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LËZE- MAJESTÉ ET RÉGICIDE

et assouvissent sur son corps mourant leur fureur et leur cruauté par un grand nombre de blessures qu'ils lui font. Lui cependant gardait le silence, joyeux, comme il paraissait à son visage, de ce que par-là il évitait de plus grands supplices , qu'il avait, comme de raison, appréhendes. Il se félicitait en même temps au milieu des coups et des blessures, d'avoir par son sang procuré à sa patrie et à sa nation le recouvrement de la liberté. Le massacre du roi lui fit une grande réputation.

C'est ainsi que périt Clément à l'âge de 24 ans, jeune homme d'un caractère simple , et d'une complexion assez faible ; mais une vertu plus grande soutenait son courage et ses forces. (Jean Mariana.)

Quoi! vous ne reconnaissez pas cette puissance par laquelle le pape a rendu Henri IV a la société des fidèles, et par là au royaume de France?.... Mais le pape

LÈZE-MAJESTÊ ET KÉOICIfcE. Sg

n'a pu excommunier le roi de France. Il l'a cependant fait, et le roi a reconnu luimême cette puissance, lorsqu'il s'est adrcssè à. elle pour êt*e absous etdélivré des liens dont il sentait qu'il était plus étroitement lié que par un nœud' gordien. Quoi ! le roi sera un Arius, un Valens, un Nestorius, un Aïanès, un Mahomet, parla parole et par l'épée; il deviendra juif, et se fera circoncire; il obligera tous les; Français à faire iû même chose, et le pape n'aura pas le pouvoir d'agir contre lui! A l'exemple de Tarquip et du tyran de Milet, il abattra les principales têtes de son royaume; il renouvellera le supplice des cendres en usage chez les Perses; la barbarie d'Ochus* qui fit enterrer sa« sœur toute vive; celle de Phircon, qui fît couper en morceaux son propre fils, et envoya sa tête à Alexandrie, pour être présentée à la reine Cléopatre sa mère, le jour qu'elle célébrait sa naissance ; il renouvellera l'horrible

etu&uté de Phalaris; (i) en faisant mugir d$Qh un toireau tmit.oe qu'il y a de savaivi eiv France , d'ilklstre dans le sénat ; il feiia fcjrûler vif, comme fanait Âgathocle, ?ur> uqè chaise de : fer, 1 tout ce cfu'il y a d'horidôtesgens en Fbance, et le papp ne pourra rien faire contre le roi de France!

Ce roi continuera ses! excèis; il enlèvera à la noblesse ses enfams j il sacrifiera les mâles à Saturne, les vierges â Pâtlas, les enfans à Jupiter, pour renouveler les fêtes de Cartbagë , de Laodicée; icf les danser des Àrcadiçns; et le pape' né pourra rien

faire 'Contre. le roi de France! Dieu flous préserve de cette pensée. r

B<î$ Denis, de& Afachanides, des Àrî$to^ tirnes, monstres de leurs siècles, opprimeront la France , et le pape ne pourra en

(i) Ce tyraç fit un taureau 4 'airain , daps lequel

ôù mettait ceux qui lui déplaisaient, et on les faisait motirir, en allumant du feu sous le ventre de ce taureau* ,

ll2EHftA*E4TÉ ET RÉGICIDE. 5*

sûreté encourager dés Dionsydes Tinrn^ léoos, des Philopœmus, des Hélémates, pour la délivrer l Plusieurs monstres fien^ dront la république dans le» fers, et il né a© trouvera pas de Thrasibule pour lui rendre la liberté ! m / ./<<.< InstruiaejHvous, Rome; prenez des lcw poftfl de ee charretier conducteur de la Fraiite:, de cet anïrapcphage , de cet es-i tooiad qui égorge des; entrailles des Espagnols* cia.Qcj monstre qui se plaît à na4

g0r 4 dAn« *m ooéan de sjjmg.

