DISSONANCE
que les deux autres. Le crescendo s'indique généralement au moyen de mouvements de plus en plus larges, le diminuendo, au contraire, au moyen de mouvements de plus en plus petits ; un sforzato, un accent, au moyen d'un mouvement sec et très court, un changement de tempo (stringendo, ritardando) par l'intervention de la main libre. Mais là, plus encore que dans la façon de battre les temps, se manifeste librement la personnalité de chaque chef. Lorsqu'il y a un point d'orgue, on en indique la durée en tenant le bâton en l'air et la fin en imprimant à celui-ci un petit mouvement en forme de crochet. On pourra consulter, pour de plus amples informations sur l'art de diriger, le supplément au traité d'instrumentation de Berlioz : L'art du chef d'orchestre. Cf. aussi : Wagner, Ueber das Dirigieren (1869); M. Kufferath, L'art de diriger l'orchestre; J. Pembaur, Ueber das Dirigieren; Weingartner, Ueber das Dirigieren (1896).
Diruta, 1. Girolamo, né à Pérouse vers 1560, élève de Gostanzo Porta, de Zarlino et de Claudio Merulo qui était très lier de lui (cf. la pré- 'ace de ses Canzoni a la francese in tavolatura, 1598), entra en 1574 au couvent des Vlinorites de Gorreggio puis vécut à Venise où il fut organiste jusque vers 1593. Il fut nommé ensuite organiste de la cathédrale de Chioggia, remplit en 1609 les mêmes fonctions à Gubbio, suis retourna à Chioggia (?, comme maître de chapelle). L'année de sa mort est inconnue. D. a oublié un ouvrage des plus intéressants : Il Transilvano (dédié à SigismondoBatori, prince de Transylvanie), o dialogo sopra il vero modo di sonar organi e stromenti da yenna. La Dremière partie de cet ouvrage, publiée en 593 et dès lors fréquemment rééditée, contient des renseignements sur la technique et le doigté des instr. à clavier, ainsi que de courts morceaux d'orgue de D. lui-même, de Merulo, Gabrieli, etc. ; la seconde partie, portant comme sous titre : Sopra il vero modo di intavolare chiaschedun canto, parut en 1609 (2e éd. 1622) renferme un traité de contrepoint, un de transposition et des indications sur le choix et 'accouplement des registres d'orgue. Cf. l'étude de K.Krebs, parue dans la « Vierteljahresschrift fur M. W. » 1892, p. 307 et suiv. — 2 Agostino, né également à Pérouse, moine de l'ordre des Aoigustins, fut maître de chapelle d'église à A.sola, à Rome et enfin à Pérouse. Il est l'auteur le Messes, litanies, vêpres, psaumes et Poésie heroiche (imprimés de 1622 à 1647).
Dis, (ail,) = ré jj ,• disis — ré X-
Discantus, (lat.) 1. D. ou Cantus, c.-à-d, sojrano ou dessus. — 2. v. déchant.
Disdiapason, c.-à-d. double octave.
Diskant, (ail.) = dessus ou soprano. Diskantchlûssel = clef d'ut, première ligne.
Disposition. On entend, dans la règle, par d. 'un orgue, le projet contenant les indications e coût, de mécanique, de soufflerie, etc., de orgue que l'on veut faire construire ; mais on onne fréquemment aussi le nom de d. à la escription sommaire d'un orgue déjà construit
et particulièrement à rénumération des registres, des pédales ou des boutons d'accouplement, etc.
Dissonance (lat. dissonantia ; ail. Dissonant). La d. est le résultat du dérangement de la conception une(consonnance) des sons appartenant à une même harmonie, par un ou plusieurs sons que l'on ne peut considérer que comme représentants d'une autre harmonie naturelle. Il n'y a donc à vrai dire, musicalement, aucun intervalle dissonant, mais uniquement des « sons dissonants ». Pour savoir lequel des sons, dans un intervalle physiquement (acoustiquement) dissonant (cf. intervalle), est dissonant, il importe avant tout de connaître l'harmonie naturelle à laquelle on rapporte cet intervalle • ainsi dans ut : ré, c'est ré qui est dissonant si l'on a affaire à l'accord d'ut majeur, c'est ut si l'on suppose au contraire celui de sol majeur. Il résulte clairement de ce fait que les consonnances acoustiques même peuvent être musicalement dissonantes; par ex. ut: sol, comme accord de la bémol majeur, sol étant un retard inférieur du la bémol. 11 ne faut pas oublier que le sens harmonique des sons dissonants comme éléments d'une autre harmonie n'apparaît dès l'abord ni totalement ni clairement; il n'est qu'un phénomène secondaire, en sorte qu'il paraît tout indiqué d'entendre et de définir tous les accords dissonants, comme dérivés d'harmonies consonnantes par addition de sons étrangers à celles-ci. Les accords dissonants les plus importants sont les suivants :
I. Accords de quatre sons: 1. l'ace, majeur avec septième mineure (ace. maj. de septième ; ace. de septième de dominante), la d. la plus importante et la plus fréquente, ex. sol: si: ré:
fa (= sol 7) ; 2. l'ace, mineur avec septième mineure inférieure (ace. min. de septième ; ace. de septième sur le deuxième degré, en mineur), ex. si: ré: fa : la (= la vn), l'accord dissonant le
plus important après celui de septième de dominante dont il est du reste exactement l'image renversée; 3. l'ace, majeur avec sixte majeure (ace. maj. de sixte), ex. fa: la: ut: ré (= fa6); 4. l'ace, mineur avec sixte majeure inférieure (ace. min. de sixte), ex. ut: ré-' fa: la (= la VI),
de formation identique à celle de l'accord précédent (3), mais, seule considération de valeur en musique, de conception différente ; 5. l'ace, majeur avec septième majeure (ace. maj. de septième majeure), ex. ut: mi: sol : si (— ut 7 <),
dont le suivant ne diffère que par la conception ; 6. l'ace, mineur avec septième majeure inférieure (ace. min.de septième majeure), ex. ut: mi: sol: si ( = si vu > ); 7. l'ace, majeur avec
sixte mineure ou tierce majeure inférieure (ace. maj. de sixte mineure) ex. ut : mi : sol : la \?
(= ut 6 *) ; 8. l'ace, mineur avec sixte mineure inférieure (ace. min. de sixte mineure), ex. ut £ : ré: fa : la: (= la vx > ). Ces huit formes d'accords dissonants de quatre sons résultent de l'adjonction à un accord parfait majeur ou mi-
•il II)