GAMME
ut mineur, parut également dans les « Rac- •colta, etc. » de Haffner).
Gambale, Emanuele, maître de musique à Milan, s'est fait connaître principalement par ses tentatives de réforme de notre notation musicale, réforme consistant dans l'adoption d'une échelle fondamentale de douze demi-tons (cf. chroma). Après avoir exposé son système dans La riforma musicale, etc. (1840, éd. ail. par Haeser, 1843), il essaya d'en prouver l'utilité pratique dans un autre ouvrage intitulé : La prima parte délia riforma musicale, etc. (1846, avec des transcriptions d'études en nouvelle notation). G. a aussi traduit en italien le grand traité d'harmonie de Fétis.
Gambe, 1. v. viole. — 2. Jeux de g., nom que l'on donne dans l'orgue à des jeux à bouche ouverts dont le diapason est étroit, l'ouverture latérale basse et pourvue d'oreilles transversale et latérales. La sonorité de ces jeux rappelle, par le bruit d'air qui accompagne chaque son, celle des instruments à archet; ils parlent difficilement et sautent par contre facilement à l'octave. Tous les jeux d'orgue qui portent des noms d'instr. à archet sont compris parmi les g. ; on a donc, outre la gambe proprement dite et le salicional : violon, viola, violoncelle, violone, contrebasse, et, surtout chez les facteurs allemands, Quintviola (jeu harmonique, de structure analogue à celle de la gambe), gambette, Spitzgambe (g. à tuyau conique), etc. Le violon-principal (ail. Geipenprincipal) est un jeu tout à fait analogue aux précédents, mais dont les tuyaux sont moins étroits.
Gambini, Garlo-Andrea, né à Gênes le 22 oct.1819, m. dans la même ville le 14 févr. 1865; auteur d'un grand nombre d'opéras, de Messes, de cantates, d'une symphonie dramatique (Christoforo Colombo), etc.
Gamma (T), lettre grecque correspondant à notre G et dont le nom fut adopté en premier lieu par Odon de Glugny (m. en 942) pour désigner le son équivalent de notre sol i (ail. grosses G); ce nom n'a donc pas été inventé par i Guy d'Arezzo. Comme on faisait usage à cette j époque des lettres (v. ce mot) disposées dans , leur ordre naturel, A à G (non pas comme de i nos jours, en Allemagne de C à H), il manquait 1 pour le son le plus grave du système (notre \sol{) un signe distinctif; on eût alors recours à l'alphabet grec. Ce même son resta, jusqu'au I xive s., la limite extrême de l'échelle fondamen- . taie, au grave, ce qui donna l'idée d'adopter son nom pour toute la série des notes, du grave à l'aigu (miA); plus tard seulement, en France, le mot « gamme » prit un sens plus restreint (v. gamme). Le T faisait autrefois partie ■ de la série des clefs (claves signata.e); on le I rencontre fréquemment, dans d'anciennes no-
tations, en compagnie de la clef de fa :
Le nom de solmisation du T était Gamma ut. (v. muances). V. aussi au mot ecclésiastiques, la raison pour laquelle le sol t devint le son le plus grave du système des modes ecclésiastiques (v. gamme).
Gamme (ail. Tonleiter), 1. g. diatonique, terme qui, d'après son ancienne définition, serait synonyme de ton (v. ce mot 2). Mais depuis que les théoriciens ont reconnu le principe de la parenté des sons et des accords (v. parenté), il serait purement arbitraire de considérer les accords de mi majeur et de la bémol majeur par ex. comme des harmonies n'appartenant pas au ton d'ut majeur La conception du ton s'est par conséquent élargie en celle de tonalité (v. ce mot), tandis que la g. est apparue comme le déploiement d'un accord de tonique, dont les sons sont reliés par des notes de passage :
st
sr
Gamme majeure
De même que celui de la tonique, tout autre accord de l'harmonie tonale peut être déployé et pourvu de notes de passage; il va sans dire que, si l'on veut indiquer fortement la tonalité, les notes de passage devront être choisies de préférence parmi les sons appartenant à la tonique. Les échelles qui en résultent sont tout d'abord les anciens modes ecclésiastiques (ou octaves grecques), à savoir : l'échelle de la dominante :
avec fa naturel, mixolydien ; avec fa dièse, sol majeur, et l'échelle de la sous-dominante :
:sr
avec si naturel lydien; avec si bémol, fa majeur.
