HAYDN
baron de Fiïrnberg lui procura, en 1759,1a place de directeur de musique de la chapelle privée du comte Morzin, à Lukavec, près de Pilsen, et H., avec un traitement de 200 florins, put songer à se créer un foyer ; son choix, hélas ! fut très malheureux, car sa femme, Marie-Anne, fille du coiffeur Keller, à Vienne, était impérieuse, querelleuse, bigotte, et n'avait pas le moindre sens musical. Pendant quarante ans (1760-1800) H. subit avec résignation le joug de cette femme détestable qui, de plus, ne lui donna pas d'enfants. C'est à Lukavec, en 1759, que H. écrivit sa première symphonie (ré maj.), et s'il n'a pas été le premier qui ait écrit des quatuors et des symphonies, aucun de ses prédécesseurs du moins (cf. Sammartini, Gosseg, Grétry) n'a cultivé cette forme musicale sur une aussi grande échelle, ni écrit des œuvres d'une fraîcheur et d'une jeunesse aussi impérissables. Malheureusement le comte dut, au bout de quelque temps, congédier son orchestre ; H. resta donc ainsi quelques mois sans place, puis fut appelé, encore en 1761, par le prince Paul-Antoine Esterhazy (m. en 1762), comme second maître de chapelle (avec Werner), à Eisenstadt, où le prince entretenait une chapelle particulière de seize musiciens, laquelle fut ensuite portée par le prince Nicolas- Joseph jusqu'à trente musiciens (sans compter les chanteurs). Werner mourut en 1766 et H. devint seul directeur ; en 1769, l'orchestre fut transféré dans le luxueux château d'Esterhaz, au bord du lac de Neusiedel. H. s'était acheté à Eisenstadt une petite maison qui brûla deux fois, mais fut rebâtie par le prince. Le 28 sept. 1790, le prince Nicolas-Joseph mourut, et son fils et héritier, le prince Antoine, licencia l'orchestre, mais conserva à H. le titre de maître de chapelle, en même temps qu'il augmentait de 400 florins la rente annuelle de 1000 florins que lui avait servie le prince décédé. H. vendit sa maison d'Eisenstadt et élut domicile à Vienne. Se trouvant ainsi dans une position indépendante, car le prince Antoine lui avait de lui-même accordé un congé, H. répondit enfin à plusieurs invitations qui lui étaient adressées d'Angleterre. Ses deux voyages en Angleterre (1790-1792 et 1794-1795,) sont aussi mémorables dans l'histoire de la vie du maître, par le fait que ce furent les deux seules et uniques fois qu'il franchit la frontière de l'Autriche. La direction des « Professional Concerts » ( W. Cramer) avait déjà cherché en vain, en 1787, à attirer H. à Londres; ce fut le violoniste Salomon, qui organisait à Londres des concerts d'abonnement, qui réussit à persuader H., en lui parlant personnellement, et à l'emmener :out de suite avec lui (15 déc. 1790). Il garantissait à H. 700 livres sterl., pour lesquelles H. n'engageait à diriger personnellement six nouvelles symphonies, à Londres. Le succès répondit entièrement à l'attente ; H., extraordinairejnent fêté, noua d'avantageuses relations avec Hivers éditeurs et se trouva amené à signer ivee Salomon un contrat encore plus avantageux pour 1792. Il passa l'été et l'automne dans
