‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 110 sur 542 · DEI — DELDEVEZ · texte numérisé non relu

DEI — DELDEVEZ

de la Bibliothèque royale. D. se mit à l'ouvrage avec zèle, «lassa pour la première fois, catalogua el enrichil considérablement les collections qui lui èhii.nl confiées; il fouilla toutes les bibliothèques de la Prusse et fit l'acquisition pour la Bibliothèque royale de tous les ouvrages ou manuscrits précieux qu'il put y trouver. Il mit aussi en partition un grand nombre d'œuvres anciennes (entre autres, les «Psaumes de pénitence ■ d'Orlandus Lassus);D. reçut en 1849 le titre de « professeur royal ». 11 avait rédigé, de 1842 a 1848, la revue musicale Cœcilia, fondée par Gottfried Weber et pour laquelle il écrivit lui-même beaucoup d'articles de valeur. Mais son œuvre capitale est un traité d'harmonie, ITieoretisch-prakHsche Harmonielehre (1840), dont la préface renferme de précieuses contributions historiques; il a publié en outre : Analyse dreier Fugen aus J.-S. Bachs Wohltemrtem Klavier und einer Vokaldoppelfuge (i.-M. Buononcinis (1858) ; Sammlung altérer Musik ans dem XVI und XVII. Jahrhundert (12 cahiers); une traduction allemande delà notice <!<■ Delmotte sur Orlandus Lassus, etc. B.Scholz a rédigé, d'après les notes posthumes de D., une Lehre vom Kontrapunkt, dem Kanon ,',«1 der Fuge fis:,*.): 2e éd., 1883). D. fut un des professeurs do théorie les plus renommés; on compte parmi ses élèves un grand nombre de célébrités : Glinka, Kiel, A. Rubinstein, Th. Kullak, II. Hofmann, etc.

Dei filai.), syn. de di i, de les, des. Deiters, Hrbmann, musicographe, né à Bonn le £3 juin 1888, étudia le droit et plus tard la philologie, dans sa ville natale. Il fut promu Dr jur. puis I)r phil. (1858) et remplit successi- \ émeut les t'< met jni is de maître au Gymnase de Bonn (1858) el plus lard à celui de Diiren (1869), directeur du Gymnase. de Kônitz dans la Prusse occidentale (1874), de celui de Posen (1878) et de celui de Bonn (1883). 11 fut tranféré en 1885 à Coblence, comme inspecteur «les écoles de la province, et entra en 1890 au service du ministère des cultes à Berlin. Tout en déployant une grande activité dans le domaine pédagogique, D. s'est fait connaître très avantageusement comme musicographe. Il a collaboré à La Deutsche Musikzeitung (1860de Bagge el surtout à YAllg.musikalische Zeitung qui renferme entre autres les études suivantes: Beethovens dramatische Komposi- '""" R. Schumann als Schriftsteller

. Otto John (1870), Beethovens Sekulârin Bonn (1871), Max Bruchs Odysseus ■ el une série d'articles sur Brahms. Il a fourni aussi des articles à quelques autres re- Ergânzimgsblâtter zwr Kenntniss der ■t. Deutsche W'artc, Mûnchener Propylaen. h. a publié une intéressante caractéristique de Brahms, dans la Sammltmg musikalischer Vortrâge (1880). Mais sa principale gloire esl el restera l'adaption allemande delà biographie de Beethoven par â A.-YY. Thayer, d'après le manuscrit anglais original el non publié: il en a paru jusqu'à ce jour trois volumes (1866-1879) Le programme de l'année 1870

du Gymnase de Dûren contient une étude de D. sur les sources de 1' « harmonique » d'Aristide Quintilien. Notons enfin : Ueber das Verhàltniss der Martianus Capella zu Aristides Quintilianus (1881) et Ueber die Verehrung der Musen bei den Griechen (1868). D. est à tous les points de vue un élève d'Otto Jahn.

De Koven, Keginald, né à Middletown (Connecticut) en 1859, étudia la musique à Oxford, Stuttgart, Francfort s/M. (sous la direction de Hauff ) et Florence ; auteur d'œuvres de musique légère (romances, opérettes, etc.).

Del (ital.), pour di il, de le, du.

