‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 154 sur 542 · GAIL · texte numérisé non relu

GAIL

tes, de la musique religieuse (Ps. cxxx, etc.). I t. A-W. G(tde, Aufzeichnungen und Briefe, ■ .1. par Dagmar Gade (Râle, 1898).

Gadsby, Henry, né à Londres le 15 déc. 1842, fut élève de Bayley, do 1849 à 1858, en qualité (l'enfant de chœur de l'église St-Paul, puis augmenta notablement ses connaissances par un travail personnel continu. G. compte parmi Lee meilleurs compositeurs de la jeune école anglaise; il a publié : le « Psaume cxxx », Festival service (à huit voix), ouverture à' Andromède, trois cantates (Alice Brand, The Lord of Isles, Colombus [cette dernière pour voix «Dit .îimit'sj), un quatuor pour instr. à archet, la musique d Alceste, des morceaux pour flûte et piano. En outre, un certain nombre d'œuvres sont encore manuscrites : trois symphonies, plusieurs ouvertures (dont quelques-unes ont été exécutées au « Grystal Palace »), des mélodies, des anthems, des services, etc.

Gaehrich, Wenzbl, né à Zerchowitz (Bohême), le 16 sept. 1794, m. à Berlin le 15 sept. 1864; étudia le droit, à Leipzig, puis embrassa plus tard la carrière musicale. Il entra, en 1825, comme violoniste, dans la chapelle de la cour royale, à Berlin, et lit alors la musique des ballets de Taglioni et d'autres (Don Quichote, Aladdi/i, Der Seerâuber, etc.). Les succès que remportèrent ces diverses œuvres lui firent attribuer le poste de chef d'orchestre de ballet, a l'Opéra de Berlin (1845-1800). G. a écrit, en plus de ses ballets, deux opéras (non exécutés), des symphonies et diverses œuvres instrumentales et vocales, dont quelques-unes seulement farenl publiées.

Gœnsbacher, Johann, né à Sterzing (Tyrol) le 8 niai 1778, m. à Vienne le 13 juil. 1844; élève de l'abbé Yogler et d'Albrechtsberger, à Vienne, s'établit comme maître de musique, d'abord à Vienne, puis à Prague, à Dresde et à Leipzig. En 1809, il retourna auprès de l'abbé Vogler, qui êtail alors à Darmstadt, et travailla 'hé/ lui en même temps que Ch.-M. de Weber et Meyerbeer ayee lesquels il se lia d'amitié. Après avoir accompagné Weber à Mannheim et à Heidelberg, après avoir séjourné de nouveau quelque temps à Vienne et à Prague, G. trouva enfin, en 182:), une situation stable et satisfaisante, en qualité de maître de chapelle du dôme St-Etienne, à Vienne (successeur de Preindl). Il s'était engagé auparavant, à deux reprises (1796^ 1818), dans l'armée autrichienne. En tant que compositeur, G. a été d'une fécondité extraordinaire, mais a fait preuve de peu d'originalité; il a écrit surtout de la musique d'église (17 Messes, 4 Requiem, etc.), dont une petite partie seulement fut grales Bérénades, dis marches, une symphonie, des œuvres pour piano, de la musique de chambre, des lieder, un Liederspiel, la musique des Kretufahrer, de Kotzebue.

Gaertner, Joseph, Facteur d'orgues bohème, né a 'l'a. •ban en 1796^ ni. à Prague le 30 mai 1868. Il existe m cette dernière ville un,, quantité d'instruments construits soit par lui. soit par gea ancêtres. G, a publié: Kurze Beleh-

rung ilber die innere Einrichtung der Orcjeln etc. (1832).

