‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 114 sur 542 · DIFFERENT · texte numérisé non relu

DIFFERENT

quiem (Messe des morts) et fourni tau compositeur l'occasion de dévoiler tout le pouvoir descriptif de la musique (cf. le puissant D. du Requiem de Berlioz ).

Dieter (Dietter), Christian-Ludwig, violoniste, né à Ludwigsbourg le 18 juin 1757, m. à Stuttgart, où il était musicien de la Chambre, en 822; écrivit pour la scène de Stuttgart des « Singspiele » : Der Schulze im Dorf, Der Irrwisch, Das Freischiessen,Der Rekrutenaushub, Glûcklich zusammengelogen, Die Dorfdeputierten, Der Luftballon, Elisinde, des opérascomiques : Belmont und Konstanze, Des Teufels Luftschloss, et un grand opéra : LauraRosetti. Ses concertos de violon, cor, flûte, hautbois, jasson, ses morceaux de violon et ses morceaux concertants pour flûtes, pour hautbois, etc., sont tous restés manuscrits.

Dietger, v. Theogerus.

Dietrich. 1. Sixtus (aussi Dieterich, Xistus Theodoricus), contrapuntiste allemand [du xvie s., probablement né à Augsbourg entre 1490 et 1495, passa sa jeunesse à Fribourg en Brisgau, ?ntra en 1517 au service de la maison Rudolfin- *er à Strasbourg et fut nommé l'année suivante naître d'école à Constance. D. était une nature nusicale profondement douée, mais comme il l'avait pas fait de la musique sa profession, les )ostes en vue de cette carrière lui restèrent fernés. Parvenu à une réelle aisance, il alla en 540 à Wittenberg pour y suivre certains cours: nais il n'abandonna point pour cela la place [u'il occupait à Constance. Il écrivait du reste . Ambr. Amerbach à Bâle, en 1540 déjà, qu'il ouffrait de la goutte ; il fallut le transporter à t-Gall, lors du siège de Constance par Charles- )uint, en 1548, et ce fut là qu'il mourut le 21 ctobre de la même année. On ne connait de D., isqu'à ce jour, qu'un livre de Magnificat (1535), eux recueils d'antiennes à quatre voix (1541 et 545) publiés séparément. Des motets détachés, es lieder, etc., ont paru dans diverses anthogies musicales d'imprimeurs allemands, de '38 à 1545. — 2. Albert-Hermann, composi- ;ur contemporain renommé, né dans la maison le forestier Golk près Meissen le 28 août 1829, s d'un forestier du roi ; élève de la « Kreuzîhule » à Dresde, ce fut là qu'il reçut, de Julius tto, les premières leçons de théorie musicale, is il continua ses études musicales au Con- ^rvatoire de Leipzig (1849-1851; Rietz, Mosches) et suivit en même temps les cours de l'Uniïrsité. En 1851, il se rendit à Dusseldorf au- 'ès de Robert Schumann, dont il fut l'élève lé jusqu'au début de la maladie cérébrale du aître (1854). D. fut nommé l'année suivante recteur des concerts d'abonnement à Bonn, en 1859 directeur de musique de la ville ; en 61 il accepta le poste de chef d'orchestre de cour, à Oldenbourg, et vit retiré depuis elques années. D. est certainement l'un des ves les plus remarquables de Schumann. Sa mphonie en ré min. (op. 20) est une œuvre nnue et appréciée; l'ouverture, Normannenhrt, les œuvres chorales avec orchestre : Mor- ^nhymne, Rheinmorgen, Altchristlirher Bitl-

gesang ont remporté en Allemagne des succès marqués ; enfin, il faut noter: un concerto de violon, un concerto de violoncelle, des trios avec piano, une sonate pour violoncelle, une sonate pour piano à quatre mains, une romance pour cor et orchestre, des lieder, des duos, des chœurs, des morceaux de piano. D. a également donné avec succès un opéra en trois actes, Robin Hood (Francfort. s/M., 1879).

Dietter, v. Dieter.

