DONI
(flnalis). Le terme d. apparut sans doute en France vers la fin du xvne s.: Brossard (1703) en donne déjà la définition et donne également à la tierce de la gamme le nom de médiante. Rameau ajouta à ces dénominations celles de sous-dominante (pour la quarte de la gamme) et de sous-médiante (pour la tierce de la sousdominantç, c-à-d. le 6e degré de la gamme), Rousseau proposa ensuite très logiquement de donner le nom de sous-médiante non pas au 6e, mais au 2e degré, celui-ci se trouvant un degré au-dessous de la médiante, de même que la Bous-dominanle est un degré au-dessous de la d. : le 6e degré prenait alors le nom de susdominante, tandis que, d'après un ancien usage, \> 7« degré s'appelait subsemùonium (modi). D'autres théoriciens ont donné à la seconde le nom de • change de dominante » (Wechseldominanle), aussi dit dominante de la dominante. Voici les noms que prennent ainsi en ut maj.> les différents degrés de la gamme ;
la =s sus-dominante ou sous-sensible (ou sous-médiante).
sol = dominante.
fa z= sous-dominante.
»ii = médiante.
ré = sous-médiante (sous-tonique ou change do dominante).
ut = tonique.
si = sensible (ou subsemùonium).
Les théoriciens modernes se servent de quelques-uns de ces ternies pour désigner non pas un sfiU son, mais une harmonie entière; ils considèrent en ut maj. (tonique) l'accord de sol maj. comme harmonie de la quinte supérieure, l'accord de fa maj. comme harmonie de la quinte inférieure et les nomment: ace. de dominante et acc.de sous-dominante' Sous-dominante Dominante
fa la ut mi sol si ré
Tonique
Cf. MAJEUR, MINEUR et FONCTIONS.
Dominiceti. Cesarb, né à Desenzano, sur les borda du lac de Garde, le 12 juil. 1821, m. à Se8to di Monza le 20 juin 1888, compositeur d'opéras | / begli usi di citla, 1841 ; Due mogli m "nn. ix;,:; ; Ln maschera, 1854; Morovico, 1873; // laffo dellc foie, 1878; Lereditaria, 1881).
Dominer, Arrey von, né à Danzig le 9 févr. , était destiné à la carrière théologique et suivit 1rs cours .lu gymnase de sa ville natale. En 1851, il partil pour Leipzig afin de se vouer entièrement à la musique et travailla la composai, m avec Richter el Lobe, l'orgue avec Schellenberg. Il tut de môme inscrit à l'Université à partir de 1854 el fréquenta pendanl plusieurs années les cours d'arl «■! de littérature, n séjourna ensuite a Leipzig, comme maître de musique, attira l'attention sur son nom par la publication de plusieurs ouvrages de littérature musicale, puis, en 1868, alla se fixer à Hambourg. 11 se mit alors à donner «les conférences, fut pendant sept années rédacteur mupoi danl deHambourg, puis.
de 1878 à 1889, secrétaire de la Bibliothèque municipale. D. prit sa retraite en 1889 ,• il habite Marpurg. Les ouvrages principaux de D. sont : Elemente der Musik (1862) ; Musikalisches Lexikon (1865, basé sur celui de Koch ; œuvre excellente ) ; Handbuch der Musikgeschichte (1867, 2e éd. 1878, œuvre également remarquable, au courant des découvertes récentes). D. a publié en outre un psaume « a cappella » à 8 voix et harmonisé à quatre parties les mélodies de Joh.-Wolfgang Franck.
Donati. 1. Baldassaro, contrapuntiste italien du xvie s., était vers 1562 directeur de la « petite chapelle » de l'église Saint-Marc, à Venise, organisée pendant les dernières années de la vie de Willaert pour faciliter la tâche de celui-ci, en préparant les chantres pour le service de la grande chapelle. Lorsque plus tard, en 1565, Zarlino succéda à Willaert, la petite chapelle fut supprimée et D. redevint simple chantre, mais en 1590 il obtint enfin le poste de Zarlino qui venait de mourir. D. mourut à Venise, en 1603; il fut l'un des compositeurs de madrigaux et de motets les plus remarquables de son temps. On a conservé de lui : Canzonetti villanesche alla Napoletana (1551 et 1555), plusieurs livres de madrigaux à 4, 5 et 6 voix (1553-1568) et un livre de motets de 5 à 8 voix (1597). — 2. Ignazio, originaire de Gasalmaggiore près de Crémone, fut maître de chapelle à Ferrare, à Casalmaggiore et, à partir de 1633, au dôme de Milan. Il a publié : un livre de motets de 1 à 5 voix (1612), deux livres de Concerti ecclesiastici de 2 à 5 voix (1617, 1619), deux livres de Messes de 4 à 6 voix (1618), Le fanfalage (madrigaux de 3 à 5 voix), deux livres de Motetti concerlati de 5 à 6 voix (1626, 1627), un livre de Motetti a voce sola avec continuo (1628) et Salmi Bosarecci a 6 (1629).
