‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 186 sur 542 · HAENDEL · texte numérisé non relu

HAENDEL

fido, n'eut qu'un médiocre succès, Teseo n'en eui guère davantage; par contre, le Te Deum qu'il composa pour la célébration de la paix d'Utrechl (1713) lui gagna le cœur de tous les Anglais, qui voyaient en quelque manière revivre en sa personne leur grand Purcell. La reine Anne lui accorda une rente annuelle de deux cents Livres sterL,mais c'en était fini pourH.de la protection dn prince-électeur, car ce dernier, quoique héritier présomptif du trône d'Angleterre n'a va il que des rapports assez tendus avec la reine. Lorsqu'on 171 4. après la mort de • la reine, Le prince-électeur arriva à Londres, il commença par ignorer complètement l'existence de II. et ne se réconcilia aveclui qu'après l'audition (l'une sérénade (dite Wassermusik) que le musicien avait composée et fait exécuter en son honneur. En 171ti. H. accompagna le roi Georges Ipr (ci-devant prince-électeur) à Hanoviv et se rendit de là dans sa ville natale, pour y voir sa mère. C'est à Hanovre que H. composa sa dernière œuvre allemande, la Passion deBrokes, queKeiseretTelemann avaient déjà mise en musique avant lui; un autre oratorio allemand de sa composition, Passion, d'après Poste], date de 1704 déjà, à Hambourg. A peine rentré à Londres, il accepta l'invitation du duc deChandos en son château de Cannons, non Loin delà capitale; il écrivit dans cette retraite, pendant les trois années qui suivirent, toute une série d'œuvres nouvelles : les deux Chandos-Te Deum, douze, Chandos-Anthems, un oratorio profane : Acis et Galathée (qu'il avait déjà mis en musique une fois, à Naples) et son premier grand oratorio : Esther (en anglais). Une nouvelle phase de la vie du maître date de 171'.). année de la fondation de la «Royal academy of music », grandiose entreprise issue de la spéculation privée dans le monde de la cour et honorée par le roi d'une subvention de mille livres sterl. H. fut chargé du recrutement du personnel et partit sur le champ pour Dresde où il était certain de trouver réunies, grâce aux Importantes cérémonies de mariage du princeèlecteur, toutes les célébrités vocales de l'époque. Le choix ne fut pas difficile à faire et les représentations «le L'Académie purent commencer en L730 par Numitore, de Porta; le second opéra l'ut lôn/amisto, de H. Celui-ci écrivit alors successivement, en 1731 : Muzio Scevola, Floridante ; en 1723 : Ottone, Flavio ; en 1724 : Qiulio Cesare, Tamerlano, Rodelinda; en 1726 : Scipione, Alessandro ; en 1727: Admetto,Riccardo I; en 1728 : Siroe, Tolemeo. Tous ces opéras se répandirenl dans l'Europe entière, et La France elle-même ne leur ferma pas complet,, mp ni s,s portes. Quant au répertoire de [' Académie »,i] se composait à côté des ouvrale II., surtout de ceux de Bononcini qui rivalisaient de succès avec les premiers; on sait qu'en Iris Bononcini (v. ce nom) gâta sa situation i Londres et dul regagner sa patrie. I l'est cette même année L728 que Le maître écrivit {'Anthem du couronnement, pour l'ascension au trône de Georges II. et cette même année encore que 1' (Académie <• dut se dissoudre, à la

