‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 117 sur 542 · IV III · texte numérisé non relu

IV III

il m

hi

IV v

etc.

L'emploi simultané du retard de la quarte et de celui de la sixte devant la tierce et la quinte donne 1' « ace. de quarte et sixte » (v. quarte et sixte).

III. D'autres formations dissonantes résultent encore de l'élévation ou de l'abaissement de la quinte de l'accord parfait majeur ou de la tonique de l'ace; parfait mineur, ce sont les « ace. augmentés » (ut : mi : sol $ [= utb <] ou la\> : ut î mi [=miv>]) qui généralement se présentent dans une position limitée par la sixte augmentée ( sol V : ut : mi, ou ut : mi : la §). Ces changements chromatiques apparaissent au- si fréquemment dans les ace. maj. ou min. de septième ( 1, 1 et 2), on a alors : ut g < = si |? :

t : mi : sol£; mi : v" = lay : ut : mi : fa tj .

ut

mi : fa y, nom d' « ace

= sol j? : si j? :ut : mi; mi

vu

la%.

Tous ces accords reçoivent le altérés».

IV. Les « ace. de neuvième » sont des accords dissonants de cinq sons. Il faut noter particulièrement l'ace, majeur avec la septième mineure et neuvième mineure ou majeure, ex. sold> — sol : si : ré : fa : la i?, ou sol 9 =

sol : si : ré : fa : la, formes qui toutes deux restent compréhensibles, malgré la suppression fréquente de leur fondamentale (ace. de neuvième sans fondamentale) ; la première devient en ce cas, selon l'expression courante, un simple « ace. de septième diminuée». On obtient en outre par l'introduction de la dixième mineure, comme retard devant la neuvième mineure, « ace. d'octave diminuée», ex. S&t ^> 9 > un = (sol:) si : ré : fa. : sity. Il est plus rare que l'on doive analyser l'ace, de septième diminuée, en le rapportant à l'ace, parfait mineur, ex. %¥bi a < = ré§ : fa $ : la : ut (: mi). Il est aisé

de voir, en se basant sur les définitions données plus haut, quels sont, dans toutes ces formations harmoniques, les « sons » dissonants; la théorie des accords devient infiniment plus claire pai l'admission des « sons » dissonants (en contradiction avec l'harmonie naturelle ; détruisant la consonance), à la place de l'ancienne théorie des « intervalles » (et des accords) dissonants En résumé : est dissonant, chaque son qui ni peut être (sans modification aucune !) ni fondamentale, NI TIERCE, NI QUINTE DE l'aCCORI MAJEUR OU MINEUR PRÉDOMINANT DANS LA FORMA

tion harmonique. Un seul et unique cas noces site une interprétation un peu plus compliquée celui de la « pédale » (v. ce mot). Il s'agit eifl quelque sorte du maintien d'une harmoniJ donnée, à laquelle on superpose successiveinenj d'autres harmonies voisines et complètes (eil évitant, cela va de soi, ce qui ne serait que cal cophonie); deux harmonies différentes se fonl entendre simultanément, mais l'une d'elle I (celle que représente la note-pédale) est prédoi minante, en sorte que nous avons, dans cep doubles formations harmoniques, l'applicatioi pratique du principe de la tonalité (v. ce mot'j Cf. résolution.

DIST1NCTI0

DIVOTO

Distinctio (lat.), nom que l'on donne, dans le chant grégorien, aux divisions du chant correspondant à la ponctuation du texte; ces divisions sont marquées chaque fois par un groupe de neumes plus long qu'à l'ordinaire. Dans les anciennes notations neumatiques des graduels, etc., un vers de psaume comporte en général trois distinctiones, par ex.: Domine ] libéra animam meam | f a labiis iniquis \ et a lingua dolosa. Par contre on n'interrompt plus la phrase, de nos jours, qu'à la cadence médiane (mediatio, \\ ), d'où l'on va, également sans interruption, jusqu'à la cadence finale.

Distinto (ital.). distinctement, clairement.

Di tonus, nom grec de la tierce majeure.

Ditson, Oliver, né le 30 oct. 1811, m. le 21 déc. 1888, fondateur de la maison d'éditions musicales la plus ancienne et la plus considérable de l'Amérique. Le siège central de ce commerce énorme (catalogue de musique de 50,000 numéros, id. délivres de 2000 numéros) se trouve à Boston; il existe des succursales à New- York et à Philadelphie.

