II
DEZEM — DIATONIQUE
Dezem (Dez),v. Dkgtma.
Dezime (ail.), dixième, v. Intervalles.
Di (ital.), de, autrement dit indication du génitif ; Tempo di minuelto, mouvement de menuet.
Diabelli, Antonio, né à Mattsee près de Salzbourg le 6 sept. 1781, m. à Vienne le 7 avr. 1858; reçut les premières leçons de musique au couvent de Michaelbeurn, où il était enfant de chœur, et plus tard dans la chapelle de la cathédrale, à Salzbourg. Il étudia ensuite à l'école latine de Munich et entra en 1800 au couvent de Raichenhaslach. Lors de la sécularisation des couvents de la Bavière, en 1803, D. se rendit à Vienne où il vécut d'abord comme professeur de piano et de guitare. Il s'associa ensuite à l'éditeur de musique Cappi et reprit en 1824 toute la maison d'édition pour son propre compte (D. et Cie.). En 1854, il vendit son fonds d'éditions à G. -A. Spina. D. était un compositeur des plus féconds, écrivant avec une facilité inouïe, mais ses œuvres pédagogiques pour le piano (sonatines, sonates à quatre mains, etc.) ont seules conservé quelque renom. Ses opéras, par contre, ses Messes, ses cantates et sa musique de chambre ne jouirent que d'une réputaion éphémère. D. était le principal éditeur de Schubert dont il payait fort mal les manuscrits )t auquel il reprochait, par-dessus le marché, l'écrire beaucoup trop.
Diapason. 1. Dénomination grecque de l'ocve. — 2. On donne le nom de d. (ail. Mensur), ans les instr. à vent, soit à la détermination xacte de la distance qui sépare les trous es uns des autres (flûtes, hautbois, etc.), soit ux rapports de longueur et de largeur du vyau sonore (orgue, instr. de cuivre, etc.); d. X dans ce dernier cas synonyme de perce (v. mot). — 3. D. normal signifie primitivement ctave normale, par rapport à la hauteur absoe des sons, c'est pourquoi le terme de d.,pur et mple, a fini par désigner l'accord normal de îchelle fondamentale. Gomme on ne connaisit autrefois aucun moyen pour compter les brations, cet accord n'avait pu être fixé d'une anière absolue et oscilla notablement dans cours des temps. Le d. semble avoir été très evé en Allemagne, dans le courant des xvie xvne s.; c'est du moins ce que tendrait à ouver l'accord des anciennes orgues qui sont ■esque un ton au-dessus de notre d. actuel, ais petit à petit l'accord baissa, surtout à par- ' du moment où se forma une musique insmentale indépendante (ail. Kammermusik) dehors de l'église, de telle sorte que celle-ci t au bout de peu de temps son propre d., celui s orgues qui accompagnaient les chœurs, le choral (ail. Chorton), ainsi nommé par oppoion au d. instrumental (ail. Kammerton). Le de cornet (ail. Kornetton), celui des hauts, des « Stadtpfeifer » sans doute, était encore s haut que le d. choral (une tierce mineure dessus du d. instrumental). Le d. choral et d. instrumental se maintinrent longtemps e à côte, tantôt montant, tantôt descendant à i près parallèlement. Même lorsque l'usage
du premier eut entièrement disparu, le d. instrumental varia soit dans un sens, soit dans l'autre. Enfin, en 1858, l'Académie des Sciences de Paris fixa définitivement (il faut l'espérer, du moins) la hauteur normale du la3 à 870 vibrations simples ou 435 vibrations doubles à la seconde. Le d. dit normal a été adopté dès lors par tous les pays de l'Europe, à l'exception de l'Angleterre, qui a persisté dans l'emploi d'un d. plus élevé; toutefois un mouvement s'est créé récemment dans ce pays, en faveur de l'adoption du d. normal. Gf. Ellis, History of musical pitch (1880), dont un extrait parut en 1888, dans la Vierteljahresschrifï fur M.-W.; cet ouvrage donne des preuves multiples des confusions presque inextricables qui existaient entre les différents pays, aux différentes époques, au sujet de la fixation de l'accord lui-même ou de sa dénomination. V. aussi au mot la. — 3. Par simple métonymie, le terme de d. a passé du son normal à l'instrument qui produit ce son (le la3 généralement). Le d. est alors une sorte de fourchette en acier forgé qui sert à contrôler la hauteur absolue du son; il a été inventé en 1711 par John Shore (m. en 1753, luthiste de la chapelle royale à Londres). Les sons que fournissent les d. n'ont, comme les cloches, que des harmoniques très élevées. On se sert aussi parfois comme d. d'un petit instrument à anche battante, dit d. à bouche, mais son usage est peu recommandable. — 4. Open d. (angl.), jeu d'orgue correspondant à notre « principal » ; stopped d., jeu d'orgue correspondant à l'un de nos jeux bouchés.