Dieupart, Charles, pianiste -compositeur français, arriva à Londres en 1707, remplit les fonctions de claveciniste à l'Opéra dirigé par Hœndel, et mourut pauvre, en 1740. On connait de lui : Six suites de clavecin... mises en concert pour un violon et une flûte, avec basse de viole et un archiluth (s. date).

Diez, Sophie, née Hartmann, excellente cantatrice scénique (soprano), née à Munich le 1er sept. 1820, m. dans la même ville le 3 mai 1887 élève de Fr. Lachner, fit partie du personnel de l'Opéra de la cour à Munich (1837-1878), épousa en 1841 le ténor Frédéric D. (membre de l'Opéra de la cour, à Munich, de 1837 à 1849) et quitta la scène en 1878.

Dièze (grec: diësis; ital. diesi; ail. Kreuz ; angl. sharp), $, signe dont on se sert pour hausser une note d'un demi-ton. Pythagore donnait le nom de diësis à l'intervalle dont la quarte dépasse une succession de deux tons entiers, c.-à-d. au demi-ton pythagorien 256 : 243, appelé plus tard limma ; ce furent ensuite les pycna (petits intervalles) du genre enharmonique qui reçurent le nom de diësis. Le xve s., tout empreint de l'esprit de la Renaissance, chercha à faire revivre, naturellement à sa façon, la théorie de la musique antique ; le d. reparut alors comme quart de ton et l'on prétendit pénétrer le mystère des effets merveilleux de la musique antique, en introduisant au moyen du d. de multiples et subtiles distinctions dans l'élévation relative des sons, en construisant des instruments pourvus de touches spéciales pour les quarts de ton, etc. Lorsque toutes ces illusions se furent envolées, le nom de d. resta pour le signe $; mais il serait absolument faux d'en conclure que le signe lui-même n'existe qu'à partir de ce moment. Bien au contraire, le signe \ se trouve sous la forme et avec la signification actuelle, dans le courant du xme s. déjà; il s'appelait alors, il est vrai, sans aucune distinction B quadralum, soit qu'il détruise l'effet d'un i? précédent, soit qu'il hausse un son naturel. Le xve s. ne fit qu'adopter le terme de d. pour le signe $ indiquant l'élévation du son et conserver celui de B quadratum (t}, bécarre; ail. Quadral) lorsque le signe indiquait le rétablissement du son primitif, non altéré. La distinction rigoureuse des deux formes de ce signe,pour bien établir les deux significations, ne remonte pas même à deux siècles.

Diezeugmenon, v. grecque (musique) 1.

Differentiae tonorum, (lat. différences des tons), nom que l'on donnait, dans la psalmodie grégorienne du moyen âge, aux diverses variantes des formules finales (appelées aujour-

DIFFERENZTON

DIRfGER

d'hui simplement « finales ») du Sœculorum amen (bvovab). Chaque Ion de la psalmodie avait un trope (v. ce mot) qui supportait à son tour un certain nombre de variantes, destinées à mieux relier l'amen avec l'antienne subséquente.

Differenzton, (ail.) v. résultant (son).

Dilettante, (ital. dilettante), v. amateur.

Dilliger, Johann, né â Eisfeld en 1590, m. à Cobourg, où ilétail diacre, en IB47 ; a publié, de 161*2 à 1642, un grand nombre de compositions religieuses : Prodromi triciniorum sacrorum; MeduUa ex psalmo LXYIII. deprompla et harmonica 6 voc. : Exercitatio musica I, continens XIII selectissimos concentus musicos variorum autprum cum hasso (jenerali ; Trauerliedaufden Todeines Kindes (à quatre voix); Gesprâch DT Luthers und eines kranken Studios i (à quatre voix); Musica votiva; Musica christiana cordialis domestica ; Musica concertativa OU Schatc-hucinmerlein nener cjeistlicher auserlesener Konzerte; Jeremias poenitentiaritis : etc.

Diludium, (hit), interlude.

Diluendo, (ital.), en s'éteignant, à peu près syn. de morendo.

Diminuendo, (ital.), abr. dim.,dimin., en diminuant d'intensité, de plus en plus faible.

