HASSE
remberg en 1564, m. à Francfort s/M. le 8 juin 1612: fut le premier musicien allemand qui alla faire en Italie son instruction musicale (jusqu'alors, et pendant près de deux cents ans, les Pays-Bas avaient été la véritable haute école de composition et avaient répandu la culture musicale en Italie, en Allemagne, en Espagne et en France). En 1585, H. était nommé organiste du comte OctavianusFugger, à Augsbourg; mais il étudia plusieurs années encore sous la direction d'André Gabrieli, ayant comme cania ni de le fameux Jean Gabrieli. C'est pourquoi son style a une grande ressemblance avec celui des deux Vénitiens, les petites œuvres travaillées en détail, comme les chansonnettes et les madrigaux, rappelant plutôt André, et les grandes œuvres, écrites pour deux chœurs ou plus, Jean Gabrieli. Cependant H. est plus qu'un imitateur, et ses contemporains le tenaient en haute estime. Il vécut de longues années à la cour de l'empereur Rodolphe II, à Prague, et fut anobli ; de 1601 à 1608, il était de nouveau à Xuremberg, puis entra en 1608 au service du prince-électeur de Saxe et mourut au cours d'un voyage à Francfort s/M. Les œuvres de H. qui ont été conservées sont : ( '('nzonette a 4 voci (1590) ; Cantiones sacrae.... 4, 8, et plur. voc. (1591, 1597, 1607); Madricjali a 5-8 voci (1596) ; Neice teutsche Gesang nach Art der welschen Madrigalien und Kanzonetten (de quatre à huit voix, 1596, 1604, 1609); Missae 4-8 vocum (1599); Lustgarten neicer deutscher Gesang, Balletti, Galliarden und Intraden mit 4-8 Stimmen (1601, 1605, 1610); Sacri concentus 5-12 voc. (1601, 1612); Psalmen und christliche Gesdnge (à quatre voix, « fugweis » ,• 1607, nouvelle édition, en partition, 1777); Kirchengesdnge, Psalmen und geistlicheLieder (à quatre voix, « simplicité}" » ; 1608, 1687); Litaney deutsch Herrn Dr. Martini Lutheri(à. sept voix, pour double chœur, 1619),- Venusgarten oder neue lustige liebliche Tàntze teutscher und polnischer Art (1615). L'anthologie publié.- par EL, sous le titre : Sacrae symphoniae diversorum (1601, 2 parties) contient aussi plusieurs motets de sa composition; mais mu en trouve un plus grand nombre encore dans le Florilegium Portense de Bodenschatz et dans le Promptuarium musicum de Schad.
< !f. 1.' catalogue chronologique des œuvres imprimer- ,1.- H. -L. von H. et d'Orlandus Lassus, par Roberl Eitner, dans 1rs ■ Monatschefte fur Mus. Gesch, » 1874, supplément — Ses frères, Jakob (vers U*.i>1 organiste à Hechingen) et Kaspab (né «n 1570, m. comme organiste à Nuremberg), onl égalemenl transmis leur nom à la postérité, par des compositions de mérite.
Haslinger. Tobias, né à ZeU (Haute-Autriche) le l,r mars 1787, m. le 18 juin 1842: arriva en 1810 ;'< Vienne, entra comme comptable dans le magasin de musique Steiner, devint plus tard associé «'t. lorsqu'en 1826 Steiner se retira, seul propriétaire de la maison à laquelle il donna son nom. Après sa mort, son fils Karl, Vienne le 11 juin 1816, m. 1.' 25 déc. L868 (compositeur, a écrit plus de 100 œuvres), prit
la succession sous la raison de commerce : « Karl H., quondam Tobias », qui existe encore aujourd'hui, bien que le fonds ait passé par voie d'achat, en 1875, à Schlesinger (Rob. Lienau), à Berlin.
Hasse, 1. Nikolaus, organiste de l'église Sainte-Marie, à Rostock, en 1650, a publié : Deliciae musicae (allemandes, courantes et sarabandes pour instruments à archet et clavecin ou théorbe, 1656; 2 parties et un appendice). — 2. Johann-Adolf, né à Bergedorf, près Hambourg, le 25 mai 1699, m. à Venise le 16 déc. 1783; l'un des compositeurs les plus féconds du siècle passé, a surtout récolté des lauriers dans le domaine de la composition scénique. H. commença sa carrière comme chanteur de théâtre (ténor) à Hambourg (1718), Bruxelles (1722, grâce à la protection du roi Ulrich) et à Brunswick; c'est dans cette dernière ville qu'il se fit connaître, en 1723, par son premier opéra : Antigonus. Il ne comprit que trop bien qu'il lui manquait encore beaucoup pour devenir compositeur d'opéras, et il partit en 1724 pour l'Italie où il étudia, à Naples, sous la direction de Porpora d'abord, puis sous celle d'Alexandre Scarlatti ; il remporta en 1726, avec II Sesostrate, à Naples, son premier succès comme compositeur dramatique. H. devint rapidement célèbre en Italie, sous le surnom d'il Sassone (le Saxon). Il avait déjà fait à Venise, en 1727, la connaissance de la célèbre cantatrice Faustina Bordoni (v. plus loin); il l'épousa en 1730 et lia dès lors son avenir au sien. En 1731, H. fut nommé maître de chapelle de l'Opéra italien que l'on allait rouvrir à Dresde et où Faustina était en même temps engagée comme jeune première ; mais tous deux, après la représentation de Cleoftde, de Hasse (13 sept. 1731) retournèrent en Italie où ils remportèrent de nouveaux triomphes pendant trois années consécutives. Ce ne fut qu'après la mort d'Auguste-le-Fort que la réouverture de l'Opéra, à Dresde, devint une réalité, et les deux H. se rendirent à Dresde. H. obtint souvent pendant les années suivantes des congés prolongés, pour se rendre en Italie où il écrivit, pour les scènes les plus diverses, de nouveaux opéras et tint encore pendant, longtemps le premier rang dans les répertoires. Il se laissa aussi décider une fois d'aller à Londres monter son Artaserse (représenté d'abord en 1730, à Venise), mais il se retira bientôt devant la supériorité de Hsendel. Par contre, il paraît, depuis 1740, avoir séjourné d'une manière permanente à Dresde et y avoir rempli ses fonctions de maître de chapelle. En 1750, H. fut nommé premier maître de chapelle; l'année suivante, Faustina se retira de la scène, mais put conserver son titre et son traitement. La bibliothèque de H. et une quantité de manuscrits de ses opéras, etc., devinrent la proie des flammes, pendant le bombardement de Dresde, en 1760. En 1763,1e maître fut remercié, ainsi que Faustina, sans pension, par simple raison d'économie ; tous deux se rendirent d'abord à Vienne, où H. écrivit encore divers ouvrages pour l'Opéra de la Cour, puis plus tard