Diapente (gr.), nom grec de la « quinte ». Diaphonie. 1. Terme grec signifiant dissonance, par opposition à Symphonia, consonnance. — 2. Ge même terme avait au début du moyen âge (ixe-xne s.) une signification identique à celui à'organum (v. ce mot), c.-à-d. la forme la plus primitive de la polyphonie : succession de quartes inférieures ou de quintes supérieures à la mélodie, en mouvement parallèle, interrompue en certains cas exceptionnels seulement par des tierces, des secondes et des unissons.
Diaschisma, v. sghisma.
Diastema, terme grec pour « intervalle ». Diastolique (grec, c.-à-d. ponctuation), nom que les anciens théoriciens (ex. : Zarlino, Léop. Mozart) donnent à la théorie de la ponctuation musicale, autrement dit du « phraser ». Diatessaron (gr.), nom grec de la « quarte ». Diatonique (grec). Une succession de sons est dite d., par opposition à chromatique et à enharmonique, lorsqu'elle se meut principalement par intervalles de tons entiers. Le tétracorde diatonique antique {mi, fa, sol, la) se composait d'un demi-ton suivi de deux tons, le tétracorde chromatique (mi, fa, f'a^Lla) de deux demi-tons suivis d'une tierce mineure, le tétracorde enharmonique (mt, |, fa, la) de deux quarts de ton suivis d'une tierce majeure. Dans notre système tonal moderne, la notion du genre d. est étroitement unie à celle d'une échelle fondamentale (v. ce mot); on qualifie de d. les suc-
DTA.ULOS
DIES IRJE
cessions de tons ou de demi-tons d'un degré an degré voisin (altéré d'un$,P,X,PP ou non) de l'échelle fondamentale. Par contre, on nomme chromatique la succession de deux ou plusieurs Bons placés sur un seul et môme degré de l'échelle fondamentale et ne différant entre eux que par les altérations. Enfin, deux sons sont dits enharmoniques lorsque, dérivés de deux degrés voisins ou à distance de tierce de l'échelle fondamentale, ils sont à peu prés de la môme hauteur »'t absolument identifiés dans le système tempéré actuellement en usage:
diatonique, chromatique, enharmonique
Diaulos, double aulos (y. ce mot), instr. des anciens Grecs, composé de deux tuyaux d'aulos aboutissant à une seule embouchure. L'air pénétrait ainsi à la fois dans les deux tuyaux, disposas m forme d'angle. Aucune autre donnée ne nous est parvenue au sujet de la d.
Dibdin, Charles, né à Soulhampton le 15 mars 1745, m. à Londres le 25 juil. 1814: fut d'abord chanteur aux théâtres de « Coventgarden » et de «Drury-Lane» à Londres, puis se mit à composer des opéras-comiques en très grand nombre, ainsi que d'autres œuvres scéniques appartenant pour la plupart au genre léger et dont il écrivait généralement lui-même le texte. Le projet qu'il formait d'un voyage dans les Indes lui servit de prétexte à une grande tournée de concerts en Angleterre, qui devait lui procurer les moyens nécessaires pour un pareil royage; il relata les impressions de cette tourner, dans un ouvrage intitulé Jhe musical tour of Mr. D. (1788). L'idée du voyage dans les Indes fut finalement abandonnée et D. se construisit un petit théâtre particulier, sur la place deLeicestn- (1796). H revendit ce théâtre en 1805 mais sur ses vieux jours, cherchant encore à gagner sa vie, il dut ouvrir une école de musique, fermée du reste au bout de peu de temps, faute d'élèves. Il mourut dans un état voisin de la misère. D. a écril aussi un certain nombre de scènes pour ane voix seule (Table-entertain- ■s). un traité élémentaire de musique (Music epitomished), et anç histoire du théâtre anglais (1795;5. vol.).