les propriétés de hauts personnages anglais, qui rivalisèrent de prévenances et d'attentions de tout genre et comblèrent le maître de présents de valeur. H. n'échappa point non plus à la promotion au titre de «Docteur» de l'Université d'Oxford (8 juil. 1791) ; c'est pendant cette cérémonie que fut exécutée la symphonie qui a été nommée depuis «Oxford Symphonie». La seconde saison se passa aussi de la manière la plus brillante. Les « Professional-Concerts » de leur côté prirent part, avec entrain, en 1791 comme en 1792, au culte de H., en exécutant celles des œuvres du maître qui avaient paru, et rivalisèrent ainsi fort bien avec les concerts de Salomon. Il est vrai qu'en 1792, on appela à Londres Pleyel, l'élève de Haydn, dans le but de faire concurrence à ce dernier ; mais il n'y eut pas de conflit. A la fin de juin 1792, sur les instances du prince Esterhazy et sur celles de sa femme, qui voulait absolument acheter une maison à Vienne, H. se décidait enfin à rentrer chez lui ; à Bonn, où, sur son passage, l'orchestre de l'Electeur lui offrit un déjeuner, il fit la connaissance du jeune Beethoven qui devint peu après son élève. De Bonn, H. se dirigea sur Francfort où le prince Esterhazy lui avait ordonné de se rendre, pour le couronnement de l'empereur François II. A la fin de juillet, il rentra avec le prince, à Vienne, où Mozart, avec lequel il était lié d'amitié, était mort pendant son absence (5 déc. 1791). Beethoven arriva à Vienne en novembre 1792 et suivit l'enseignement de Haydn pour la composition, jusqu'au deuxième voyage du maître en Angleterre. H., qui avait été fêté à l'étranger, fut alors aussi comblé d'honneurs dans sa patrie. Le 19 janv. 1794, il entreprit cependant, sur de nouvelles instances de Salomon, le second voyage à Londres et passa de nouveau deux saisons de concerts dans la capitale anglaise, et l'intervalle dans des domaines, etc. ; il repartit en août 1795 pour Vienne, en passant par Hambourg, Berlin et Dresde. Entre temps, le comte Harrach avait fait ériger à Rohrau, la patrie de H., un monument portant le buste du musicien. Le retour de H. avait, du reste, été précipité par le prince Nicolas Esterhazy (le prince Paul- Antoine était mort le 22 janv. 1794) qui rétablit l'orchestre et confia de nouveau à H. les fonctions de maître de chapelle. Toutefois, celui-ci n'était pas encore arrivé à l'apogée de sa gloire artistique : il avait soixante-cinq ans passés, lorsqu'il écrivit La Création et Les Saisons, ses deux plus grandes œuvres. Toutes deux sont composées sur des traductions de poèmes anglais, La Création d'après un poème de Lidley, tiré du « Paradis perdu » de Milton ; Les Saisons d'après un poème de Thomson ; traduits en allemand par van Swielen. La Création fut exécutée pour la première fois les 29 et 30 avr. 1798, Les Saisons le 24 avr. 1801 (dans le palais du prince Schwarzenberg). Mais peu à peu les atteintes de l'âge se faisaient sentir chez H.; sa force de travail se relâcha et, dans les dernières années, il ne put plus que rarement quitter sa chambre. Il mourut peu de jours après l'entrée
des Français à Vienne pour ce cœur attaché adèlemenl à l'empereur el à son paya, loccupation ennemie fut une douleur amère. L împortance extraordinaire de H. dans 1 histoire ,1,. h, musique réside dans le fait qu'il perfectionna Les formes modernes de la musique instrumentale, pour Laquelle il avait eu.il est vrai, dans les lils de J.-S. Bach, des précurseurs très entreprenants. L'on sent palpiter dans la musique de H. toute la vie viennoise, depuis la tendresse la plus naïve jusqu'aux joies les plus follemenl extravagantes ; mais, même lorsquil fait vibrer des cordes plus graves ou plus passionnées, il dépasse de beaucoup ses contemporains el conduit directement à Beethoven. Son mérite, en outre, est d'avoir individualise Les instruments d'orchestre et de les avoir dotés chacun de leur langage propre. Dans ses symphonies, nous entendons non seulement des successions