DAVID
orientales originales el ane quantité d'impressions, doni Bon imagination se nourrit pendant Longtemps. Le recueil de chants de l'Orient qu'a publia en 1835 n'avait pas produit cependani l'effel qu'il en attendait, aussi D. se retira-t-il très chagriné chez un ami, à la campagne. C'est là qu'il écrivil un grand nombre d'œu- \ r< m instrumentales, dont quelques-unes furent jouées à Paris. Il put enfin, en 1844, faire exécuter dans un concert du Conservatoire son odesymphonie, Le Désert, l'œuvre dans laquelle il avait fixé musicalement les merveilleuses impressions de son voyage en Orient. Le succès tut considérable el D. immédiatement placé au rang ^'* compositeurs les plus illustres. Il De parvint pas. il est vrai, l'année suivante, à susciter en Allemagne la même extase qu'à Paris, mais sa réputation était faite désormais et chacune de ses œuvres, ancienne ou nouvelle, fui accueillie avec intérêt. Son oratorio, Moïse si',' le mont Sinaï (1846), ainsi que l'ode-symphonie, Christophe Colomb, et le mystère, Eden, ne furent pas applaudis aussi chaudement que Le Désert, mais il ne faut point oublier que l'année 1848 ne laissa guère le temps aux Parisiens de s'occuper sérieusement de choses d'art. Toutes les portes, même celles des théâtres lyriques, lui étaient désormais ouvertes. Il donna en 1857, La Perle du Brésil (Théâtre-Lyrique). La Fin du Monde fut refusée à l'Opéra, à (•ans.- de son étrange sujet; elle fut étudiée au Théâtre-Lyrique, mais non représentée; c'est en 1850 seulement, que l'Opéra donna cette œuvre, sous le titre d' Herculanum. Vinrent ensuite : Lalla Roukh (1862) et le Saphir I 1865,). Le Désert n'en resta pas moins l'œuvre capitale de D. ; le Sapihir ne fut que très peu goûté, mais Lalla- Roukh remporta un éclatant succès. I). relira de son propre chef un cinquième opéra, La Captive, et renonça dès lors à écrire pour la scène. Il faut citer, parmi ses autres œuvres: vingt-quatre quintettes pour instr. à archel (Les quatre saisons), deux non. tirs pour instr. à vent, une symphonie en fa uni., des romances, etc. D. reçut de l'Académie. en L867, Le grand prix d'Etat de 20,000 fr.; il succéda à Berlioz en 1869, â l'Académie et dans •notions de bibliothécaire du Conservatoire de Paris.
2. Ferdinand, remarquable violoniste virtuose el l'un des premiers professeurs de violon de l< »us Les temps, né ù Hambourg le 19 juin 1810, m. pendant un voyage à Klostcrs (Suisse) Le L9juiL L87a Elève de Spohr et de Hauptmanu ;, Cassel, de 1828 â 1824, il se m entendre L'année suivante déjà an Gewandhaus de Leipsœur Louisr, devenue plus tard M D u. ,ni i el fut considéré
comme un artiste accompli l'ai 1827, il entra dans L'orchestre dn théâtre <\r Kônigsstadt à Berlin, mais accepta deux ans plus lard La place de premier violon dans Le quatuor particulier ,,'mi riche amateur de musique de Dorpat (von Liphardt), doni il épousa plus tard La mie. il se créa un grand renom, comme violoniste, en ai- 1:1111 donner, de Dorpat, des concerts â St-Pé-
tersbourg, Moscou, Riga, etc. Mendelssohn qui avait fait sa connaissance à Berlin, en 1836, le fit venir à Leipzig comme concertmeister du Gewandhaus ; la nature éminemment musicale de D. se manifesta alors de toutes manières, surtout après la fondation du Conservatoire (1843). Leipzig resta grâce à lui le siège de la haute école du violon en Allemagne, longtemps encore après que le nimbe dont l'entouraient les noms de Mendelssohn, Schumann et Gade eût disparu. On n'oubliera jamais la merveilleuse cohésion de l'orchestre du Gewandhaus sous sa baguette. D., en qualité de concertmeister, devait diriger les accompagnements d'orchestre des solistes ; il était la terreur de tous les virtuoses qui s'approchaient pour la première fois du Gewandhaus. Quant à la valeur du professeur, on peut la mesurer aisément aux élèves, dont un nombre considérable est encore répandu dans le monde entier. Mendelssohn tenait D. en grande estime et mainte fois, pendant le temps de leur activité simultanée à Leipzig, il eut recours à ses conseils ; son concerto de violon a été écrit sous les yeux de D. et créé par lui. Les œuvres de D. lui-même sont les suivantes : cinq concertos de violon, des variations et des morceaux divers ; un opéra, Hans Wacht ; deux symphonies ; mais avant tout une Méthode de violon, qui compte parmi les meilleures, et la Hohe Schule des Violinspiels (recueil d'anciennes oeuvres pour violon, surtout des maîtres français et italiens du xvir» et du xvme s.). Son fils, Peter-Paul, né à Leipzig le 1er déc. 1840, fut de 1862 à 1865 con-, certmeister à Garlsruhe, et vit depuis lors à Uppingham (Angleterre), comme maître de musique.
