‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 205 sur 542 · HERZ · texte numérisé non relu

HERZ

HERZOGEXBERG

Pansa : devin! en 1851, chef d'orchestre du Théâtre du Palais-Royal, et reprit en 1854 un petit théâtre du boulevard du Temple, auquel il donna le nom de Folies concertantes. Ce fut alors qu'il inaugura cette sorte de diminutif de compositions scéniques, à tendances soit sarcastiques, soit seulement burlesques ou frivoles, et que nous connaissons dès lors de reste. H. avait du reste le don d'invention musicale exactement adaptéà ce genre spécial. A. Pougin parle avec raison de la musiquette de II. et de la « musette » (diminutif de Muse) qui L'inspire. En 1856, II. abandonna la direction de ce petit théâtre (qui s'est appelé ensuite Folies-Nouvelles, et plus tard Folies dramatiques), avec lequel il resta cependant en relations, tant comme compositeur que comme acteur. Plus tard il se produisit à Marseille, à Montpellier, au Caire, et ailleurs, dirigea de 1870 à 1871 des concerts à la Strauss au théâtre de « (lovent garden », à Londres, et fut en dernier lieu chef d'orchestre à l'« Empire Théâtre» de cette ville. H. a écrit plus de cinquante opérettes qui furent cependant toujours plus refoulées à l'arrière-plan par les ouvrages plus artistiques et mieux conçus d'Offenbach. Les plus connues sont bien : L'Œil crevé, Le petit Faust. Le nouvel Aladin, et les dernières : Fla-Fla (1886), La noce à Nini, La Roussotte (en collaboration avecLecocq) eiLes Bagatelles (1890). Notons pour terminer que H. faisait aussi lui-même la versification de ses libretti. Outre ses opérettes, IL a écrit une symphonie héroïque ou cantate: La Guerre des Ashantis et dis ballets : La Rose d'Amour (1888), Diane (1888) et Cléopâtre (1889). Le fils d'Hervé, dit Gardel, a donné aussi une opérette . Ni ni, c'est fini (1871).

Herz, 1. Jacques-Simon, né à Francfort s/M. Le 81 déc. 1794, m, à Nice le 27 janv. 1880; il arriva jeune à Paris, entra en 1807 au Conservatoire, comme élève de Pradher, fit ses études de pianiste, et fut à Paris un maître de musique fort estimé. Il vécul plusieurs années en Angleterre, revint en 1851 à Paris et prit les fonctions de maître suppléant de son frère Henri, au Conservatoire (il a composé une sonate pour cor. d'autres pour violon, un quintette avec piano, el plusieurs pièces pour piano). — 2. Henri, né à Vienne, le 6 janv. 1803, m. à Paris le 5 janv. 1888, frère du précédent, d'abord élève de Hunten (père), à Coblentz, entra en 18K; au Conservatoire de Paris (Pradher, Eteicha), se perfectionna encore plus tard auprès de Moscheles, et fut, de 1825 à L835, le pianiste et le compositeur de piano le plus en yoguedu mondeentier. Sa participation ;ï l'établissement d'une fabrique de pianos (Klepfer) l'entraîna dans des pertes financières ; il

86 r.tira «le l'association, niais l'établissement

«l'une propre fabrique, avec salle de concerts (« Salle Herz . oe suffiï pas pour le remettre â Ilots. Il entreprit alors, en L845, une grande tournée de concerts è travers 1rs deux Amériques, et, à son retour (1851), s'occupa avec tant de zèle de sa fabrique qu'il la rendil 1res

prospère. Ses pianos remportèrent à l'Exposition universelle de 1855 le premier prix et la maison H. devint, à côté de celles d'Erard et de Pleyel, la plus renommée de Paris. En 1842, H. avait été nommé professeur de piano au Conservatoire ; il abandonna ce poste en 1874. Ses œuvres sont : 8 concertos de piano, une quantité de thèmes variés (qui, à l'en croire, étaient un régal pour le public parisien), des sonates, rondos, sonates de violon, nocturnes, danses, marches, fantaisies, etc. (le tout écrit d'une plume brillante et facile, mais sans fonds sérieux, et pour cette raison déjà aujourd'hui entièrement oublié), une Méthode complète de piano (op. 100), beaucoup d'études, d'exercices, etc. Il a décrit son voyage en Amérique, dans le « Moniteur universel » (tirage à part sous le titre : Mes voyages en Amérique, 1866).

Herzberg, Anton, pianiste et compositeur de salon, né à Tarnow en Galicie le 4 juin 1825 ; élève de Bocklet et de Preyer à Vienne, s'établit en 1866 à Moscou, après une tournée couronnée de succès à travers la Hongrie, la Pologne et la Russie. Il vit encore aujourd'hui dans la même ville, honoré de toutes sortes de titres et de décorations.