de sons, des accords, mais aussi un dialogue expressif entre des éléments vivants, de caractère et de tempérament divers. Le nombre des œuvres de H. est immense; il n'existe pas encore d'édition complète. H. n'a pas écrit moins de 125 symphonies (y compris les ouvertures) ; les premières sont d'une orchesl ration rudimentaire : outre les cordes, deux hautbois et deux cors seulement, tandis que les grandes symphonies anglaises comprennent L'orchestre à cordes, une flûte, deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons, deux cors, deux trompettes et des timbales. Certaines symphonies sont connues sous des noms spéciaux: celle du « coup de timbale » (1791), celle du . roulement de timbales» (1795), L*« Oxford- Symphonie» (1788), 1' « Abschiedsymphonie » (1772), «La Chasse» (1780), la «Militaire», la . Reini », la « Symphonie enfantine » et d'autres. Sa Passion instrumentale : Les sept paroles du Chris/ (écrite pour Madrid) appartenait originairement aux symphonies (elle a été plus tard transcrite pour quatuor d'instr. à archet et arrangée par Michael H. en oratorio); H. comptait, en outre, Lui-même pa rmi ses symphonies - nombreux (66) divertissements, cassations, sextuors, «'te. De plus, il faut encore noter 20 concertos pour piano et divertissements avec piano, 9 concertos pour violon el 6 pour violoncelle, enfin L6 concertos pour d'autres instruments [contrebasse, baryton, lyre, flûte, cor), r< quatuors pourinstr. à archet, 35 trios pour piano, violon el violoncelle, 3 trios pour piano, Unir el violoncelle, 30 trios pourinstr. à archet ou d'autres combinaisons, 'i sonates pour violon, 175 morceaux pour baryton (v. ce mot), 6 duos pour violon el alto, 53 sonates ei divertissants pour piano, «les variations (â remarquercelles en fa min., presque du Beethoven), des fantaisies, etc., pour piano seul (v. l'édition la plus complète des œuvres pour piano de I [aydn, rédigée par 1 1. Riemann, en c> volumes, chez Augener & C°, â Londres), '/ nocturnes pour Lyre (v. ce mot), puis >\'-> menuets, allemandes, marches, etc. En tête des œuvres vocales sont Les deux oratorios : ha Création el /. > .- mais II. a écrit i n outre un ora-
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torio: llritorno di Tobi'a, 14 Messes, 2 Tedeum, 13 offertoires, un Stabat mater, plusieurs Salve, Ave, des chants religieux, des motets, etc , quelques cantates de circonstance, entre autres : Deutschlands Klaye auf'den Tod Friedrichs d. Gr., pour une voix seule, avec baryton. H. a aussi composé 24 opéras, la plupart d'entre eux destinés, il est vrai, à Eisenstadt et en rapport avec les modestes proportions du théâtre de marionnettes des Esterhazy. L'auteur luimême ne désirait pas qu'ils vissent le feu de la rampe. Un seul, La ver a constanza (1776), fut écrit pour le théâtre de la cour, à Vienne, mais la représentation en fut alors empêchée : la partition autographe, que L'on croyait perdue, a été retrouvée en 1879, parmi les manuscrits que le Conservatoire de Paris acquit à la dissolution du Théâtre italien (il avait été donné à Paris, en 1791, sous le titre de Laurette; v. Riemann, Opernhandbuch)). En 1794, H. avait commencé à Londres un Orfeo, mais il le laissa inachevé. Un autre opéra, Lo spéciale, donné en 1768 chez les Esterhazy et en 1770 à Vienne, a été exhumé de nos jours par le Dr Hirschfeld, à Vienne (1895), qui l'a traduit en allemand (Der Apotheker) et de deux actes l'a condensé en un seul; il a été donné pour la première fois, sous cette forme, au