Doni. 1. Antonio-Frangesgo, né à Florence en 1519, m. à Monfelice près Padoue en sept. 1574; entra tout jeune au couvent des Servites de sa ville natale, mais le quitta en 1539 déjà et mena dès lors une vie aventureuse. Outre un grand nombre d'écrits ne se rattachant pas à la musique, il a publié un Dialogue sur la musique (lat. 1534 ; ital. 1541 et 1544). Sa Librarra (2e éd. 1550, puis 1551, 1560 et 1580) est un catalogue de valeur, pour les historiens. — 2. Giovanni-Battista, né à Florence en 1593, m. dans la même ville, en 1647 ; acquit à Bologne et à Rome d'importantes connaissances de la littérature antique, quoiqu'il fût destiné à la carrière juridique. Lorsque, en 1621, le cardinal Gorsini partit pour Paris, comme légat du pape, il s'adjoignit D. ; celui-ci se mit alors à fouiller les bibliothèques de Paris avec une véritable passion, il entra en relations avec Mersenne et pénétra dans les cercles de savants de la capitale. La mort d'un de ses frères, survenue en 1622, rappela D. à Florence, mais peu après le cardinal Barberini, neveu d'Urbain VIII, un grand amateur de musique, le fit venir à Rome, l'emmena dans ses voyages à Paris, Madrid, etc., et revint avec lui, à Rome. Les rapports qu'il-'eut avec
DONIZETTI — DOPPELGRTFF
cet homme d'une haute culture l'engagèrent à approfondir ses études sur la musique des Anciens, dont il s'occupait tout spécialement du reste depuis longtemps ; il construisit alors une sorte de double lyre, qu'il dédia au pape (Lyra Barberina; Amphichord). D. rentra à Florence en 1640, à la suite de nouveaux décès survenus dans sa famille ; il s'y établit définitivement, se maria et fut nommé professeur d'éloquence par Ferdinand II de Médicis. Ses écrits ayant trait à la musique sont les suivants : Compendio del trattato dei generi e modi délia musica, etc. (1635; extrait d'un ouvrage plus considérable, mais inédit); Annotazioni sopra il compendio, etc. (1640, supplément au précédent); De prœstantia musicœ veteris libri très, etc. (1647). Fétis a retrouvé à la Bibliothèque nationale le manuscrit de trois traités que D. avait écrits en français. Gori et Passeri ont publié à Florence, en 1773, la description de la Lyra Barberina et toute une série de petites études que D. avait laissées manuscrites. Une quantité d'autres manuscrits encore sont restés inédits.
Donizetti, Gaetano, né à Bergame le 25 nov. 1797, m. dans la même ville le 8 avr. 1848; élève de Simon Mayr, à Bergame, puis, à partir de 1815, de Pilotti et de Mattei, à Bologne. Il débuta à Venise, en 1818, comme compositeur scénique, avec un opéra : Enrico, conte di Borgogna, qui reçut un accueil encourageant, D. prit dès l'abord modèle sur Rossini, dont les ouvrages trouvaient accès sur toutes les scènes de l'Europe; il lui emprunta ses formules avec beaucoup de bonheur et d'adresse, aidé qu'il était par sa verve mélodique naturelle. De 1822 à 1836, D. écrivit chaque année deux ou trois opéras, sans trop s'inquiéter, cela va sans dire, du fini ni de la mise au point des détails. Toutefois la concurrence qui s'établit entre Bellini et lui, l'obligea à se livrer de temps à autre à un travail plus serré ; c'est ainsi qu'en 1831, à Milan, il opposa à « La Somnambule » de Bellini son Anna Bolena. En 1835, à Paris, le succès des « Puritains » de Bellini fut tel qu'il écrasa complètement Marino Falieri que D. présentait au même moment ; mais, loin de se laisser décourager, D. concentra tout son talent, toutes ses forces sur un nouvel ouvrage : Lucia di Lammermoor, qui fut représenté à Naples et resta sa meilleure œuvre. La mort de Bellini, survenue la même année encore, laissa D. maître de la situation, en même temps que le succès de « Lucie » lui faisait obtenir le poste de professeur de contrepoint au Collège royal de musique, à Naples. En 1839, la censure napolitaine interdit la représentation de son opéra Poliuto (« Polyeucte » intitulé plus tard à Paris : Les Martyrs), écrit pour Adolphe Nourrit ; indigné de la ridicule mesure qui le frappait, D. partit, pour Paris, où il prit la direction d'une nouvelle entreprise scénique dans la salle Ventadour, le Théâtre de la Renaissance. Il fit alors représenter soit sur cette scène , soit sur celles de l'Opéra- Comique et de l'Opéra de nouvelles œuvres,