3. Samuel, né à Paris le 12 nov. 1836, m. dans la même ville en oct. 1895 ; élève de Bazin et Ilalévy au Conservatoire, fut à partir de 1872, directeur de la musique des Temples israélites, à Paris. D. reçut en 1858 le prix de Rome (cantate : Jephta) et l'année suivante un prix pour une œuvre chorale (voix d'hommes) avec orchestre : Le génie de la terre, qui fut exécutée par une masse de 6000 chanteurs. D. est l'au-i teur de plusieurs opéras-comiques et opérettes : La peau de Cours (1858), Les chevaliers du poignard (1864 ; mis à l'étude, mais non représenté), Mademoiselle Sylvia (1868), Tu Vas voulu (1869), Le bien d' autrui (1869), Un caprice d Ninon (1871), La fée des bruyères (1878), plue quelques autres encore manuscrits : La gageure, Une dragonnade, L'éducation d'un prince, Absalon, Les chargeurs et / Maccabd (ital). Il a écrit en outre quatre symponies, uni quantité de petites œuvres vocales et publu une étude sur L'art déjouer en mesure.
4. Ernest, musicographe français, né Nancy le 4 juil. 1824, m. à Paris le 3 juin 188i se voua d'abord à la carrière commercial malgré son penchant pour la musique. En 1 seulement, forcé, par suite de paralysie de deux jambes, de mener une vie tranquille e retirée, il commença à faire des études d'his toire musicale sous la direction de Fétis, ave
DAVIDOW
DE AHNA
lequel il entretenait une correspondance suivie. Il collabora d'abord à la Revue et Gazette musicale, au Ménestrel et au Bibliographe musical, puis fit paraître en 1873 une étude : La musique chez les Juifs. L' Histoire de la notation musicale depuis ses origines, parue en 1881, en collaboration avec M. Lussy (v. ce nom) obtint le prix Bordin et fut imprimée aux frais de l'Etat, malgré son manque absolu d'originalité et son caractère de simple compilation, dont l'exactitude laisse même souvent à désirer. D. est aussi l'auteur d'une biographie de Bach : La vie et les œuvres de J.-S. Bach (1882).
Davidow, Karl, violoncelliste distingué, né à Goldingen (Gourlande) le 15 mars 1838, m. à Moscou le 26 févr. 1889 ; reçut les premières leçons de violoncelle de H. Schmidt à Moscou, où il était arrivé tout enfant, puis continua ses études sous la direction de K. Schubert à St-Pétersbourg, et se rendit à Leipzig, pour y travailler la composition auprès de M. Hauptmann. Il débuta en 1859, au Gewandhaus, avec un succès extraordinaire et fut engagé sur-le-champ comme violoncelle-solo ; peu après, il prit en outre la succession de F. Grûtzmacher au Conservatoire de' Leipzig. Après quelques tournées de concerts, il se décida cependant à rentrer à St-Pétersbourg. D. y fut nommé successivement violoncelle-solo de l'orchestre impérial et professeur au Conservatoire (1862), chef d'orchestre de la Société de musique russe et enfin directeur du Conservatoire (1876). Il donna sa démission de directeur en 1887. Ses œuvres consistent principalement en concertos et en morceaux divers pour violoncelle ; il a cependant aussi publié d'excellente musique de chambre (quintette avec piano, etc.).
Davies, Fanny, pianiste distinguée, née dans l'île de Guernesey ; élève du Conservatoire de Leipzig (1882; Reinecke) et du Conservatoire Hoch à Francfort s/M. (1883-1885 ; Clara Schumann), débuta au « Crystal Palace » de Londres en 1885 et joua depuis lors en Angleterre et en Allemagne (Berlin, Leipzig) avec grand succès.