Théâtre de la cour, à Dresdç, le 25 juin 1895. Outre ses opéras, H. a écrit encore une quantité d'airs de concert, une scène pour une voix seule (Ariadne auf Naœos), 86 lieder, une collection de lieder écossais et une autre de lieder du pays de Galles (trois voix avec piano, violon et violoncelle), les Dix Coni7nandements (connus aussi sous le titre : Die zehn Gesetze der Kunst, canons pour chant) et, de plus, des duos et des chants à trois et à quatre voix. Dans ses jeunes années surtout, H. s'est fort peu inquiété de l'édition de ses œuvres, et beaucoup d'entr'elles ont été imprimées sans même qu'il le sache : c'est ce qui explique aussi que, surtout à l'étranger, des œuvres d'auteurs quelconques ont pu paraître sous son nom, sans qu'il formulât la moindre réclamation. La vie et les œuvres de H. ont fourni matière aux ouvrages suivants S. Mayr, Brevi notizie storiche délia vita e délie opère di Gius. H. (1809); A.-K. Dies, Biographischc Nachrichten von J. H. (1810); G.-A. Griesinger, Biographische Notizen ûber J. H.i (1810); G. Carpani, Le Haydine (1812 el 1S23:| éd. franc, par Mondo); Th.-G. Karajan, J. H. ù Londonl791und 1792 (1861); K.-F. Pohl, Mozart und H. in London (1867). Une biographie| plus vaste du maître a été commencée pai K.-F. Pohl (Joseph H., 1 vol. lrc moitié 1875.1 2e moitié 1882) ; l'achèvement de cet ouvrage si r\r entrepris par E. v. Manduczewski). Le 311 niai 1887, la ville de Vienne a inauguré un moi nument, de Natter, érigé en mémoire de H. - 2. Johann-Mjchael, frère du précédent, né il Rohraule 14 sept. 1737, m. à Salzbourg le 10 a oui 1806: de 1742 à 1745, il fut enfant de chœur.ej soprano-soio de l'église St-Etienne, à Vicnncl devinl en \i'û maître île chapelle de l'évêché, | Grosswardein, et, en 1762 maître de chapelll
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de l'archevêque, à Salzbourg, où il fut nommé ensuite concertmeister et organiste de la cathédrale. Il garda jusqu'à sa mort cette situation très honorable et refusa toutes les offres d'ailleurs. Il s'était marié, très heureusement, avec la fille du maître de chapelle de la cathédrale, Marie-Madeleine Lipp, excellente cantatrice (soprano) ; il avait, en outre, en la personne du curé Rettensteiner un excellent et fidèle ami. H. vécut ainsi pendant quarante-quatre ans, heureux et hautement estimé comme compositeur, à Salzbourg. Michael H. s'est surtout distingué dans le domaine de la musique d'église ; il a composé 24Messes en latin et 4 en allemand, 2 Requiem, \\k graduels, 67 offertoires, ainsi que beaucoup de répons, de cantiques de vêpres, de litanies, etc. Ajoutons encore à cela: des canons à 4 et à 5 voix, des lieder, des chœurs, des cantates, des oratorios et plusieurs opéras. En fait d'œuvres instrumentales (qui restent bien loin en arrière de celles de son frère), on a conservé de lui : 30 symphonies, quelques sérénades, des marches, des menuets, 3 quatuors pour instr. à archet, un sextuor, plusieurs parties (suites) et 50 préludes pour orgue. Quelques-unes de ses compositions ont paru sous le nom de son frère Joseph. Du reste, il s'opposait énergiquement à l'impression de ses œuvres et refusa même les offres de Breitkopf et Hârtel, en sorte que la plupart de ses compositions sont restées manuscrites. En 1833, un bénédictin de Salzbourg, Martin Bischofsreiter, publia sous le titre : Partitur-Fundamente, des exercices de basse chiffrée que H. avait écrit pour ses élèves. Parmi ces derniers, il faut citer particulièrement G. -M. de Weber et Reicha.