parmi lesquelles des opéras français : La fille du Régiment et La Favorite. Mais ces deux œuvres, dont la popularité devint si grande dans la suite, n'eurent au début qu'un assez médiocre succès, en sorte que D. se décida à repartir. Il séjourna à Rome, à Milan, puis à Vienne où il donna, en 1842, Linda di Chamoumx et reçut en échange le titre de compositeur et maître de chapelle de la Cour impériale. D. passa les deux années qui suivirent alternativement à Paris, Vienne et Naples. Il écrivit pour cette ville son dernier ouvrage, Catarina Coronaro (1844). Rentrant à Paris, il ressentit pendant le trajet de Naples à Vienne les premières atteintes d'aliénation mentale, puis, à peine de retour eut une attaque de paralysie qui le priva d'une partie de ses facultés. Il passa les dernières années de sa vie dans un perpétuel état de mélancolie aiguë, contre laquelle il était impossible de réagir ; il se retira en 1847 à Bergame, où il mourut l'année suivante. D. a écrit en tout environ soixante-dix opéras et opéras-comiques, ainsi que quelques cantates. La Fille du régiment, la Favorite et Lucie de Lammermoor se sont maintenues au répertoire de presque tous les théâtres, tandis que seuls quelques airs favoris de Lucrèce Borgia, Linda di Chamounix, etc., survivent dans les fantaisies et les potpourris.
Dont, Jakob, professeur de violon et compositeur distingué, né à Vienne le 2 mars 1815, m. dans la même ville le 18 nov. 1888; fils du violoncelliste Joseph-Valentin D. (né a Georgenthal en Bohême, le 15 avr. 1776, m. à Vienne le 14 déc. 1833), élève du Conservatoire de Vienne où il travailla avec Bôhm et Hellmesberger (père), entra en 1831 dans l'orchestre du théâtre de la Hofburg et en 1834 dans l'orchestre de la cour. D. écrivit un grand nombre d'œuvres pour son instrument, entre autres des études très renommées et recueillies sous le titre de GradusadParnassum. Il professa.d'aborddans une académie de musique, dont l'existence fut de très courte durée, puis au « Psedagogium » de Ste-Anne, enfin à partir de 1873, au Conservatoire de la Société des Amis de la musique.
Door, Anton, pianiste, né à Vienne le 20 juin 1833, élève de Czerny et de S. Sechter, se fit entendre en 1850 déjà, avec succès, à Baden- Baden et à Wiesbaden, et plus tard en Italie, avec L. Strauss. De 1856 à 1857, il parcourut toute la Scandinavie et fut nommé à Stockholm pianiste de la cour et membre de l'Académie royale. Une tournée de concerts en Autriche et en Hongrie (1877), en compagnie de Sarasate, affermit encore sa réputation; plus tard enfin, il remporta de grands succès à Leipzig, Berlin, Amsterdam, etc. D. remplit pendant dix années les fonctions de professeur de piano au Conservatoire impérial de Moscou, puis, en 1869, il accepta la place de professeur de piano qu'il occupe encore aujourd'hui, au Conservatoire de la Société des amis de la musique, à Vienne.
Doppelbe (ail.), double bémol.
Doppelgriff (ail.), doubles, triples, quadruples cordes.
DOPPELKREUZ — DOUBLE CHŒUR
Doppelkreuz (ail.), double dièze.
Doppelschlag (ail.), gruppetto, doublé.
Doppio (ital.), double; <l. movimento, le double plus \ ite; <l. valore {d. note), double valeur drs notes, c.-à-d. le double plus lentement. Dans I. sa dénominations d'instruments (Lirad. elc.),d. indique un instr. de dimensions doubles et par conséquent d'intonation plus grave (instr.-bass.-s); Contrabasso d., contrebasse (v. ce mot) de dimensions colossales, accordée encore une ocla \c au-dessous de la contrebasse commune. ( !f. Yui.i.aumk.
