‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 108 sur 542 · DAVID · texte numérisé non relu

DAVID

d'Augsbourg, publia des sonates pour luth et plusieurs traités de musique : Generalbass in drei Akkorden (1756, attaqué par Marpurg, dans les Beitrdge...) ; Der musikalische Dilettant (1773, traité de composition); Anleitung zum Selbstunterricht in der Komposition (1788 ; deux parties). Le premier de ces ouvrages, « Traité de basse chiffrée en trois accords », est tout ce qu'il y a de plus remarquable ; les trois accords dans lesquels D. voit la quintessence de toute harmonie sont: l'accord parfait de tonique, celui de la sous-dominante avec sixte, et celui de la dominante avec septième.

Daublaine et Gallinet, célèbres organiers parisiens, dont la maison fut fondée en 1838, sous la raison de commerce Daublaine & G°. Le chef intellectuel de la maison était Danjou (v. ce nom), tandis que Gallinet (né à Ruffach, Alsace, en 1797, entré dans l'association en 1839) était un technicien habile, et Daublaine un commerçant avant tout. En 1843, Gallinet se brouilla avec son associé, brisa tout ce qu'il avait fait de l'orgue de Saint-Sulpice (Paris) alors sur le chantier et se retira (il entra plus tard comme ouvrier chez Gavaillé-Goll). Il fut remplacé par Barker. Le nom de la maison, qui changea fréquemment de propriétaire, devint en 1845 Ducrocquet & G0, en 1855 Merklin, Schutze & G°. L'unique chef de la maison est actuellement Merklin (v. ce nom) et son siège social à Lyon.

Dauprat, Louis -François, célèbre corniste virtuose et compositeur pour son instrument, né à Paris le 24 mai 1781, m. dans la même ville le 16 juil. 1868 ; élève de Kenn, au Conservatoire de Paris, fit d'abord partie de la musique de la Garde nationale, puis de la Garde du Consul. De 1801 à 1805, il suivit encore les cours de théorie deCatel et de Gossec au Conservatoire, fut de 1806 à 1808 premier cor de l'orchestre du Grand-Théâtre, à Bordeaux, puis succéda à Kenn et à Duvernoy dans l'orchestre de l'Opéra de Paris. Il fut en outre musicien de la chambre de Napoléon Ier t de Louis XVIII, professeur suppléant (1802) puis professeur titulaire (1816) de cor au Conservatoire de Paris. Il donna sa démission en 1831 de l'orchestre de l'Opéra, en 1842 du Conervatoire. Les œuvres suivantes de D. ont été Dubliées : Méthode pour cor alto et cor basse c.-à-d. pour premier et deuxième cor), des 'oncertos pour cor et une quantité de morceaux de musique de chambre avec cor; d'autres euvres sont restées manuscrites : des sym- )honies, un traité d'harmonie, une Théorie analytique de la musique, etc.

Daussoigne-Méhul, Louis-Joseph, neveu et ls adoptif de Méhul, né à Givet (Ardennes) le [4 juin 1790, m. à Liège le 10 mars 1875; élève e Catel et Méhul au Conservatoire de Paris, :rand prix de Rome en 1809, rencontra à son etour d'Italie de très grandes difficultés dans i carrière de compositeur scénique qu'il avait hoisie et l'abandonna après quelques méiocres succès. Il fut nommé, en 1827, directeur u Conservatoire de Liège, à la tète duquel il

resta jusqu'en 1862 et qu'il sut rendre des plus florissants. Il a fourni une preuve de son réel talent musical en achevant les œuvres posthumes de son oncle, de telle manière qu'il fut impossible à la critique de distinguer dans ces œuvres la part de chacun. D. était membre de l'Académie des beaux-arts de Belgique ; il a publié dans les mémoires de celle-ci toute une série d'études sur la musique.

Davenport, Francis-William, né à Wilderslowe près Derby en 1847 ; élève et plus tard beau-fils de G. Macfarren, fut nommé en 1879 professeur à la « Royal Academy of music » et en 1882 à l'école de musique de Guildhall. D. a écrit : deux symphonies (ré min., couronnée en 1876 au concours de l'Alexandra-Palast, et ut maj.) ; une ouverture, Twelfth Night; prélude et fugue pour orchestre ; un trio avec piano (si bémol maj.) ; des morceaux pour piano et violoncelle, des chœurs, des mélodies, ainsi que deux traités théoriques : Eléments of Music (1884) et Eléments of harmony and counterpoint (1886).

David. 1. Félicien-César, célèbre compositeur français, né à Cadenet(Vaucluse)le 13 avr. 1810, m. à St-Germain-en-Laye le 29 août 1876 ; entra, grâce à sa belle voix d'enfant, dans la chapelle de l'église du Saint-Sauveur à Aix, puis obtint une bourse à l'institution des Jésuites. Au bout de trois ans déjà, il s'enfuit de l'école, afin de se vouer entièrement à la musique ; il gagna alors péniblement sa vie, comme copiste chez un avocat, jusqu'au jour où il parvint à se faire nommer second chef d'orchestre au théâtre d'Aix. En 1829, il fut de plus nommé maître de chapelle de l'église du Saint-Sauveur. Mais le désir d'apprendre encore, de s'instruire musicalement, pour pouvoir donner aux pensées musicales qui germaient en lui une expression artistique, s'empara bientôt de lui ; il partit pour Paris, avec une maigre pension mensuelle de cinquante francs. Gherubini, auquel il soumit ses essais de composition, le fit admettre au Conservatoire, où il devint l'élève de Fétis (composition) et de Benoist (orgue); en même temps, il prenait avec Reber des leçons particulières. Un peu plus tard, son oncle finit par lui retirer même sa petite pension et D. se vit obligé de courir le cachet pour gagner son pain. Le saint-simonisme naissant eut une influence considérable sur l'avenir de D., qui s'enthousiasma pour la nouvelle cause ; il écrivit d'abord des chœurs pour les concerts des apôtres de Saint-Simon, au nombre desquels il comptait lui-même, puis, lorsque cette secte fut interdite par le gouvernement en 1833, il partit avec quelques autres apôtres, comme missionnaire en Orient. Au milieu d'aventures de toutes sortes, ils arrivèrent à Marseille, puis à Gonstantinople, à Smyrne et enfin en Egypte; D. seul se dirigea plus tard, à travers la Haute- Egypte, du côté de la Mer Rouge, mais il dut finalement reculer devant la peste et rentra à Paris en 1838. D. rapportait de ses voyages des connaissances très exactes sur la musique des Orientaux, une riche collection de mélodies

Page 1