Hayes. 1. William, né à Hescham en 1707, m. à Oxford le 27 juil. 1777; fut d'abord organiste à Schrewsbury, puis devint en 1731 organiste de la cathédrale de Worcester, en 1734 organiste et maître de chœur au « Magdalenencollege » d'Oxford. Promu en 1735 bachelier es musique, il succéda, en 1742, à Goodson, comme titulaire de la chaire de musique, à Oxford et fut nommé docteur es musique en 1749. H. a composé des psaumes, des glees, des catches, des canons (couronnés plusieurs fois par le « Gatchclub »); il fut le collaborateur de Boyce, pour sa Cathedral music et a écrit : Remarks on M1 Avison's Essay on musical expression (1762) et Anecdotes of the five music-meetïngs (1768). — 2. Philipp, fils du précédent, né à Oxford en avr. 1738, m. à Londres le 19 mars 1797; fut nommé bachelier es musique en 1763, devint en 1767 membre de « Ghapel Royal » (chapelle vocale royale de St-James) ; succéda, en 1777, à son père, comme organiste et professeur, et fut promu en même temps au grade de docteur. Il mourut à Londres, où il s'était rendu pour une fête de musique, et fut enseveli en grande pompe, dans l'église St-Paul. H. a composé des anthems; des psaumes; un oratorio: Prophecy; une ode à Ste-Cécile; une mascarade : Telemachus ; Harmonia Wiccamica (chanté au meeting de Wykehamistes); publié une anthologie de musique d'église et terminé
les «Mémoires du duc de Gloucester», commencés par Lewis.
Haym, 1. (Hennius), Gilles, chantre de la chapelle et chanoine, à Liège, plus tard maître de chapelle de l'Electeur, à Cologne, et, en dernier lieu, du duc de Pfalz-Neubourg, a publié : Hymnus S. Casimiri (à 4 et 8 voix, 1620); Motetta sacra (à 4 voix, avec continuo, 1640) ; quatre Missœ solemnes (à 8 voix, 1645) et six Missœ 4 vocum (1651). — 2. (Aimo) Niccolo- Francesco, né de parents allemands, à Rome, vers 1679, m. à Londres le 11 août 1720, reçut une excellente éducation et étudia spécialement la poésie et la musique. En 1704, il vint à Londres où il s'associa avec Glayton et Dieupart, pour l'introduction à Londres de l'opéra italien. En 1706, on put entendre de lui un opéra, Camilla; en 1711, un second : Etearco; il arrangea en outre quelques autres opéras italiens (d'A. Scarlatti, Bononcini, etc.). A la représentation d' « Arsinoe », de Glayton, H. jouait une partie de violoncelle. Tous ces opéras étaient chantés moitié en anglais, moitié en italien. L'arrivée à Londres de Haenclel (1711) donna à l'entreprise un coup mortel ; la protestation contre le nouveau style de « Rinaldo » n'eut pas de résultat. Après avoir vécu quelque temps en Hollande, H. revint à Londres, entra en rapports avec Hamdel et écrivit pour lui toute une série de libretti d'opéra ,• il en livra du reste aussi quelques-uns à Ariosti et à Bononcini. H. était excellent numismate ; il a publié une description de monnaies rares (1719-1728, 2 vol.). Il a, de plus, écrit : Notizie de librirari nella lingua italiana (1726 [1771]), et publié deux cahiers de sonates pour deux violons avec basse, ainsi que le prospectus d'une « Histoire delà musique ».
Heap, Charles-Swinnerton, né à Birmingham en 1847, boursier de la fondation Mendelssohn de Londres ; fut, de 1865 à 1867, élève du Conservatoire de Leipzig (Moscheles, Reinecke) puis, en 1867, encore élève de Best, à Liverpool, pour l'orgue. Il habite depuis 1868 Birmingham, où il est estimé comme chef d'orchestre et comme pianiste. H. fut nommé en 1870 Dr mus. (Cambridge) ; il a écrit des œuvres de musique de chambre, des ouvertures, des cantates, des anthems, des morceaux pour orgue, des lieder, etc.