Doppler. 1. Albert-Franz, flûtiste virtuose, né à Lemberg Le 16 oct. 1821, m. à Baden près Vienn.' Le Ti juil. 1883, élève de son père, qui lui successivement hautboïste de l'orcbestre du théâtre, à Varsovie, puis à Vienne, où le jeune I). se lit bientôt entendre comme virtuose sur la flûte. Après avoir fait plusieurs tournées avec son frère Charles (v. plus bas), il fut engagé ci .mine premier tliïliste au théâtre de l'esth. il lit même, dans la suite, représenter plusieurs ouvrages sur cette scène : Benjowski <1NÎ7), fflta et Die beiden Husaren (1849), et plus lard encore Af'anasia, Wanda, Erzèbeth (ce dernier, en collaboration avec son frère et Erkel). En 1-SÔ8, la direction de l'Opéra impérial, à Vienne, lappela au poste de premier flùtiste et i\>' second chef d'orchestre de ballet; il devinl ensuite premier chef de ballet et, en isr>.~>. professeur de flûte au Conservatoire. En plus dis opéras cités plus haut, D. écrivit en 1870 mi opéra allemand. Judith, représenté à Vienne, ainsi que des ouvertures, des fragments de ballets, des concertos de flûte, etc.— 2. Karl, frère du précédent, né à Lemberg en 1820, éga- Lemenl flûtiste virtuose, remporta en même temps ipn- son frère de grands succès à Paris, Bruxelles, Londres, etc., puis fut nommé directeur de musique au Théâtre national de Pesth et. m 1865, chef d'orchestre de la cour à Stuttgart. 11 a écrit une quantité de morceaux de flûte et quelques opéras hongrois.
Doret. Gustave, né â Aigle (canton de Vaud) fii 1866, lit ses premières études musicales à Berlin (Kgl. Hochschule), où il travailla le violon, puis a Paris où, tout en continuant le violon avec Marsick, il suivit 1rs cours de composition de Th. Dubois et <\'' Massenet Les compositeurs de la jeune école française trouvèrent enD.un fervent adepte qui chercha à répandre leurs œuvres à l'étranger, en organisant quelques concerts BympHoniques. Nommé second chef d'orchestre aui Concerts d'Harcourt, a Paris (1893-1895), il succéda ensuite à Gabriel Marie comme chef d'orchestre de la « Société nationale d.- musique . l'.n \x'X>, il fut appelé g (|j. riger Les concerta Bymphoniques de l'Exposition nationale suisse, à < lenève. Malgré L'exercice de ■"«'lions. I). a trouvé 1,. temps d'écrire un grand nombre d'oeuvres d.' tous genres, parmi telles nous citerons,pour chanl et orchestre: bois (voix de femmes et instr. à archet), Cantate </<> Centenaire (chœur mixte, IK'.m». /" Patrie (chœur cUhommes, Boli,orchestre; 1891), Sonnets païens (six mélodies
pour une voix avec orchestre), Les Se]^t Paroles du Christ (chœur mixte, soli, orchestre; 1893-1894), Hymne (id., 1897), puis un opéracomique en un acte. En Prison (poème de Bonnemère, 1892) ; pour orchestre seul : Airs de ballet, Marche héroïque; enfin une Berceuse et une Improvisation pour violoncelle et piano, une vingtaine de chœurs pour voix d'hommes ou voix mixtes (Légende, Chœur nuptial, Chanl de Jubilé, etc.) et un grand nombre de mélodies pour chant et piano éditées chez Baudoux et Cie et Heugel (Paris) et chez Fœtisch frères (Lausanne).
Dorien, nom que portait, dans le système musical du moyen âge, le premier mode ecclésiastique, le plus important de tous, parce qu'il était le plus aimé. De même, dans le système grec antique, le ton d. était le ton le plus recherché. Mais il ne faut pas perdre de vue que le ton d. des Grecs (v. grecque) et le premier mode ecclésiastique (v. ce mot), appelé d. à partir du ixe s. environ, ne sont pas identiques. On emploie généralement aujourd'hui le terme de d., dans le sens du mode ecclésiastique qui portait ce nom et l'on peut dire plus particulièrement que l'on nomme doriennes les tournures mélodiques dans lesquelles, en mineur, on introduit la sixte majeure, sans que celle-ci soit suivie de la septième majeure (en la min., fa £ et sol naturel). La sixte dorienne n'est autre chose que la tierce, haussée d'un demi-ton, de l'accord de la sous-dominante en mineur (S ,n * ) ; les accords dits de la sixte dorienne sont, en la min. :
iJPii^
ci m < o. vu ni vu 3
Cf. Fonctions.