. Car par quel di?oit as*tu détrôné TàrqUi^;©t ba^iû ^oh père i sa femme et ses eftfaas? i'iasulte faite à Lucrèce, femme da Cottatia, par le fite de,Tarquin, t*a atw torisé à faire subir ce juste traitement à;tbu« tQ sa famille; et tu Saurais pas uo Juste sujet ,d* détrôner le roi de France 1 Un roi tyran, oppresseur de la liberté, des vierges, des dames, des enfansj un roi qui A comme un torrent, renverse tout, qui fait tout périr j>ar le, fer et le feu, et jar toute»/

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Sortes de supplices, des princes, des innocens , des nobles , et non-seulement ceux dont il n'aurait rien à espérer que leg dépouilles , mais généralement tous les Français, comme pour avoir la barbare satisfaction de voir la France gémir de se voir privée de ses citoyens : et il ne se trouvera cependant aucun soldat pour prendre les armes contre cette bête féroce ! Ne se trou vera-t-il aucun pape qui emploie- la hache pour sauver un royaume si florîsrissan t ( 1 ) ? (Clarus Bonarsdus. )

On demande s'il est permis à toute personne de tuer celui qui l'attaque pour défendre sa vie. Je dis que cela est permis à toute personne, même à un clerc et à un religieux* "

On demande s'il est permis de tuer un agresseur, quand même il faudrait le tuer pour se défendre, dans un lieu sacré, ou

(i) Il n'est pas inutile sans doute d'avertir le lecteur qu'il s'agit ici du ton Henri.

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un temps sacré, tel que celui où Ton célèbre la messe, et où Ton chante Poffice di- \in, en sorte qu'il soit permis d'interrompre toutes ces choses.

Je réponds que cela est permis dans tous ces cas, parce qu'il est du droit naturel de se défendre, au lien que la messe ou l'office divin ne sont que de droit positif, divin ou ecclésiastique....

On demande s'il est permis d'user de ce droit de se défendre, quel que soit l'agresseur? Je réponds que cela est permis, par exemple, au fils contre son père, à la femme contre son mari, au serviteur contre son maître, au sujet contre son supérieur , au disciple contre son maître 9 au vassal contre son roi ou son prince , au soldat contre son officier ou son. général, au. laïc contre te clerc, à- V innocent côntrelejuge qui l'attaque contre la justice. *

On demande si, supposé que Pagres- 9$ur soit xoip prince, ou une personne

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très-utile à la république, et qu'au contraire celui qui est attaqué soit une personne vile et du commun , il est alors permis de tuer l'agresseur. Il y a deux opinions:

la première, de ceux qui assurent que cela n'est point permis , parce que le bien public doit être préféré au particulier.

Sotus paraît être de ce sentiment. L'autre opinion est que cela est permis; car si le bien public doit être préféré au particulier, c'est dans le cas que cela soit nécessaire de soi et par la nature de la chose , mais non lorsque c'est l'effet de la malice de l'homme. Or, dans ce cas, c'est mariée et injustice de: la part de celiii qui attaque un innocent; par conséquent, gn innocent étant attaqué f il n'est pas obligé d'épargner la vie du roi qui l'attaque, s'il ne peut pas autrement se défendre . Assurément la* seconde opinion est probable; car \t ne paraît pas qu'on puisse obliger On homme, lorsqu'il est innocent, à se laisser tuer par celui qui l'attaque injustement, à moins

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que celte mort ne causât un grand dommage à la république. (JeimAzùr.)

La puissance des clefs est donnée à Pierre et à ses successeurs > puissance qui s'étend à plusieurs choses: Premièrement, de gouverner l'église universelle, d'erivoyer les évêques en divers lieu* , de prêcher l'Evangile par toutè la terre, de donner, de retirer, de limiter toute juridiction , de créer (es rois > et de leur âier réciproquement leurs roy à/urnes, lorsqu'ils s'écartent de la foi , ou s'opposent à sa prédication.

Le pape, lorsque le bien spirituelle demande , 'peut change^ Us seigneur s,, les rais et les empereurs, priver de leurs royaumes tes rois impies, désobéissons v et qui empêchent la publication de l'Évangile * (JeanOzoriUs.)