Hebenstreit, Pantaleon, né à Eisleben en 1669, m. à Dresde le 15 nov. 1750 ; violoniste et maître de danse, connu comme inventeur de l'instrument nommé d'après lui « Pantaleon » ou « Pantalon » (v. ce mot), sorte de tympanon agrandi et perfectionné. H. construisit cet instrument à Mersebourg, où il s'était réfugié après avoir quitté Leipzig pour cause de dettes ; il fit dès 1705 des tournées de concerts avec le «pantalon » et fit sensation à la cour de Louis XIV (ce fut ce dernier qui baptisa l'instrument) et ailleurs. En 1706, il était engagé à Eisenach, comme directeur de musique et maître de chapelle de la cour, puis en 1714 à Dresde, comme musicien de la chambre. L'instrument de H. disparut naturellement, lorsque le piano se fut développé sur ses données.
HECHT — HEIDINGSFELD
Hecht, Edua.rd, excellent pianiste, né à Dûrkheim (Palatinat rhénan) le 28 nov. 1832, m. à I tidsbury, prés de Manchester, le 7 mars 1887, lit son éducation musicale à Francfort s/M. et lut. pendant de longues années, directeur de chœur à Manchester et à Bradford, puis, à partir de 1875 , professeur d'harmonie au
Owen Collège »; il a aussi composé.
Heckel, Wolff, maître de luth à Strasbourg, a publié en 1562, à Strasbourg, un Lautenbuch qui compte parmi les plus intéressants monuments de l'ancienne musique instrumentale (exemplaire à la Bibliothèque municipale de Hambourg).
Heckmann, Georg-Julius-Bobert, excellent violoniste, né à Mannheim le 3 nov. 1848, m. à ( ilascow (pendant une tournée) le 29 nov. 1891 ; de 1865 à 1867, élève du Conservatoire de Leipzig (David); de 1867 à 1870, violon-alto del'«Euterpe» à Leipzig. Il voyagea quelque temps ensuite et vécut dès 1872 à Cologne, comme concertmeister (jusqu'en 1875, et une seconde fois, peu de temps, en 1881) et chef d'un quatuor â cordes renommé. Peu avant sa mort (1891), il avait accepté le poste de concertmeister à Brème. — Sa femme, Marie, née Hertwig, née à Greiz en 1843, m. à Cologne le 23 juil. 1891, était une excellente pianiste.
Hédouin, Pierre, né à Boulogne le 28 juil. 1789, avocat à Paris, m. en déc. 1868 ; poète et auteur d'un grand nombre de livrets d'opéras, textes de romances, etc., collaborateur des Annales Romantiques, des Annales Archêologiques et de plusieurs journaux de musique, compositeur d'une foule de romances, a écrit ; Elotje historique de Monsigny (1821) ; Gossec, sa vie et ses ouvrages (1852) ; De l'abandon des anciens comjwsiteurs ; Ma première visite à Gr&ry; Richard Cœur-de-Lion, de Grétry; Lesueur ; Meyerbeer à Boulogne- sur- Mer ; Paganini; Joseph Dessauer; Trois anecdotes musicales (sur Lesueur, Mlle Dugazon et Gluck), Lee huit derniers écrits ont paru dans la collection de ses articles divers, publiés sous le titre • le Mosaïque (1856),* puis il faut ajouter: Gluck, s'/,> arrivée en France (1859), etc.
Heeringen, Ernst von, né à Grossmehlra, près de Sondershausen, en 1810,m. à Washington le 2'i déc. 1855; tenta, en 1850, une réforme de la notation musicale (suppression des (? et des • : notes blanches pour les sept sons fondamentaux, noires pour les cinq sons intermédiaires; simplification «les indications de mouvement, de L'armure, etc.). Navré de l'insuccès de ses projets, il partit pour l'Amérique où il mourut.