Doublé (ail. Doppelschlag ; ital. gruppetto),
v. GRUPPETTO.
Double chœur, c.-à-d. un chœur divisé en deux demi-chœurs. Chacun de ceux-ci est dans la règle à quatre voix, en sorte que le d. c. est à huit voix, ce qui ne veut point dire que l'écriture en soit toujours à huit parties réelles. En effet, les deux chœurs ne font souvent qu'alterner, ou bien encore ne participent que partiellement à l'ensemble. On considère généralement l'un des chœurs comme « premier » chœur, autrement dit on écrit un chœur plus haut que l'autre, le soprano du « second » chœur étant pris comme « second » soprano, etc. La sonorité du d. c. (mixte) peut être variée presque à l'infini, grâce aux diverses combinaisons des deux groupes de quatre voix, par ex. :
1) Soprano, alto, ténor, basse.
2) 2 sopranos et 2 altos (chœur d'enfants ou
de femmes).
3) 2 ténors et 2 basses (chœur d'hommes).
'i ) 2 sopranos et 2 ténors (sonorité très claire).
5) 2 altos et 2 basses (sonorité sombre).
6) 2 altos et 2 ténors, etc. etc.
Le chœur mixte à cinq et à six voix permet aussi ces combinaisons multiples. Il va sans
DOUBLES CORDES — DFLESEKE
dire que, lorsque les deux chœurs sont placés en deux endroits différents d'une salle ou d'une église (Cori spezzati), la variété, des groupements ne peut plus être aussi grande. Les grands contrapuntistes ne se sont pas bornés à l'emploi du d. c, ils ont souvent fait usage d'un beaucoup plus grand nombre de parties réelles. Cf. Rome (Ecole de).
Doubles cordes, (ail. Doppelgriff). On donne le nom de passages en d. c. aux passages pour instr. à archet ou à cordes pincées, dont l'exécution exige l'emploi simultané de deux cordes.
Double-croche, note dont la valeur correspond au seizième de la ronde, (^ ou, lorsque
plusieurs d.-c. forment un groupe BSE^.
Doubles, nom que l'on donne aux répétitions ornées de différentes parties de l'ancienne suite ; lorsque plusieurs d. se suivent, ils correspondent tout à fait à ce que nous appelons des « variations » . Toutefois les auteurs de cette -sorte de variations ne changeaient ni la mesure, ni l'harmonie, ni la tonalité, mais bien parfois le mode (Minore, Maggiore) du thème ; de plus ils alourdissaient celui-ci en le surchargeant d'ornements toujours renouvelés, et en augmentant le mouvement et la variété des parlies d'accompagnement.
Doublette, jeu d'orgue, syn. de Principal 2' (octave 2').
Dourlen, Victor-Charles-Paul, né à Dunkerke le 3 nov. 1780, m. aux Batignolles, près Paris, le 8 janv. 1864; élève du Conservatoire de Paris, obtint en 1805 le grand prix de Rome, après avoir déjà rempli les fonctions de répétiteur d'une classe de chant élémentaire, à partir de 1800. Il fut nommé en 1812 répétiteur et quatre ans plus tard professeur titulaire d'une classe d'harmonie ; il fit valoir en 1842 ses droits à la retraite. D. a écrit plusieurs petits opéras pour le théâtre Feydeau, de la musique de chambre (sonates pour piano, violon, flûte ; trios, etc.); de plus il a résumé ses cours d'harmonie, basés sur le système deCatel, dans deux ouvrages : Tableau synoptique des accords et Traité d'harmonie (1834).
Douzième, (duodecima se. vox), le d. degré de l'échelle tonale, degré qui porte le même nom que le cinquième. Cf. Intervalle.