Ditters (von Dittersdorf) , Karl, célèbre compositeur, né à Vienne le 2 nov. 1739, m. dans le château de Rothlhotta près Neuhaus, le 31 oct. 1799 ; reçut très tôt d'excellentes leçons de violon, ce qui lui permettait de prendre part, comme membre de l'orchestre, aux exécutions musicales de l'église des Bénédictins. Il entra ensuite comme page chez le prince Joseph de Hildburghausen, qui prit très grand soin de son éducation et lui procura en 1760 une place dans l'orchestre de la cour. Plusieurs années après, D. fut nommé maître de chapelle de l'évêque de Grosswardein (Hongrie); il succédait ainsi à Michael Haydn. Il s'agissait alors de se mettre avec ardeur à la composition : D. écrivit un grand nombre d'œuvres d'orchestre et de musique de chambre, ainsi que plusieurs oratorios. En 1769, l'évêque congédia sa chapelle, mais, après avoir voyagé pendant quelque temps, D. trouva un engagement chez le comte Schaffgotsch, prince-évêque de Breslau; ! il remplissait en même temps que les fonctions [de directeur de la chapelle, celles de maître forestier de la principauté de Neisse et avança en 1773 au grade de capitaine du baillage de Freiwaldau. D. fut décoré par le pape, en 1770, de l'ordre de l'Eperon d'or et reçut de l'empereur, en 1773, aussi par l'entremise du comte de Schaffgotsch, ses lettres de noblesses ; il prit dès lors le nom de D. de Dittersdorf. D. avait installé à Johannisberg un petit théâtre pour lequel il composait une quantité d'ouvrages, sans toutefois négliger l'oratorio, la symphonie, ni la musique de chambre. Les plus importantes de ses œuvres sont cependant celles qu'il écrivit à l'occasion de séjours réitérés à Vienne (1773, 1786), des oratorios : Esther. Isaac et Job, et des opéras-comiques : Doktor und Apotheker (1786), Betrug durch Aberglauben, Liebe im Narrenhaus, Hiero-

ymus Knicker et Rothkàppchen. La mort du Drince-évèque (1795), mit D. dans une situation ort malaisée, il fut alors recueilli par Ignace

von Stillfried en son château de Rothlhotta» où il mourut. Dès lors les opéras de Mozart supplantèrent bientôt, à Vienne surtout, ceux de D.dont un seul, Doktor unà ] Apothéker , garda la scène jusqu'à nos jours ; une gaîté de bon aloi, l'invention fraîche et naturelle, l'écriture facile et correcte sont autant de côtés caractéristiques communs à toutes les œuvres de D. Il a écrit en dehors de ses 28 opéras, de plusieurs oratorios et cantates : un Concerto grosso pour onze instruments concertants et orchestre, 15 symphonies sur les Métamorphoses d'Ovide (1785), environ 90 autres symphonies, un grand nombre de concertos de violon, 6 quatuors pour instr. à archet (récemment encore exécutés en public), 12 divertissements pour deux violons et violoncelle, plusieurs concertos de piano, 12 sonates pour piano à quatre mains, etc. D. a écrit également des essais parus dans 1' « Allg. Musikalische Zeitung » de Leipzig (1799) : Brief uber die Grenzen des Komischen und Heroischen in der Musih ; Brief uber die Behandlung italienischer Texte bei der Komposition, etc., et enfin une autobiographie publiée en 1801, par Spazier.

Div. v. divisi.

Divertimento (ital.), v. divertissement.

Divertissement (ital. divertimento). 1. Ancienne dénomination adoptée en France surtout (où elle s'est conservée jusqu'à nos jours) pour les danses intercalées dans les opéras. — 2. Réunion de plusieurs morceaux de chambre en un tout analogue à la suite ou à la sonate, mais plus libre qu'elles : le d. se compose généralement de cinq ou six morceaux, ou davantage encore. Il existe des d. pour instr. à vent, pour instr. à vent et à archet, pour piano et d'autres instruments ou pour piano seul. Le d. se distingue de l'ancien concerto par la simplicité de sa facture, l'emploi restreint de la polyphonie et par sa plus courte durée. — 3. Syn. de potpourri. — 4. Nom que l'on donne à une sorte d'intermède libre, dans la fugue; v. Anda-

Page 1