Delaborde, E.-M., pianiste et compositeur, né à Paris le 7 févr. 1839, élève d'Alkan et de Moschelès, parcourut l'Angleterre, l'Allemagne, la Russie, puis vint se fixer à Paris. Il y a été nommé professeur de piano au Conservatoire, en 1873; dès lors, il se voua presque exclusivement, et avec le plus grand succès, au professorat. On connaît de lui quelques compositions originales : Attila (ouverture), La Reine dort (opéra -comique, inédit), des mélodies, douze préludes pour piano, un quintette pour piano et instr.-à archet, des études de concert, etc., et quelques arrangements ou fantaisies.

Delâtre (Delattre). 1. Olivier, contrapontiste néerlandais, dont les imprimés de Paris, Lyon et Anvers, de 1539 à 1555, contiennent des chansons et des motets. — 2. Glaude-Petit-Jan, maître des enfants du chœur de la cathédrale de Verdun, puis vers 1555 maître de chapelle de l'évêque de Liège ; auteur de chansons et de motets, dont on trouve un grand nombre dans les imprimés de Louvain (Phalèse) et d'Anvers (Susato, Bellère), de 1546 à 1574. — 3. Forme française erronée (causée par une prétendue découverte de Delmotte) du nom d'Orlandus Lassus (Roland Delattre) ; v. Lassus.

De l'Aulnaye, François-Henri-Stanislas, né à Madrid, de parents français, le 7 juil. 1739, m. à Chaillot en 1830 ; arriva très tôt à Versailles et fut nommé secrétaire du Musée de Paris, au moment même de sa fondation. Il fut congédié lors de la révolution et dut se tenir caché, car il l'avait combattue dans une série de brochures assez vives. Après avoir gaspillé toute la fortune de son père, D. gagna misérablement sa vie comme correcteur, et mourut à l'hôpital. D. a publié plusieurs études de théorie et d'histoire musicales, parmi lesquelles : De la saltation théâtrale (1790; recherches sur les origines de la pantomime).

Deldevez, Edouard-Marie-Ernest, né à Paris le 31 mai 1817, élève de^Habeneck (violon), Halévy et Berton au Conservatoire de Paris, où il entra en 1825; organisa en 1840, au Conservatoire, un concert dans lequel il fit entendre ses œuvres avec le plus grand succès. 11 fut nommé en 1859 second chef d'orchestre de l'Opéra et de la Société des Concerts du Conservatoire, en 1872 premier chef de la Société des Concerts et en 1873, après la mort de Hainl, premier chef de l'Opéra ; il fut en outre appelé plus tard à la direction de la classe d'orchestre au Conservatoire. D. fit valoir, en 1885, pour raison de santé,

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ses droits à la retraite. D. a écrit des symphonies, de la musique de chambre, des ballets, des scènes lyriques, des cantates, de la musique d'église, etc. fort respectables; il a publié d'anciennes œuvres de musique instrumentale, particulièrement de violon, ainsi que d'intéressants travaux sur la théorie et l'histoire de la musique : Curiosités musicales (1873; examen critique de quelques passages difficiles ou douteux, tirés d'œuvres classiques); La notation de la musique classique comparée à la notation de la, musique moderne (traitant la question des ornements); La Société des Concerts (1887), etc.

Delezenne, Charles-Edouard- Joseph, né à Lille le 4 oct. 1776, m. dans la même ville le 20 août 1866; professeur de mathématiques et de physique dans sa ville natale, a fait paraître dans le bulletin (vol. I à XXXV) des séances de de la Société des sciences de Lille, dont il fit partie depuis 1805, une série de travaux sur la musique (acoustique, intonation, gammes, etc.) d'une haute valeur scientifique.

Delhasse, Félix, né à Spa le 5 janv. 1809, le doyen des musicographes belges, fit la chronique musicale de plusieurs journaux belges et publia, outre quelques biographies n'ayant pas de rapport avec la musique : un Annuaire dramatique (1839-1847), contenant une quantité de notes biographiques et aiiecdotiques, une Galerie de portraits d'artistes musiciens du royaume de Belgique (1842-1843, in-folio ; portraits et notices biographiques de Vieuxtemps, Fétis, Hanssens, de Bériot, Servais, Prume, etc.) et quelques essais de moindre importance.

