‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 166 sur 542 · GLEICH · texte numérisé non relu

GLEICH

Giusto (ital.), juste, exact; allegro g. est à peu près identique à allegro assai (mouvement d'allegro bien accentué).

Gizziello, (y. Conti, 3).

Gladstone, Francis-Edward, excellent organiste, né à Summerstown, près d'Oxford, le 2 mars 1845; élève de Wesley, remplit des postes d'organiste à Weston- super -mare, Llandaff, Ohichester, Brighton, Norwich et Londres (église du Christ, 1881-1886), se convertit ensuite au catholicisme et devint directeur du chœur de l'église de « St-Marc of the Angels », à Bayswater (Londres). En 1876, il fut promu au grade de bachelier, en 1879 à celui de docteur en musique; il est membre honoraire de la « Royal Academy of music », dans laquelle il enseigna aussi pendant quelque temps. G. est un compositeur consciencieux et fécond de musique d'église.

Glaeser, Karl-Gotthelf, né à Weissenfels le 4 mai 1784, m. à Brème le 16 avr. 1829; fréquenta la « Thomasschule » à Leipzig, et reçut son instruction musicale de J.-A. Hiller, A.-E. Muller et Gampagnoli. Il devint, en 1814, directeur de musique et plus tard marchand de musique à Barmen ; il a publié des œuvres de piano, des chorals, des recueils de chants d'école, ainsi qu'une Neue praktische Klavierschule (1817) ; Kurze Anwetsung zum Choralspiel (1824); Vereinfachter und kurzgefasster Unterricht in der Théorie der Tonsetzkunst mittels eines musikalischen Kompasses (1828). — 2. Franz, né à Obergeorgenthal (Bohême) le 19 avr. 1799, m. à Copenhague le 29 août 1861; élève, pour le violon, de Pixis. au Conservatoire de Prague, devint en 1817, chef d'orchestre au « Josephstâdter Theater » de Vienne, en 1830 au « Konigstadtisches Theater » de Berlin, et fut nommé en 1842, maître de chapelle de la cour, à Copenhague. Parmi ses nombreuses œuvres (opéras, vaudevilles, farces, musique pour des drames, noctures, etc.), l'opéra Des Adlers Horst (Berlin. 1832) eut seul quelque succès et fit le tour de la plupart des scènes allemandes.

Glarean, de son vrai nom Heinrich Loris (Henricus Loritus) de Claris, né en 1488, m. le 28 mars 1563; suivit les cours de l'école latine, à Berne, étudia à Cologne la théologie et, sous la direction de Cochlseus, la musique. En 1512, il fut couronné poète (poeta laureatus), en cette ville, par l'empereur Maximilien Ier, fonda à Paris, en 1517, une maison d'éducation, mais transporta son domicile l'année suivante déjà à Bàle où il donna des conférences jusqu'en 1529. Enfin, au moment où éclatèrent les troubles religieux, il évita de prendre dans la lutte une attitude déterminée et se retira à Fribourg en Br. où il donna des cours d'histoire et de littérature. Aigri par toutes sortes de mécomptes, il vécut en dernier lieu dans une complète retraite. G. était un homme d'une culture et d'une science universelles ; il était lié avec Erasme de Rotterdam, Juste Lipse et d'autres savants, et se fit surtout un grand renom dans le domaine de la théorie musicale. Son premier ouvrage : Isagoge in musicen

(1516), n'est qu'un petit abrégé, tandis que son ouvrage principal est d'une réelle importance : Dodekachordon (1547), dissertation sur les huit anciens modes ecclésiastiques; preuve que leur nombre doit être porté à douze ; développement du système de la musique proportionnelle, suivi de nombreux documents des plus intéressants sur les développements compliqués de l'art contrapontique du xve s. au xvie s , d'après les œuvres des grands maîtres). Un extrait fut publié par Joh.-Ludwig Wonegger, sous le titre : Musicae epitome ex Glareani Dodekachordo (1557, 2me éd. 1559; en allemand : Uss Glareani Musik ein Usszug, etc., 1557). Une édition des œuvres complètes de Boèce, que G. avait préparée, fut publiée, après sa mort, par Martianus Rota, avec des commentaires de Marmelius et R. Agricola (1570). H. Schreiber (Fribourg en Br., 1837) et 0. Fr. Fritzsche (Frauenfeld, 1890) ont fourni des biographies de G.