En mineur, la gamme de la tonique est la suivante :
if C r i
avec fa et sol ou
naturels, éolien : avec fa et sol dièses, la mineur.
l'échelle delà dominante supérieure, mineure:
l'échelle de la sous-dominante, mineure :
-gr--*
avec si et ut naturels, dorien ;
avec si naturel et ut dièse, ré mineur
GAMUGCI — GARAUDE
(Les sons appartenant à la tonique sont indiqués, dans chaquo mode, par *.)
Cl lacune de ces échelles, ou gammes, peut naturellement se présenter sous la forme d'une gérie de tierces ou de quintes successives; ce n'est point l'étendue d'une g. qui lui imprime sa signification propre, mais seulement l'harmonie qui «n est considérée comme la base et qui est exprimée par les enchaînements d'accords avec lesquels elle apparaît, Interprétés de la sorte, les modes ecclésiastiques peuvent aujourd'hui encore acquérir une grande importune»', dans l'enseignement du contrepoint. L'auteur de ce dictionnaire a cherché à appliquer logiquement cette idée, dans ses deux ouvrages : Neue Schule der Melodik (1883) et Vereinf'achte Harmonielehre (1893). Mais la plupart des maîtres qui adoptent encore de nos jours les modes ecclésiastiques, n'admettent pas la théorie moderne de la tonalité, alors (pie ces deux notions se laissent parfaitement réunir. — 2. g. chromatique, v. chromati-
QDB 1.
Gamucci, Baldassare, né à Florence le 14 déc. 1822, m. dans la même ville le 8 janv. 1892; fonda en 1849, dans sa ville natale, une association musicale « del Carminé ». Cette association fut transformée dans la suite en Institut royal de musique, dont G. devint directeur. G. a composé des Messes, un Requiem, des cantates, des psaumes, des motets, etc.; il a écrit : lntorno alla vila ed aile opère diLuigi Chérubin i (1869), un traité élémentaire de musique (Rudimenti di lettura musicale; nombreuses éditions) et divers essais qui parurent dans les comptes rendus de l'Institut royal de musique, un, entr'aulres, sur cette question : «Pourquoi les Grecs ne connaissaient- ils pas la polyphonie? ■
Ganassi, Silvestro i^dit del Fontego, d'après le nom de sa bourgade natale, près de Venise), auteur de deux ouvrages aussi importants que rar< b, une méthode pour la flûte à bec à sept Iroug : La Fontegara, la quale insegna di suonareil fi auto, etc. (1535, renferme des indicalions pour l'exécution des ornements), et une méthode pour la viole et la contrebasse de viole 1542, 1548) en deux parties. Ces deux ouvrages, imprimés par G. lui-même, ne sont plus connus <pie par un exemplaire unique appartenant au « Liceo lilarmonico » de Bologne.
Gandini, Alessandro, Cavalière, né à Modène en 1807, m. dans la même ville le 17 déc. 1871 : élève, puis successeur de son père (Antonio G., né le 20 août 1786, m. le 10 sept. 1842) au poste maître de chapelle de la cour, à Modène. 6. est L'auteur d'une histoire du théâtre à Modène, de 1599 à 1871; cet ouvrage, augmenté par Valdrighi el Ferrari-Moreni, fut publié après la mort de l'auteur, sous le titre : Cronistoria dei teatri di Modena. etc. (1873). Il a écrit, de même que son père, plusieurs opéras pour 1<' théâtre de Modène.
Gang (ail.), passage (v. ce mol).
Ganz, iium ,1,- trois frères, qui furent d'excelmusiciens: l. Adolf, né à Mayence le
14 oct. 1796, m. à Londres le 11 janvier 1870r était chef d'orchestre de la cour du grand duc de Darmstadt. — 2. Moritz, né à Mayence le 13 sept. 1806, m. à Berlin le 22 janv. 1868, concertmeister de l'orchestre royal de Prusse, était un violoncelliste de la plus haute valeur. — 3. Leopold, né à Mayence le 28 nov. 1810, m. à Berlin le 15 janv. 1869, concertmeister de l'orchestre royal de "Prusse, violoniste distingué. Ganze Taknote (ail.), ronde.
Ganzinstrument (ail.), « (entier » en parlant d'un instrument.
Ganzton (ail.), ton entier.