Diderot, Denis, rédacteur principal et l'un des plus zélés collaborateurs de la célèbre Encyclopédie (1651-1765), aé a Langres le 5 oct. 1718, m. ;( Paris le 30 mil. L784, écrivit entre aules Principes d'acoustique (1748) et des Mémoires sur différents sujets de mathématiques « 1 3 18 .
Didyme, grammairien grec, né à Alexandrie l'an 68 av. ■!.-<:., a écrit entre autres un ouvrage avant Irait a la musique, un.' "harmonique» que non- ne connaissons cependant que par des extraits dans Porphyre et «1rs citations dans Ptolémée. Les divisions des tétracordes de D. sont les suivantes :
diatonique — ■—•— (ex.: si ut re mi)
chromatique jt'^—t (ex. : si ut ut> mi)
enharmonique ^f™*^ (ex- '• si* ut mi)
Cf. pour ce qui précède la table, au mot ra.p ports. Il semble presque que D. ait pressent l'importance de la tierce 5 : 4, puisqu'il la main tient dans les trois genres (ut mi). C'est avec raison que la différence entre le grand et
petit ton entier ( -i-!^ )a reçu le nom de comm didymique (81 : 80 ; appelé du reste aussi « syn tonique »).
Diémer, Louis, pianiste remarquable, né Paris le 14 févr. 1843, fit ses études au Conser vatoire de Paris (Marmontel, Bazin, Ambr. Tho mas) où il remporta à l'âge de treize ans le pre mier prix de piano et trois ans plus tard celu de fugue. D. a fait d'assez nombreuses tournée de concerts ; il a succédé en 1888 à Marmonte comme professeur de l'une des classes sup rieures de piano, au Conservatoire de Paris. L série de concerts qu'il organisa lors de l'Expos tion de 1889, dans le but de faire connaître la li térature du clavecin, remporta un succès telqu' se voua désormais principalement à la reconstj tution de la musique ancienne (xvir8 et xvirr8 s. il a fondé, il y a quelques années, la « Socié des instruments anciens ». D. s'est aussi connaître comme compositeur; il a publié i Concertstûck (op. 31) et un concerto eu ut mi| (op 32) pour piano et orchestre, un Conce stîick (op.33)pour violon et orchestre, de la m sique de chambre, de la musique vocale et pr d'une centaine de morceaux divers, variatio et transcriptions pour le piano.
Dienel, Otto, né à Tiefenfurth (Silésie) le janv. 1839, élève du Gymnase de Gœrlitz, séminaire de Bunzlau,puis de l'Institut royal musique religieuse et de l'Académie royale musique à Berlin (1863), organiste virtuc maître de musique dans un séminaire et ganiste de l'église Ste-Marie, à Berlin. D. are en 1881 le titre de « directeur de musique roy Il a écrit un certain nombre de compositk pour orgue, des œuvres chorales et des cha religieux.
Diener, Franz, excellent chanteur scénk (Tort ténor), né à Dessau le 19 févr. 1849, dans la même ville le 15 mai 1879 ; fut d'ab violoniste dans l'orchestre de la cour, à Dess et plus tard dans celui du théâtre de « Luis stadt », à Berlin, sur la scène duquel il défcj également comme chanteur. D. fut engagé c< me premier ténor successivement à Colo (1872-1873), Berlin, Nuremberg, de nouveau logne (1876), Hambourg et Dresde (1878).
Dies, Alrert-K., peintre paysagiste, né à novre en 1755, m. à Vienne le 28 déc. 1822; teur de la plus ancienne biographie de Hay Biographische Nachrichten von Joseph Haï etc. (Vienne, 1810).
Dies irae (lat.), prose de la Missa pro défi tis (v. Prose), dont l'auteur est inconnu. L forme de nos jours la seconde partie du
DIETER