Dowland, John, né à Westminster (Londres) en 1562, m. en 1626. En 1584, D., luthiste remarquable, entreprit un voyage de plusieurs années en France, en Allemagne et en Italie. En 1588, il fut promu à Oxford et à Cambridge au grade de B. A. Il vécut de 1600 à 1609 en Danemark, comme luthiste des chambres royales, puis à Londres comme luthiste des lords Walden; en 1625, il devint un des six luthistes royaux. Les psaumes à quatre voix que Thomas Este publia en 1592 sont en partie arrangés par lui; cependant son œuvre principale est un grand recueil en tablature de luth, dont la première partie parut en 1597 {The first book of Songs or Agrès, etc.). Réédité en 1600, 1603, 1608 et 1613, ce recueil fut publié en 1844, en notation
moderme, par la « Musical Antiquarian Society ». La seconde partie parut en 1600, la troisième en 1602. En 1605, il publia un nouveau recueil : Lachrymœ, or seven teares figured in seven passionate Pavanes, etc. (pour luth, violes ou violons, à cinq parties). Il traduisit en anglais le Micrologies d'Ornithoparque. — Son fils Robert, également luthiste distingué, successeur de son père à la cour d'Angleterre, publia, en 1610, deux morceaux pour luth : A musical banquet et Varieties of tessons. A ce dernier ouvrage sont adjointes des remarques instructives sur le jeu du luth, par Jean-Baptiste Besard et John D.
Doxologie, (gr., chant de louanges), le chant du Gloria. La grande d. n'est autre que le Gloria in excelsis deo (Hymnus a.ngelicus, le chant des anges dans la nuit de Noël), introduit dans la Messe ; la petite d., le Gloria patri et filio et spiritui sancto (sicut erat in principio et nunc et semper in sœcula sœculorum, amen), que l'on ajoute au chant des psaumes (Cf. EVOVAE).
Draeseke, Felix-August-Bernhard, né à Cobourg le 7 oct. 1835; son père (fils de l'évèque D.) était prédicateur de la cour. Elève du Conservatoire de Leipzig, et en particulier de Rietz (composition), il vécut ensuite à Weimar. Enthousiaste disciple de Liszt et de toute l'école néo-allemande, il se fit l'ami de Bùlow.Plus tard il s'en alla à Dresde ; de 1864 à 1874, il fût professeur à l'Ecole de musique de Lausanne, avec une interruption de 1868 à 1869, pendant laquelle Bulow l'avait fait venir à l'Ecole royale de musique, à Munich. Après avoir vécu quelque temps à Genève, il partit en 1876 définitivement pour Dresde. En 1884, D. devint le successeur de Wûllner, comme professeur de composition au Conservatoire. Le roi de Saxe le nomma « professeur » en 1892. Les premières compositions de D., entièrement de l'école de Liszt, sont bizarres et sacrifient la beauté de la sonorité à une recherche de caractéristique douteuse; de même son activité littéraire est consacrée à l'extrême gauche, comme le prouvent les articles parus dans la « Neue Zeitschrift fur Musik » et dans « Anregungen fur Kunst und Wissenschaft » (1857-59). Ces derniers temps son enthousiasme pour Wagner et Liszt s'est un peu refroidi et il se rapproche du style classique. Parmi ses plus grandes compositions, il convient de citer : Op. 6, sonate pour piano; op. 12, lre symphonie (en sol maj.); op. 13, Ghaselen (morceaux de piano) ; op. 15, six fugues pour piano; op. 22, Requiem (si min.); op. 25, 2me symphonie (en fa maj.); op. 27, 1er quatuor pour instr. à archet (ut min.) ; op. 30, Adventlied, pour soli, chœuret orchestre ; op. 35, 2me quatuor pour instr. à archet (mi min.); op. 36, concerto pour piano; op. 37, 18 canons (à 6, 7 et 8 voix); op. 38, sonate pour clarinette et piano; op 39, scène de Pâques de Faust (pour baryton solo, orchestre et chœur mixte); op. 48, 3me symphonie (tragica); op. 42, Enigmes canoniques (à 6 parties) pour piano à 4 mainâ; op. 45, quintette pourpiano, violon, alto, violon-
DRAGHr — DRECHSLER
celle el cor; op. 19, sérénade en ré maj. pour orchestre; puis les opéras Herrat (Dresde, 1892), Sigurd (fragmenl joué en 1867 à Meiningen;, Gudrun (Hanovre, 1844), un concerto de violon, un morceau de concert pour violoncelle ; des ouvertures symphoniques pour Das Leben gin Traum, de GaJderon et Penthesilea, de EOeist, une Akademische Feslouverture, une sonate pour alto et piano, une autre pour violoncelleel piano, etc. Il se fit en outre connaître comme théoricien par diverses publications : Antoeisung zum hunslgerechten Modulieren i ls^c,); lhe Beseitigung des Tritonus (1878) et un Traité d'harmonie amusant, en vers: Die Lehre von der Harmonie, in lustige Reimlein gebrachtQ&A).
