TUBA
Les i. à vent n'ayant ni trous, ni clefs, ni I pistons, ni système analogue, ne peuvent produire des sons différents qu'au moyen d'attaques (intromission de l'air) différentes. Dans un i. sans anche, plus la tension des lèvres sera grande, plus la pression de l'air sera forte, plus aussi le son, emprunté à la série des harmoniques naturels de l'i., sera aigu; dans uni. à anche, ainsi que dans les flûtes, la position des lèvres n'est à ce point de vue que d'une importance secondaire, et la production des différents
INTAVOLARE — INTERPRÉTATION HARMONIQUE
sons de l'échelle harmonique dépend uniquement du degré de force de la pression. Mais -comme l'échelle naturelle ne se compose que d'un nombre très restreint de sons, imparfaitement suffisants pour l'exécution de musique artistique, on eut l'idée de raccourcir la colonne d'air en pratiquant des trous sur différents points du tuyau. Il va sans dire que ces trous •doivent être bouchés ou non, suivant que l'on ■désire utiliser telle ou telle longueur de la colonne d'air. Ce système est actuellement en usage pour tous les i. à vent en bois. Par contre, on emploie de nos jours, pour les i. de cuivre, presque exclusivement le système opposé, consistant à allonger le tuyau de l'i. au moyen de tubes supplémentaires qui, au repos, ne communiquent pas avec le tube principal, mais peuvent être mis en communication avec lui par un mécanisme très simple, régi par l'instrumentiste (piston, cylindre). Cf. cependant, au mot cor, le système de « pistons indépendants » d'Ad. Sax. Dans le trombone à coulisse, l'allongement du tuyau s'obtient (comme l'indique le nom de l'i.) au moyen d'un système à coulisse. Cf., pour les différentes sortes de jeux d'orgue, jeux d'orgue.
III. Les i. a percussion (lat. instrumenta pulsatilia, percussa ; nommés aussi i. crousti- ■ques, du grec yçoveiv, frapper, bien que yçovtriç ■désigne aussi chez les Grecs le jeu des i. à cordes) se subdivisent en deux classes : 1. les i. à sons déterminés : timbales, cymbales et noles de l'antiquité et du moyen âge, carillons, glo-
•CKENSPIELE, XYLOPHONE; le TYMPANON ettOllteS les
espèces modernes de piano rentrent également ■en partie dans cette catégorie d'i., mais on les «lasse plutôt dans la catégorie des i. à cordes (percutées) ; 2. les i à sons indéterminés : tambours, TAMTAM, CYMBALES, TRIANGLE, CASTAGNET- TES, CLOCHETTES, etc.
Un certain nombre d'i., plus ou moins musi- •caux, ne peuvent guère se placer dans les catégories qui précèdent, ce sont : I'adiaphone, la harpe éolienne et son dérivé I'anémocorde, puis des i. dont l'existence fut très éphémère : Î'harmonica, le clavicylindre,1'euphonium et le pyrophone. D'autres i. encore sont exclusivement destinés aux expériences d'acoustique : le monocorde, le diapason et la sirène. Cf. tous les mots de cet article imprimés en petites capitales, et en outre, automatique.
Intavolare (ital.), signifie « mettre en tablature », c.-à-d. transcrire une oeuvre de la notation ordinaire ( proportionnelle ) dans la notation spéciale autrefois en usage pour l'orgue, pour le luth. etc. Cf. tablature.
Integer valor (notarum), signifie, dans la musique proportionnelle, le mouvement moyen, la valeur ordinaire des différentes espèces de notes, par opposition aux changements que subit cette valeur par la diminution, l'augmentation ou les proportions (v. ces trois derniers mots; la prolatio maior changeait aussi le mouvement). Les indications courantes de nos jours : allegro, adagio, etc. apparurent seulement vers l'an 1600, le métronome dans le cou-
rant du xvme s. ; on n'avait autrefois, par conséquent, aucune indication exacte de mouvement. L7. v. a considérablement varié depuis l'invention de la note proportionnelle (v. ce mot) jusqu'en 1600. autrement dit la brève avait au xme s. à peu près la même valeur que la minime au xvie s. et la semiminime (noire) à partir du xvne s. Michel Prsetorius (1618) fixait l'i. v. (durée moyenne) de la brève à Vio de minute environ, ce qui revient à dire que la noire équivalait à 80 du métronome Mâlzel ; or, cette durée peut bien être considérée aujourd'hui encore comme moyenne.
Interlude (lat. interludium), nom que l'on emploie plus particulièrement pour désigner le passage d'orgue qui relie deux versets d'un même choral.
Intermèdes (intermezzi), dénomination des divertissements musicaux qui, à la fin duxvies., en Italie, furent intercalés dans les représentations de tragédies, d'abord, puis dans celles des grands opéras (opéra séria). Les i. des divers actes n'avaient au début aucun lien quelconque entre eux, ils reposaient sur des histoires mythologiques différentes. Cependant, peu à peu, ces i. multiples donnèrent naissance à un intermède, autrement dit à une seconde action, plus ou moins gaie et comique, dont les fragments alternaient et formaient contraste avec ceux de l'action principale. La serva padrona, de Pergolèse, n'était pas autre chose qu'un intermède de cette sorte. Mais ce petit opéra d'un genre léger qui, d'une façon tout artificielle, avait pris naissance dans l'opéra sérieux, ne devait pas tarder à se détacher de lui : on eut Y opéra buffa. Au reste, les premiers i. n'étaient absolument pas conçus dans le stilo rappresentativo du drame musical florentin ; ils se composaient d'une série de madrigaux vocaux ou, parfois, transcrits pour un groupe d'instruments. Plus tard, le ballet-divertissement remplaça l'ancien intermède. De nos jours, l'unité de style des i. et de l'action principale est considérée comme une condition essentielle de la réalisation d'une œuvre d'art, et la seule forme que revêtent encore les i. (dans le drame) est celle des ballets, intercalés dans l'action, ou de la musique d'entr'acte.
Intermezzo (plur. intermezzi), c.-à-d. intermède (v. ce mot). Le titre d'i. a sans doute été choisi en premier lieu par Schumann, pour désigner une série de morceaux de piano (op. 4), étroitement unis entre eux; peut-être a-t-il voulu indiquer par là qu'il considérait cette œuvre comme simple intermède dans un programme de concert? Heller, J. Brahms et d'autres se sont aussi servi du mot i. comme titre.
Interprétation harmonique, notion de la théorie moderne de l'harmonie, relative à la signification spéciale que prend un son ou un intervalle, suivant l'harmonie à laquelle on le rapporte, dans le sens de laquelle il est « interprété » ; le son ut, par exemple, a une tout autre valeur pour le développement logique de la phrase musicale , suivant que je le conçois comme tierce de l'accord de la bémol majeur, ou