SOI
orgue et violon, pour harmonium, des lieder, etc. Ses travaux historiques et bibliographiques sont (outre beaucoup d'articles dans des journaux parisiens et belges) : Etudes sur la nécessité d'introduire le chant dans les écoles primaires de la Belgique; Essai historique sur la musique et les musiciens dans les Pays- Bas (1861) ; Histoire de l'orgue (1865, avec des notices biographiques sur des organistes et des facteurs d'orgues belges et néerlandais); Galerie biographique des artistes-musiciens belges du XVI II* et du XIXe siècles (1862; nouvelle éd. 1885); Notice sur l'origine du célèbre compositeur Louis van Beethoven (1863) ; Les artistes musiciens néerlandais (1864) ; Du chant choral et des festivals en Belgique (1865) : Schetsen van neederlandsche tonkunstenaars meest allen wenig oftot hiertoe niet geekend; Notice historique sur les sociétés et écoles de musique d'Anvers (1869) ; Recherches historiques concernant les journaux de musique depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (1872); Notice biographique d'Adrian Willaert; Réflexions sur la régénération de l'ancienne école de musique flamande et sur le théâtre flamand ; Les artistes musiciens belges au XIXe siècle; Réponse à un critique de Paris (1874) ; Documents historiques relatifs à l'art musical et aux artistes musiciens (1872 à 1876, 4 vol.) ; Panthéon musical populaire (1876-1877, 6 vol.) ; Bibliothèque musicale populaire (1877-1879, 3 vol.); Notice biographique sur F.-J. Gossé, dit Gossec (1878) ; 1830-1880, l'art musical en Belgique sous les règnes de Léopold IeT et Lêopold II (1879); Des gloires de l'Opéra et la Musique à Paris (3 vol.; le 1er, 1880, embrasse la période de 1392 à 1750). Tous ces ouvrages contiennent une masse de renseignements nouveaux, spécialement sur les musiciens et les questions musicales belges et néerlandais, en sorte que les travaux de G. sur l'histoire de la musique peuvent être considérés comme fort précieux, sans toutefois que l'on puisse s'en remettre absolument à ses assertions. G. a légué sa bibliothèque à l'Ecole de musique d'Anvers.
Grégoire Ier, le Grand, pape de 290 à 304, auquel la tradition attribue une place importante dans l'histoire de la musique, car le chant rituel de l'église catholique, employé encore aujourd'hui, porte son nom (v. grégorien). Mais ce n'est pas G. qui a composé ces nombreux morceaux liturgiques : antiennes, répons, offertoires, communions, alléluias, tractus, etc., pas plus du reste qu'il ne les a le premier introduits dans l'église romaine. Son mérite, ou celui d'un des premiers papes porteurs du nom de Grégoire (selon Gevaert, qui dément, avec de bonnes raisons, le rôle donné par la tradition à Grégoire Ier, — cf. son ouvrage : Les origines du chant liturgique, 1890 — , probablement Grégoire II [715 à 731], ou bien son successeur Grégoire III [m. en 741]), est plutôt d'avoir rassemblé les chants qui, dans le courant des siècles précédents étaient entrés en usage dans divers pays, de les avoir répartis
sur les diverses époques de l'année ecclésiastique, et de les avoir ainsi sanctifiés pour toute la chrétienté catholique-romaine. Par ce fait, aucun autre changement n'y a été fait depuis lors, que ceux que le temps y a apportés peu à peu et contre la volonté de l'Eglise (la vie rythmique primitive, par ex., s'est pour ainsi dire figée, et a fait place petit à petit au chant choral en notes d'égale durée). Le système des quatre modes ecclésiastiques et de leurs plagaux peut bien être attribué à ce même Grégoire, ou en tous cas à son époque, car, si Gassiodore(vie s.) n'en sait encore rien, Flaccus Alcuin (vme s.) en a connaissance. Par contre, la suppposition que Grégoire (I, II ou III) aurait introduit la notation en lettres latines (A:G) est erronée ; bien plus, l'antiphonaire grégorien était noté en neumes (v. ce mot).