Davison, James- William, né à Londres le 5 oct. 1813, m. à Margate (Londres) le 24 mars 1885; élève de Holmes (piano) et de G.-A. Macfarren (théorie), s'essaya d'abord dans la composition, mais finit par se vouer entièrement à la critique musicale. Il publia de 1842 à 1844 une revue, Musical Examiner, de 1844 jusqu'à sa mort le Musical World ; en même temps, il collaborait à plusieurs journaux : Saturday Review, Pall Mail Gazette, Graphie, et fut de 1846 à 1879 rédacteur musical au Times, situation dans laquelle il exerça une grande influence. D. a écrit durant toute sa vie les programmes analytiques des Mondai/ Popular Concerts, tondes en 1859 sur son initiative, et ceux des récitals de Ch. Halle. Il avait épousé en 1859 Arabella Godard (v. ce nom), qui était son élève depuis 1850.
Davy, John, né près d'Exeter en 1765, m. à Londres le 22 févr. 1824; était de 1800 à 1819 un compositeur favori d'opéras-comiques (Singspiele), à Londres.
Day, Alfred, né à Londres en janv. 1810, m. dans la même ville le 11 févr. 1849; étudia la médecine à Londres, à Paris et à Heildelberg où il fut promu au grade de Dr med., et vécut comme homéopathe à Londres. D. est l'auteur d'un intéressant traité d'harmonie (Treatise of Harmony, 1845), par lequel il cherche à introduire d'intelligentes réformes dans la méthode d'enseignement de l'harmonie. Il remplace la basse chiffrée habituelle par une basse chiffrée (il ne put malheureusement se débarrasser de ce système) d'un autre genre, qui doit indiquer l'identité de signification harmonique des différents renversements d'un même accord. Le point faible de ce système est l'admission d'un accord monstrueux de treizième, comme formation harmonique d'importance essentielle.
Dayas, William-Humphrey, né à New- York le 12 sept. 1865, remplissait les fonctions d'organiste à l'âge de quatorze ans déjà, dans sa ville natale. Il acheva ses études sous la direction de Haupt et d'Ehrlich, à Berlin, et succéda à Busoni, en 1890, comme professeur de piano au Conservatoire d'Helsingfors. D. est un compositeur de talent (deux sonates pour orgue, quatuor pour instr. à archet, valses pour piano à quatre mains, etc.).
D. c, abréviation pour da capo, v. gapo.
Debain, Alexandre-François, l'inventeur de l'harmonium, né à Paris en 1809, m. dans la même ville le 3 déc. 1877, travailla d'abord dans les ateliers d'Ad. Sax, puis de Mercier et s'établit en 1834 comme facteur de pianos. En août 1840, D. fit patenter 1' « harmonium » (v. ce mot), qui le rendit bientôt célèbre. D. était un mécanicien des plus habiles, il construisit toutes sortes d'instr. de musique automatiques, perfectionna lui-même l'harmonium par l'adjonction du prolongement, apporta diverses améliorations à l'accordéon (concertina), etc.
De Ahna. 1. Heinrich-Karl-Hermann, né à Vienne le 22 juin 1835, m. à Berlin le 1er nov. 1892; élève de Mayseder à Vienne, puis de Mildner au Conservatoire de Prague, se fit remarquer à l'âge de douze ans déjà, à Vienne, à Londres, etc. par ses brillantes qualités de violoniste, puis fut nommé en 1849 virtuose de la chambre du duc de Cobourg-Gotha. Malgré ces succès, il abandonna subitement la musique et entra le 1er oct. 1851, comme cadet, dans l'armée autrichienne; promu en 1853 au grade de lieutenant, il fit en 1859 la campagne d'Italie. Une fois la paix conclue, D. sentit renaître en lui l'amour de l'art; il prit congé de l'armée et fit des tournées de concerts en Allemagne et en Hollande. En 1862, il s'établit à Berlin, où il fut d'abord membre de l'orchestre royal, puis en 1868 concertmeister et en 1869 professeur à l'Académie royale de musique. D. était non seulement bon virtuose, mais excellent violoniste de quatuor (second violon du quatuor Joachim). — 2. Eleonore, sœur du précédent, née à Vienne le 8 janv. 1838, élève d'E. Mantius, cantatrice remarquable (mezzo soprano), mourut déjà le 10 mai 1865, à Berlin, où elle était cantatrice à l'Opéra royal.
