‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 225 sur 542 · HONGROIS · texte numérisé non relu

HONGROIS

mentale artistique, issue d'une musique vocale en majeure partie religieuse, dut reconquérir petit à petit la mobilité et la polymorphie rythmiques qu'elle possédait sans doute, alors qu'au début du moyen âge elle était encore homophone, celle des bohémiens et d'autres peuples primitifs se développa sans entraves et n'emprunta à notre art occidental que ce qu'elle pouvait s'assimiler, sans porter atteinte à son essence propre. Mais de là aussi l'analogie des musiques desdivers peuples qui ne se sont pas laissé entraîner dans le courant de la musique artistique occidentale ; nous rencontrons des particularités rythmiques identiques, ou pour le moins analogues, dans la musique des montagnardsécossais, des Norvégiens, des Russes, etc. La donnée est en tout cas intéressante et fournirait matière à une importante monographie. Bornons-nous ici à signaler encore quelques particularités de la musique hongroise, telle que Schubert, Brahms et d'autres compositeurs anciens et modernes nous l'on rendue familière : la syncope d'un usage courant, aussi dans la mélodie; les fréquents changements de mesure.;, les thèmes de 3, 6 (5,7) mesures, au lieu de 2,4

ou 8; la formule rythmique t f , sur le pre-

mier temps d'une mesure forte; l'introduction d'un court silence -au début d'un temps fort dela mesure ; enfin, et plus spécialement encore,. les ornements en manière de gruppetti sur la note finale :

On établit souvent une « gamme hongroise » ou « gamme bohémienne », consistant en une échelle mineure avec un second rapport de sensible du quatrième au cinquième degré (a.) ; il serait plus exact de la noter, en observant son véritable caractère mineur (v. ce mot), de fondamentale à fondamentale mineure (b.) :

*=2=rJ=$*

f^tdpp:

L'adoption du fa dièse à la place du fa naturel' n'a pas d'autre raison que le désir d'obtenir, comme par si naturel à la place de si bémol, un rapport de sensible (fa dièse-sol). Les accords de sixte augmentée t'ont partie intégrante de cette échelle (c.) :

Il va sans dire qu'en principe, cette échelle n'a pas pas plus de valeur que, par exemple, le mineur-majeur de Hauptmann, ou le majeur mineur de quelques autres théoriciens; elle

HOOK — HORNPIPE

peut, par contre, nous faciliter la conception des échelles si diverses de certains peuples, les Arabes, par exemple.

Hook, James, né à Norwich en 1746, m. à Bologne en 1827; fut organiste et compositeur, de 1769 à 1773, de « Marylebone Gardens », à Londres, puis, de 1774 à 1820, de « Vauxhall Gardens », et, en même temps, pendant de longues années organiste à l'église St-Jean, à Horsleydown. Il était un compositeur fécond de musique vocale, écrivit vingt-cinq opérascomiques et opéras anglais, fie la musique pour plusieurs drames et des catches qui furent primés à diverses reprises. On a de lui,, en outre, environ 2000 morceaux de chant (!), quelques concertos d'orgue ou de piano, des sonates et une méthode de piano : Guida di musica (1796).

Hopffer, Ludwig-Bernard, compositeur, né à Berlin le 7 août 1840, m. dans le domaine de Niederwald, près Rudesheim, le 21 août 1877 ; élève de l'Académie Kullak jusqu'en 1860, il écrivit des œuvres orchestrales (symphonies, ouvertures), deux opéras (Frithjof [Berlin, 1871] et Sakuntala), un festspiel (Barbarossa), des œuvres chorales (Pharao ; Darthulas Grabgesartg ; der XXIII. Psalm), de la musique de chambre, des lieder, etc.