Herzog, 1. Johann-Georg, né à Schmœlz (Bavière) le 6 sept. 1822, fit son éducation au séminaire-d'instituteurs d'Altdorf (Bavière): il fut, de 1841 à 1842, maître à Bruck près Hof, devint en 1842 organiste et en 1848 cantor de l'église évangélique de Munich puis, en 1850, maître d'orgue au Conservatoire de cette ville. En 1854, H. fut nommé directeur de musique de l'Université d'Erlangen, où il reçut en 1866 le titre de Dr phil. et quelques années plus tard celui de professeur extraordinaire. H. est un excellent organiste et compositeur pour orgue, il a écrit: Praeludienbuclt. Bas kircldiche Orgelspiel (3 parties), Choraele mit Vor-, Zwiscltenund Nachspielen, Evangelisclœs Choralbuch, 3 cahiers de Cltorgesànge f. d. kirchliclten Gebrauch , Geisiliclœs und Weltlidtes (anthologie, 5 vol.), une Méthode 'd'orgue, des fantaisies, etc. H. prit sa retraite en 1888 et vit depuis lors à Munich. — 2. Emilie, née à Diessenhofen (Thurgovie) en 1860, fit son éducation musicale dans les conservatoires de Zurich (1876-1878, K. Gloggner) et de Munich (1878-1880, Ad. Schimon), chanta d'abord dans les concerts en 1878, débuta en 1880 comme page dans les « Huguenots » et se révéla immédiatement excellente soubrette et chanteuse légère. En 1889, elle échangea Munich contre Berlin, où l'Opéra de la cour lui offrait un engagement à de brillantes conditions, el où elle épousa plus tard un critique musical, le l)r. II. Welti. Sa réputation n'a fait dès lors que grandir, autant au concert qu'au théâtre.

Herzogenberg, Heinrigh von, né à Graz le 10 juin 1843; lut, de 1862 à 1864, élève du Conservatoire de Vienne, sous la direction de F.-O. DessofF. Il vécut ensuite jusqu'en 1872 à Graz, puis alla s'établir à Leipzig où, avec Spitta, F. \. Ilolstein et Volkland, il fonda en 1874 le « Bach-Verein » dont il prit lui-même la direc-

HESES —

lion, après le dépari de Volkland, en automne 1875. En octobre 1885, H. répondit à un appel flatteur qui lui venait de Berlin, pour succéder à Fr. Kiel, comme membre de l'Académie, •directeur d'une école académique de composition et de la division de composition de l'Aca- ■démie royale de musique, avec le titre de « professeur ». En 1892, H. se retira pour cause de maladie, mais il accepta de nouveau, en 1896, la succession de Bargiel à la tête d'une classe •de composition (« Meisterschule ») de l'Académie. Comme compositeur, H. occupe un rang très honorable, et, tout en ayant peut-être un penchant trop grand pour les artifices de ■contrepoint, il possède cependant un sens suffisant de la sonorité, pour ne pas succomber aux dangers résultant de cette manière d'écrire. Il a ■écrit : deux trios avec piano ; deux trios pour instr. à archet (op. 27) ; cinq quatuors pour instr. à archet ; un quintette, un quatuor et un frio pour piano et instr. à vent ; un poème sym phonique : Odysseus ; deux symphonies (ut min. 1885, et $i bém. maj. 1890) ; Deutsches Liederspiel (pour soli, chœur et piano à 4 in.) ; Der Stern des Liedes (chœur et orchestre; Die Weihe der Nacht (alto solo, chœur et orchestre) ; les psaumes xcvi (op. 34), cxvi (pour double chœur et orchestre), xciv (op. 60, pour soli, chœur et orchestre ; Nannas Klage •{op. 59) ; la cantate Kolumbus ; des œuvres pour piano à deux et à quatre mains ; des variations pour deux pianos (thèmes de Brahms); •des lieder, des duos et des chœurs. — Sa femme, Elisabeth, née von Stogkhausen (née ■en 1848, m. à San-Remo le 7 janv. 1892), était une excellente pianiste.

Heses (ail.), si double bémol.

Hess, Joachim, fut, de 1766 à 1810, organiste •et carillonneur de l'église St-Jean, à Gouda {Hollande) ; il a écrit : Korte en eenvoudige handleiding tôt het leeren van clavecimbel og •orgelspel (1766 et plus, autres éd.); Luister vécu, het orgel (1772) ; Korte schets van de allereerste uitvinding en ver der e voortgang in liei vervaardigen der orgeln (1810) ; Dispositien der merkwaardigste kerk-orgeln (1774) et enfin Vereischten in eenen organist (1779).