Grégorien, chant g, le chant rituel de l'Eglise chrétienne, dont la tradition (fortement ébranlée récemment par Gevaert) attribue la réorganisation au pape Grégoire Ier le Grand (peutêtre doit-elle plutôt l'être à Grégoire II [715- 731] ou à Grégoire III [731-741]), et qui forme aujourd'hui encore la base du chant ecclésiastique catholique. On distingue historiquement le chant ambrosien du chant g., sans cependant savoir au juste qu'elle était la différence entre les deux; la fable d'après laquelle le chant ambrosien aurait eu un rythme animé et accentué que le chant g. aurait figé, en faisant toutes les notes d'égale durée et en leur imposant un mouvement solennel, repose sur une grave erreur chronologique. Le chant d'église n'est en effet devenu cantus planus (plain-chant, en notes d'égale durée), qu'après l'apparition de la musique proportionnelle, ainsi que nous le prouvent différents passages des écrivains du début du moyen âge. Le chant des antiennes qui forme la partie essentielle de l'antiphonaire grégorien est certainement d'origine ambrosienne ; d'ailleurs, ce que les écrivains rapportent sur l'exécution du chant grégorien, et surtout du chant des alléluias, s'accorde si bien avec ce que disent les pères de l'Eglise antérieurs à Grégoire (Augustin) sur le chant sacré de leur temps, qu'on est en droit d'admettre la similitude presque complète du chant ambrosien et du chant g. Celui-ci ne serait par conséquent que le résultat d'une révision générale du chant rituel, ordonnée par un des premiers papes du nom de Grégoire. Le chant des hymnes, appelé plus particulièrement ambrosien, n'était pas plus animé, mais au contraire plus posé, plus tranquille que celui des antiennes et des alléluias, avec ses vocalises jubilatoires. La notation musicale de l'antiphonaire dit grégorien n'était point, comme on le prétendait autrefois à tort, la notation alphabétique latine, mais la notation en neumes (v. ce mot); il faut donc rejeter, comme basée sur une erreur historique, la dénomination de « lettres grégoriennes » adaptée aux lettres ABGDEFGH employées comme notes. L'antiphonaire de la bibliothèque de St-Gall (cod. 390) passe pour une copie de l'original, lequel n'a pu être re-
GRELL — GRETRY
trouvé. Une édition fac-similé, avec des notes historiques el critiques,en aété publiée en 1851, pur le Père Lambillote. Depuis l'invention de la portée el des clefs (xie s.), on note généralement Le chant g. en notation dite chorale (v. notations). Cf. les traités de chant g. d'Antony, Maslon, Haberl, Kienle, Dom Pothier, etc.
Grell. Kdlard-August, né à Berlin le 6 nov. 1800, m. à Steglitz, près Berlin, le 18 août 1886; fils d'un organiste, il suivit le gymnase du i Grauea Kloster», et reçut son instruction musicale de son père, de l'organiste J.-G. Kaufniann, du « collaborator» (plus tard évêque) Ritschl, puis finalement de Zelter. Déjà en 1817, il fut nommé organiste de l'église St- Nicolas et entra la même année à la « Singakademie » dont il devint, en 183'2, second directeur (avec Rungenhagen). Puis il fut nommé successivement : en 1839, organiste du Dôme de la cour; en 1841, membre de l'Académie des Beaux-Arts; en 1843, maître de chant du choeur «lu Dôme (jusqu'en 1845), et succéda eufln à Rungenhagen (à la mort de celui-ci, 1851), connue maître à l'école de composition de l'Académie, membre du sénat de l'Académie des Beaux-Arts, et premier directeur de la « Singakademie ». G. reçut, en 1858, le titre de professeur (déjà vingt ans auparavant, il avait été nommé «directeur royal de musique ») et, en 1864, la plus haute distinction, C-à-d. l'ordre e pour le mérite». Il abandonna, en 1876, la direction de la « Singakademie », mais remplit ses fonctions à l'Académie jusqu'à sa mort. L'Université de Berlin lui délivra, en 1883, le diplôme de docteur en théologie hon. c. G. était un habile contrapontiste et un savant connnaisseur de la musique ancienne ; ses mérites sont grands, comme pédagogue aussi bien que comme directeur, et il s'est fait, en tant que compositeur, un nom estimé. Outre une ouverture et des morceaux pour orgue, il n'a écrit que de la musique vocale; avant tout une grande Messe à seize voix, puis des psaumes à huit et à onze voix, un Te Dcum, un grand nombre de motets, des cantates, des hymnes, des chants de Noël, un oratorio : Die Israëliten in der WHste, des lieil- r, des duos et un arrangement à quatre voix 'l.s C/ioralmelodien sàmtlicher Lieder des Gesangbuchi zum gotlesdienstlichen Gebrauch fur evangelische Gemeinden (1833, pour voix d'hommes). <;. était un défenseur des plus ardents de celte opinion que la musique vocale est la vraie musique, et que l'avènement de la musique instrumentrale a marqué le début de la décadence de l'art pur; cf. Aufsàtze und Gutachten (1887) de <;.. publiés par Belleruianii.