Il n'appartient de tuer, ni aux moines > ni aux autres personnes ecclésiastiques, comme il est porté dans la 23 e distinction , question 8, canon i etsuivans; bien moins

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encore leur appartient d'attenter à la vie des rois. Et ce n'est pas aussi de cette façon que les souverains pontifes ont coutume de s'y prendre pour réprimer les attentats des princes : leur usage est d'employer d'abord à leur égard la correction paternelle, ensuite de les priver de la participation aux sacremens par des censures ecclésiastiques; et enfin d'absoudre leurs sujets du serment de fidélité, et de les dépouiller eux-mêmes de toute dignité et de toute autorité royale, si le cas l'exige- L'exécution est du ministère d'autres personnes. (Robert Bcilarmhu) ,

En général, les théologiens examinent 9'il est permis à un particulier de tuer un tyran. Pour ne pas nous jeter dans les brouillards, et nous exposer à broncher, nous distinguerons deux sortes de tyrans.

Il en est d'abord qui, les armes à la mgin, contre justice et raison, envahissent, dévastent, ravagent les états d'autrui, emploient le fer et le carnage contre des ci-

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toyens innocens, renversent tous droits divins et humains; ceux-là certainement, suivant le sentiment de beaucoup de théologiens, et des meilleurs, peuvent être massacrés par quiconque en a le droit et le courage.

Les tyrans du second genre qui sont parvenus au trône par succession, élection, ou autre droit, que Ton répute -et qui sont souverains légitimes, ne peuvent jamais être tués par aucun citoyen ou étranger,... Cependant vous me dcman- .

derez quelle peut donc être en ce cas-là la consolation d'une patrie désolée et opprimée par une cruauté intolérable, et quel remède opposer à un dernier désastre.

Ceux qui ont pesé toute chose avec maturité répondent : ou le tyran de ce genre a quelque autre souverain plus éminent, qu'il redoute, ou il n'est point de puissance supérieure à la sienne. Dans le premier cas , il faut s'adresser et recourir à cette autre domination à laquelle il est in-

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prieur. Si c'est un bon priuce, il en aura la force.... Que si Ton ne peut traduire ce tyran à ua tribunal supérieur , en ce cas, Les choses étant désespérées, les thomistes QonseiUeut de iç déposer,... Vous demanderez si un tyran , ainsi dépouillé de sadU gnité , peut être tué par le premier venu.

Sachez que suivant le sentiment des auteurs approuvés, sa position est précisée meut celle des autres criminels : il faut observer a son égard Tordre de la procédure.

Il faut donc l'entendre par sa bouche , à moins que l'atrocité de ses actions n'ait

> parlé d'avance à tel point, que tout le monde soit convaincu qu'il a comblé la

» mesure de ses crimes, et qu'il ne lui reste plus qu'a en subir la peine.

tes jésuites. % direz- vous , auraient dû se souvenir de la régie que l'apôtre enseigna aux chrétiens, que l'on ne doit point faire le mal pour procurer un bien. Qu'entendsje encore m'objecter la parole de Pieu ?

Lki8«4fAJESÏ& ET «é«HCt»Ê. 5g

en quel endroit défend-elle absolument tout massacre? Dans le cinquième commandement de Dieu, fort bien ; mais moi, si je vous disais* au contraire, que ce cinquième commandement est environné de difficultés si épineuses, que personne né peut l'observer , que feriea-vous à celui qui le violerait ? lui infligeriez-yOus quelques peines? Si vous le faisiez, vous deviendriez tyran vous-même, en punissant tin malheureux d'une faute qu'il n'aurait pu éviter. ... Mais avant le commandement de Dieu, on pouvait, sans préjudice de la loi de nature sous laquelle on vivait , tuer tin homme pernicieux A la république; on pouvait aussi, par droit de propre défense, ôter la vie à celui qui m'eût tué si je ne l'eusse prévenu. On peut donc encore aujourd'hui faire l'un et l'autre , sans préjudice du commandement de Dieu.

Pensez-vous que les catholiques regardent comme un mal de-tnér un étranger,

4o LÈZE-MAJESTÉ ET RÉGICIDE.

un païen , destructeur de la chrétienté ?

Ils regardent, au contraire, celte œuvre comme bonne et louable.

{Jacques JKeUer. ) A-t-il élé permis ùÀod de tuer le tyran (Eglon)?