Draghi. 1. Antonio, né à Ferrare en 1635, in. à Vienne, le 13 janv. 1700. Très fécond compositeur d'opéras et d'oratorios. Il écrivit presque uniquement pour Vienne, (où, en 1674, il devint intendant du théâtre de la cour de Léopold 1er et maître de chapelle de l'impératrice Léonore) de 1661 à 1699, environ 159 opéras, morceaux de circonstance et sérénades, el 'l'\ oratorios. L'empereur, en personnne, collabora à quelques-unes de ces œuvres, et D. composa aussi lui-même quelques libretti (entre autres: Apollo deluso, pour Léopold Ier). — 2. Giovanni-Bàttistà, contemporain, peut-être frère du précédent, vivait, vers 1667-1706, à Londres. Excellent pianiste, professeur de musique des reines Anne et Marie; il publia plusieurs morceaux instructifs pour piano et prit part à la composition de quelques œuvres scéoiques: la Psyché de Shadwell, avec Lock, les Wonders m the sun d'Urfey, etc.
Dragonetti, Domenico, né à Venise le 7 avr. 1763, m. à Londres le 16 avr. 1846; un des I >1 u s célèbres virtuoses sur la contrebasse. Il était principalement autodidacte et ne reçut que très peu de leçons de Berini, contrebassisle de l'église St-Marc, dont il devint le successeur, en 1787, après avoir fait partie pendant six ans de divers orchestres d'opéras à Venise. Son habileté à jouer la contrebasse était extraordinaire. Souvent il jouait sur cet instrument la partie de violoncelle dans les quatuors d'instr. à archet et ses compositions étaient semées <\>' difficultés que lui seul parvenait à vaincre. En 1794, il obtint un congé, pour un voyage à Londres, afin d'y donner des concerts. Dès sa première produc-
ti mi public, il l'ut engagé d'une manière
permanente dans L'orchestre du théâtre royal ei >\<> concerts 11 y resta, si l'on en excepte plusieurs voyages en Italie el à Vienne, jusqu'à la lin de sesjOUr8et, pendant .">•> ans, il fit ,j'' la musique de chambre, particulièrement avec le violoncelliste Lindley. En 1845, il était encore en pleine possession de sa virtuosité et prit part à Bonn, à la fête d'inauguration du monument de Beethoven, comme chef d'attaque des treize contrebassistes, dans lu symphonie en ui mineur. Il Légua sa riche collection de partiti., ns. de vieux instruments et d'eaux-fori Musée britannique et son instrument
préféré (de Gasparo da Salô), qu'il avait joué pendant près de soixante ans, à l'église St-Marc de Venise. F. Caffi a publié en 1846, une biographie de D. En plus de ses concertos, sonates, etc. pour contrebasse, D. écrivit quelques ceuvrettes (canzonette) vocales.
Dramatique, Musique d., v. Scénique.
Drame musical, v. Opéra.
Dramma permusica, dénomination italienne courante de la forme musicale que nous appelons opéra. Ce terme de d. p. m. fut adopté dès le début, par les créateurs florentins du stilo rappresentativo. L'expression italienne opéra, opéra in musica, signifie uniquement « œuvre » (opus) ; seuls les qualificatifs séria ou buffa donnent au mot opéra le sens que nous lui attribuons en général de nos jours. Cf. Opéra.
Drath, Theodor, né à Winzig (Silésie) le 13 juin 1828. Elève de Marx, cantor à Mûnsterberg, plus tard, professeur de musique au séminaire de Pôlitz, actuellement au séminaire de Bunzlau (Kgl. Musikdirector), D. est l'auteur d'une Musik théorie ; il a aussi composé diverses œuvres.
Draud (Draudius), Georg, né à Davernheim (Hesse), le 9 janv. 1573, m. à Butzbach en 1636. Tour à tour pasteur à Grosskabern, Ortenbourg et Davernheim, puis à Butzbach, où il avait été chercher un abri contre les horreurs de la guerre. Il a écrit des ouvrages de bibliographie soit générale, soit musicale, très importants : Bibliotheca librorum germanicorum classica (1625), Bibliotheca classica (1611), Bibliotheca exotica (1625). Ce sont des œuvres de mérite, dont la diffusion n'a peut-être été empê chée que par les titres latins que l'auteur a jugé bon de leur donner, quoiqu'elles fussent écrites en langue vulguaire.