Grenié. < Jauni kl- Joseph, né à Bordeaux en 1756, ni. à Paris Le 3 sept. 1837: employé administratif, qui, sYlant occupé à ses heures de loisir d'expériences sur l'acoutisque, est l'inventeur (1810) de L'orgue expressif, c.-à-d. d'un instrument à anches libres et dont on peut varier l'intensité du son, par la simple pression des pieds sur des pédales qui actionnent
les soufflets. L'orgue expressif de Grenié n'est rien autre que l'harmonium employé maintenant partout et qui ne se distingue du premier que par l'adjonction de plusieurs registres. Un progrès essentiel dans la facture de cet instrument a été obtenu par Erard (v. ce nom), qui construisit un orgue expressif dans lequel, l'intensité du son étant réglée par le toucher (enfoncement des touches), chaque son pouvait différer à ce point de vue du son immédiatement voisin (v. harmonium).
Gresnick, Antoine-Frédéric, né à Liège le 2 mars 1752, m. à Paris le 16 oct. 1799: fit son éducation au Collège liégeois de Rome, termina ses études musicales à Naples, sous la direction de Sala, et se faisait connaître déjà en 1780, comme compositeur scénique. En 1784, un opéra de sa composition: 11 Francese bizarro, fut représenté à Sarzano ; mais de 1785 à 1791, G. vécut à Londres où il avait déjà débuté avant 1784, comme compositeur scénique, et écrivit dans cette ville: Demetrio, Alessandro neWlndie, La donna di cattivo umore (qui lui procura le poste de directeur de musique du prince de Galles) et Alceste (pour la Mara). Il eût, en 1793, un grand succès au Grand Théâtre de Lyon, avec L'amour exilé de Cythère, puis les théâtres de Paris lui ouvrirent leur scène; il écrivit d'abord quelques opéras pour le théâtre de la rue Louvois, puis d'autres pour le théâtre Favart et le théâtre Montansier. En 1799, l'Opéra donna Leonidas ou les Spartiates (de G. et Persuis) qui ne réussit guère, tandis que La forêt de Brahma fut retournée à son auteur, en vue de remaniements. La douleur que lui causa cet insuccès le tua. En plus de ses opéras, G. a fait graver quelques morceaux de chant et un morceau concertant pour clarinette et basson.
Grétry, André-Ernest-Modeste, né à Liège le 8 (el non le 11) févr. 1741, m. à Montmorency, près Paris, le 24 sept. 1813 ; fils d'un pauvre musicien, il reçut sa première éducation musicale comme enfant de chœur, puis auprès de divers maîtres de sa ville natale. Mais lorsqu'arriva pour lui le moment de l'étude sévère de la théorie, G. perdit toute patience et, comme il avait déjà fait depuis longtemps des essais de composition, il sentit le besoin de se mesurer à de plus grandes formes. Une Messe, qui fut exécutée à Liège, lui procura une bourse de la part du chapitre du dôme, laquelle lui permit d'aller en 1759 continuer son éducation à Rome où il fut cinq ans élève de Gasalis, sans pouvoir pour cela se décider à se mettre à de sérieuses études de contrepoint. Il comprit bientôt que le champ où il devait cueillir des lauriers était non point l'église, mais le théâtre. Après un heureux essai (1765), un intermède La vendemmiatrice pour une petite scène romaine, il se rendit a Genève, auprès de Voltaire (1767), dans l'espoir d'obtenir de lui un libretto d'opéra-comique; il n'y réussit pas, il est vrai, mais il arrangea pour Genève un ancien libretto: Isabelle et Gertrude, qui eut quelque succès. Il se rendit alors, sur le conseil de
GREULIGH
GRll£G
Voltaire, à Paris où il se heurta d'abord à de grosses difficultés et où son premier ouvrage. Les mariages samnites, ne dépassa pas la première répétition d'orchestre (Opéra, 1768). Mais le second opéra déjà, Le Huron, remporta un joli succès (Opéra, 1768), en sorte que d'autres suivirent rapidement : Lucile (1769) et l'un de ses meilleurs opéras-comiques: Le tableau parlant (1769) qui le rendit vraiment populaire. Il déploya à partir de ce moment une activité étonnante, et l'on vit se succéder, en 1770 : Sylvain, Les deux avares et L'amitié à l'épreuve; en 1771: Zêmire et Azor et L'ami de la maison ; en 1773 : Le magnifique ; en 1774 : La rosière de Salency; en 1775 : Céphale et Procris (Opéra) et La fausse magie; en 1776 : Les mariages samnites (remaniement) ; en 1777: Matroco et Les événements imprévus; en 1778: Le jugement de Midas et L'amant jaloux; en 1779: Aucassin et Nicolette; en 1780: Andromaque (Opéra) ; en 1781 : Emilie (La belle esclave, à