ARMONIE — ARNOLD
refusé, comme étant déjà trop avancé. Dès lors il fit partie de l'orchestre de l'Opéra: il avait fondé, avec Léon Jacquard, Ed. Lalo et Mas, un quatuor à cordes qui jouissait d'une grande renommée et se transforma plus tard, sous le nom de Société classique, par l'adjonction de quelques Lnstr. â vent. A. a aussi publié quelques œuvres pour violon.
Armonie (Harmonie), nom donné à un instrument des ménétriers du xne et xme s., sans doute syn. de vielle (organistrum, orgue de Barbarie) et de chifonie (symphonie).
Armure, ensemble des dièses ou des bémols placés au début d'un morceau ou d'une partie de morceau, entre la clef et l'indication de mesure, ayant pour effet de hausser ou d'abaisser d'un demi-ton toutes les notes correspondantes du morceau; les sons altérés remplacent ainsi, sans aucune autre indication spéciale (accidents), les sons primitifs de l'échelle fondamentale (ut, ré, mi, fa, sol, la, si). L'a. permet de nos jours de déterminer la tonalité, mais non le mode de l'œuvre, de telle sorte qu'on emploie la même armure pour une tonalité majeure et pour sa relative mineure. Elle ne contient que t rés rarement des doubles-dièses ou des doublesbémols, cependant le cas peut se présenter, par ex. dans le ton de sol $ majeur (avec 6 $, et un X devant le fa), ou dans celui de ré y* mineur (avec 6 /, et un y? devant le si) etc. Tant que les tonalités d'église furent encore en usage (c.-à-d. jusque fort avant dans le xvne s.), l'emploi de l'a. fut des plus restreints et l'on trouve souvent ut mineur avec 2 i? (dorien) à la clef, ou encore si majeur avec 4 $ seulement. Le XVIe s. ne connaissait du reste, en fait d'armure proprement dite, qu'un seul y ou un seul $ ; celui-ci indiquait la transposition de l'échelle fondamentale à la quinte supérieure (Cantus duras), l'autre la transposition à la quinte inférieure (Cantus mollis). Mais, de même qu'aujourd'hui avec un $ ou un 1? la tonalité peut être aussi bien majeure que mineure, de même alors elle pouvait être aussi bien dorienne que • phrygienne ou lydienne, mixolydienne ou éolienne, etc. (Cf. Tons d'église). Lorsque l'a. faisait défaut, les tons d'église conservaient leur position naturelle (Cantus naturalis). On ne trouve que très exceptionnellement, danslecouranl du wrs.. deux ? à la clef (ce qu'on appelait l,-i transposition de la transposition); qu'on se garde bien d'interpréter dans ce sens et comme deux ? différents la présence du bémol à la clefdevanl les deux si d'une même
portée, p. ex. :
on rencontre aussi
fréquemment, en clef de sol, un b devant le fa. bémol qu'il ne faut point s'imaginer devoir
appartenir au mi
(( !f. < 'm w i ri i).
Arnaud. 1. Abbé Fran< ois, aéâ Aubignan, près Uarpentras, le 27 juiL 1721, m. Le 2 dér. 1784-
arriva en 1752 à Paris, devint, en 1765, abbé de Grandchamps, puis lecteur et bibliothécaire du comte de Provence et membre de l'Académie. A. a écrit toute une série de dissertations musicales que l'on trouve, pour la plupart, dans de plus grands ouvrages ; ses œuvres complètes, en trois volumes, ont été publiées à Paris, en 1808. C'était un chaud partisan de Gluck; ses lettres, au sujet des réformes de ce dernier, sont contenues dans les Mémoires pour servir à l'histoire de la révolution opérée dans la musique par M. le chevalier Gluck. — 2. Jean- Etienne-Guillaume, né à Marseille le 16 mars 1807, m. en cette ville, en janv. 1863, compositeur favori de romances, dont la réputation s'étendit même quelque peu à l'étranger.
Arne . 1. Thomas- Augustine, né à Londres le 12 mars 1710, m. en la même ville le 5 mars 1778 ; l'un des compositeurs anglais les plus importants, auteur de la mélodie du Rule Britannia. Sa femme, Cecilia A., fille de l'orga-i niste Young, était célèbre comme cantatrice dramatique, élève de Geminiani. A. a écrit enron 30 opéras, y compris la musique de plusieurs tragédies de Shakespeare et d'autres auteurs, deux oratorios (Abel, Judith), des lie-; ders, glees, catchs, sonates pour piano, con-i certs pour orgue, etc. L'université d'Oxford lui avait conféré le titre de Dr honoris causa. — | 2. Michael, fils du précédent, né à Londres en 1741, m. vers 1806 ; composa également quel ques opéras qui furent représentés avec suc ces, mais fut pris d'une idée fixe, vers 1770, el se fit construire un laboratoire à Chelsea, pou: la recherche de la « pierre philosophale ». Après s'être ainsi ruiné, il se voua de nouveau à h musique et écrivit de 1778 à 1783, un certair nombre de petits ouvrages pour les théâtre: londoniens.