Gafori, Franchino (Franchinus Gafurius, ou souvent aussi simplement « Franchinus »), théoricien remarquable, né à Lodi le 14 janv. 1451,. m. à Milan le 24 juil. 1522; destiné à la carrière ecclésiastique, il fit des études de théologie et de musique, puis séjourna à Mantoue et à Vérone. Il entra en relations dans cette dernière ville, en 1477, avec le doge de Gênes,. Prosper Adorno, qui était en fuite, il le suivit à Gênes, où il rentrait, puis s'enfuit à Naples,. toujours avec Adorno. C'est alors que G. rencontra J. Tinctor, Garnier et Bernard Hycaert,. trois musiciens éminents de l'époque, et qu'il tint avec Philippe de Gaserta (Filippo Boronio) des conférences publiques contradictoires, sur la musique. Mais, après un séjour deplusieurs années, il dut fuir la peste et la guerre qui venaient d'éclater; il rentra d'abord à Lodi, puis accepta un poste de directeur dechœur à Monticelli. Enfin, en 1484, il fut appelé à Milan, en qualité de cantor et de maître des enfants de chœur du Dôme, et de premier maître de la chapelle du duc Ludovico Sforza. On attribuait à ses écrits, du vivant de l'auteur déjà, la plus haute importance; ils ont gardé du reste une très grande valeur pour l'histoire dela théorie musicale, ce sont : Théoricien opus musicae disciplinae (1480, 2e éd. 1492, sous letitre Theorica musicae; traite de la musique antique, d'après Boèce, et de la solmisation) ; Pratica musicae sive musicae actiones in IV libris (1496, l'œuvre capitale de G., contient des exemples en notation proportionelle gravés sur bois; 2e, 3° et 4* éd. 1497, 1502, 1512); Angelicum ac divinum opus musicae, etc., (1508, en italien, abrégé de la théorie musicale) ; De harmonia musicorum instrumentorum opus (1518, avec une biographie de G.); Apologia Franchini Gafurii adversus Joannem Spatarium et complices musicos Bononienses (1520).

Gagliano, Marco-Zanori da, l'un des plus anciens compositeurs d'opéras, en même temps j qu'auteur de musique d'église remarquable, originaire de Florence, y fut nommé, en 1602, maître j de chapelle de l'église San-Lorenzo, m. dans la même ville le 24 févr. 1642. G. écrivit, en 1607, j un opéra intitulé Dafne, pour une cérémonie de mariage princier, à Mantoue; cette œuvre, im-l primée l'année suivante (1608), chez MarescottiJ à Florence, a été rééditée par R. Eitner qui en[ a réalisé la basse chiffrée (« Publikationen »J vol. X). Un second opéra, datant de 1624, est inti-j tulé : La regina SanfOrsolo. Les autres publications de G. consistent en Messes à cinq voixi (1579); Responsori délia settimana santaaél voci (1580); six livres de madrigaux à cinq voixj (parus jusqu'en 1617); Musiche a 1,2 e 3 voci (1615, avec « continuo »).

Gail, Edmée-Sophie, née Garre, née à Parisl le 28 août 1775, m. le 24 juil. 1819 ; compositeuil de talent et cantatrice de concerts très goûtée [ fut mariée pendant quelque temps au profes seur Jean-Baptiste G. Elle a écrit des mélodies des romances, des nocturnes (pour chant), e.

GAILLARDE — GALLENBERG

cinq petits opéras (Angéla [en collaboration avec Boiéldieu], La Sérénade, etc.).

Gaillarde, (ital. gagliarda), n'est au fond pas autre chose que la danse (sautée) rapide, en mesure ternaire (proportio), qui formait toujours la suite immédiate de la padouane (pavane); cette danse portait, en Italie, le nom de saltareïlo ou de romanesca. Tandis que, dans les recueils de danses de 1500 à 1630 environ, la g. joue un rôle important, elle disparaît (de nom du moins) vers le milieu du xvne s. pour faire place à la gigue, à la canarie, à laloure.

Galandia v. Garlande.

Galant. On donnait au siècle passé le nom de style galant, au style de clavecin qui, par opposition au style sévère d'orgue, imité à son tour du style vocal, ne se liait à aucun nombre lixe de voix réelles, en introduisant tantôt plus, tantôt moins et restant le plus souvent homophone; il s'agit donc de notre style moderne. Issu directement du style des compositions écrites pour le luth, il se forma d'abord en France (d'Anglebert, Couperin, Rameau), puis fut adopté par Ph.-E. Bach qui le développa considérablement et en fit usage dans les grandes formes musicales (sonate). Le style de Domenico Scarlatti sert en quelque sorte de moyen terme entre les deux styles (sévère et galant) ; visiblement influencé par la musique de violon, qui était alors en pleine floraison, D. Scarlatti fut jusqu'à un certain point, un précurseur de leur fusion ultérieure.

Galeazzi, Francesco, né à Turin en 1758 (ou en 1738), fut pendant de longues années violonsolo au théâtre «délia Valle», à Rome, et mourut dans cette ville en 1819. G. est l'auteur d'une des plus anciennes méthodes de violon : Elementi teorico-pratici di musica con un saggio sopra farte di suonare il violino (1791 et 1796, en deux parties; le vol. I parut en 2e éd. en 1817).