l'Opéra, comme cinquième acte d'un ballet : La fête de Mirza) ; en 1782 : La double épreuve (Colinette à la cour) et L'embarras des richesses (tous deux à l'Opéra); en 1784: Théodore et Pauline (L'épreuve villageoise), Richard Cœur-de-Lion et La caravane du Caire (Opéra, texte du comte de Provence, plus tard, Louis xvm, représenté 506 fois) ; en 1785: Panurge dans Vile des lanternes ; en 1786: Les méprises par ressemblance, Le comte d'Albert, La suite du comte d'Albert; en 1787: Le prisonnier anglais (Clarice et Belton) ; en 1788: Amphitryon (Opéra), Le rival confident ; en 1789 : Raoul Barbe-bleue et Aspasie (Opéra) ; en 1790 : Pierre le Grand ; en 1791 : Guillaume- Tell ; en 1792 : Basile (A trompeur, trompeur et demi) et Les deux couvents (Cécile et Dermancé) ; en 1793: La rosière républicaine ; en 1794: Joseph Barra, Callias, Benys le tyran (Opéra), La fête de la raison, toutes des pièces révolutionnaires ; en 1797 : Lisbeth, Le barbier de village et Anacrèon chez Polycrate ; en 1799: Elisca;en 1801: Le casque et les colombes et, enfin en 1803 : Delphis et Mopsa et Le ménage. G. occupe dans les annales de l'opéracomique un rang important et sa personnalité a fait époque. Dans ses Mémoires ou essais sur la musique (1789. 3 vol. ; traduit aussi en allemand, avec annotations, par Spazier), G. s'est expliqué avec beaucoup de vigueur et de clarté sur les principes de la composition dramatique ; ceux-ci sont fort rapprochés de ceux de Gluck, mais Grétry va bien plus loin, il ne veut presque pas entendre parler du chant proprement dit et réclame la déclamation pure. Son influence sur le développement de l'opéracomique a été très durable; Isouard, Boïeldieu, Auber, Adam sont des héritiers de Grétry. « Barbe Bleue » et « Richard Cœur-de-Lion » se sont longtemps maintenus sur les scènes de la France et de l'Etranger ; le dernier est môme encore au répertoire à Paris. G. n'a plus quitté Paris. Il n'a jamais rempli de fonctions officielles, si ce n'est pendant quelques mois, en 1795, celles d'inspecteur du Conservatoire qui venait
d'être fondé. Il voulait être libre, pour pouvoir se vouer uniquement à ses travaux scéniques. Par contre des honneurs de toutes sortes lui furent prodigués. Déjà en 1785, une des rues voisines du Théâtre italien fut baptisée de son nom et son buste érigé dans le foyer de l'Opéra. Le comte Livry lui fit ériger en 1809 une statue de marbre dans le vestibule de l'Opéra-Comique, le prince-évêque de Liège le nomma en 1783 conseiller intime ; en 1796, lors de la fondation, de l'Institut de France, il fut nommé membre de la section de musique, et Napoléon le promut parmi les premiers chevaliers de la Légion d'honneur (1808). La révolution amoindrit momentanément sa fortune et ses pensions, et Cherubini, ainsi que Méhul, firent oublier quelque temps ses opéras. Mais le célèbre chanteur Elleviou releva sa gloire (1801) et Napoléon accorda à G. une pension considérable. Il passa les dix dernières années de sa vie dans 1' « Ermitage » de Rousseau, à Montmorency, qu'il avait acheté ; en 1811, un assassinat commis dans le voisinage le fit rentrer à Paris, mais losqu'il sentit la fin approcher, il se fit de nouveau transporter dans sa propriété, pour y rendre le dernier soupir. Outre ses opéras, G. a écrit un Requiem, un Deprofundis, un Confiteor, quelques motets, six symphonies (1758), deux quatuors pour piano, flûte, violon et basse, six quatuors à cordes et sonates de violon, quelques prologues ou épilogues (à l'occasion de l'ouverture ou de la fermeture de scènes parisiennes) et quelques divertissements pour la cour. Il a laissé enfin les opéras suivants, non représentés : Alcindor et Zaïde, Zimèo, Zelmar, Electre, Biogène et Alexandre et Les Maures en Espagne. En 1842, une statue lui fut érigée à Liège, sa ville natale. On n'a pas encore écrit de biographie complète de Grétry, mais par contre une quantité de courtes notices : A.-J. Grétry (neveu du compositeur): G. en famille (1815); Livry : Recueil de lettres écrites à G. (1809) ; F. van Hulst : Grétry (1842) ; L.-D.-S. (de Saegher) : Notice biographique sur A. G. (1869); Ed. Grégoir: Grétry (1883); M. Brenet: Grétry (1884). Une édition complète de ses œuvres a été récemment commencée (1883) par la Commission pour la publication des œuvres d'anciens musiciens belges (Breitkopf et Haertel).