Drechsler. 1. Joseph, né à\Vâllisch-Birken(Bo- Iiême)le26mail782, m. à Vienne le 27févr. 1852, répétiteur à l'Opéra de la cour, à Vienne, puis directeur de l'orchestre du théâtre de Baden (près Vienne) et de Presbourg, il devint plus tard organiste de l'église des Servîtes, à Vienne, puis en 1816, directeur du chœur de Ste-Anne, en 1823, maître de chapelle de l'église de l'Uni versité et de l'église paroissiale de la cour. De 1822 à 1830, il fut en outre chef d'orchestre du théâtre de Leopoldstadt et devint, en 1844, maître de chapelle du dôme de St-Etienne Ainsi que sa carrière pratique, son activité de compositeur était vouée et à l'église et à la scène. Outre 9 opéras, 25 opérettes, des farce? locales, etc., il écrivit encore beaucoup de Messes, d'offertoires, un Requiem, etc., de même que des sonates, des quatuors, des lieder, etc Il a publié aussi une méthode d'orgue, une théorie d'harmonie, ainsi qu'une nouvelle édi tion de la méthode de piano Pleyel, et un guide théorique et pratique dans l'art de préluder. — 2. — Charles, né à Kamenz le 27 mai 1800 m. à Dresde le lor déc. 1873, fut un excellen violoncelliste. Engagé, en 1820, dans l'orchestre de la cour, à Dessau, il fit de 1824 à 1826 des étu des encore plus complètes sous la direction d(
DREGERT — DROBISCH
Dotzauer et fut alors nommé concertmeister ducal, à Dessau. Il prit sa retraite en 1871. Ses élèves sont : Cossmann, F. Griïtzmacher, Auguste Lindner, K. Schrôder, etc.
Dregert, Alfred, né à Francfort s/ l'O. le 26 sept. 1836, m. à Elberfeld le 14 mars 1893; élève du Conservatoire Marx-Stern à Berlin (Vierling, Wûerst), fut d'abord chef d'orchestre dans divers théâtres, puis directeur de sociétés chorales d'hommes à Stralsund, Cologne, Elberfeld (« Liedertafel » et « Lehrergesangverein »). Il reçut le titre de « directeur royal de musique ». D. s'est fait connaître comme compositeur, surtout dans le domaine spécial du chœur d'hommes.
Dreiklang, (ail.) accord de trois sons (ace. parfaits, ace. de quinte augmentée, ace. de quinte diminuée).
Dresel, Otto, né à Andernach en 1826, m. à Beverley, près Boston, le 26 juin 1890, élève de Mendelssohn et de Hiller, partit en 1848 pour l'Amérique où, d'abord à New- York et depuis 1852, à Boston, il se fit connaître comme excellent pianiste et compositeur de talent. Ont paru de lui : de la musique de chambre, des lieder, des morceaux de piano, etc. D. a beaucoup fait en Amérique, pour la propagation de la musique allemande, pour celle des lieder de Robert Franz entre autres.
Dreszer, Anastase, né à Kalisch (Pologne)
le 28 avr. 1845. Elève du Conservatoire de
Dresde , de 1859 à 1861 , il vécut plusieurs
mnées à Leipzig, d'où il allait, de temps en
emps, à Paris et à Berlin. Depuis 1868, il di-
•ige une école musicale, fondée par lui et il est
irecteur de musique à Halle s/S. D. a publié
eux symphonies, des sonates pour piano, des
ieder, etc.
Dreyschock, 1. Alexander, excellent pia-
iste, né à Zack, en Bohême, le 15 oct. 1818,
a. à Venise le 1er avr. 1869 ; élève de Toma-
chek, à Prague, d'où il voyagea à travers
Europe durant de longues années comme vir-
aose ; il reçut beaucoup de distinctions et de
ominations honorifiques, parmi lesquelles
îlle de virtuose de la cour impériale d'Autri-
îe. En 1862, il accepta un appel comme pro-
:sseur de piano au Conservatoire impérial de
Ï-Pétersbourg, fondé par Rubinstein, et il y
mnt en même temps directeur de l'Ecole de
usique dramatique. Mais le climat nuisit à sa
tnté déjà peu forte, et, après avoir pris à plu-
eurs reprises de petits congés, il partit en
68 pour Venise, où il mourut bientôt après de
phtisie. Ses nombreuses compositions pour
ano sont brillantes, mais sans valeur réelle.