Galilei, (Galilée), Vincenzo, né à Florence vers 1533, m. dans la même ville vers 1600, père du célèbre Galileo G. ; était un excellent joueur de luth et de viole, connaissait à fond la théorie mathématique grecque de la détermination des intervalles, et fut un des membres les plus remarquables du cercle d'esthètes qui fréquentaient le palais du comte Bardi. Son enthousiasme pour l'antiquité lui inspira des attaques très vives contre les maîtres du contrepoint raffiné (Zarlino), qui lui apparaissait comune chose grotesque, contre nature. Ses écrits, très intéressants pour l'histoire de la musique, sont les suivants : Discorso délia musica antica e délia moderna (1581 ; 2me éd. 1602, augmentée d'une brochure de polémique parue d'abord en 1589: Discorso intorno aile opère di messer Gioseffo Zarlino di Chioggia) ; Il Fronimo, dialogo sopra Varte del bene intavolare et rettamente suonare la musica (1553).

Galin, Pierre, né à Samatan (Gers) en 1786, m. à Bordeaux, où il remplissait les fonctions de professeur de mathématiques au lycée, le 31 août 1821; ouvrit en 1817 des cours populaires dans lesquels il enseignait la musique

d'après une méthode nouvelle qu'il appela méloplaste (v. ce mot) et qu'il exposa dans un ouvrage, intitulé : Exposition d'une nouvelle méthode pour V enseignement de la musique (1818). Le méloplaste, issu pour une partie de la notation chiffrée inventée par J.-J. Rousseau, fit grand bruit et trouva des défenseurs ardents et des continuateurs zélés (Ghevé, Paris, Geslin, Lemoine); dix ans encore après la mort de l'auteur, Lemoine, son élève, publia une 3° éd. du traité de G. (2e et 3e éd. sous le titre : Méthode du Méloplaste, 1824 et 1831). Malgré son utilité restreinte et sa simplicité plus apparente que réelle, la méthode de G., perfectionnée, a encore de nos jours des partisans déclarés; les « associations galinistes » sont particulièrement nombreuses en France et c'est sans doute à leur influence qu'il faut attribuer l'insuffisance évidente de l'enseignement musical dans les écoles publiques.

Galitzin, Nicolas-Borissovitch, prince, m. à Koursk (Russie) en 1866, est connu du monde musical par le fait que sur son instigation Beethoven écrivit l'ouverture op. 124 et les trois derniers quatuors pour instr. à archet, Le compositeur les lui dédia et fut en correspondance avec lui, de 1822 jusquà sa mort. G. était grand amateur de musique et violoncelliste de talent, sa femme une pianiste fort bien douée. — Son fils Georges, prince G. né à Saint-Pétersbourg en 1823, m. en sept. 1872 au cours d'une tournée de concerts en Amérique, était musicien de profession. Il organisa, avec l'orchestre nombreux qu'il avait fondé, toute une série de concerts en Angleterre, en France et en Amérique, dans le but de répandre les œuvres des compositeurs russes (de Glinka et de lui-même en particulier). G. est l'auteur de plusieurs Messes, d'œuvres symphoniques, de morceaux pour divers instruments, de mélodies, etc. ; il entretenait à Moscou une chapelle vocale particulière de soixante-dix enfants. G. était chambellan impérial.

Gallay, Jacques-François, né à Perpignan, le 8 déc. 1795, m. en oct. 1864 ; célèbre virtuose sur le cor, devint à l'âge de vingt-cinq ans seulement élève de Dauprat, au Conservatoire de Paris. Il devint, en 1825, membre de la chapelle royale, et entra en même temps dans l'orchestre du Théâtre italien et dans celui del'Odéon; il fut nommé en 1832 musicien de la chambre de Louis-Philippe, en 1842 professeur d'une classe de cor, au Conservatoire. G. a écrit toute une série d'œuvres pour un ou pour plusieurs cors (concertos, nocturnes, études, duos, trios, quatuors, etc.); en outre il a publié une Méthode complète de cor.

Gallenberg, Wenzel-Robert, comte de, né à Vienne, le 28 déc. 1783, m. à Rome, le 13 mars 1839 ; élève d'Albrechtsberger, avait épousé en 1803, la comtesse Julia Guicciardi, à laquelle Beethoven dédia sa sonate en ut dièse mineur (op. 27). G. écrivit en 1805, à Naples, de la musique de fête en l'honneur de Joseph Bonaparte ; après avoir accepté avec Barbaja, de 1821 à 1823, la direction de l'Opéra de la Cour,

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