Arneiro, José-Augusto-Ferreira-Veiga, v comte d', compositeur portugais, né à Maca en Chine, le 22 nov. 1838, issu d'une famille n ble de Portugal (sa mère était d'origine sut doise) ; étudia le droit à Coïmbre, puis, à parti de 1859, l'harmonie sous la direction de Manoe Joaquim Botelho, le contrepoint et la fuguj sous celle de Vicente Schira, le piano sous cellj d'Antonio-José Soares ; il s'adonnait en mêmi temps avec ardeur à la composition. A. donn: en 1866, au théâtre San-Carlos, de Lisbonn un ballet intitulé Gina ; son œuvre capitale e cependant un Te Deum, exécuté pour la pr mière fois, en 1871, à l'église St-Paul de Li bonne, et plus tard, à Paris, sous le titre alo très répandu de « symphonie-cantate ». Le thé tre San-Carlos représenta encore, du même a teur, deux opéras : « L'élixir de jeunssse » (187 et La derclitta (1885), A. est considéré comr le plus important des compositeurs portug? modernes.
Arnold. 1. Georg, compositeur de musiq d'église, au xvnes.,né à Weldsberg (Tyroï fut d'abord organiste à Innsbruck, puis orj niste de l'évêché de Bamberg, et publia, L652 à 1676, des motets, des psaumes et de livres de messes à 9 voix. — 2. Samuel, n«
ARNOULF — ARPEGGIO
Londres le 10 août 1740, m. le 22 oct. 1802 ; fut élevé dans la chapelle vocale de la cour, sous la direction de Gates et Nares, et reçut, à peine âgé de 23 ans, la commande d'un opéra pour le « Coventgarden » : The rnaid of the mill fut représenté, en 1765, avec succès. 43 œuvres théâtrales et 5 oratorios suivirent ce premier essai. En 1773, A. conquit le titre de Dp mus. de l'Université d'Oxford ; il devint ensuite, et successivement, organiste et compositeur de la chapelle royale ( 1783), directeur de 1' « Academy of ancient music » (1789), organiste de l'abbaye de Westminster (1793). Parmi ses œuvres, celle qui rendit le plus de services est peut-être la Cathedral music, anthologie de musique religieuse des meilleurs maîtres anglais (1790, 4 vol.), continuation de l'anthologie de même nom de Boyce, rééditée en 1847, par E.-F. Rimbault. L'édition qu'il lit des œuvres de Haendel (1786 et suiv., 36 vol.) n'est malheureusement pas exempte d'erreurs. — 3. Johann-Gottfried, né à Niedernhall près Oehringen (Hohenlohe),le 15 févr. 1773, excellent violoncelliste et compositeur ; étudia pendant longtemps auprès des premiers maîtres de son art (M. Willmann, B. Romberg) et fut nommé, après de nombreuses tournées de concerts en Suisse et en Allemagne, violoncelle-solo au théâtre de Francfort-s/M., où il mourut déjà le 26 juil. 1806. A citer parmi ses œuvres : 5 concertos pour violoncelle, 6 thèmes et variations pour violoncelle, une Symphonie concertante pour deux flûtes et orchestre, etc. — 4. Ignaz-Ernst-Ferdinand, né à Erfurt le 4 avr. 1774, avocat en cette ville, m. le 13 oct. 1812; publia (1812 et uiv.) de courtes esquisses biographiques de Mozart, Haydn, Gherubini, Gimarosa, Paësiello, Dittersdorf, Zumsteeg, Winter et Himmel, qui, réunies en 2 volumes, parurent de nouveau en 1816, sous le titre de Galerie der berûhmtesten Tonkunstler des XVIII. u. XIX. Jahrhunierts. En outre, il écrivit un petit ouvrage intiulé : Der angehende Musikdirector, oder die Kunst ein Orchester z-ti bilden (1806). — 5. Karl, lé à Neukirchen, près Mergentheim, le 6 mars L794, m. à Christiania le 11 nov. 1873, fils de Johann-Gottfried A., après la mort duquel il fut îlevé à Ofïenbach ; Aloys Schmitt, Vollweiler ît J.-A. André furent ses maîtres. Après avoir nené une vie assez agitée, comme pianiste, il se fixa, en 1819, à St-Pétersbourg, où il épousa a cantatrice Henriette Kisting ; il alla ensuite, n 1824, à Berlin, en 1835, à Munster, et en 1849 i Christiania, où il avait été nommé directeur le la Société philharmonique et organiste de la athédrale. Il faut citer, parmi ses compositions, oute une série d'œuvres de musique de chambre (sextuor pour piano et cordes, sonates, ântaisies, variations), un opéra, Irène, donné à 3erlin, en 1832, etc. Son fils Karl, né à St-Péersbourg, en 1820, élève de M. Bohrer, est viooncelliste de la chapelle royale, à Stockholm.— ). Friedrich- Wilhelm, né à Sontheim, près fteilbronn,lel0 mars 1810, m. àElberfeld le 13 évr. 1864, où il était marchand de musique ; publia dix livraisons de « chansons populaires »,