Garât, Pierre-Jean, né à Ustaritz (Basses- Pyrénées) le 25 avr. 1754, m. à Paris le 1er mars 1823, chanteur de concert et professeur de chant des plus célèbres, élève de Franz Beck, à Bordeaux; destiné à la carrière juridique, il commença ses études de droit à Paris, mais, malgré la vive opposition de son père, voua bien plus de soins au développement de sa voix qu'à l'acquisition de connaissances juridiques. Le poste de secrétaire du comte d'Artois, qu'il put obtenir, vint heureusement aplanir les difficultés de sa situation; il eut l'occasion de faire de la musique avec Marie-Antoinette qui, à diverses reprises, paya toutes ses dettes. Plus tard, il se réconcilia avec son père. Lorsque la Bévoluti'on éclata et qu'il se vit obligé de gagner sa vie comme chanteur de concert, il se rendit avec Rode à Hambourg, et remporta avec lui les triomphes les plus éclatants. Cependant les deux musiciens rentrèrent à Paris en 1794 et, l'année suivante, G. se fit entendre pour la première fois aux concerts Feydeau ; son succès fut tel, qu'en 1795 encore, il fut nommé professeur de chant au Conservatoire entièrement réorganisé. G. à formé toute une série d'élèves (Nourrit, Levasseur, Ponchard, etc.), qui sont une preuve manifeste de son talent pédagogique. Il était encore, à l'âge de cinquante ans, l'objet de l'admiration générale, pour ses moyens vocaux extraordinaires (baryton ténorisant d'une étendue énorme), pour son étonnante virtuosité dans le chant à vocalises* et pour sa mémoire phénoménale. G. avait en somme laissé agir en lui la nature, et ses connaissances étaient tout intuitives, il lui manquait même une véritable culture musicale élémentaire; il n'en a pas moins été l'un des chanteurs et l'un des pédagogues les plus remarquables de tous les temps.
Garaudé, Alexis de, né à Nancy le 21 mars 1779, m. à Paris le 23 mars 1852, élève de Cambini, Reicha, Crescentini et Garât, à Paris; nommé chantre de la Chapelle impériale en 1808, conserva ce même poste, après la Restauration, dans la Chapelle royale, et fut nommé, en 1816, professeur de chant au Conservatoire de Paris. Il lit valoir ses droits à la retraite en 1841. G. a écrit divers ouvrages : Méthode du chant (1808) ; Solfège ou méthode de musique, Méthode complète de piano ; L'harmonie rendue facile (1835) et L'Espagne en 1851 (notes de voyage). En outre, il a publié des solfèges, des mélodies, des duos, des airs de concert,
GARBO — GARDANO
des sonates et des variations pour piano, diverses œuvres pour violon, flûte, clarinette, violoncelle, trois quintettes pour instr. à archet, etc.
Garbo, (ital.), grâce, bon ton; con g., avec grâce {chez Haydn [Symphonie « La Poule »], Hummel, etc.).
Garbrecht, Fr.-F.-W., m. en 1874, a fondé à Leipzig, en 1862, un important établissement de gravure et d'impression musicales qui, acheté en 1880 par Osk. Brandstsetter, a été depuis lors notablement agrandi.
Garcia. 1. Don Francisco Saverio (Père G.), né à Nalda (Espagne) en 1731, m. de la peste à Saragosse, le 26 févr. 1809; vécut d'abord à Rome, comme professeur de chant (cf. Gabrielli), très connu sous le nom de « lo Spagnoletto », et fut nommé, en 1756, maître de chapelle du dôme de Saragosse. G. exerça une certaine influence sur le chant sacré en Espagne, en faisant adopter un style simple et naturel en lieu et place de l'écriture fuguée. — 2. Manuel del Popolo Vicente, né à Séville le 22 janv. 1775, m. à Paris le 9 juin 1832; chanteur très célèbre (ténor) et professeur de chant, en même temps que fécond compositeur d'opéras. Il prit ses premières leçons auprès d'Antonio Ripa et de Juan Almarcha, à Séville; mais, à peine âgé de dix-sept ans, sa renommée était telle qu'on l'appela à Cadix pour le faire débuter à la fois comme chanteur et comme compositeur. Après ces heureux débuts, G. chanta à Madrid et à Malaga, puis se rendit, en 1808, à Paris, où les succès qu'il remporta au Théâtre italien établirent définitivement sa gloire. De 1811 à 1816, il se fit entendre sur les principales scènes de l'Italie, ne cessant de perfectionner son mécanisme vocal, et fut nommé par Murât, en 1812, chanteur de la Chambre, à Naples. Il rentra ensuite à Paris, fut accueilli de nouveau avec enthousiasme au Théâtre italien, mais se brouilla avec la Catalani, à qui appartenait alors ce théâtre, et partit pour Londres. Peu après cependant, une fois que la Catalani eut été déclarée en faillite, G. chanta de nouveau au Théâtre italien, de 1819 à 1824. 