Pierre Martyre, semble le nier.... Les autres que j'ai pu lire jusqu'à présent* soutiennent tous que cela lui était permis* mais de manière qu'ils sont divisés en deux partis : car les uns disent que cela lui était licite pour cette raison seule, qu'il avait été poussé extraordinairement par l'inspiration divine a le faire

D'autres conviennent qu'Aod a bien fait, à la vérité, par cette raison qu'il y a été poussé de Dieu; mais ijs prétendent que cette raison n'est pas la seule , et qu'il en est encore une autre, savoir, qu'une telle action est de droit ordinaire contre les tyrans

Or, si je voulais discuter laquelle de ces deux dernières opinions est la plus

LkZE MAJESTÉ ET RÉGICIDE* Al

vraie » il me faudrait traiter nécessairement cette thè^se : Est-il permis de tuer un tyran? 'Mais le souverain tyran.... le temps qui consume tout, me défend d'entrer dans une telle discussion.

( Nicolas Ferrarius. ) .

Comme Dieu est le seul maître de la vie et de la mort, la république ne peut pas de sa propre autorité donner aux princes le pouvoir de gouverner et de faire des lois, pouvoir qui renferme celui de puuir de mort les malfaiteurs ; Dieu seul le peut, mais celte assertion^ est frivole, car de même que vous dites que Dieu donna ce pouvoir, aux rois, j^diralaussi que Dieu, comme auteur de la nature, le donne à la république, et que c'est elle qui peut le céc,Ieraux rois; comme aussi par l'institution de la nature elle-même, la république a droit de déposer un tyran, et même de le tuer..., si elle ne peut autrement s'en défaire {Jean de Salas.) ,

Lorsque le père est tombé en faute, la

4» LàfcE-HAJEStÉ ÊT SfeaiCIDB.

souveraineté est dévolue au fils innocent, par droit hériditaire.... Si tous ceul de la famille royale sont hérétiques, alors c'est au royaume qu'il appartient de choisir un nouveau roi ; car le pape peut priver du royaume tous ses successeurs, parce que le bien de la conservation de la foi, qui est d'une plus grande conséquence, le demande ainsi.

Que si le royaume était aussi infecté, le pape pourrait, en qualité de juge 90uve*rain dans la cause de la foi , assigner uft roi catholique pour le bien de tout \é royaume, et même rétablir par la force des armes, s'il est besoin; car le biefi de la foi et de la religion exige que le chef souve^ rain de l'église procure à ce royaume un roi, et qu'il passe par-dessus les lois de la monarchie, s'il est nécessaire.

{Gabtiet Va$quez.)

Excepté la puissance ecclésiastique , il n'y a aucune autre puissance parmi les hommes qui ait repu immédiatement de

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Dieu sa force et son autorité, et qui puisse affirmer avec vérité qu'il lui est permis par l'autorité divine, de faire ceci ou cela.

[Benoit Justinien.) £*g théologiens distinguent deux sortes de tyrans. Lès un* qui, sans aucun titre légitime, se sont emparés du royaume par force, et contre les règles de la justice. Un tyran de cette espèce n'est ni roi» ni seigneur, mais il en occupe la place et n'en présente que les apparences. L'autre espèce de tyran, bien que véritable seigneur , et possédant son royaume à juste titre, régne toutefois tyranniquement quant à l'usage et au gouvernement, parce qu'au mépris du bien public il rapporte tout à son intérêt particulier, ou qu'il vexe injustement ses sujets en les dépouillant, les mettant à mort , les corrompant, ou en exerçant publiquement» fréquemment et sans justice, d'autres actes de même nature. Tel fut, par exemple, Néroa, que saint Augustin, livre V, chapitre 19, dé (a Cï-

/;4 LkZE-MÀJESTK ET REGICIDE.

té, compte parmi ceux qui régnent quelquefois par la permission de Dieu, suivant cet endroit du chapitre 8 des Proverbes que ce père lit ainsi : C'est par moi que régnent tes rois et que (es tyrans possèdent la terre... Or dans le christianisme on doit mettre au nombre de ceux-ci tout prince qui yeut engager ses sujets dans l'hérésie, ou dans tout autre genre d'apostasie, ou dans un schisme public.

Nous traitons ici la question, savoir s'il est permis à un particulierde mettre à mort un roi, seulement A cause de son gouvernement tyrannique.

