‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 228 sur 542 · IMPERFECTION · texte numérisé non relu

IMPERFECTION

fort versé dans les branches diverses de l'art musical, les premières leçons de musique et de violon. En 1854. il entra à Ste-Barbe, à Paris, pour y achever ses études littéraires, et prit des leçons de violon de Faucheux, puis de Rich. Hammer. Bien qu'entré très tôt dans la carrière administrative, I. se livra avec ardeur à l'étude de l'art musical, en compagnie d'amis et d'artistes de valeur (L.Mesnard, Chabrier, etc., etc.). Il parcourut l'Italie, l'Allemagne, la Belgique, la Hollande et rapporta de ses voyages des matériaux et des documents qui servirent de base à ses critiques d'art. Car I. ne s'est pas occupé de musique exclusivement, il a étudié l'art sous ses manifestations les plus diverses, et c'est ce qui donne justement à ses travaux de critique musicale un intérêt spécial et une valeur générale que l'on ne saurait trop apprécier. C'est en 1886 qu'I. débuta dans la critique musicale, pâlies premiers «Profils de musiciens», parus •dans 1' « Indépendance musicale », dirigée par E. Thomas. Il a collaboré depuis lors successivement à « La musique populaire », « La Revue •d'art dramatique », « La Liberté », « La Revue d'art ancien et moderne », « The Musician » (de Londres), etc., et publié une série d'ouvrages dont voici les titres -.Profils de musiciens ; Symphonie ; Nouveaux profils de musiciens ; Portraits et études ; Etude sur Joli. Brahms ; Profils d'artistes contemporains; Rembrandt et Wagner («Du clair-obscur dans l'art»); Charles Gounod, — l'Autobiographie et les Mémoires. I. est actuellement rédacteur du Guide musical, auquel il a réservé la primeur d'une grande partie de ses écrits, et dont il a fait, avec M. Kufferath, une revue internationale de l'art musical.

Imbroglio (ital.), désignation de certaines complications rythmiques qui troublent le sentiment de la mesure, ex. :

Imitatif, contrepoint, v. contrepoint, imitation et canon.

Imitation (ail. Nachahmung). L'i. est l'une des lois fondamentales qui régissent la forme, dans l'art musical. De même que, dans l'architure, un chapiteau, une rosace et, en fin de compte, tout l'édifice artistique d'une cathédrale résulte de la mise en œuvre d'un nombre restreint de motifs, de même, en musique, un thème nettement dessiné, une phrase entière apparaissent dans la règle comme le résultat de la répétition d'un petit nombre de courts motifs (v. ce mot). La répétition n'est, il est vrai, pas une simple reproduction, comme cela se présente fréquemment dans l'architecture où la rosace ou le chapiteau sont formés de huit ou de quatre parties toutes égales, où des douzaines de colonnes, de tourelles, de fenêtres, etc.

ont les mêmes dimensions ; on a, plutôt que l'égalité, une similitude plus ou moins frappante, plutôt que la répétition, l'imitation. Gomme la forme musicale est régie par un grand nombre de lois esthétiques simultanées, l'i. apparaît sous des aspects très variés. Le motif mélodiquerythmique peut être reproduit exactement, mais il peut aussi subir une transformation par les changements de l'harmonie qui l'accompagne, ou bien. être répété fidèlement mais avec une accentuation différente (surtout lorsque celle-ci concordait avec celle de la mesure), ou encore être reproduit sur un autre degré de l'échelle tonale, etc. Ce dernier mode, retour du motif sur divers degrés, est de beaucoup le plus fréquent; il a donné naissance soit aux formes artistiques consacrées du canon et de la fugue (v. ce mot), soit aux rosalies (v. ce mot) condamnées comme marques de dilettantisme ou de vulgaire métier. A l'époque de la grande floraison (xve ou xvr8 s.), l'art de l'i. s'était développé à un point incroyable, malheureusement trop souvent aux dépens de l'expression et de la sonorité (cf. Néerlandais). Quoi qu'il soit rare qu'un compositeur bien stylé renonce aux combinaisons imitatoires qui se présentent à son imagination, l'i. n'est plus aujourd'hui, même chez des maîtres tels que Lachner, qu'un accessoire intéressant, non pas, comme autrefois, la racine ou le but d'une œuvre d'art. Les formes principales de l'i. sont : 1. l'i. en mouvement parallèle, 2. l'i. en mouvement contraire (renversée), 3. l'i. par augmentation, 4. l'i. par diminution ; chacune des deux dernières formes peut en outre se combiner avec chacune des deux premières. Les contrapontistes du xve au xviie s. faisaient aussi usage de l'i. rétrograde (lat. cancricans, un jeu d'esprit sans grande valeur, en ce sens qu'il est impossible à l'auditeur de reconnaître une i. rétrograde) et de toute une série d'amusettes analogues (suppression des silences ou des notes de courte durée [noires] du motif, lecture rétrograde ligne par ligne, etc.).

Immyns, John, (date et lieu de naissance inconnus) m. à Cold Bath Fields (Londres) le 15 avr. 1764; fut d'abord avocat, en même temps qu'excellent joueur de flûte, de violon, de gambe et de piano, mais dut quitter le barreau pour avoir trahi le secret professionnel et devint copiste de l'Académie et scribe du Dr Pepusch. Il fonda en 1741 la « Madrigal Society » et devint un connaisseur et un collectionneur distingué de musique ancienne. Enfin, en 1752. il fut nommé luthiste de « ChapeJ Royal », après avoir appris à jouer du luth à l'âge de quarante ans passés.

Imperfection (lat. imper fectio), 1. Valeur binaire d'une note, dans la musique proportionnelle (v. ce mot). Cette valeur était d'un usage régulier, lorsque la mesure imparfaite (mensura imperfecla) était indiquée par un signe de mesure, mais elle apparaissait aussi dans certains cas spéciaux, lorsque la mesure parfaite {mensura perfecta) était indiquée au début du morceau. Toute note d'un morceau à divisions

1MPETUOSO

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