l’influence d’une disposition spéciale de l’économie, disposition que les anciens médecins humoristes appelaient | principe ou vice dartreux , et dont les modernes , | plus réservés, ont cependant constaté l’existence
sous le nom de phlegmasies ou affection;.’ spécifiques de la peau. Ces différentes maladies décrites aux mots Herpès, Menlagre , Mélitagre , Lèpre , celles dont il sera parlé aux articles Pellagre, Prurigo, Teigne , etc., appartiennent à ce groupe'- II est plusieurs affections, fort importantes d’ailleurs^ qui prennent place entre la première et la seconde division ; ce sont, pour la plupart , des phlegmasies suivant une marche aiguë , et qui , ordinairement , dépendent d’une cause dont l’action s’est portée sur toute l’économie, mais dont le symptôme principal est un état morbide de la peau : tels sont le plus grand nombre des érysipèles, le pemphigus aigu, le zona, l’anthrax, etc., etc.
Les maladies de la peau se révèlent par des phénomènes physiques appréciables à la vue et au toucher, et dont la diversité a servi de base à certains classificateurs. Ces lésions, qu’ils ont nommées élémentaires, se trouvant mentionnées dans la description particulière de chacune des dermatoses , il est important d’en donner le vocabulaire avec la définition détaillée. Elles sont au nombre de huit principales. Nous les rangeons ici dans l’ordre adopté par Biett et les partisans français de la classification de Willan.
1° Exanthèmes. — Ce sont des taches rouges disparaissant sous la pression du doigt , de formes et de nuances différentes , irrégulièrement distribuées à la surface du corps, laissant entre elles des espaces dans lesquels la peau conserve sa couleur naturelle, et se terminant par une desquammation (Y. plus bas Squammes) de la peau. Cette couleur rouge paraît due à l’injection sanguine de la couche vasculaire la plus superficielle du derme. L’érysipèle, la scarlatine, sont les types de cette forme morbide.
2° Vésicules. — On désigne sous ce nom de petits soulèvements de l’épiderme, constitués par un épanchement de sérosité que sécrète la couche vasculaire du derme enflammé ou non. La forme et le volume des vésicules sont très -variables: tantôt arrondies et globuleuses , elles sont ailleurs acuminées et pointues ; ici à peine appréciables, là grosses comme de gros pois. Tantôt le liquide qu’elles renferment est clair et limpide comme de l’eau de roche, tantôt et le plus souvent jaunâtre , tantôt enfin lactescent ou brunâtre ; clair d’abord, il peut s’épaissir ensuite. Au bout d’un temps qui varie de quelques heures à quelques jours, la vésicule se rompt, laisse échapper le fluide qui se concrète sous forme d’écailles jaunâtres plus ou moins épaisses, plus ou moins étendues, suivant la quantité et la consistance du liquide. D’autres fois, le liquide est résorbé, la vésicule se flétrit, se vide, et l’épiderme soulevé se sèche , se brise , et est entraîné par une véritable desquammation. La base des vésicules repose quelquefois sur une peau saine ; d’autres fois, elles sont entourées d’une auréoîe inflammatoire. Du reste, elles sont diversement distribuées sur le tégument , tantôt rares et distantes , iantôt agglomérées par groupes plus ou moins étendus.
On désigne sous le nom à!Olophlyctides des vésicules assez volumineuses qui se développent quelquefois sur les lèvres des personnes jeunes, lymphatiques, et à peau délicate et blanche. Ces vésicules se montrent d’ordinaire à la suite d’accès de fièvre éphémère dont elles sont en quelque sorte la
PEA
crise, lors des premiers froids, etc. (V. Gale , V aricelle , Vaccine , etc. )
3° Bulles. — Quand la vésicule atteint certaines limites, qu’elle prend les proportions d’une noisette, d’une noix, d’un œuf même, elle change de nom, et prend celui de bulle. Les bulles sont tantôt régulièrement globuleuses , tantôt irrégulières; cela tient à ce qu’elles sont alors formées de la réunion de plusieurs soulèvements qui se sont confondus et réunis. Du reste , elles se comportent comme les vésicules , dont elles sont le degré le plus élevé. (Pour plus de détails, voyez Erysipèle, Pemphigus et Rupia .)
4° Pustules. — La pustule semble être le produit d’une inflammation intéressant plus profondément les couches de la peau. Ainsi que l’indique son nom, elle est formée par une petite collection purulente qui soulève l’épiderme. Les dermatologues distinguent deux sortes de pustules : les premières, dites phlyzaciëes, sont ordinairement assez larges, reposant sur une base circulaire, dure, plus ou moins épaisse, d’un rouge vif. Les secondes, ou pustules psydraciées, sont plus petites , le liquide est plutôt lactescent que constitué par du pus proprement dit. Ces pustules sont tantôt terminées en pointe, tantôt arrondies , quelquefois plates : dans certaines maladies (variole) , elles présentent une dépression centrale, elles sont, comme on dit, ombiliquées. Quand la pustule s’est rompue, la matière qu’elle renfermait se concrète et forme une croûte assez épaisse, irrégulièrement arrondie et mamelonnée, ressemblant quelquefois à un petit morceau de gomme arabique ou de succin. Certaines pustules (celles de la syphilis) laissent à leur suite des ulcérations souventrebelles dont la conséquence est unecicatricule plus ou moins profonde et apparente. (Pour les différentes formes de pustules, voyez Herpès , Mèlitagre , Mentagre, P/ilysacia, Variole, etc.)
5° Papules. — Ce sont de petites élevures pleines, solides, résistantes, d’une grosseur variable, mais qui est ordinairement celle d’une tête d’épingle. Quand elles sont petites et réunies en grand nombre, elles donnent à la peau un aspect chagriné, surtout appréciable au toucher. Quelquefois rouges ou blanches, elles sont ordinairement de la couleur de la peau. Elles se terminent soit par résolution en disparaissant peu à peu, soit par desquammation. Rarement elles s’ulcèrent et suppurent, sauf dans certaines formes d’herpès lichenoïde. (Y. Prurigo .)
6° Squammes. — On appelle ainsi des lames blanchâtres d’épiderme plus ou moins altéré, plus ou moins large, qui se détachent des couches sousjacentes de la peau; c’est leur formation qui constitue le phénomène de la desquammation, si commun dans les affections cutanées. Les squammes sont de deux sortes : les unes larges, épaisses, quelquefois brillantes et nacrées, ce sont les squammes proprement dites ; les autres , fines , déliées , constituées par l’épiderme brisé et réduit en une poussière blanchâtre : ce sont les furfures, d’où le nom de desquammation furfuracée que l’on emploie quand la peau présente ce phénomène. (Y. Herpès , lchlhuose.)
7° Tubercules. — Ce sont de petites tumeurs arrondies, lisses ou mamelonnées, quelquefois aplaties, dures ou mollasses, pleines , solides, d’un volume qui varie depuis celui d’un pois jusqu’à celui