DEBILLEMONT
Debillemont. .h an- Jacques, né à Dijon le 12 déc. 1824, m. â Paris Le 14 févr. 1879; élève du Conservatoire de Paris (Alard [violon], Leborne el Garafa),fil d'abord représenter quelques opéras dans sa ville natale puis s'établit, en 1859, â Paris. 11 s'y lit connaître par toute une Bérié d'opérettes, de féeries, quelques opéras-comiques {Astaroth; 1861, Théâtre-Lyrique), des cantates, etc. D. fut d'abord directeur des concerta de la «Société dea beaux-arts», puis chef d'orchestre du théâtre de la Porte St-Martin.
Debois. Ferdinand, né à Brunn le 24 nov. 1834, m. dans la môme rille le 10 mai 1803; fut i la foie chef d'une maison de banque de sa ville natale el directeur d'une société chorale d'hommes qu'il y avait fondée. Compositeur favori de chœurs d'hommes, D. a aussi écrit des Lieder, duos, morceaux de piano, etc.
Debrois van Bruyck, v. Bruyck.
Debussy, Claude, né à St-Germain en 1862; élève de Guiraud, au l 'onservatoire de Paris, obtinl le grand prix de Rome en 1884 (cantate: L'Enfant />rodù/ue). Son envoi de Rome, la Damoiselle élue (chœur8, soli et orchestre, d'aprèa un poème de hante-Gabriel Rossetti), fut refusé par la section .1rs Beaux-Arts de l'Institut, qui le jugea d'une modernité excessive. D. n'en continua pas moins à persévérer dans la voie qu'il avait choisie el donna toute une série d'oeuvres intéressantes au plus haut degré : drs poèmes lyriques sur des vers de Beaudelaire el de Verlaine, un quatuor pour instr. à archet, ['Après-midi d'un faune (commentaire symphonique de l'églogue de Stéphane Mallarmé), dea Proses lyriques (recueil de pièces \ orales). Pelléas et Mélisandre (musique pour un drame de Maeterlinck) el un opéra, encore inachevé : Chimène (poème de <lat. Mendès).
Déchant (lat. discantus). Forme de la polyphonie ([ni apparut dans le courant du XHe S. et dont le principe, opposé au mouvement parallèle de l'organum el du faux-bourdon (v. ces moisi, repose Bur l'emploi rigoureux du mouvement contraire. Les diverses sortes de polyphonie, contrastant fortement entre elles au début, se rapprochèrent de plus en plus grâce à l'emploi des notes de passage (figuration), puis s'unilièrent finalement pour former le véritable contrepoint (y. ce mot). Le <). était au début exclusivemenl à deux voix; on plaçait au-des- BU8(!)de la mélodie du cantus planus et note contre note, nue seconde mélodie, qui n'était • lu reste pas notée, maie improvisée directe- ""•"' par le chantre {contrajnmto alla mente,
chant sur le livre). Plus lard on ajouta à la méd"ini.'e. deux ou trois autres mélodies {triplum, quadruplum) el l'on dut naturellement en venir à noter ces compositions, afin d'éviter un épouvantable charivari. Lee plus anciennes théories du d.. ReguUs discantandi, 11 admettaient dans le d. Bimple que les intervalles d'octave, de quinte et d'unisson.
Décima (lai.), le dixième degré, dixième (v. ce mot); dans Pur-né (Dbcem, Dbzi If. Di ./. Deci - PLAX i''1" de mutation qui parle à la dixième su-
— DEDEKIND
périeure d'un jeu de 8', par conséquent identique à la tierce de 3 Vs' (16A> = son 5 de la série harmonique d'un jeu de 16').
Deciso (ital.), décidé, résolu.
Decker, Konstantin, né à Furstenau (Brandenbourg) le 29 déc. 1810, m. à Stolp en Poméranie le 28 janv. 1878; élève de Dehn à Berlin, pédagogue de talent, pianiste et compositeur. Il vécut longtemps à St-Pétersbourg, puis à K6nigsberg, où il fit représenter en 1852 un opéra, Isolde; il se fixa en 1859 à Stolp.
Declamando (ital.), en déclamant, c.-à-d. plus parlé que clianté (en manière de récitatif). Cf. Déclamation.