suite de revers financiers et peut-être aussi dn ridicule et du discrédit qu'avait jetés sur elle,, auprès du gros public, le « ballad opéra» de Gay. Le directeur technique de l'entreprise r Heidegger, acheta alors l'immeuble et les accessoires, puis il chargea H. de l'engagement d'un nouveau personnel, à la fin de septembre 1729. La seconde Académie donna de lui : Lotario (1729), Partenope (1730), Poro et Ezio (1731), Sosarme et Orlando (1732). La nouvelle entreprise croulait à son tour en 1732 ; H. avait signifié son congé au célèbre sopraniste Senesino, sans songer que celui-ci entraînerait aveclui d'autres membres du personnel et qu'ainsi le champ serait ouvert à la concurrence que les adversaires de H. ne tardèrent du reste pas à exploiter (1733), avec Porpora, puis Hasse comme directeurs et comme compositeurs. Une fois encore H. alla recruter de nouvelles forces en Italie ; la première année fut passable, avec Arianna et une nouvelle version d'il pastor fido (1734). Mais lorsque le clan ennemi entra en rangs avec Senesino et Farinelli à la fois,. Heidegger perdit courage ; H. loua le « Coventgarden » et y continua l'entreprise pour son propre compte , tandis qu'Heidegger cédait « Haymarket » à l'Opéra concurrent. H. fit à ce moment des efforts inouïs pour échapper à un désastre financier. Il donna, pendant les années qui suivirent, plusieurs opéras nouveaux : Terpsichore, Ariodante (1734); Alcina (1735) ; Atalanta, Giuslino, Arminio (1736); Bérénice (1737); puis des oratorios. En 1732 déjà, Acis et Galathée et Esther, qu'il avait retravaillés,, avaient fait sensation ,• l'année suivante, H. fit exécuter, aux fêtes de l'Université d'Oxford, qui devaient marquer une sorte de réconciliation avec la nouvelle famille régnante, toute une série de ses œuvres: Acis et Galathée, Esther, Deborah, le Te Deum d' Utrecht et Athalie, puis, en 1734, aux cérémonies de mariage de la princesse Anne, un Anthem de mariage. Vinrent ensuite,, pendant le carême de 1737, de nouveau Esther, une nouvelle version du Trionfo del tempo e délia verità et la Fête d'Alexandre. Malgré sa nature de fer, H. ne pouvait résister à la longue à cet excès de fatigue ; une attaque lui paralysa le côté droit et troubla pour un temps sa raison. 11 fallut abandonner l'Opéra, congédier les chanteurs avec une demi-paie ; puis H. se soumit à une cure si énergique à Aix-la-Chapelle, qu'il fut rétabli au bout de peu de jours. De retour à Londres, il écrivit, en mémoire de la reine Caroline qui venait de mourir, un Anthem de deuil des plus saisissants. Entre temps l'entreprise scénique de ses concurrents avait aussi sombré; mais l'infatigable Heidegger eut le courage de rassembler les débris des deux entreprises et d'ouvrir, dans le courant de l'automne 1737, un nouvel Opéra, avec Faramondo et Serse de H.; il dut s'en tenir là! H. lui-même organisa plus tard encore, de 1739 à 1740, quelques représentations, mais sans avoir de personnel fixe et avec les seules ressources du moment ; il donna ainsi, de sa composition, quelques opéras nouveaux : Jove in Argo>

H.ENEL DE CHRONENTHAL — HiERTEL

Imeneo et Deidamia, et des oratorios : Saul, Israël et L'allégro, il pensieroso ed il moderato. (Test aussi d'avant 1740 que datent la plupart des œuvres instrumentales du maître, entr'autres : douze sonates pour violon (ou flûte) avec basse chiffrée, treize sonates pour deux violons (hautbois ou flûtes) avec basse, six Concerti grossi (dits concertos de hautbois), cinq autres œuvres orchestrales, vingt concertos d'orgue, douze grands concertos pour instr. à archet et un très grand nombre de suites, de fantaisies et de fugues pour clavecin et pour orgue. Enfin, en 1741, la réputation de H. semble définitivement établie,bien que peu auparavant encore le sort l'ait maltraité ; c'est cette année là, en effet, qu'en vingt-quatre jours il écrivit le Messie, puis qu'il le fit exécuter pour la première fois, à Dublin. Cette œuvre lui valut l'année suivante, à Londres, un succès considérable, et, à partir de 1749, il put la donner chaque année au bénéfice de l'Hospice de l'enfance abandonnée (cette institution encaissa, en vingt-huit auditions, plus de dix mille livres sterl.). A partir de ce moment, le maître s'adonna entièrement à l'oratorio, et l'on vit se succéder rapidement : Samson (1742), Semele (1743). Herakles et Belsazar (1744), l'œuvre dite Occasional oratorio pour fêter la victoire de Gulloden (1745), Judas Macchabée et Joseph (1746), Josué et. Alexandre Balus (1747), Salomon et Suzanne (1748), Thêodora (1749), et enfin Jephta (1751). H. créa donc ses plus grands chefs-d'œuvre de cinquante-six à soixante-six ans. En 1751 déjà, sa vue s'était affaiblie au point de lui rendre tout travail difficile ; il n'en continua pas moins à donner sans cesse des concerts et à jouer lui-même la partie d'orgue, dans ses oratorios. Le dernier concert qu'il dirigea (Messie) eut lieu juste huit jours avant sa mort. C'est avec raison que les Anglais considèrent H. comme « leur » plus grand compositeur. Il va sans dire que nul ne peut songer à nier la nature allemande du maître, et même s'il fût arrivé tout enfant en Angleterre, les côtés plus particulièrement germains de son génie créateur ne se seraient sans doute effacés que difficilement. Mais il ne faut pas oublier non plus que la direction et le développement de son activité créatrice furent déterminés pour une part par les circonstances extérieures de sa vie, par le milieu dans lequel il vécut, par les goûts et les besoins artistiques de son public. Aujourd'hui encore, les œuvres de H. occupent, en Angleterre, le premier rang dans le répertoire des concerts. Et, s'il est vrai que le musicien fit sa véritable éducation, non pas en Angleterre,

