‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 16 sur 542 · AME · texte numérisé non relu

AME

ANAGKER

dans les églises de son diocèse. Le chant a. forme un des chapitres les plus énigmatiques de l'histoire de la musique, car nous sommes plongés dans une ignorance presque complète à son sujet. Un fait est certain, c'est que St-Ambroise transplanta de Grèce en Italie le chant des alléluias et des antiennes, on le considère même comme le créateur du chant en répons ; cependant, comme il ne se contenta point d'introduire en Italie le chant des hymnes, mais qu'il en composa lui-même un grand nombre, le chant a. paraît différer à peine du chant grégorien, d'autant plus que, d'après un témoignage authentique de St- Augustin, les «jubilations» formaient l'essence du chant a., comme plus tard, celle du chant grégorien. Selon toute apparence, le chant grégorien n'est point, en principe, différent du chant a.; il est bien plutôt le résultat d'une révision du chant d'église, importante et faisant loi dans toute l'Eglise catholique, révision nécessitée par le grand nombre d'innovations introduites dans le chant, depuis la mort de St-Ambroise (397). Il faut ajouter qne, malgré les décisions pontificales, la liturgie du diocèse de Milan (ainsi que bien d'autres encore) conserva longtemps certaines particularités ; peut-être s'agissait-il de chants spéciaux auxquels se rapporteraient alors les •emarques que font les écrivains du moyen ige, lorsqu'ils parlent du chant ambrosien ? Cf. Grégorien.)

Ame. 1. On appelle â. d'un instrument à archet, le petit cylindre de bois qui relie le dos et la able de l'instrument. L'a. ne se place pas exactement au milieu, mais plutôt sous un des pieds a chevalet ; de cette façon, l'appui de l'un des ieds donne à l'autre la faculté de se mouvoir 'gèrement et de se rapprocher ou s'éloigner lternativement de la table de résonance, en ne) uivant les vibrations de la corde. — 2. On apelle à. de la clarinette, un petit trou qui, praqué non loin de l'embouchure, donne une lus grande égalité au chalumeau.

Amerbach (Ammerbach),ELiAS-NicoLAUs, exilent musicien du xvie s., organiste de Stnomas, à Leipzig, vers 1570 ; publia une tablare : Orgel- und Instrumenttabulatur (1571), uvre d'une grande valeur historique, conteint des indications de doigté pour divers insiments, l'explication des ornements, etc. Fétis, ns la deuxième édition de sa « Biographie iverselle » , cite une seconde tablature d'Amrbach (sic) : Ein neu kûnstlich Tabulaturch, etc. (1575), qui ne doit pas être identique a première, puisque la seconde édition de le-ci parut en 1583.

méricain, Orgue a. Cf. Orgue 3.

miot, le Père A., missionnaire jésuite en ine, né à Toulon en 1718, m. à Péking le et. 1793, a traduit en français une œuvre cluse de théorie musicale (de Li-Koang-Ti), réduite et annotée par l'abbé Roussier, dans Mémoires concernant V histoire... des Chis (vol. VI).

mmerbach, v. Amerbach.

mmon, Blasius, contrapontiste du xvie s.,

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originaire du Tyrol. comme le prouvent les titres et dédicaces de ses œuvres ; élevé, comme soprano, dans la chapelle du grand-duc Ferdinand d'Autriche, envoyé à Venise aux frais de son protecteur, entra plus tard dans l'ordre des Franciscains à Vienne, où il mourut en juin 1590. Sa première œuvre, un volume d'introïts à 5 voix, parut à Vienne, en 1582; vinrent ensuite un volume de Messes à 4 voix, 1588, ibid., et un volume de motets, de 4 à 6 voix, 1590, à Munich (une partie de l'édition annonce la mort d'A. survenue pendant la publication). Après la mort de l'auteur, parurent encore un volume de motets (Munich, 1591) et un second volume d'introïts (à4voix, 1601), édités par son frère Stephan Amon (sic), La Bibliothèque de Munich possède, en outre, encore un certain nombre de motets manuscrits d'A., transcrits en partie en tablature d'orgue. Les dates données par Fétis (reproduites dans la lre édit. du Musik- Lexikon, de Riemann) et généralement admises jusqu'à présent, sont absolument insoutenables.