Déclamation. On donne le nom de d., dans la composition vocale, à la transformation du rythme poétique (mètre) en rythme musical: une mélodie est « mal déclamée », lorsqu'une syllabe brève reçoit un accent musical fort ou une note de longue durée, ou qu'au contraire une syllabe longue, un mot important dans l'ensemble de la phrase, occupe dans la mélodie une place secondaire, sur un temps faible ou une note brève. L'accentuation métrique et l'accentuation musicale doivent, dans leurs grandes lignes, correspondre aussi exactement que possible, sans toutefois que la mélodie devienne une simple scansion. La chanson populaire, toute simple, suit en général exactement l'allure de la prosodie ; la mélodie artistique au contraire (celle que les Allemands appellent Kunstlied) est d'allure beaucoup plus libre, elle allonge ou raccourcit les périodes au moyen de prolongations de syllabes ou de successions de sons de courte durée, etc. L'auteur de ce dictionnaire, Hugo Biemann, a fourni dans son Kateschismus der Vokalmustk (1891) une étude approfondie de la d. allemande; il y convertit entre autres tous les mètres poétiques en périodes musicales de huit mesures. Il n'existe jusqu'à ce jour, à notre connaissance, rien d'analogue en français et appliqué à la langue française.
Decrescendo (ital.), abr. decresc. ou decr., de plus en plus doux, en diminuant de sonorité.
Dedekind. 1. Henning, cantor à Langensalza vers 1590, plus tard pasteur dans la même localité et en 1622 à Gebesee, m. en 1628; a publié : Dodekatonon musicum Triciniorum (s. date;2meéd. 1588, sous le titre: Neue auserlesene Tricinia); Eine Ktndermusik (1589, théorie élémentaire de la musique, par demandes et réponses) ; Prœcursor metricus musicce artis (1590) ; et enfin : Dodekas musicarum deliciarum, Soldatenleben, darinnen allerlei Kriegshàndel. etc. (1628). Le dodeka grec, dans 1 le titre de deux de ces ouvrages est sans doute I un simple jeu de mot, un à peu près (Dodeka- \ Dedekind). — 2. Konstantin-Ghristian, né JT Beinsdorf (Anhalt-Dessau) le 2 avr. 1628, percepteur d'impôts, Poeta laureatus et musicien de la cour à Meissen, fut nommé vers 1672 concertmeister allemand du prince électeur dç Saxe et vivait encore en 1694. D. est l'auteur d'un assez grand nombre de chants religieux
DEDLER — DEHN
avec accompagnement instrumental, qui eurent un temps de vogue : Musikalischer Jahrgang und Yespergesang (120 .concertos), 1674 ; JDavidischer Harfenschall; Singende Sonn - und Festtagsandachten, 1843; Musikalischer Jahrgang, etc. (à deux voix, avec orgue), 1694; etc.
Dédier, Rochus, né à Oberammergau le 15 janv. 1779, m. à Oberfôhrning près Vienne le 15 oct. 1822, auteur de la musique exécutée de nos jours encore dans les représentations de la Passion, à Oberammergau. D. était maître d'école.
Deering (Dering), Richard, d'une famille originaire du royaume de Kent, fit son éducation musicale en Italie, sans doute à Rome (Cavalieri, Viadana? ) ou à Florence, car il est l'auteur de Y œuvre la plus ancienne qui soit connue avec continuo (c'est-à-dire avec une basse instrumentale continue). Lors de son retour en Angleterre, il publia pendant le cours de son voyage, à Anvers — trois ans avant 1' « Euridice » de Caccini et 1' « Anima e Corpo » de Gavalievi — le premier livre de ses : Canliones sacrœ quinque vocum cum basso continuo ad organum (1597 ! 2e livre 1617, 3e livre 1619). Il fut promu en 1610 bachelier es musique de l'Université d'Oxford; en 1617, il accepta, à la suite de démarches pressantes que l'on fit auprès de lui, le poste d'organiste du couvent des nonnes anglaises à Bruxelles ; en 1625, il fut nommé organiste de la reine Henriette-Marie et mourut déjà cinq ans plus tard. D. a fait paraître un certain nombre d'autres ouvrages : Cantica sacra ad melodiam madrigalium elaborata senis vocibus (1618); deux livres de Canzonette (Anvers, 1620); Cantica sacra ad duas et très voces cum basso continuo ad organum (1662; un simple choix, sans doute, d'œuvres tirées du premier ouvrage cité). On trouve en outre quelques morceaux de D. dans les Cantica sacra (1874) de Playford, et quelques manuscrits sont encore conservés dans la bibliothèque de la « Sacred Harmonie Society », à Londres.
Deferrari, v. Ferrari.