Il faut distinguer : ou ce particulier se défend soi-même, ou il défend la république. Dans le premier cas, l'objet de sa défense est, ou sa vie, ou ses membres, ou quelques mutilations considérables de son corps, ou seulement ses biens extérieurs, e t ce qu'on nomme sa fortune. Or il n'est point permis de tuer un roi pour défendre nos biens extérieurs contre ses Usurpations;

LtZE-MAJESTÉ ET RÉGICIDE* I\b

j° parce que la dignité du prince demande qu'an préfère sa vie à ces sortes de biens; 2° parce qu'il représente la Divinité d'une manière spéciale, et qu'il tient réellement sa place. Mais s'il s'agit de la défense de sa propre vie à laquelle le roi veuille attenter par violence, alors un sujet est en droit de se défendre, quand même la mort du prince devrait s'ensuivre.

Dans le second cas où il est question de défendre la république, je dis que celte défeose n'a lieu que dans la supposition où le prince attaquerait actuellement l'état pour le détruire, pour massacrer les citoyens, ou pour commettre quelques forfaits du même genre, et alors certainement il sera permis de résister au prince, même jusqu'à le mettre à mort, si l'on ne peut se défendre autrement. Car si cela est permis pour sa propre vie, à plus forte raison pour l'intérêt commun. De plus le pays ou la république est alors dans un état de guerre défensive et légitime contre celui

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qui envahit injustement, quand même il serait son propre roi. Donc tout citoyen, comme membre delà république, et comme excité par elle, soit expressément, soit tacitement, est autorisé à la défendre dans ce conflit, de la manière qu'il pourra.

Mais pour donner plus de jour à cette doctrine, il faut d'abord se rappeler ce qui a étéditdans l'autre membre de notre thèse, c'est-à-dire, du tyran, qui en porte le titre, et voir si les principes que nous avons établis dans ce membre, peuvent avoir lieu ou non dans celui-ci; car on met communément une différence entre ces deux espèces de tyrans. En effet, on ne doute point qu'un tyran qui en porte le

nom ne puisse être massacre par toute personne privée, membre de la république qui gémit sous le poids de la tyrannie, lorsqu'il ne peut autrement la délivrer de cet état d'oppression. Le tyran proprement dit, tant qu'il retient le royaume injustement, et qu'il domine par la force, fait tou«

lIze-hajesté bt régicide. 47

ours actuellement violence à la république, et par conséquent celle-ci est toujours en état de guerre avec lui, non pas de guerre vindicative, si j'ose parler ainsi, mais de guerre défensive , et jusqu'à ce qu'elle déclare le contraire, elle est censée vouloir être défendue par chacun des citoyens qui la composent, et même par tout étranger. C'est pourquoi, si sa défense dépend absolument de lu mort du tyran, tout particulier a droit de le tuer. Ainsi dans la rigueur même, il est vrai que ce massacre ne se commet pas par une autorité privée, mais plutôt pur l'autorité publique, ou par celle du royaume, qui veut que tout citoyen, comme *on membre et son instrument, la défende; ou enfin par l'autorité de Dieu > père de la nature , qui donne m tout homme h pouvoir de défendre l'innocent opprimé,

Un roi légitimement déposé n'est plus roi désormais, ai princç légitime; bien plus, si ap*è$ nue déposition légitima il persé-

48 LfcZE-MÀJESTÉ ET RÉGICIDE.

vère dans son obstination, et retient le royaume par violence, il commence dèslors à porter le titre de tyran. Après que sa sentence est prononcée, il est entièrement dépouillé de son royaume, en sorte qu'il ne peut plus le posséder à juste titre. Donc il pourra désormais être traité en toute manière comme un tyran, et par conséquent il sera permis à tout particulier de le tuer. {François Suarez.)

Il est dit au 14 e chapitre des Proverbes, que la multitude du peuple fait la dignité du roi, parce qu'en effet personne n'est appelé roi pour quelque chose qui se soit trouvée réellement en lui, mais à cause de l'opinion par laquelle la multitude l'a préféré pour le mettre à sa tête; ce qui se doit entièrement rapporter aubon plaisir du peuple........ Et certainement leur

trône n'est ni planté, ni attaché, ni enra-

ciné dans la terre, attendu qu'ils n'ont pas la dignité royale enracinée en eux-mêmes, mais dans un autre, savoir dans l'opinion

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