‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 162 sur 542 · GERBERT · texte numérisé non relu

GERBERT

GERLAGH

tances particulièrement difficiles, en une localité éloignée de tout commerce international, son Historisch - biographisches Lexikon der Tonhùnstlev (1791 et 1792 ; 2 vol.). Ce dictionnaire ne devait être primitivement, dans l'idée de son auteur, qu'une continuation de la partie biographique de l'ouvrage de Walter ,• il était issu d'une série de notices biographiques destinées à accompagner des portraits de musiciens dont le nombre avait augmenté graduellement. G. fut amené de cette façon à ajouter à son ouvrage divers suppléments : un catalogue de tous les portraits de musiciens qui lui étaient connus (gravure sur bois et sur acier, silhouettes, peintures, médaillons, bustes, statues), des notices sur les orgues célèbres dont il existe des croquis ou des dessins, enfin une liste des inventions modernes les plus importantes dans le domaine de la facture instrumentale, le tout se rapportant plus ou moins directement aux biographies qui forment le fond de l'ouvrage. La publication de cet ouvrage attira les regards du monde musical sur G., chez lequel affluèrent de toutes parts les matériaux complémentaires pour une seconde édition ; l'ouvrage bibliographique («Litteratur »,1792), que Forkel publia alors lui fournit une quantité considérable de renseignements précieux. Tout ceci décida G. à faire paraître, non pas une nouvelle édition, mais un ouvrage supplémentaire, qui du reste dépassa de beaucoup le premier en étendue : Neues historisch - biographisches Lexikon der Tonkiinstler (1812-1814 ; 4 vol.). Ce nouvel ouvrage est pourvu, comme le premier, d'un catalogue de portraits et de notes sur les instruments. Sans atteindre la valeur de la «Biographie universelle » de Fétis, les ouvrages de G. ont, pour l'Allemagne surtout, une très grande importance, car ils n'ont été reproduits que très imparfaitement par les lexicographes ultérieurs. Le « Musikalisches Konversationslexicon » de Mendel-Reissmann ne saurait même les remplacer, le côté bibliographique y étant trop sacrifié au côté purement biographique et la mise au point en étant trop inégale. Il faut noter de G., en plus de ses dictionnaires, un certain nombre d'essais parus dans les revues suivantes : « Ail g. Musikalische Zeitung » (années II à IX), «Litterarischer Anzeiger » (1797), «Deutsche Jahrbùcher» (1794). En fait de compositions, G. n'a écrit que des morceaux pour piano et pour orgue et quelques pièces pour musique d'harmonie. Il vendit déjà de son vivant sa fort belle bibliothèque, pour la somme de deux cents louis d'or, à la Société des Amis de la musique de Vienne ; mais il en conserva l'usage jusqu'à sa mort et continua à l'enrichir d'une façon toute désintéressée.

Gerbert (von hornau), Martin, prince-abbé de Saint-Biaise, né à Horb s. le Neckar le 11 août 1720, m. à Saint-Biaise le 13 mai 1793; était entré, en 1736, dans l'ordre de Saint- Benoît, et était parvenu, en 1764, au rang de prince-abbé du couvent de Saint-Biaise. Chargé de l'administration de la riche bibliothèque du couvent, G. se plongea dans les études

d'histoire ecclésiastique et plus particulièrement encore d'histoire musicale ; il prit pour objet spécial de ses recherches l'histoire du chant religieux au moyen âge. En 1760, G. entreprit un grand voyage d'études, parcourut l'Allemagne, la France et l'Italie, fouilla principalement les bibliothèques de couvents et rentra chargé d'une riche collection de copies de traités du moyen âge sur la musique. A Bologne, il noua des relations amicales avec le père Martini, en sorte que les deux savants historiens purent échanger les trésors de leur riche expérience. Le premier fruit de ces études apparut sous la forme d'un récit de voyage : lter allemannicum, accedit ltalicum et Gallicum (1765, 2e éd. 1773; éd. ail. par Kcehler, 1767) ; puis vint, en 1774, un ouvrage de la plus haute importance : De cantu et musica sacra, a prima ecclesiae œtate usque ad yrœsens tempus (2 vol), et enfin, en 1784 : Scriptores ecclesiastici de musica sacra potissimum (3 vol.). L'apparition de ce dernier ouvrage fit grand bruit et se révéla comme étant de la plus grande utilité pour l'étude de l'histoire de la musique, au moyen âge ; cette vaste collection de traités permet, en effet, à tous ceux qui se trouvent dans l'impossibilité de profiter de grandes bibliothèques ou d'entreprendre de longs voyages, d'étudier commodément une grande partie des auteurs anciens. Cette anthologie renferme des traités de : Isidore d'Espagne, Flaccus Alcuin, Aurélien de Réomé, Rémi d'Auxerre, Notker, Hucbald, Regino de Prum, Odon de Clugny, Adelboldus, Eernelinus, Guy d'Arezzo, Berno de Reichenau, Hermann Contract, Guillaume de Hirschau, Theogerus de Metz, Aribon l'écolâtre, Jean Cotton, Bernard de Clairvaux, Gerlande, Eberhard de Fleisingen, Englebert d'Admont, Aegidius de Zamora, Francon de Cologne, Elias Saiomonis, Marchettus de Padoue, Jean de Mûris, Arnoulf de St-Gilles, Keck de Giengen, Adam de Fulda, ainsi qu'un grand nombre de petits traités anonymes, particulièrement sur les mesures des tuyaux d'orgue (cf. tous les noms cités plus haut). G. a reproduit tous ces traités avec une exactitude absolue, sans corriger même les fautes d'orthographe, ce qui ne rend cette édition que d'autant plus précieuse. E. de Coussemaker (v. ce nom) a fourni récemment une continuation grandiose de la publication de G., dont l'utilité nous semble suffisamment démontrée par ces quelques lignes.

Gerlach, 1. Dietrich, célèbre imprimeur de musique, à Nuremberg, fut associé d'abord, de 1566 à 1571, avec Ulrich Neuber, puis continua seul l'entreprise jusqu'à sa mort, survenue en 1575. Ce fut sa veuve qui lui succéda et resta à la tête de la maison jusqu'en 1592. Un catalogue des ouvrages imprimés par G. a paru à Francfort s/ M, en 1609. — 2. Theodor, né à Dresde le 25 juin 1861, élève de Wûllner, auteur de lieder, de morceaux de musique de chambre, etc. ; a été chef d'orchestre de théâtre à Sondershausen, Posen, etc., et vit actuellement à Dresde.

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