Greulich, 1. Karl-Wilhelm, né à Kunzendorf, près Lôwenberg (Silésie), le 13 févr. 1796, m. comme maître de musique à Berlin en 1837; a composé et publié des œuvres de piano et des lieder. — 2. Adolf, né à Posen en 1819, m. comme maitre de musique à l'institut Ste-Catherine, à Moscou,- a de même publié des morceaux de piano.— 3. Adolf, successeur de Brosig comme maître de chapelle du Dôme de Breslau (1884), est né à Schmiedeberg en Silésie (où son père était Cantor) en 1836, et m. à Breslau le 2J juil. 1890. Il fut élève de Brosig, Mosewius, Baumgart et Pierre Lùstner; en 1857, il devint chanteur du chœur et basse solo du Dôme, et en 1870, organiste du Dôme ; il a composé beaucoup de musique d'église.
Grieg, Edvard-Hagerup , né à Bergen, en
(iRIEPENKERL — GRIMM
Norvège, le 15 juin 1843, reçut de bonne heure les premières notions de musique de sa mère, une femme fort douée pour la musique et excellente pianiste ; en 1858, sur les instances de Ole Bull, on l'envoyait continuer son éducation au Conservatoire de Leipzig, où il fut élève de Moscheles, Hauptmann, Richter, Reinecke et Wenzel. En 1863, il alla à Copenhague poursuivre ses études auprès de Gade. Celui-ci, ainsi qu'E. Hartmann, ne sont pas restés sans influence sur Le développement de son talent de compositeur. Sa rencontre avec Richard Nordraak, un jeune et génial compositeur norvégien, mort peu de temps après, fut de courte durée, mais d'autant plus lourde de conséquences: elle exerça un ascendant considérable sur le développement de G. Lui-même en fait le récit suivant : « 11 me tomba des écailles des yeux; c'est par lui que j'appris à connaître les chants populaiivs du Nord et même ma propre nature. Nous nous conjurâmes contre le scandinavisme efféminé de Gade, mâtiné de Mendelssohn, et nous nous engageâmes avec enthousiasme dans la voie nouvelle sur laquelle marche à présent l'école du Nord ». G. fonda en 1867, à Christiania, une Société de musique qu'il dirigea jusqu'en 1880. En 1865 et en 1870 il visita l'Italie et eut des relations avec Liszt à Rome ; il fit aussi de fréquentes visites en Allemagne, surtout à Leipzig où il fit de longs séjours et fit entendre ses compositions, entr'autres, en 1879, son concerto de piano (op. 16), qu'il joua luimême au «(icwandhaus ». Depuis 1880, il vit de nouveau â Bergen. G. est sans contredit un compositeur d'un talent original et sain, il a écrit des œuvres pleines de poésie (surtout ses trois sonates de violon en fa maj. op. 8, en sol min. op. 13 et en ut min. op. 45); il est donc regrettable qu'il s'impose les limites de la caractéristique nationale et que, au lieu de la langue musicale universelle, il parle plus ou moins un dialecte local I Notons surtout parmi ses œuvres : Yor der Klosterpforle, pour soprano solo, chœur de femmes et orchestre (op. 20) : Lancier kennung , pour baryton , chœur d'hoiniut's et orchestre (op. 31) ; Der Bergentrùckte pour baryton, orchestre d'archets et deux cors (op. 46) ; des scènes d'Olaf Trygvason; la musique de Peer Gynt d'Ibsen (op. 23) ; Aus Holbergs Zeit (op. 40), suite d'orchestre à conlts: Klegische Melodien (orchestre à cordes); une ouverture de concert lm Herbst; un concerto pour piano en la min.: le quatuor pour instr. à archel en sol min. (op. 21) : la sonate pour violoncelle (op. 36) et avant tout ses compositions pour piano (op. 1, 3, 6 [Humoresques . -, Bonate], '•'. n. 12, \\. i;,. 17, 19 [Bilder aus dem Volksleben], 22 '1 m s, Sigurd Jorsalfar], 24 [Ballade], 28, 29, 35 [Danses norvégiennes], 37, 38). trois romances avec variations pour deux pianos et des Lieder (op. 2,4,5,10,18, 14, 18, 19, la plupart réunis dans le Grieg-album [éd. Peters]). < !f. K. < Slosson, E. Grieg et la musi>t>f tcandinave I 1892, tirage âpart du «Guide musical *).