Amner, John, organiste et maître de chapelle de l'église d'Elie, à Londres, de 1610 à 1641, promu en 1613 Dr mus. de l'université d'Oxford, fut un bon compositeur de musique d'église (Sacred hymns, de 3 à 6 voix, 1615). — Son fils Ralph fut, de 1623 à 1663, chantre (basse) de la chapelle royale de Windsor.

Amon, Johann-Andreas, né à Bamberg en 1763, m. le 29 mars 1825; étudia le chant et divers instruments, puis finit par se vouer plus particulièrement à l'étude du cor. Elève de Giov. Punto (Stich), il suivit celui-ci à Paris et prit les cours de composition de Sacchini. Après avoir accompagné Punto dans de longues tournées de concerts, A. prit la place de directeur de musique de la ville de Heilbronn. Il mourut comme maître de chapelle du prince d'Œttingen-Wallerstein. A. fut un compositeur fécond : des symphonies, un concerto de piano, un de flûte et un d'alto, des sonates pour divers instruments, des trios, des quatuors, des quintettes, des variations, des lieder, etc. ont été gravés, tandis que deux Messes, un requiem et deux « Singspiele » sont restés manuscrits. Cf. Ammon.

Amorevole, amoroso (ital.), aimable, flatteur.

Amplitude. L'a. d'une vibration est la distance que parcourt le corps mis en mouvement, du point d'équilibre aux extrémités de la vibration: l'a. des vibrations détermine l'intensité du son, leur nombre, le degré d'élévation du son. C'est le pendule d'une horloge qui nous fournit la preuve la plus élémentaire de ce fait, en effet, que, par suite d'un choc plus vigoureux, le pendule décrive une courbe ( amplitude ) plus grande, le nombre des battements, dans un espace de temps donné, n'en sera pas moins grand ; il restera exactement le même.

Anacker, August-Ferdinand, né à Freiberg (Saxe) le 17 oct. 1790, m. dans la même ville le 21 août 1854 ; devint à Leipzig, où il s'était rendu pour faire d'autres études, un excellent musicien, et fut nommé, en 1822, cantor et directeur de musique, puis, peu après, maître de

musique au séminaire de sa ville natale. Il organisa alors de grandes exécutions chorales religieuses <'t fonda une société de chant mixte (Singakademie). Kn is-27.il fut encore nommé chef d'un corps de musique. Citons parmi les compositions d'A.: les cantates Bergmannsgruss, Lebens Blume und Lebens Unbestand; des morceaux de piano, des Lieder,des chœurs, un recueil de chorals. ï chants pour un drame national de DoTing, 2ter//>/K//oo7rewe (Dresde). Anacrouse (ail. Auftakt), nom que l'on donne à la mesure apparemment incomplète qui se trouve souvent au début d'an morceau (levé) ou d'une phrase musicale: par ex. dans

ANACROUSE — ANCOT

tices analytiques et historiques concernant les œuvres exécutées.

Anapeste. Pied rythmique, composé de deux brèves suivies d'une longue, ou aussi de deux temps faibles suivis d'un temps fort, par ex. :

la croche isolée, au commencement. Parle fait que notre écriture musicale place la barre de mesure immédiatement avant le temps fort, fous les motifs qui commencent sur un temps faible sont « anacrousiques », autrement dit, la barre de mesure les partage en deux fragments. Cependant, rien ne serait plus faux que de séparer une telle a. de la mesure qui suit et de considérer les sons placés entre deux barres de mesure comme un «motif». On pourrait prétendre au contraire que, dans la plupart des cas où un morceau commence sur le temps fort (sur « un »), notre premier soin doit être de voir quel fragment de la mesure sera détaché, en manière d'à., et réuni à la mesure suivante. La forme anacrousique n'est pas seulement possible, elle est en somme le véritable point de départ, l'état primitif de toute formation musicale. (Cf. Métrique.) C'est à Mathis Lussy <pie revient le mérite d'avoir restitué le véritable sens «le l'a. Cf. son Traité de Ve.rjjre.ssion musicale (Paris, 1873).