Hopkins, Edward-John, né à Westminster (Londres) le 30 juin 1818, devint en 1826 enfant de chœur de « Ghapel royal », sous la direction de Hawes, puis en 1833 élève particulier de Walmisley. Il occupa ensuite différents postes d'organiste, à Londres, en dernier lieu (depuis 1843), celui de « Temple Ghurch », et rendit célèbres les exécutions musicales placées sous sa direction. H. a composé des anthems, des psaumes et d'autres morceaux religieux, mais il est surtout connu par ses travaux sur l'orgue : The organ, its history and construction (avec, en guise de préface, une histoire de l'orgue par Rimbault; 1855; 5e éd. 1887). H. publia encore, pour le compte de la « Musical Antiquarian Society », une nouvelle édition des madrigaux de John Bennet et de Weelke; il rédigea en outre la partie musicale de Temple church choral service. — Son frère, John, organiste à Rochester, né à Westminster en 1822, et son cousin, John-Larkin H„ organiste à Cambridge, né à Westminster le 25 nov. 1819, m. à Ventnor le 25 avr. 1873, écrivirent également des anthems, etc.

Hoplit, v. Pohl (Richard).

Hoquetus, v. Ogiietus.

Horâk, 1. Wenzel-Emanuel, né à Mcheno- Lobes (Rohême) le 1er janv. 1800, m. à Prague le 5 sept. 1871 ; élève de Ttirk et d'Albrechtsberger, à Vienne, fut directeur de chœur à Prague et jouit dans sa patrie d'une certaine renommée, comme compositeur de musique d'église. — 2. Les frères Eduard, né à Holitz (Bohème) en 1839, m. à Riva, sur les bords du lac de Garde, le 6 déc. 1892, et Adolf, né à Jankovic (Bohême) le 15 févr. 1850, créèrent à Vienne des écoles de piano («Horak'sche Klavierschulen ») dans lesquelles ils professèrent

eux-mêmes et qui parvinrent à une grande réputation locale (trois divisions : à Wieden, Mariahilf et Leopoldstaclt). Ils ont publié ensemble une méthode de piano, en deux volumes; Adolf seul: Die technische Grundlage des Klavierspiels , et Edouard, en collaboration avec Fr. Spigl : Der Klavierunterricht in neue naturliche Bahnen gebracht (1892; 2 vol.).

Horn. 1. Karl-Friedrich, né à Nordhausen en 1762, m. à Windsor le 5 août 1830; élève de Schrôter, arriva à Londres en 1782, et fut introduit dans la haute société, en qualité de professeur de musique, par l'ambassadeur de Saxe, le comte Bruni. Il devint même bientôt professeur de la reine Charlotte et des jeunes princesses (jusqu'en 1811), puis fut nommé, en 1823, organiste de la chapelle St-George, à Windsor. H. a publié : des sonates pour piano, douze thèmes variés pour piano et flûte ou violon, Militari/ divertimentos et une méthode de basse chiffrée; il donna en outre, en 1810, une édition du « Clavecin bien tempéré», de Bach (en collaboration avec Wesley). — 2. Charles-Edward, fils du précédent, né à Londres en 1786, m. à Boston le 21 oct. 1849; vécut d'abord pendant plusieurs années à Londres, comme chanteur et compositeur scénique, puis partit en 1833 pour New-York où, après avoir perdu sa voix, il se voua à l'enseignement et ouvrit un commerce de musique. Il donna, en 1842, un opéra : The maid of Saxony; vécut de nouveau, de 1843 à 1847, à Londres et se rendit ensuite à Boston où il devint directeur de la « Handel and Haydn Society ». On connaît de lui vingt-six opéras-comiques anglais (1810 à 1830) ; des oratorios : Le pardon des péchés (New-York), Satan (Londres, 1845), La prédiction de Daniel (ibid., 1848) ; une cantate : Christmas bells ; des « canzonette » ; des glees; des mélodies, etc. — 3. August, né à Freiberg (Saxe) le 1er sept. 1825, m. à Leipzig le 23 mars 1893; élève du Conservatoire de Leipzig, s'est fait connaître par ses excellentes transcriptions de symphonies, d'opéras, etc., pour piano à quatre, à huit mains, etc. Il a luimême composé quelques morceaux d'orchestre, un opéra : Die Nachbarn (Leipzig, 1875), et des morceaux de piano, des lieder, des chœurs qui seuls, avec les transcriptions mentionnées plus haut, furent édités.