j mais à Hambourg et en Italie, on ne saurait nier chez lui, d'autre part, l'influence considérable de Purcell; tout ce que ses œuvres, comparées à celles d'un Bach, ont de plus facile, de plus agréable, de plus aisément compréhensi-

, ble, provient de l'école anglaise. Il est possible, probable même que s'il eût fait la même car-

flrière sévère d'organiste que J.-S. Bach, il serait devenu lui aussi un phénoménal contrapon-

, liste, dont les œuvres n'auraient guère plus

aisément que celles de Bach livré le secret de leur énigme. Ces deux grands maîtres, quoique exactement contemporains, ne se sont jamais rencontrés et n'ont jamais échangé de correspondance (cf. J.-S. Bach). Du vivant du maître déjà, Boubilliac avait sculpté le buste de H., et ce fut lui qui, en 1762, fit la statue qui orne son tombeau à l'abbaye de Westminster. Une autre statue très belle et de très grandes dimensions, par Heidel, lui a été élevée en 1859, dans sa ville natale, Halle s/S. Mais le plus beau monument qui ait été consacré à la mémoire de H. est sans contredit l'édition moumentale de ses œuvres, rédigée par Chrysander et entreprise en 1856 par » l'Association Haendel » allemande (Haendel-Gesellschaft). Le premier volume parut en 1859; l'édition complète en comprendra cent! L'édition que publia S. Arnold, à partir de 1786 déjà (36 vol.), sur l'ordre du roi Georges Ier, est très peu correcte. Une Handel- Society, à Londres, commença en 1843 la publication d'une nouvelle édition complète, mais ne poussa pas son entreprise jusqu'au bout; elle n'est du reste point exempte de fautes non plus, en sorte que les anciennes éditions originales de Walsh, Meare et Cluer sont en tout cas préférables. Plusieurs auteurs ont écrit sur la vie et les œuvres de H., voici les principaux : Mattheson, dans son Ehrenpforte (1740 ï ; Mainwarin g, Memoirs of the life ofthelate G -F. Handel (1760); éd. ail. pourvue de notes, par Mattheson, 1761 ; éd. franc, par Arnault et Suard, 1778); J.-A. Hiller, dans les Wœchentliche Nachrichten (1770), et Lebensbeschreibungen (1784); Hawkins, dans son Histoire de la musique (1788), etc. Parmi les travaux plus récents, notons encore : Foerstemann, G.-F. Haendel's Stammbaum (1844); Schœlcher, The life of H. (1" vol. 1857); Chrysander, G.-F. H., l'œuvre capitale sur le maître, encore inachevée (1858-1867, jusqu'à la première moitié du vol. III, et allant jusqu'en 1740); Gervinus, H. und Shakespeare (1868); enfin, E. David, G.-F. H. sa vie, ses travaux et son temps (1884).

Hsenel de Chronenthal, Julia, après son mariage : Marquise d'HÉRicouRT de Valincourt, née à Graz en 1839, fit son éducation à Paris et révéla un réel talent pour la composition. Elle a écrit quatre symphonies, vingt-deux sonates pour piano, un quatuor pour instr. à archet, des nocturnes, des romances sans paroles, des danses, des marches, des arrangements pour orchestre de mélodies chinoises (primés à Paris, en 1867).

