FUENTES — FUGUE
ces comme directeur. En 1879, il échangeait Hirschberg contre Danzig, où il dirigea en 1882-1883 le « Danziger Gesangverein », devint maître de musique au séminaire « Victoria », et fut nommé, en 1886, organiste de l'église St-Pierre et surveillant des orgues. A la mort de Markull (1887), F. devint critique musical de la « Danziger Zeitung » dont le feuilleton prit, grâce à lui, de l'importance. F. fut, en 1882, le premier qui se joignit aux efforts de H. Riemann pour l'amélioration de la notation musicale par l'indication du phrasé et il écrivit à ce sujet : Die Zukunft des musik. Vortrags (1884, deux parties ; une troisième partie sera encore publiée) et Die Freiheit des musihalischen Vortrags (1885) ; il a aussi publié avec H. Riemann : Praktische Anleitung zum Phrasieren (1886). Gomme pianiste, F. a des qualités qu'il partage avec peu d'autres, une intensité d'expression extraordinaire ; en outre il « phrase » réellement. F. fut aussi le premier musicien qui essaya d'obtenir à l'orchestre une exécution phrasée. — 4. Johann-Nepomuk, né à Frauenthal (Styrie) le 5 mai 1842; fils d'un maître d'école, il étudia à Vienne la philosophie et la musique (Sechter), devint en 1864 chef d'orchestre de théâtre, à Pressbourg, et remplit ces fonctions sur diverses scènes, en dernier lieu à Cologne, Hambourg, Leipzig (« Garolatheater»), et, depuis 1880, à l'Opéra de la cour, à Vienne. Il a succédé, en outre, à Hellmesberger, en 1893, comme directeur du Conservatoire de la « Société des amis de la musique ». On a représenté de lui, en 1872, à Brûnn, un opéra intitulé Zingara ; il retravailla aussi YAlmira de Haendel, pour sa nouvelle mise en scène à Hambourg, ainsi qu'Alfonso und Estrella de Schubert, et le Betrogener Kadi de Gluck, pour Vienne. — 5. Robert, frère du précédent, né à Frauenthalle 15 févr. 1847, élève du Conservatoire de Vienne, et maintenant professeur d'harmonie dans ce même établissement, a publié : une sonate de piano, deux sonates de violon, cinq sérénades pour orchestre, une symphonie (op. 37, ut maj.), un trio, un quatuor, des morceaux de piano à 2 et à 4 mains, délicatement travaillés, des variations, etc. — 6. Albert, né à Bàle le 6 août 1858 ; élève du Conservatoire de Leipzig (1876-1879), devint en 1880 directeur de musique à Trêves, vécut de 1883 à 1889 à Oberlôssnitz, près Dresde, puis acheta le Conservatoire de Wiesbaden, fondé par W. Freudenberg, et qui, sous son successeur W. Taubmann, avait passablement périclité ; F. le rendit bientôt florissant comme par le passé. F. est un compositeur de talent, de tendances modernes (lieder, duos, morceaux pour piano [sonate en fa min.], suite hongroise pour orchestre, sonate pour violoncelle).
Fuentes. 1. Don Pasquale, né à Albaïda 'Valence), au commencement du siècle dernier, était en 1757 maître de chapelle de la cathédrale ie Valence, m. le 26 avril 1768; l'un des compositeurs d'église les plus renommés de l'Espagne (Messes, Te Deitm, motets de 6 à 12 voix, rillancicos, etc.). — 2. Francisco de Santa
Maria de, moine franciscain, à Madrid, a publié un ouvrage théorique : Dialectos musicos (1778).
Fuertes, v. Soriano-F. • Fuga (ital.), fugue.
Fugara (Togar), jeu d'orgue ouvert de 8' et de 4', composé de tuyaux très étroits dont la bouche également étroite est placée très bas ; le son du f. est par conséquent âpre et parle difficilement. Toutefois, on rencontre des jeux de f. dont les tuyaux, plus larges, sont analogues à ceux de la gambe.
Fugato (ital., fugue), travaillé à la manière d'une fugue, mais non comme une fugue stricte ; dans les parties de développement des sonates, symphonies, concertos, etc., il arrive souvent que des fragments de thèmes sont traités d'une manière imitant la fugue, un passage de ce genre prend alors le nom de F. Fughetta (ital.), petite fugue.
Fugue, la forme d'art la plus développée du style concertant, dans, laquelle l'égalité des différentes parties est poussée jusqu'à ses plus extrêmes conséquences, par le fait qu'un thème court et caractéristique apparaît alternativement dans chacune des parties, et fait ressortir ainsi tantôt l'une, tantôt l'autre. La f. est conçue par conséquent au moins à deux voix (vocales ou instrumentales). Notre f. actuelle à la quinte est la dernière étape d'un long développement des artifices canoniques qui, des compositions vocales des Néerlandais (xv-xvie s.), furent transportés sur l'orgue ; quant au terme fuga, il désignait aux xve et xvie s. ce que nous nommons aujourd'hui canon, tandis que les formes plus libres qui, dès le milieu du xvie s., se rapprochent parfois de notre f., portaient les noms de ricercare, toccata, fantaisie, sonate, etc. Les musiciens les plus importants qui se rattachent à l'histoire primitive de la fugue sont : A. et Giov. Gabrieli, Frescobaldi, Froberger. J.-P. Sweelinck, Scheidt, Pachelbel, Buxtehude ; mais la f . a atteint le plus haut degré de son perfectionnement artistique dans les œuvres de J.-S, Bach d'une part (f. instrumentale) et dans celles de Haendel de l'autre (f. vocale). Les éléments les plus importants de la f., avec les termes techniques qui servent à les désigner, sont les suivants : le sujet (thème, ou encore antécédent ; lat. dux; ail. Fûhrer ; ital. Guida, proposta), exposé par l'une des parties qui entre seule au début, après quoi une autre partie fait entendre la réponse (ou conséquent; lat. cornes; ail. Gefàhrte; ital. risposta, conséquente) pendant que la première lui oppose un contrepoint (contre-sujet ; ail. Gegensatz ou Kontrasubjeht ) aussi intéressant que possible, au point de vue du rythme comme à celui de la mélodie. Si la f. est écrite à plus de deux parties, la troisième reprend le sujet, la quatrième la réponse, etc. Lorsque le sujet et la réponse ont passé dans chaque partie, I'exposition de la f. est terminée ; mais le nombre des reprises de cette exposition est en général d'autant plus nombreux que l'est aussi celui des parties mises en jeu. Ceci provient du reste du plus grand nombre