Delibes, Léo, l'un des compositeurs français modernes les plus renommés, né à Saint-Germain-du-Val (Sarthe) le 21 févr. 1836, m. à Paris le 16 janv. 1891, entra en 1848 au Conservatoire de Paris, où il fut l'élève de Le Gouppey, Bazin, Adam et Benoist. Il fut nommé en 1853 accompagnateur au Théâtre-Lyrique et organiste de l'église de St-Jean et St-François. Deux ans plus tard, il donnait au théâtre des Folies nouvelles sa première opérette, Deux sous de charbon (un acte), qui fut suivie de plusieurs autres, aux Bouffes parisiens. Le Théâtre-Lyrique à son tour donna en 1857 et en 1863 deux opéras-comiques de D. : Maître Griffard (un acte) et Le jardinier et son Seigneur (un acte). Le talent prononcé de D. pour la musique gaie, légère et gracieuse s'affirmait de plus en plus. Il fut nommé en 1865 sous-chef des chœurs de l'Opéra, mais quitta ce poste dès que ses succès, de plus en plus nombreux, lui parurent assurés (1872). L'Opéra donna en 1866 un ballet, La Source, que D. avait écrit en collaboration avec un Polonais nommé Minkus (ce même ballet fut donné plus tard à Vienne, sous le titre : Naïla, die Quellenfee) ; vinrent ensuite deux autres ballets : Coppêlia ou la Fille aux yeux d'émail (1870) qui consacra définitivement la réputation de l'auteur, et Sylvia ou la Nymphe de Diane (1876). L'Opéra-Comique avait représenté entre temps (1873) Le Roi l'a dit, dont le succès réel se confirma plus

tard à l'étranger. Quant aux opéras-comiques suivants : Jean de Nivelle (1880) et Lakmé (1883), leur succès, celui du second surtout, ne prouve rien en faveur d'œuvres coulées dans des moules d'une banalité absolue. Pour être à peu près complet, il faudrait ajouter aux ouvrages déjà mentionnés : toute une série d'opérettes; de la musique de ballet pour le Corsaire d'Adam (1867); la musique de scène du Roi s'amuse (1882); une scène lyrique, La Mort d'Orphée (1878); une cantate, Alger (1865); des chœurs pour voix d'hommes et d'autres pour voix de femmes; une Messe pour deux voix égales ; un recueil de Mélodies (Myrto, Avril, etc.); enfin, un opéra en quatre actes inachevé, Kassia (terminé par Guiraud et donné à Paris le 21 mars 1893). Coppêlia, Sylvia et Le Roi l'a dit sont, sans contredit, ce que D. a fait de meilleur. D. avait succédé en 1881 à Beber, comme professeur de composition au Conservatoire, en 1884 à Massé, comme membre de l'Institut.

Delicato, delicatamente, condelicatezza (ital.), avec goût, finement, c.-à-d. transparent et doux.

Delioux, Charles (D. de Savignag), né à Lorient en avr. 1830, débuta très jeune comme pianiste, étudia ensuite la théorie auprès de Barbereau à Paris, puis au Conservatoire, où il fut de 1845 à 1849 élève d'Halévy. Le Gymnase a donné en 1854 un opéra-comique en un acte, de sa composition : Yvonne et Loic. A part cela, D. a écrit surtout de la musique brillante pour piano et un Cours complet d'exercices, adopté dans les classes de piano du Conservatoire de Paris.

Délia Maria, Pierre-Antoine-Doménique, né à Marseille le 14 juin 1769, m. à Paris le 9 mars 1800, étudia la musique en Italie et donna en 1792, à Naples,un « opéra buffa y>,ll maestro di cappella, et à Trieste une cantate, Le Ire Sirène. En 1796, il se rendit à Paris, s'y associa avec le poète Duval et donna deux ans plus tard un opéra-comique, Le prisonnier, qui eut du succès. Il fit représenter jusqu'à sa mort, très tôt survenue, cinq autres opéras et devint l'un des favoris du public parisien. Un opéra posthume, La fausse duègne, achevé par Blangini, fut monté à Paris en 1802. De la musique d'église et quelques autres œuvres sont restées manuscrites.

Dellinger, Budolf, né à Graslitz (Bohême) le 8 juil. 1857, est depuis 1883 chef d'orchestre du théâtre « Karl Schultze » à Hambourg; auteur de deux opérettes : Don Cœsar et Lorraine.

Dello, (ital.), pour di lo, de le, du.

Delmotte, Henri-Florent, né à Mons en 1799, m. dans la même ville le 9 mars 1836; fils de l'écrivain Philibert D., s'occupa de sciences juridiques et fut en même temps zélé bibliophile. Il découvrit à la bibliothèque de Mons des matériaux pour la biographie d'Orlandus Lassus (cf. toutefois Delatre), qui furent pubiés après sa mort, sous le titre : Notice biographique sur Roland Delattre (1836). Dehn en donna l'année suivante une traduction allemande.

Delsart, Jules, violoncelliste, né en 1844, a

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