Deffès , Louis-Pierre, né à Toulouse le 25 juil. 1819, fut d'abord élève de la succursale du Gonservatoire de Paris, dans sa ville natale, puis passa dans celui-ci où il eut Halévy pour maître; il obtint en 1847 le grand prix de Rome. D. est actuellement directeur du Gonservatoire de Toulouse. Ses compositions se font surtout remarquer par leur facture élégante et le sens musical délicat qu'elles révèlent chez l'auteur ; (15 opéras-comiques et opérettes; une grande Messe, etc.)
Deficiendo (ital.), en diminuant d'intensité et de rapidité, à peu près syn. de mancando ou calando.
Degele, Eugen, chanteur scénique (baryton), né à Munich le 4 juil. 1834, m. à Dresde le 26 juil. 1886, petit-fils de Valesi du côté de sa mère, élève de l'Ecole de musique de Munich pour le violon d'abord, puis pour le chant qu'il travailla avec A. Bayer et Fr. Dietz. Ayant fait fiasco à son premier début, à Munich même, il prit de nouvelles leçons de chant chez W. Rauscher.
En 1856, il fut engagé à Hanovre après y avoir chanté avec succès le rôle de « Nevers » ; en 1861, il s'établit à Dresde, où il fit partie de l'Opéra royal jusqu'à sa mort. Marschner l'estimait beaucoup et lui faisait tenir ses grands rôles. D. s'est aussi fait connaître avantageusement comme compositeur de lieder.
Degré, nom qu* l'on donne à chacun des sons de l'échelle fondamentale. C'est la tonique qui, dans la règle, sert de point de départ, lorsqu'on compte les d. de l'échelle; c'est ainsi que l'on dit : l'accord parfait, l'accord de septième, etc. du deuxième, du cinquième, etc. degré de la tonalité. De plus, on fait une distinction entre deux sons enharmoniques, en disant par ex. que ut et ré \? se trouvent sur deux d. différents de l'échelle fondamentale (v. ce mot), ut et ut § par contre, sur le même degré.
De Greef, Arthur, l'un 'des plus remarquables pianistes contemporains, né à Louvain le 10 oct. 1862, élève du Gonservatoire de Bruxelles (Louis Brassin) et de Franz Liszt, à Weimar. D. est depuis 1888 premier professeur de piano (classes d'hommes) au Gonservatoire de Bruxelles, mais il profite de tous les congés qu'il peut obtenir, pour faire de nombreuses tournées de concerts. Il est accueilli partout avec le même enthousiasme : en Angleterre, en Ecosse, en Norvège, en France, en Allemagne, en Suisse, etc. D. est de plus un compositeur de mérite, on connaît de lui de nombreuses mélodies ; une Suite symphonique pour orchestre; une Ballade en forme de variations sur un vieux thème flamand, pour instr. à archet; une Fantaisie pour piano et orchestre sur de vieilles chansons terriennes, etc. Il travaille en ce moment à une grande cantate : Les Passions humaines, pour l'inauguration du monument Lambeau.
Dehaan (de Haan), Willem, compositeur et chef d'orchestre, né à Rotterdam en 1849 ; élève de Nicolai, de Lange et Bargiel à l'Ecole de musique de sa ville natale, puis du Gonservatoire de Leipzig (1870-1871). Il séjourna l'année suivante à Berlin, à Vienne, etc., puis fut nommé successivement directeur de musique à Bingen (1873), directeur du « Mozartverein » (1876) et chef d'orchestre de la cour (1878) à Darmstadt. Il faut noter parmi ses œuvres, des compositions pour chœur et orchestre : Der Kœnigssohn, Das Grab im Êusento (toutes deux pour voix d'hommes) et Harpa (pour chœur mixte) : un opéra: Die Kaiser stochter ; ainsi que des lieder, des duos, des morceaux de piano, etc.
Dehn, Siegfried-Wilhelm, né à Altona le 25 févr. 1799, à m. Berlin le 12 avr. 1858; fils d'un riche banquier, étudia le droit à Leipzig, de 1819 à 1823, mais travailla en même temps l'harmonie avec l'organiste Drôbs et se perfectionna dans le jeu du violoncelle. Il entra en 1823 au service de l'ambassade suédoise, à Berlin ; mais après avoir perdu en 1829 toute la fortune que son père lui avait léguée, il se voua exclusivement à la musique. Il devint alors élève de B. Klein et fut au bout de peu de temps théoricien des plus cultivés. Meyerbeer lui fit avoir en 1842 la place de bibliothécaire de la section musicale