puis le Lochheimer Liederbuch, YArs organisandi, de Conrad Paumann (tous deux dans les Jahrbilcher de Chrysander), des morceaux de piano, des arrangements pour piano et violon, des symphonies de Beethoven, etc. — 7. Yourij von, né à St-Pétersbourg le 1er nov. 1811, son père étant alors conseiller d'Etat ; étudia les sciences sociales à l'Université de Dorpat, entra, en 1831, dans l'armée russe et fit la guerre de Pologne, mais quitta l'armée en 1838, pour se vouer entièrement à la musique. A. composa des opéras russes : La Bohémienne (1853) et Swâtlana (1854, couronné), puis des ouvertures, des lieder,des œuvres chorales, etc.; il donna des conférences sur l'histoire musicale et l'acoustique et se fit connaître comme critique très sévère. De 1863 à 1868, vivant à Leipzig, il se fit l'ardent défenseur de la nouvelle école allemande et rédigea un journal de musique qu'il avait fondé lui-même. Nommé, en 1870, professeur de théorie de l'enseignement du chant, au Conservatoire de Moscou, il se fixa dans cette ville et publia, en 1878, un ouvrage intitulé : Die alten Kirchenmodihistorich und akustisch entwickelt. — 8. Gustav, né à Altorf (Suisse) le 1er sept. 1831 ; suivit les cours du Gymnase de Lucerne, étudia la philosophie à l'Université d'Insbruck puis à celle de Louvain, travaillant en même temps la musique et tout particulièrement le piano. Il séjourna successivement à Lancaster (Angleterre) où il fut nommé organiste et maître de chapelle (1850), puis à Manchester, où il se lia avec Charles Halle et occupa le poste d'organiste de la cathédrale de l'évêché à Salford (1854). Enfin, en 1865, A. se fixa à Lucerne, après avoir épousé une Anglaise, et y déploya une grande activité musicale. Maître de musique dans les écoles de l'Etat, directeur de la société « Ste-Cécile », de 1' « Harmonie », puis des concerts d'abonnement fondés vers 1875, etc., il renonça petit à petit à toutes ces fonctions et se retira entièrement, il y a quelques années, de la vie active. Citons parmi ses œuvres : Siegesfeier der Freiheit (1886), Der Rûtlischwur (1891), Tell-Cantate (1894), cantates pour chœur d'hommes et orchestre, et de nombreuses compositions vocales de moindres dimensions.
Arnoulf de St-Gilles (xve s.), auteur d'un traité : De differentiis et gêner ibus cantorum, reproduit par Gerbert (Script. III).
Arpa (ital), harpe ; arpanetta, v. Harpe.
Arpègement, v. Arpeggio.
Arpeggio ou arpeggiato, autrement dit : « en manière de harpe », indication signifiant que % les sons d'un accord ne doivent pas être frappés simultanément, mais l'un après l'autre, comme sur la harpe (arpégés, brisés). L'a. est indiqué soit par le mot lui-même, abrégé en arp., soit par une ligne festonnée, soit par un arc de cercle placé devant l'accord, soit encore par un trait transversal sur l'accord ou sur la queue des notes. Dans ce dernier cas, la direction du trait indique la direction de l'arpège. Lorsque, dans la musique ancienne, l'a. est appliqué à une blanche ou une ronde, on arpège
ARPEGGIONE — ARSIS
généralement l'accord deux fois (en mouvement ascendant, puis descendant), ou plusieurs fois dans le même sens. Une appogiature, pla-
cée devant l'accord qui doit être arpégé, est in troduite dans l'a.:
1. Dans la musique ancienne (Bach, Rameau, etc.): Exécution: ^l Exéc. :
Exécution