11 était alors à l'apogée de sa carrière et déploya pendant cette même période une activité en tous points remarquable comme professeur de chant. G. retourna à Londres en 1824, en qualité de premier ténor de l'Opéra royal; mais l'année suivante l'imprésario Price l'engagea pour New- York, en même temps que ses deux filles, son fils, Crivelli le jeune, Angrisani, Rosich et la Barbieri. Le succès de l'entreprise fut énorme et, après avoir fait un séjour de dix-huit mois <1827-1828) à Mexico, G. prit le chemin du retour en Europe; il fut par malheur complètement dépouillé sur la route de Vera-Cruz. Arrivé à Paris, il embrassa courageusement la carrière de l'enseignement, tout en se vouant à la composition. G. n'a pas écrit moins de dix-sept opéras espagnols, dix-huit italiens et neuf français, puis une quantité de ballets ; de tout cela rien ne lui a survécu. Ses élèves les plus célèbres furent ses deux filles Marie (Malibran) et Pauline (Viardot) et son fils Manuel. — 3. Ma-
nuel, né à Madrid le 17 mars 1805, fils du précédent, accompagna son père en Amérique, mais quitta la scène en 1829 déjà (il avait une voix de basse de médiocre qualité) ; il se voua dès lors exclusivement à l'enseignement et acquit à Paris une très grande réputation comme pédagogue. G. est l'inventeur du laryngoscope (1855), et c'est à ce titre que l'Université de Kœnigsberg lui conféra le titre de Dr med. hon. c. Jenny Lind et Jul. Stockhausen furent au nombre de ses élèves. En 1840, G. avait adressé à l'Institut un Mémoire sur la voix humaine, ne contenant pas de découverte proprement dite, mais résumant adroitement les résultats des recherches antérieures sur le fonctionnement de l'organe vocal ; ce mémoire lui valut les félicitations de la docte compagnie, ainsi que plus tard (1847) un poste de professeur de chant au Conservatoire. Ce fut alors qu'il écrivit son Traité complet du chant (1847 ; éd. ail. par Wirth). Il se rendit trois ans plus tard (1850) à Londres, en qualité de professeur de chant à la « Royal academy of music ». G. vit encore à présent (1897) à Londres. Sa femme — 4. Eugénie (née Mayer), née à Paris en 1818, m. dans la même ville le 12 août 1880, fut son élève, chanta d'abord en Italie, puis entra, en 1840, à l'Opéra- Comique, à Paris. Elle se fit entendre en 1842, à Londres, et, séparée de son mari, vécut ensuite à Paris comme professeur de chant. — 5. Mariano, né à Aoiz (Navarre) le 26 juil. 1809, compositeur de musique d'église fort renommé en Espagne.
Garcin, Jules-Auguste, né à Bourges, de parents ar listes, le 11 juill. 1830, m à Paris le 10 oct. 1896 : élève des classes de violon (Clavel, Alard) et de composition (Bazin, Adam, Ambr. Thomas) du Conservatoire de Paris, entra en 1856 comme simple membre, puis devint en 1871 violon-solo et troisième chef d'orchestre à l'Opéra. Dix ans plus tard, il succédait à Altès en qualité de second chef de la Société des concerts du Conservatoire, puis passa en 1885 au rang de premier chef. Il se retira en 1892 pour raisons de santé. En outre G. fut professeur d'une classe préparatoire (1875), puis d'une classe supérieure (1890) de violon, au Conservatoire. Il a écrit un certain nombre d'œuvres, surtout pour son instrument (concerto pour violon ; concertino pour altb; Suite symphonique).
Gardano, (ou Gardane, ainsi qu'il écrivit luimême son nom jusqu'en 1557), Antonio, l'un des anciens imprimeurs de musique italiens les plus importants, a reproduit une quantité d'œuvres déjà parues ailleurs et publié un certain nombre de nouveautés excellentes, parmi lesquelles quelques œuvres de sa composition, dans les Motetti del f'rutto (1539) et les Canzoni francese (1564). Un ouvrage daté de 1539 passe pour être le premier sorti de ses presses. On suppose que G. mourut en 1571, car ses deux fils, Angelo et Alessandro, s'associèrent à ce moment pour lui succéder ; mais ils se séparèrent au bout de quatre ans déjà. Vers 1584, Alexandre date ses publications de Rome, tandis qu' Angelo resta à Venise jusqu'à sa mort