‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 106 sur 542 · DANEL · texte numérisé non relu

DANEL

DANNREUTHER

frères : Arnaud, né le 1er janv. 1820, m. à Bagnères-de-Bigorre en févr. 1862, violoncelliste remarquable, auteur d'une méthode pour son instrument, et Léopold, né le 1er juin 1823, -m. à Paris, le 29 avr. 1895, qui fut comme son aîné un bon violoniste, publia des études, des fantaisies et fut pendant longtemps professeur au Conservatoire de Paris. D. a écrit cent cinquante œuvres environ, la plupart pour violon ou pour musique de chambre (concertos de violon, quatuors pour instr. à archet, trios, etc.) ; il a reçu pour ses œuvres diverses récompenses, entre autres le Prix Gharlier, pour la musique de chambre (1861, de moitié avec Farrenc). Il convient de noter surtout, parmi ses œuvres destinées à l'enseignement : Méthode élémentaire et progressive de violon; Ecole de l'expression ; Ecole de la mélodie et Art de moduler sur le violon. D. a publié aussi deux écrits : Les compositeurs chefs d'orchestre (1873) et Miscellanées musicales (1877). Danel, Louis-Albert-Joseph, né à Lille, le mars 1787, m. dans la même ville, le 12 avr. 875 ; était imprimeur, mais se retira en 1854 et 'occupa d'œuvres de charité pendant les vingt lernières années de sa vie. D. a inventé une cotation originale pour l'enseignement élémenaire de la musique ; sa langue des sons indique )ar des lettres outre le nom de la note, sa durée t, s'il y a lieu, ses altérations, en sorte que haque son est exprimé par une syllabe cor-

espondante. Ex. : bel =

?&~ (b = si,

-r p*, 1 — J7). Pour plus de détails, v. la Méhode simplifiée pour l'enseignement popu- %irede la musique vocale, par D. (4e éd., 1859). a organisé lui-même, à grands frais, des ours gratuits de musique selon sa nouvelle îéthode, dans plusieurs villes et villages du déartement du Nord. Il reçut, en récompense de es services, la croix de la Légion d'honneur. Danican, v. Philidor.

Daniel, Salvador, fut en 1871, lors de la ommune, directeur du Conservatoire de Paris endant quelques jours, comme successeur Auber. Il mourut le 23 mai de la même année, |ms un combat avec les troupes régulières, uoique peu qualifié, semble-t-il, pour les foncns importantes de directeur du Conservaire, D. ne fut pas sans quelque mérite. Prosseur de musique pendant plusieurs années l'école arabe d'Alger, il publia en 1863 une nographie : La musique arabe, avec un pendice sur l'origine des instr. de musique, fit paraître en outre un album de chants abes, mauresques et cabyles, une étude (sous me de lettres) sur la chanson française, et pendant un certain temps rédacteur musical a Marseillaise, de Rochefort.

anjou, Jean -Louis -Félix, né à Paris, le juin 1812, m. à Montpellier, le 4 mars 1866; aniste de diverses églises de Paris, fut mé en 1840 organiste du grand-orgue de tre-I)ame et agita le premier la question de

la réforme du plain-chant grégorien, par la publication d'un écrit : De l'état et de l'avenir du chant ecclésiastique (1844). Il fit d'importantes recherches sur l'histoire du chant ecclésiastique et en consigna les résultats dans la Revue de la musique religieuse, populaire et classique qu'il publia de 1845 à 1849. Dans un voyage qu'il entreprit en 1847, avec Morelot, au midi de la France et en Italie, il découvrit un grand nombre de manuscrits musicaux très importants du moyen âge. C'est à lui que l'on doit entre autres la découverte du célèbre antiphonaire digrapte (en neumes et en notation dite boétienne; cf. lettres) de Montpellier. D. avait aussi étudié à fond la facture de l'orgue, afin de s'aider à propager les orgues françaises en Allemagne, en Hollande et en Belgique ; il s'associa à la maison Daublaine et Callinet (v. ce nom) de Paris, mais y perdit presque toute sa fortune. Ses tentatives de réforme du plainchant lui avaient suscité un grand nombre d'ennemis, aussi, aigri et découragé, abandonna-t-il en 1849 toute préoccupation musicale. Il vécut d'abord à Marseille, puis à Montpellier et fit du journalisme.

Dankers (Dankerts), Ghiselin, contrapontiste néerlandais du xvie s., né à Tholen (Zélande), fut membre de la chapelle pontificale de 1538 à 1565 et en reçut une pension de retraite. On connaît de lui : deux livres de motets de quatre à six voix (1559); des motets détachés parus à Augsbourg, dans des anthologies de 1540 et 1545; un traité manuscrit que possède la bibliothèque Vallicelliana, à Rome. Ce traité sur les modes antiques fut écrit en manière de jugement, par D. qui avait été choisi comme arbitre dans la discussion entre Vicentino (v. ce nom) et Lusitano; Ad. de La Fage en a publié quelques extraits dans ses Essais de diphtérographie musicale.

Danneley, John-Feltham, né à Oakingham en 1786, m. à Londres en 1836, comme maître de musique ; auteur d'une théorie élémentaire de la musique, Musical Grammar (1826), et d'un petit dictionnaire de musique, Encyclopedia or dictionary of music (1825).

Dannreuther. 1. Edward, né à Strasbourg le 4 nov. 1844, reçut les premières leçons de musique de F -L. Ritter, à Cincinnati où ses parents avaient émigré, alors qu'il avait cinq ans. Il fut ensuite (1859-1863) élève du Conservatoire de Leipzig et vécut depuis lors à Londres, où il s'est fait estimer comme pianiste, pédagogue et musicographe. D. est un des plus chauds partisans de la cause wagnérienne, il fonda en 1872 F « Association wagnérienne » de Londres et en dirigea lui-même les concerts en 1873 et 1874; il fut l'un des principaux initiateurs du festival Wagner de 1877, et traduisit en anglais quelques écrits de Wagner : « Briefe an einen franzôsischen Freund » ; « Ueber das Dirigieren » ; « Beethoven » (1880; avec un appendice sur la philosophie de Schopenhauer). D. est l'auteur d'un ouvrage intitulé : Richard Wagner, his théories and tendencies, et d'une importante étude sur les ornements musicaux, Musical or-

Page 1