Horn (ail.), cor; Hornmusih, fanfare.

Hornemann, Johan-Ole-Emil, né à Copenhague en 1809, m. dans la même ville le 29 mai 1870,- compositeur de mélodies très populaire dans sa patrie (Der tappere Landsoldat). Son fils, Emil-Christian, né à Copenhague 17 déc. 1841, également compositeur de mélodies, vit à Copenhague où il dirige une école de musique.

Hornpipe, ancienne danse anglaise, ainsi nommée d'après un instrument qui n'est plus connu que de nom. Les compositeurs cultivèrent cette sorte de danse, surtout dans le courant du siècle dernier; elle était écrite en mesure à 3/2, ou aussi C dans le premier cas avec

une formule syncopée continue :

HOHNSTEIN — HUBER

* • fS> (5

etc.

dans le dernier avec le rythme : QJ |(

Hornstein, Robert von, né à Stuttgart le 8 déc. 1833, m. à Munich le 19 juil. 1890; élève du Conservatoire de Leipzig, fut professeur à l'Ecole rovale de Munich. Il a écrit des opéras: Adam und Eva et Der Dorfadvokat, de la musique pour les représentations de Was ihrwollt, de Shakespeare, et pour celle de Deborah de Mosenthal, ainsi que des lieder, des morceaux pour piano, etc.

Horsley, 1. Wilhelm, né à Londres le 15 nov. 1774, m. le 12 juin 1858; fondateur du club «Goncentores Sodales» (1798 à 1847; analogue au « Catchclub » et au « Gleeclub»), devint en 1800 bachelier es musique (Oxford), et fut organiste de diverses églises de Londres. Il a publié : cinq cahiers de glees, quarante canons, des chants d'église et des interludes, des sonates, des morceaux pour piano, des mélodies, etc.; il a aussi préparé l'édition des Glees, de Galcott (avec biographie et analyse), et rédigé la nouvelle édition des Cantiones sacrae, de Byrd. — 2. Charles-Edward, fils du précédent, né à Londres le 16 déc. 1822, m. à New-York le 28 février 1876; élève de son père et de Moscheles à Londres, plus tard de Hauptmann à Cassel, et finalement de Mendelssohn, à Leipzig, il vécut longtemps à Melbourne (Australie), puis dans l'Amérique du nord. Parmi ses compositions, les oratorios suivants sont connus, pour avoir été exécutés dans des festivals de musique, etc., en Angleterre : Gideon, David et Joseph ; il a écrit en outre une ode : Euterpe (soli, chœur et orchestre), la musique pour Cornus, de Milton, des œuvres pour piano, etc. Il a paru, du même auteur, après sa mort, un Text-book of Harmony (1876).

Horwitz, Benno, né à Berlin le 17 mars 1855; élève de l'Académie royale de musique, puis de Kiel et d'Alb. Becker, violoniste et compositeur (musique de chambre, lieder, chœurs, compositions vocales de grandes dimensions).

Hostinsky, Ottokar, musicographe et esthéticien, né à Martinores, en Bohême, le 2 janv. \x\~t : suivit les cours du Gymnase de Prague, puis se mil à élndier d'abord le droit, puis la philosophie, à Prague, et, de 1867 à 1868, à Munich. 11 prit l'année suivante son grade de docteur en philosophie, à Prague, puis vécut à Salzbourg et à Munich, parcourut en 1876 toute l'Italie, .ntra en 1877 comme privat-docent pour l'esthétique et l'histoire de la musique à l'Université de Prague, et fut nommé enfin, en 1884, professeur d'esthétique. Il a publié: une petite biographie de M. Wagner, en langue bohôme(1871), puis Vas Musihalisch-Schone und das Gesamtkunstwerk vom Standpunkt der formalen /Esthetik (1877, en allemand), Die Lehre von den musikalischen Klœngen (1879, eu all.i. Ueber die Enivoickeiung und'denjetzigen Stand der isrhrclùschen Oper (1880), et Ueber th. /;• ■ ?. .>/,*,,,, der praktischen Ideen

