MENTO
Divisi (ital. divisés ; abr. div.), placé au début d'un passage à deux ou à plusieurs voix, dans les partitions ou parties d'instr. à archet, signifie que le passage ne doit pas être joué en doubles cordes, mais que les diverses voix doivent être réparties entre les instruments d'un même groupe.
Divisio modi (lat.) = Punctum divisionis, v. Point.
Divitis, Antonius (Antoine le Riche), chantre de la chapelle de Louis XII, à peu près à l'époque de la mort de ce dernier (1515), l'un des plus remarquables contrapuntistes de l'époque. On n'a conservé de lui que quelques motets et chansons, parus dans des anthologies (Motetti de lacorona, 1514; publications d'Attaignanl, Petrejus, Rhaw et Duchemin, jusqu'en 1551), une Messe dont le manuscrit est à Cambrai, un Credo et un Salve regina à cinq voix appartenant à la bibliothèque de Munich.
Divoto, divotamente (ital.), dévotement, religieusement.
D IVKY
d'Ivry. v. I\i;v.
Dixième (ail. Dezime; décima vox) le dixième degré «I»' l'échelle diatonique, degré portant le même nom que le troisième. Cf Intervalle.
Dizi, François - Joseph, excellenl harpiste virtuose (autodidacte), né à Namur le i4janv. L780, partit à l'âge de seize ans pour Londres, mais, comme il s'étail arrêté dans un port de la Hollande, il se jeta un jour à l'eau pour venir en aide à un homme qui y était tombé et, ne Bâchant lui-même pas nager, fut sauvé par une troisième personne. Pendant ce temps, le bateau sur lequel se trouvaient déjà sa harpe et tout Bon petit avoir avait mis voile au vent. Ses etl'ets turent bien perdus, mais, lorsqu'il arriva à Londres, S. Erard s'occupa de lui, lui donna une harpe et lui procura des élèves, en sorte qu'il parvint en peu de temps à une grande renommée. I). introduisit lui-même d'ingénieux perfectionnements dans le mécanisme dr la harpe, il inventa la harpe perpendiculaire et établi! avec Plevel, en 1830, à Paris, une fabrique de harpes, dont les affaires ne marclièivnt pas brillamment. Peu après son arrivée à Paris, 1). avait été nommé professeur de harpe des princesses royales. L'année de sa mort est inconnue (1840 •?). D. a beaucoup composé pour la harpe (romances, variations, etc.).
Dlabacz, Gottfrted-Johann, né à Cerhenitz, près Colin, le 17 juin 1758, m. à Prague le 4 février 1890 ; était directeur du chœur et bibliothécairedu couvent des Prémontrés, à Prague. Il a publié un lexique biographique : Allr/emei- ,i>'s historisches Kntisllerlexikon fur Bohmen { lSlô à 1818 : '•) vol.) et écrit plusieurs essais sur l'histoire ,!<• l'art, pour la Société royale des sciences de Bohême et pour la « Statistik fur Bôhmen • de Riegger.
Do, syllahe de Bolmisation italienne et français.', synonyme d'"/, mais postérieure à celleci. La syllabe do doit avoir été employée pour la première fois par G.-M: Bononci ni, (Musico pratico, 1678).
Dobrzynski, Ignace-Félix, pianiste polonais distingué, né à Iiomanow en Volhynie, le 25 févr. 1807, m. à Varsovie, où son père était maître d.' chapelle du prince llinski, le 18 oct. 1867. Il reçut les premières leçons de son père, puis, lorsqu'ils transférèrent leur domicile à Varsovie, devint l'élève d'Klsner, en même temps que Chopin avec lequel il se lia d'une amitié intime. I). lit de Varsovie de fréquentes tournées en AJlemagne e1 fut particulièrement bien accueilli a* Dresde, Berlin et Leipzig. Ses o'u\ irs (une symphonie, un sextuor, deux quintettes, deux quatuors, un trio pourinstr. à archet, une sonate de violon, un nocturne pour piano «•i violoncelle) sonl tout à fait dignes d'intérêt et H-' d.\ raient pas tomber dans l'oubli. D. écrivit i un «.pèra. Le Flibustier (Varsovie, 1861). Sa femme, Johanna, né,- BAiller, était une cantatrice de talent, mais ne se m entendre que pendant peu de temps ri accepta une place de pro i l'Ecole théâtrale de Varsovie.
Docteur km musique. Le grade <]>■ D» mus. n'existequ'en Angleterre, où de uos jours pres-
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que toutes les universités peuvent le décerner, tandis qu'autrefois les universités d'Oxford, Cambridge et Dublin en avaient, avec l'archevêque de Gantorbéry, le monopole exclusif. Le Dr mus. doit dans la règle avoir été nommé auparavant bachelier (Bachelor). Parmi les plus célèbres d. en musique d'Oxford, nous citerons: John Bull, Arne; Burney, Calcott, Haydn, Crotch, Wesley, Bishop ; parmi ceux de Cambridge: Greeue, Boyce, Cooke, Bennett, Macfarren, Sullivan, Joachim, Brahms. Tout candidat doit adresser à l'université dont il désire obtenir le grade de Dr mus., une composition (à huit voix, fuguée, avec orchestre , durée, 40 à 60 minutes) et subir un examen spécial que lui fait passer le professeur de musique attitré. De grandes cérémonies accompagnent la proclamation du doctorat. Quant à l'archevêque de Cantorbéry, il a le privilège de décerner le titre de Mus. Dr. au moyen d'un simple diplôme. Le titre de Dr que portent un certain nombre de musiciens, sur le continent, est le plus souvent celui de Dr. phil. ; les universités allemandes ont fait, dans le sein de la très vaste faculté de philosophie, une petite place à la musique. Le sujet de la thèse spéciale est emprunté à l'histoire ou à la théorie musicale, ou encore, à l'acoustique; l'examen se rapporte surtout aux branches qui se rapprochent de la musique (philosophie, physique, littérature, etc.). Le titre de Dr. phil. honoris causa est fréquenmment conféré à des musiciens méritants. Bécemment, quelques universités de France ont introduit dans leur programme des cours de philosophie et d'esthétique musicales.