Glasenapp, Karl-Friedrich, né à Riga le 3 oct. 1847, étudia la philologie à Dorpat et vit depuis 1875 à Riga, où il est professeur dans l'enseignement secondaire. Il a écrit : Richard Wagners Leben und Wirhen (2 vol.; 2me éd. en 1882; 3m,e éd., entièrement refondue, en cours de publication, vol. I 1895, vol. II [lre partie] 1896). G. est un wagnérien dont l'enthousiasme dégénère le plus souvent en zélotisme, mais sa biographie du maître renferme une quantité considérable de matériaux du plus grand intérêt. G. collabore, entre autres, aux Bayreuther Blœtter.

Gleason, Frederic-Grant, né à Middletown (Connecticut) le 17 déc. 1848; fit ses études à Leipzig et à Berlin. G. s'est fait avantageusement connaître en Amérique par des opéras romantiques, des œuvres sym phoniques et dé la musique de chambre. Il vit à Chicago.

Glee, genre de composition essentiellement anglais, pour trois voix (soli) au moins (ordinairement des voix d'hommes) a cappella. Le nom de G. ne vient pas du mot anglais glee "=■ joyeux, mais de l'anglo-saxon gligg = musique. Le style du G. n'est pas fugué, mais nettement cadencé, et l'écriture en est le plus souvent simple, note contre note ; les premiers glees nous viennent d'Arne et de Boyce, mais le plus grand maître en cet art fut sans contredit S. Webbe (m. en 1816). Attwood, Battishill, Callcott, Cooke, Horsley, Mornington ont cultivé ce genre. De 1787 à 1857, il a existé à Londres un « Gleeclub » d'une organisation analogue à celle du « Catchclub » (v. catch). Cf. Barret, English Glees and Parts ongs (1886).

Gleich, Ferdinand, né à Erfurt le 17 déc. 1816, étudia la philologie à Leipzig et, sous la direction de Fink, la musique ; il fut quelque temps précepteur en Courlande, vécut, après de longs voyages, à Leipzig, puis se rendit à Prague en 1864, comme secrétaire de théâtre. Il fonda enfin à Dresde, en 1866, un bureau théâtral. G. a fourni, soit comme compositeur, soit comme écrivain, des œuvres qui ne s'élèvent guère au-dessus d'une honnête moyenne: Weg-

GLEIGHE STIMMEN — GLINKA

weiser fur Opernfreunde (1857); Handbuch der modem en Instrumentierung fur Qrchester und Milttârmusikkorps (1860, réédité plusieurs fois) ; Die Hauptformen der Musik, populàr dargestellt {18G&): Characterbilder aus der neuem Geschichte der Tonkunst (1863) ; Aus der Bi'Jinenicelt (1866).

Gleiche Stimmen (ail.), voix égales (voces œ (pi aies).

Gleichmann. Johann- Georg, né à Steitzen, près Eisfeld, le 22 déc. 1685; devint en 1706 organiste à Schalkau près Cobourg, en 1717 régent et organiste à Ilmenau où il mourut, en 1770, après avoir rempli les fonctions de bourgmestre; il s'est occupé de facture instrumentale, perfectionna le « Bogenklavier » (instr. à clavier dont les cordes sont mises en vibration par frottement), et construisit des luths-clavecins.

Gleissner, Franz, né à Neustadt sur la Waldnab, en 1760; a composé de nombreuses œuvres instrumentales, ainsi que quelques opéras. Cependant, il est plus connu par l'introduction de l'impression lithographique des notes de musique; car Breitkopf, à Leipzig, qui s'était mis en relations avec Senefelder. l'inventeur de la lithographie, n'imprimait en lithographie que les titres de la musique, tandis que G., associé avec Falter, à Munich, lithographiait la musique elle-même. La première œuvre de musique qui parut en lithographie fut un recueil de lieder de G. (1798). En 1799, il monta pour le compte de J.-Ant. André, à Offenbach, un grand atelier de lithographie, et se rendit ensuite à Vienne, pour y faire connaître son invention. 11 vécut en dernier lieu à Munich, où il était encore en 1815.