Griepenkerl, 1. Friedrich - Konrad, né à
Peine (Brunswick) en 1782, enseigna longtemps (jusqu'en 1816) à l'Institut Fellenberg à Hofwyl (Suisse), m. comme professeur au « Garolinum » de Brunswick le 6 avr. 1849 ; il a fait paraître un Lehrbuch fur Aesthetih (1827, s'appuyant sur les thèses de Herbart) et édité, en collaboration avec Roitzsch, les œuvres instrumentales de J.-S. Bach. — 2. Wolfgang-Robert, fils du précédent, né à Hofwyl le 4 mai 1810, devint privât -docent d'histoire de l'art en 1839, au « Garolinum » et, en 1840, maître de littérature à l'Ecole des cadets de Brunswick (jusqu'en 1847), m. en cette ville, dans une situation précaire, en 1868. G. s'est acquis dans le domaine musical la réputation d'un véritable progressiste, par quelques articles dans la « Neue Zeitschrift fur Musik » et par les ouvrages suivants : Das Musikfest oder die Beethovener (nouvelle), Ritter Berlioz in Braunschweig (1843) et Die Oper der Gegenwart.
Griesinger, Georg-August, secrétaire de légation de l'ambassade de Saxe, à Vienne, lié d'amitié avec Haydn, m. à Leipzig le 27 avr. 1828 ; est l'auteur de la plus ancienne biographie de Haydn (1810), celle qui servit de base à la biographie écrite par Framery (1810)
Griffbrett (ail.), touche (v. ce mot).
Grill, 1. Franz, m. à Oldenbourg vers 1795, a publié, de 1790 à 1795, douze sonates pour piano et violon, 'douze quatuors pour instr. à archet et un caprice pour piano, le tout conçu dans le style de Haydn. — 2. Léo, né à Budapesth le 24 févr. 1846, élève de Franz Lachner, à Munich, et, depuis 1872, maître de théorie et de chant choral au Conservatoire de Leipzig ; il est aussi connu comme compositeur.
Grimm, 1. Friedrigh-Melchior, baron de, né à Ratisbonne le 24 déc. 1723, m. à Gotha le 18 déc. 1807 ; arriva en 1747 à Paris où il entra en relations avec Rousseau, d'Alembert, Diderot, etc., et prit aussi part plus tard à la publication de la Grande Encyclopédie. G. possédait un certain jugement musical, et dans la vive querelle qui s'éleva à Paris, en 1752, entre les partisans de l'ancien opéra français sérieux et ceux de l'opéra (buffa) italien qu'on venait d'inaugurer, prit fait et cause pour ce dernier et écrivit quelques brochures en sa faveur (il a même ouvert la lutte avec sa Lettre sur Omphale, 1752). Nommé en 1753 correspondant de la duchesse de Gotha, il lui écrivit, sur l'état de la musique et de la littérature à Paris, un grand nombre de lettres détaillées, qui ont été publiées de 1812 à 1814 (Correspondance littéraire, philosophique et critique, 17 vol.) et contiennent beaucoup de renseignements intéressants sur les opéras de Monsigny , Philidor, Grétry, Gluck, etc. La révolution le chassa de Paris. — 2. Karl, né à Hildburghausen le 28 avr. 1819, m. à Fribourg en Silésie le 9 janv. 1888, connu par un grand nombre de compositions intéressantes pour violoncelle ; il a été environ pendant cinquante ans premier violoncelliste de l'orchestre du Théâtre de la cour, à Wiesbaden. — 3. Karl-Konstantin-Ludwig, excellent harpiste, né à Berlin le 17 févr. 1820, m.