Dœhler, Theodor, pianiste, né à Naples le 20 avr. 1814, m. à Florence le 21 févr. 1856 ; fut élève de Jul. Benedict à Naples, puis de Czerny et S. Sechter à Vienne, où il se fit entendre au bout de peu de temps, comme pianiste, et récolta de nombreux lauriers. Il séjourna ensuite pendant plusieurs années à Naples, joua fréquemment à la cour, puis, de 1837 à 1845, parcourut l'Allemagne, l'Autriche, la France,. l'Angleterre, la Hollande, le Danemark, la Bussie et s'établit à St-Pétersbourg. Il abandonna alors la carrière de virtuose pour se vouer entièrement à la composition. En 1846, après que le duc de Lucca, son ancien protecteur, lui eut accordé ses titres de noblesse, il épousa une comtesse russe et vécut successivement à Moscou, à Paris et, à partir de 1848,à Florence. Pendant dix longues années, il fut affligé d'un ramollissement de la moelle épinière qui lentement, graduellement amena la mort. D. était un pianiste élégant et ses œuvres sont également d'un style élégant mais tout superficiel. Il a écrit des nocturnes, des variations, transcriptions, fantaisies, etc. pour piano, et un opéra, Tancreda (Florence, 1880).
Doerffel, Alfred, né à Waldenbourg (Saxe) le 24 janv. 1821, fit des études musicales très complètes sous la direction de G. Finck, K.-G. Millier, Mendelssohn, etc. Il établit à Leipzig, pour la littérature musicale, une bibliothèque circulante de grande jvaleur, contenant;; beau-
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coup d'ouvrages rares et anciens sur la théorie et l'histoire de la musique, les collections complètes de la plupart des journaux de musique, ainsi que les grandes partitions de tous les classiques et d'un très grand nombre d'oeuvres modernes importantes. Cette bibliothèque, passée en 1885 aux mains d'un fils de D., Balduin, fut achetée, en 1893, par la maison Peters, et devint le fond initial de la « Bibliothèque Peters ». D. succéda à K.-F. Becker, comme bibliothécaire de la section de musique (fondation Becker) de la Bibliothèque municipale, à Leipzig. 11 a travaillé pendant nombre d'années, pour les éditeurs Breitkopf et Haertel, et depuis lors pour C.-F. Peters, à la rédaction d'éditions des classiques d'une correction remarquable, et publié un Fiihrer durch die musikalische Welt, des catalogues thématiques des œuvres de J-S. Bach et de Schumann, ainsi qu'une édition allemande du Traité d'instrumentation (avec appendice) de Berlioz. D. s'était créé comme critique musical aussi une situation en vue et rédigea en 1881 l'ouvrage de circonstance publié pour le jubilé centenaire des concerts du Gewandhaus. En 1885, l'Université de Leipzig lui avait conféré le grade de Dr phil. honoris causa.
Dœrner, Arnim-W., né à Marietta (Ohio) le 22 juin 1851, partit en 1859 pour Cincinnati. Il fit ses études musicales, de 1871 à 1879, à Berlin (Kullak,Bendel,Weitzmann), Stuttgart et Paris, puis fut nommé à son retour à Cincinnati professeur de piano au « Collège of music » qui venait d'être créé. D. est surtout connu par les concerts remarquables qu'il donna, à deux pianos, en compagnie de St-G. Andres. Il a publié entre autres des Technical exercises.
Doigté, (ou doigter ; ail. Fingersatz, Applihatur ; angl. Fingering). L'usage d'un d. bien approprié est, pour tous les instruments sur lesquels les différents sons sont produits par l'intermédiaire de la pression des doigts, une condition essentielle de leur maniement artistique. Pour ce qui concerne le d. des instr. à archet, v. position. Le d. le plus simple est celui des instr. à vent en cuivre, dont le nombre de clefs (pistons, cylindres, etc.) est si restreint, que les doigts d'une seule main suffisent à leur maniement, sans que la main elle-même ait besoin de changer de position. Il est déjà plus compliqué pour les instr. à vent en bois, dans lesquels le nombre des trous et des clefs dépasse de beaucoup celui des dix doigts :1e même doigt remplit par conséquent des fonctions diverses et les mêmes clefs sont parfois régies par des doigts différents. Mais le d. le plus compliqué est celui des instr. à clavier (piano, orgue, harmonium, etc.), il a son histoire et sa littérature ; en somme, chaque méthode de piano est pour une bonne moitié une méthode de d. Pendant toute la période antérieure à Bach, le pouce et l'auriculaire étaient presque exclus du jeu des instr. à clavier ; la période suivante, jusque vers le premier quart de notre siècle, ne connaît guère l'emploi des deux doigts les plus courts que sur les touches blanches; quant à l'école moderne, Liszt-Tausig-Biilow, elle fait