Glinka, Michail-Iwanovitgh, né à Novospaskoje, près Selna (Smolensk), le 1er juin 1803, m. à Berlin le 15 févr. 1857 ; entra en 1817 à l'Institut pour la noblesse, à St-Pétersbourg, où il se voua spécialement à l'étude des langues, et obtint à plusieurs reprises des distinctions. En outre, il commença de sérieuses études musicales, sous la direction de Bôhm (violon) et de Charles Mayer (piano et théorie). Sa première oeuvre gravée consiste en une série de « Variations sur un thème Italien » (1825). Dans le but de fortifier sa santé, il entreprit, en 1829, un voyage au Caucase, mais le résultat en fut si pitoyable que G. dut, en 1830, aller se réconforter sous le ciel plus clémenl de l'Italie. Il vécut quatre ans à Milan. Rome et Naples, toujours sous la surveillance des médecins, mais compow activement el travailla à acquérir des connaissances théoriques de plus en plus profondes, en profitant de l'enseignement de divers maîtres italiens. Les résultats de son séjour ne lui paraissaient toutefois guère satisfaisants au poinl de vue musical, et ce n'est ([n'en 1834, lorsque, saisi du mal du pays, il se dirigeait de aouvean vers la Russie, qu'il trouva un maître M1" le comprit el que lui-même parvint à comprendre, c'était S. Dehn, le théoricien renommé de Berlin. Dehn avait reconnu dès l'abord l'originalité national.- de G., el l'avail fortifié dans

l'idée de composer de la musique « russe». Le premier essai fut un triomphe : l'opéra La vie pour le tzar (Zarshaja skisu, aussi connu sous le titre : lvoan Sussanina), représenté pour la première fois, à St-Pétersbourg, le 9 déc. 1836, remporta un succès sans précédent. Le sujet est si essentiellement national, les contrastes entre les éléments polonais et russes si excellemment rendus dans la musique, les mélodies populaires russes originales ou leurs réminiscences colorées d'une façon si particulière, que cet opéra est, aujourd'hui encore, un morceau apprécié du répertoire de toutes les scènes russes. Encouragé par ce succès, G. se mit tout de suite à la composition d'une autre œuvre. Pouschkine lui avait offert de transformer son poème fantastique : Ruslan und Ludmilla, en livret d'opéra, mais il mourut malheureusement en 1837, et G. se vit réduit à avoir recours à des gens incapables. Après beaucoup de tâtonnements, il se décida enfin à se mettre à l'œuvre, et tira du texte ce qu'il était humainement possible d'en tirer. Le 27 nov. 1842 eut lieu la première représentation, suivie de plus de trente autres dans la même saison. Liszt, qui se trouvait justement à St-Pétersbourg, était un admirateur enthousiaste de cette œuvre qui s'est du reste également maintenue au répertoire des scènes russes. En 1844, les inquiétudes que lui occasionnait sa santé délicate, obligèrent de nouveau G. à fuir les rudes climats du Nord; cette fois, il alla d'abord à Paris, où Berlioz s'enflamma d'un très grand zèle pour lui et, soit par l'exécution de ses œuvres au « Cirque d'été », soit par un article enthousiaste dans le Journal des Débats (16 avr. 1845), fit de la propagande pour le musicien russe. De 1845 à 1847, G. vécut à Madrid et à Séville où il écrivit ses ouvertures espagnoles : Jota Aragonese et Souvenirs d'une nuit d'été à Madrid, dont la première surtout est bien connue du public des concerts. Il séjourna ensuite quelque temps à Varsovie, puis de nouveau à St-Pétersbourg, entreprit en 1851 un deuxième voyage en Espagne, mais dut, à peine arrivé aux Pyrénées, rebrousser chemin dans la direction de Paris; de 1854 à 1855, il vécut à la campagne dans les environs de St-Pétersbourg, où il écrivit ses Mémoires (publiés après sa mort, par sa sœur, dans une revue de St-Pétersbourg, puis séparément), et traça quelques nouveaux plans d'opéras, qu'il ne parvint malheureusement pas à mettre à exécution. Il chercha en vain, pendant longtemps, la clef pour l'harmonisation naturelle des mélodies nationales russes, harmonisation qu'il avait trouvée par simple intuition, et se rendit encore en 1856, à Berlin, auprès de son ancien maître Dehn, qui chercha à résoudre avec lui ce difficile problème. C'est là qu'il mourut, l'année suivante déjà. Son corps fut ramené à St-Pétersbourg. Plusieurs écrivains ont consacré des études à la vie et aux œuvres de Glinka : Serow dans le « Courrier de théâtre et de musique » (1857) et dans son journal « Musique et Théâtre » (1868), Stassow dans le « Courrier russe » (1858), Laroche

GLTSSANDO

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