Hesse, 1. Ernst-Christian, né à Grossgottern (Thuringe) le 14 avr. 1676, m. à Darmstadt le 16 mai 1762, comme conseiller de la guerre ; tout d'abord employé de la chancellerie de Hesse-Darmstadt, à Francfort et à Giessen, puis envoyé à Paris aux frais du prince, pour s'y perfectionner sur la viole de gambe, auprès de Marin Marais et de Forqueray, il passait pour le virtuose sur la gambe le plus remarquable que l'Allemagne ait jamais possédé. Ses compositions (beaucoup de musique d'église, des sonates pour gambe, etc.) sont restées manuscrites. — 2. Adolf- Friedrigh, né à Breslau, le 30 août 1809 (selon d'autres il serait né en 1802 et aurait fait sa première tournée artistique en 1818), m. dans la même ville le 5 août 1863 ; fils d'un facteur d'orgues, et élève des organistes F.-W. Berner et E. Kœhler, à Breslau, il devint en 1827

HEUBNER

deuxième organiste de l'église Ste-Elisabeth, puis, en 1831, premier organiste de l'église St- Bernardin, à Breslau. H. était un excellent virtuose, fort admiré, et dont les concerts d'orgues à l'église St-Eustache, à Paris, et au Cristal- Palace de Londres, entre autres, furent fort remarqués. Il dirigea aussi pendant longtemps les concerts symphoniques donnés par l'orchestre du théâtre de Breslau. Les plus importantes de ses œuvres sont ses compositions pour orgue (préludes, fugues, fantaisies, études, etc.); mais il a aussi écrit un oratorio : Tobias, six symphonies, des ouvertures, des cantates, des motets, un concerto pour piano, un quintette et deux quatuors pour instr. à archet, ainsi que des morceaux pour piano. — 3. Julius, né à Hambourg le 2 mars 1823, m. à Berlin le 5 avr. 1881, a publié un System des Klavierspiels et inventé une nouvelle mesure des touches du piano, qui eut un certain succès. — 4. Max, éditeur de musique, né à Sondershausen le 18 févr. 1858, fonda en 1880 à Leipzig la maison d'édition de musique qui porte son nom, puis, en 1883, avec A. Becker, une imprimerie et un établissement de gravure de musique (Hesse et Becker). La maison d'édition s'est rapidement développée et a répandu, entre autres, la Preisklavierschule de Urbach, les œuvres chorales de Palme, l'opéra Auf hohen Befehl de Reinecke, le Musiklexicon de Riemann, et une grande quantité de « Catéchismes musicaux ».

Hetsch, Louis, né à Stuttgart le 26 avr. 1806, m. à Mannheim le 26 juin 1872 ; fut jusqu'en 1846 directeur de musique de l'Université, à Heidelberg, puis directeur de musique à Mannheim. Il a composé des œuvres pour orchestre, pour chœurs, et de la musique de chambre ; son psaume cxxx et un duo pour piano et violon furent couronnés.

Heuberger, Richard- Franz -Joseph, né à Graz, le 18 juin 1850, se voua d'abord à la carrière d'ingénieur, passa en 1875 l'examen d'Etat, et ne se voua définitivement à la musique qu'à l'âge de vingt-six ans. Il devint directeur de 1' « Akademischer Gesangverein », à Vienne, et en outre, en 1878, directeur de la « Singakademie ». Depuis 1895, il remplit les fonctions de second rédacteur musical de la « Neue Freie Presse ». H. a publié un certain nombre de lieder; des chœurs ;une Nachtmusik pour orchestre (op. 7); des variations orchestrales sur un thème de Schubert ; une suite en ré maj. pour orchestre; une ouverture pour le Kain de Byron ; une rhapsodie d'après le Liebesfriihling de Ruckert ( chœur mixte et orchestre) ; une cantate : Geht es dir xoohl, so denk an midi, pour soli, chœur d'hommes et orchestre, extraite de Des Knaben Wunderhorn ; puis trois opéras : Abenteuer einer Neujahrsnacht ( Leipzig, 1886), Manuel Venegas ( Leipzig, 1889) et Mirjam (Vienne, 20 janv. 1894) ; une symphonie, etc.

Heubner, Konrad, né à Dresde en 1860, où il suivit les cours de la « Kreuzschule », fut, de 1878 à 1879, élève du Conservatoire de Leipzig (ainsi que de Riemann, à l'Université), puis il

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