Heermann, Hugo, né à Keilbronn le 3 mars 184 'i: sa mère était très bien douée pour la musique, en sorte qu'il se prépara de bonne heure â la carrière de musicien (violoniste). Il suivit pendanl cinq ans Les cours du Conservatoire de Bruxelles, sous La direction de Meerts, de Bériol et Fétis, el séjourna encore trois ans à Paris, pour son perfectionnement. Après des tournées de concerts couronnées de succès, il fut appelé en L865, connue concertmeister à
Francfort s/M. où, depuis la fondation du Conservatoire Hoch (1878), il est en outre premier maître de violon de cet établissement. H. est un interprète consciencieux et délicat plutôt que passionné. Le quatuor d'instr. à archet qu'il dirige (Naret-Koning, Welcker, Hugo Becker) est l'un des meilleurs de notre époque.
Hegar, 1. Friedrich, né à Bâle le 11 oct. 1841 ; son père était marchand de musique et l'envoya, de 3857 à 1861 au Conservatoire de Leipzig. Il fut ensuite quelque temps concertmeister de l'orchestre Bilse ; puis, après un court séjour à Baden-Baden et à Paris, directeur de musique à Gebweiler (Alsace). H. vit depuis 1863 à Zurich où il fut d'abord concertmeister, puis, à partir de 1865, directeur des concerts d'abonnement, et depuis 1868 premier chef de l'orchestre de la « Tonhalle ». Il a rempli en outre pendant vingt ans (1876-1896) les fonctions de directeur de l'Ecole de musique de Zurich, dont il est aujourd'hui directeur honoraire. De 1875 à 1877 et de nouveau de 1886 à 1887, H. a dirigé la société chorale d'hommes «Harmonie » ; il a conduit du reste à diverses reprises plusieurs autres sociétés chorales d'hommes et a su acquérir dans ce domaine une très grande popularité. Le Chœur mixte qu'il dirige encore aujourd'hui, à Zurich, donne chaque année des exécutions hors ligne des chefs-d'œuvre de la littérature ancienne ou moderne ; et c'est en majeure partie à H. que Zurich est redevable de son bon renom musical. De plus H. a donné des leçons de chant à l'Ecole cantonale, et publié lui-même des Gesangsûbungen und Lieder fur den Unterricht. Parmi ses compositions, il faut citer : un oratorio Manassé ; une Ouverture de fête, pour orchestre ; un concerto pour violon, en rè maj.; de la musique de chambre ; et tout particulièrement des chœurs pour voix d'hommes (Totenvolk et d'autres) d'un très grand effet. — 2. Emil, frère du précédent, né à Bâle le 3 janv. 1843, élève du Conservatoire de Leipzig, devint en 1866 premier violoncelliste à l'orchestre du Gewandhaus et maître de violoncelle au Conservatoire, mais il dut, à cause d'une affection nerveuse, renoncer à son instrument, sur lequel il était très remarquable, et étudia le chant. Il vit à présent à Bâle, où il remplit les fonctions de maître de chant à l'Ecole de musique. — Un troisième i frère, Julius, est premier violoncelliste de l'or-j chestre de la « Tonhalle », à Zurich.
Hegner, Otto, né à Bâle le 18 nov. 1876, filsl d'un musicien, élève de Franz Fricker, Hans Huber et Glaus, en cette ville, se fit entendre de| bonne heure, comme pianiste, à Bruxelles, Baden-Baden, puis à partir de 1888 aussi en Angleterre et en Amérique, et à la fin de 1890 aus concerts du Gewandhaus, à Leipzig. Il a aussi! débuté très jeune comme compositeur (avecl quelques pièces de piano). Sans avoir donnd] tout ce que semblait promettre l'enfant prodige H. est actuellement un pianiste de talent.
Heidingsfeld, Ludwig, compositeur de talent! né à Jauer le 24 mars 1854 ; élève du Conserva| toire Stem, il devint directeur de musique