Herbarts fur die allgemeine JEsthetih (1883). Gomme harmoniste, H. se déclare partisan des progrès les plus récents, dans la connaissance de la nature de l'harmonie (Hauptmann, Helmholtz, von Œttingen, etc.).

Hothby (Hothobus, Otteby, Fra Ottobi), Johannes, compositeur et théoricien du xve s., d'origine anglaise, m. à Londres au commencement de nov. 1487, vécut de 1467 à 1486, comme maitre très estimé au couvent des carmélites de St-Martin, à Lucca. Son traité Calliopea leghale (en italien) a été reproduit dans « l'Histoire de l'harmonie » de Goussemaker, et un second traité De proportionibus et cantu flgurato, etc., dans les « Scriptores, III » du même ; deux autres traités Ars musica et Dialogus, ainsi que des essais moins importants, ont été conservés en manuscrits (Florence). Le Père Martini a laissé une copie de quelques compositions à trois voix, du même auteur. Cf. Kirdienmus. Jahrbuch, 1893 et A.-W. Schmidt, Hotlibys « Calliopea légale », 1897 (dissertation inaugurale).

Hotteterre, Louis, surnommé LeBomain, musicien de la chambre (flûtiste) à la cour de Louis xiv et de Louis xv, descendant d'une famille française d'excellents musiciens (son père, Henri H., était musicien de la chambre, luthier très habile et virtuose sur la musette), a écrit ; Principes de la flûte traversière ou flûte d'Allemagne, de la flûte à bec ou flûte douce et du haut-bois (sans date, probablement 1699 ; plusieurs fois édité et imité, publié en hollandais, sous le titre : Grondbeginselen over de behandeling van de dioars-fluiten ( 1728) ; Méthode pour la musette (1738) ; L'art de préluder sur la flûte traversière, sur la flûte à bec, etc. (1712; 2e éd. sous le titre : Mèlhodepour apprendre, etc., 1765); de plus, toute une série de morceaux, sonates, duos, trios, suites, rondes (chansons à danser) et menuets pour flûte.

Hoven, J., pseudonyme de Vesque von Pùttlingen (v. ce nom).

Hrimaly, Adalbebt, compositeur et chef d'orchestre bohème, né à Pilsen le 30 juil. 1842; élève du Gonservatoire de Prague, devint grâce auxleçonsde M.Mildner,un excellent violoniste; il remplit depuis les fonctions de chef d'orchestre à Gotenburg (1861), au Théâtre national bohème à Prague (1868), au Théâtre allemand de la même ville (1873) et, à partir de 1875, â Gzernowitz en Bukowine. Son opéra Le prince enclianté est une des pièces du répertoire du Théâtre national bohème, à Prague.

Hubay, v. Huber 3 et 6.

Huber, 1. Félix, m. à Berne le 23 févr. 1810, célèbre poète et compositeur de lieder (ScJtweizer lieder, Lieder fur eidgenossische Krieger, Lieder fur Schweizer Jûnglinge, etc.). — 2. Ferdinand, né le 31 oct. 1791, m. à St-Gallle 9 janv. 1863, fut aussi un compositeur suisse de lieder très apprécié.— 3. Karl (Hubay), né à Varjas (Hongrie) le 1er juil. 1828, m. à Budapest le 20 déc. 1885, comme professeur de violon et chef d'orchestre au Théâtre national de cette ville, a écrit des opéras : Szekler Màdchen

Page 1