Diminution, terme désignant dans la rau- Bique proportionnelle (v. ce mot) la réduction, en général de moitié, de la valeur des notes. Le signe de diminution le plus ancien consiste en une simple barre verticale traversant le signe de mesure £} j[£; il avait à peu près la même

signification que notre allegro, c.-à-d. qu'il indiquait un mouvement animé. Nous avons du reste conservé le f& , dans un sens analogue (v. alla brève). On employait aussi à la place de la barre (qui portait le nom de médium, per médium, ou medietas; et', passamezzo) les chiffres 2 "ii 3, placés à la suite du signe de mesure, O 2, O 3, ou encore, dans le cours d'un mor-

ceaa - on ' »->- : toutefois ces dernières indications s'appelaient non pas d. mais proportion (v. ce mot). L'usage de la d. fut aboli par l'introduction dé YInteger valor, autrement dit du signedela valeur ordinaire des notes ( (,0) ;

les signes de proportion j etc. furent remplacés

par leur renversement : j>-,-i etc. -- Cf. aussi

• LNOM 1.

d'Indy, v. Im.v.

Dingelstedt, Jknny. née Lutzer, né à Prague te 'i mars lSlf>. m. à Vienne le :) oct. 1877, épousa en 18481e poète Franz D, Elle se fit connaître comme cantatrice scénique (soprano) de talent et fut en{ Prague (1832) et à Vienne (jus-

qu'en iv

Dioxia, (gr.), dénomination grecque exceptionnelle, à la place de diapente, pour la « quinte ».

Dirge,(angl.), chant funèbre, ternie provenant

du mot initial du texte : Dirige, deus m

Diriger, c.-à-d conduire un orchestre, un chœur, un opéra, etc. Une œuvre musicale peut,

selon la personnalité de l'interprète, être présentée de façons très diverses, quoique toutes subordonnées aux indications fournies par le compositeur. Un opéra, une symphonie, etc. exigent non pas seulement un exécutant, mais tout un groupe d'exécutants dont l'individualité doit se soumettre à une autorité unique, celle du chef d'orchestre ou directeur qui est alors le véritable interprète. Les moyens par lesquels le chef peut faire valoir la conception de l'œuvre sont très restreints, du moins pendant l'exécution publique; tandis que, dans les répétitions, il peut avoir recours à la parole, chanter ou jouer tel ou tel passage, sur l'instrument en question, frapper des rythmes avec son bâton, etc., toute autre indication que les mouvements du petit bâton qu'il tient dans la main lui est absolument interdite pendant l'exécution. Exceptionnellement, un regard jeté au chanteur ou à l'instrumentiste, un mouvement de la main restée libre peuvent rendre des services inappréciables ; le « bâton de mesure » n'en reste pas moins l'intermédiaire principal entre le chef et les exécutants, aussi les différents mouvements qu'on lui imprime ont-ils pris un sens conventionnel absolument fixe. Gomme l'indique son nom, le bâton a spécialement pour but l'indication nette et précise du tempo et des grandes divisions de la mesure. Les principaux mouvements sont pour cela les suivants: temps fort (premier temps) est toujours indiqué par un mouvement descendantes autres mon vements sont plutôt horizontaux à l'exception du dernier qui est ascendant. Il est absolument indifférent que le second temps soit battu de droite à gauche ou de gauche à droite ; quant aux temps intermédiaires, ils ne sont soumis à aucune règle bien précise et c'est là qu'appa missent déjà les particularités de chaque chef, Toutefois les principales sortes de mesures: à

deux temps (%, 2/4, 0, % , ou aussi 6/16 , 6/8, 6/4 lorsque le mouvement et rapide et que l'on ne bat que deux temps), à trois temps (3/8, 3/4, 3/2oi aussi 9/16,9/8,9/4, lorsqu'on nebat que trois temps) à quatre temps (g, 4/2, 4/8 ou aussi 12/16, 12/8, etc. et à six temps (composée à deux temps, 6/4, 6/8 se battent, dans la règle, de la manière suivant (v. mesure 2) :

2 temps 3 temps

G temps

h Mu

Pour les mesures à neuf (composées à B^ temps) et à douze (composées à quatre templ temps, on bat trois fois chaque temps des mj sures à trois et à quatre, en ayant soin cèpe1! dant de faire le premier mouvement plus grarj

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