Hasrtel, 1. (éditeur) v. Breitkopf et H. — 2. Gustav-Adolph, né à Leipzig le 7 déc. 1836, m. comme chef d'orchestre à Hombourg, le 28 août 1876, violoniste et compositeur, chef d'orchestre à Brème (1857), à Bostock (1863) et, à partir de 1873, aux bains de Hombourg. H. a écrit un Trio burlesque pour trois violons et piano, des variations et fantaisies pour violon, un opéra : Les Carabiniers, trois opérettes, etc. — 3. Benno, né à Sauer (Silésie) le 1er mai 1846, élève de Fr. Kiel, depuis 1878 professeur de théorie à l'Académie royale de musique, à Ber-

H.KSER

lin a fail paraître des morceaux pour piano et m. chant 4. Luise, y. Breitkopf et H. Hseser, 1. August-Ferdinand, né à Leipzig le 1.) oct! 1779, m. comme chef d'orchestre du théâtre, directeur de musique à l'église, et maître de musique au séminaire, à Weimar le L« „(,N 1844. Tl était arrivé à Weimar en 181/, en qualité de chef des chœurs de l'Opéra de la cour • il a composé de nombreuses œuvres d eriise et d'orchestre (Requiem. Te Deum, Notre I >. re UiserereAe* Messes, un oratorio: Triumph des Giaubens [exécuté en 1817, à Birmingham], trois opéras, des ouvertures, etc.), des morceaux pour piano, des lieder, etc. De plus. H. a écrit : Versuch einer systematischen Uebersicht der Gesanqlehre (1820) et une méthode pour le chant en chœur (1831). - 2. Charlotte-Henri i-.tte, sœur du précédent , née à Leipzig le 24 janv. 1784, excellente cantatrice; elle chanta d'abord â l'Opéra de Dresde, puis à Vienne et en Italie et se maria à Rome, en 1813, avec un avocat aommé Vera. La date de sa mort n'est pas connue. — 3. Heinricii, frère du précédent, né à Rome l*1 15 oct. 1811, professeur de médecin,, à [éna, a écrit: Lie menschtiche Stimme, ihre Organe, ihre Ausbildung , Pflege und Erhaltung (1839).

Haessler, Johann- Wilhelm, un des plus intéressants compositeurs de piano de l'époque qui >/|).uv Bach de Beethoven, né à Erfurt le 29 mars 1747, m. à Moscou le 29 mars 1822: fils d'un fabricant de casquettes, métier que luimême continua à pratiquer longtemps après s'être fail connaître comme musicien, neveu et élève de Kittel, étail à l'âge de quatorze ans déjà organiste de L'église des « Carmes déchaus- 9és . à Erfart. 11 donna des concerts avec grand succès, et, dans les principales villes allemandes, au cours de son traditionnel voyage d'apprenti de son métier. En 1780, H. fondait à Erfurl une entreprise permanente de concerts, en même temps qu'un magasin de musique; dix ans plus lard, il se mit à parcourir l'Angleterre, puis la lîussie, et fut, en 1792, engagé à St-Pétersbourg comme maître de chapelle impérial. En 1794, il quittait ce poste pour aller à Moscou où il fut fort apprécié comme professeur. Un de ses élèves lui a t'ait ériger un mo- 1 1 un m nt ''U cette ville. II. appartient aux meilleurs compositeurs de son époque, dans le domaine de la musique «l'orgue et de piano; mais il fui, cela \ a sans dire, éclipsé par I laydn, Mozarl el Beethoven, el bientôt oublié plus que de raison. Les parties Lentes de ses œuvres, quoique peut-être un peu vieillies, sont d'une unir intensité d'expression el de plus notées avec une exactitude étonnante; Les rondos en Boni pleins de fraîcheur el de gaieté. 11. a écrit «les sonates de piano, des concertos, des fantaiariations, d< s morceaux d'orgue et des Lieder. On a réédité de lui, outre la grande gigue en ré min. bien connu.', six sonatines datant .le 1780 (chez Litolff), six autres de 1788 (chez Augener), quelques fantaisies, rondos, de charmantes variations, etc. (dans La • Schule Vortrags de II. Biemann J. Schuberl

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