Analyse. 1 A. des sons par l'oreille, terme employé dans l'acoustique moderne pour désigner la faculté de distinguer les harmoniques de l'un quelconque des sons d'un instrument de musique. La formule de vibrations d'un son est décomposée par l'oreille, d'une manière à peu près inexpliquée jusqu'à ce jour, de telle sorte que celle-ci peut percevoir les harmoniques contenues dans le son. On se sert, en général, de résonateurs, pour renforcer les différentes harmoniques; une bonne oreille musicale pourra cependanl s'en passer le plus souvent. — 2. A. d'œuvres musicales, c-à-d. l'étude de leur forme, tant au point de vue de la division des thèmes en phrases el en motifs, de leur enchaînement ou <\i' leurs transformations, qu'à celui de la succession dr<. périodes, des modulations, etc. Cette sorte d'à. devrait être uni' des branches principales de l'enseignement dans Les écoles de musique; c'est, hélas! l'une des plus négligées, lorsqu'elle n'est pas entièrement supprimée. On a pris l'habitude, depuisquelques années, suivant l'exemple <\r L'Angleterre (analytical programmas), de faire imprimer sur Les programmes de concerts de courtes no-

resp.

etc.

Anche (lat. lingua; ail. Zunge ; angl. reed). Nom que l'on donne à une lamelle de métal ou de roseau, placée à l'embouchure d'un tuyau que, sous la pression de l'air, et par le fait même de son élasticité, elle ouvre et ferme alternativement. Dans nombre d'instruments (instr. à anches), l'a. sert de médium sonore. Lorsqu'elle est de métal, ses dimensions (longueur, largeur, épaisseur) déterminent le degré d'élévation du son ; lorsqu'elle est plus molle, plus élastique, ses vibrations sont en rapport direct avec une colonne d'air par laquelle elle communique avec l'air extérieur. La première alternative se trouve réalisée dans les jeux à anches de l'orgue, la seconde dans les hautbois, clarinettes et bassons. On peut encore considérer comme une sorte d'anches, certaines membranes , telles que : les cordes vocales, qui déterminent toujours le degré d'élévation du son, ou aussi les lèvres de l'instrumentiste (cor, trompette, trombone, etc.), dont la tension ne peut déterminer le son que combinée avec la longueur du tuyau (cf. Pavillon). — Il y a deux sortes d'à. de métal : Va. libre et> l'a. battante ; la première, placée sur une ouverture qu'elle ne touche que par le côté où elle est fixée, dépasse à chaque vibration et dans les deux sens le niveau du châssis (harmonium); la seconde vient s'appuyer, à chaque pression du vent, sur une rigole par où l'air s'échappe (orgue). Il y a de même deux sortes d'à. de roseau : Va. simple (clarinette), Va. double (hautbois et basson), cette dernière, formée de deux lamelles de roseau qui, au moyen de ligatures, s'adaptent au tuyau de l'instrument et dont l'effet est réglé par la pression des lèvres.

Ancora (ital. « encore une fois » ), syn. de da capo.

Ancot, 1. Jean, né à Bruges le 22 oct. 1779, m. en cette ville, le 12 juil. 1848; séjourna de 177(.) à 1804 à Paris, où il travailla le violon avec Kreutzer et Baillot et l'harmonie avec Catel, puis il se fixa, comme maître de musiqul dans sa ville natale. Quelques-unes de ses ouvres seulement furent gravées (4 concertos de violon, de la musique d'église, des ouvertures* des marches, etc., dont une partie pour musique] d'harmonie). A. fit de ses deux iils d'excellents musiciens. L'aîné — 2. Jean, né le G juil. 17' m. à Boulogne, le 5 juin 1829, suivit les co supérieurs du Conservatoire de Paris, av« Pradher (piano) et Berton (composition) pour maîtres, alla en 1823 à Londres, où il fut nom

ANDAMENÏO

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