‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 236 sur 542 · JAELL · texte numérisé non relu

JAELL

chestre de i l'Euterpe» (1867-1869) et fut nommé, en 1871, maître de théorie, de composition, et plus particulièrement d'instrumentation au ( Sonservatoire royal de Leipzig. Tl est actuellement encore, avec Reinecke, le professeur le plus en vue de l'établissement ; l'Université de Leipzig lui a conféré en 1887 le titre de Dr phiL Jion. c. Il faut noter surtout parmi ses compositions, une sérénade pour orchestre, (op. 35), écrite en forme de canon, une sérénade pour piano (op. 8), des scènes de ballet pour piano à quatre mains (op. 58), et des duos vocaux, en forme de canons (op. 9, 36, 38, 43). Mais en tout J. a écrit plus de cent œuvres de tous genres , quatre symphonies, deux ouvertures, cinq sérénades, deux concertos de piano, trois trios avec piano, deux quintettes et un quatuor (op. 77) avec piano, deux quatuors pour instr. à archet, des préludes et des fugues pour piano, etc.; des œuvres pour chœur mixte et orchestre: Psaume G (à huit voix, alto solo, op. 60), Vergebung (avec soprano solo, op. 54), Verheissung (op. 55), Trostlied (avec orgue ad. lib., op. 65); pour chœur d'hommes et orchestre : An den Sturmvrind (op. 61); puis le Psaume XIII pour soprano, alto et orgue (op. 43), des motets, des ehœurs, des morceaux de genre pour piano, etc. En tant que théoricien, J. est un bon observateur: il a consigné le résultat de ses expériences dans l'enseignement, dans toute une série de manuels pratiques, dont l'ensemble forme un traité complet de composition: Lehrbuclt der Harmonie (1883, 3e éd. 1891 ; éd. franc, par Ed. Brahy, sous le titre Traité d'harmonie, 1893; \<~- éd. angl., 1892), Lehrbuch des Kontrapwnkts (1884, 2e éd. angl., 1892), BieLehre vom Kanon und von der Fuge (1884; éd. angl. L888), Die Formen in deya Werken der Tonhimst (1889; 2* éd. 1894), Lehrbuch der Instrumentation (1889); puisD?'e Kunst zu moduliren und zu praeludiren (1890), AUgemeine Musihlehre (1892), Elementarische Harmonielehre (1895). L'épouse de J., Hélène (m. le 31 déc. 1891), était un professeur de chant très estimé.

Jadin. 1. Loui.s-Kmma.nuel, né à Versailles ]<• -n Bept. 1768, m. à Paris en juil. 1853; fils d'un violoniste du roi, Jean J., était page de la musique de Louis XVI. Kléve, pour le piano, i frère Hyacinthe, il devint, en 1789, accompagnateur au Théâtre de Monsieur (jusqu'en 1792) al partie, (tendant la Révolution, de la musique de la Garde nationale, et composa pour elle des marches, des hymnes, etc., puis succéda en 1800 à son frère, comme professeur ••m Conservatoire. Il fut nommé en outre, en 1806, maître de chapelle du Théâtre Molière, et, en L814, gouverneur des pages de la musique du roi; il conserva ses fonctions jusqu'au moment où, en 1890, il put luire valoir ses droits à la retraite. J. esl l'auteur d'une quarantaine do petits opéras-comiques el d'opéras, représentés sur les divers théâtres de Paris: il a écrit, en outre, plusieurs chœurs patriotiques {Ennemis >/>■ tyrans-, Citoyens, levt z-vous; etc.). des symphonies, des ouvertures, des morceaux concer-

tants, des sextuors pour instr. à vent, des quintettes, quatuors et trios pour toutes sortes d'instruments, des concertos de piano, un morceau concertant pour deux pianos, des sonates, des morceaux pour piano, des romances, etc. — 2. Hyacinthe, né à Versailles en 1769, frère du précédent, nommé, en 1795, professeur au Conservatoire de Paris, mort en 1802; a écrit quinze quatuors et six trios pour instr. à archet, quatre concertos pour piano, cinq sonates de violon et cinq de piano, dont une à quatre mains.

Jaehns, Friedrich- Wilhelm, né à Berlin le 2 janv. 1809, m. dans la même ville le 8 août 1888 ; professeur de chant très recherché, à Berlin, dirigea de 1845 à 1870 une société chorale qu'il avait fondée et qui portait son nom. J. s'est acquis une réputation durable par l'enthousiasme qu'il manifesta pour Ch.-M. de Weber et dont les résultats furent précieux pour l'histoire et la littérature musicale. En effet, il collectionna avec un zèle infatigable tout ce qui, de près ou de loin, se rapportait à la personne de Weber ou à ses œuvres (imprimés, manuscrits, esquisses, lettres, etc.), et vendit, en 1883. cette importante collection à la Bibliothèque royale de Berlin, où elle est exposée à part. C'est d'après ces documents et de sérieuses études préparatoires, que J. écrivit deux ouvrages : K-M. von Weber in seinen Werken (1871), ce qui a été écrit de mieux sur Weber et, d'une manière générale, le meilleur catalogue thématique qui ait jamais été publié (œuvres par ordre chronologique, remarques, critiques excellentes, etc.), puis K.-M. von Weber (1873, esquisse biographique), et de nombreux articles de journaux. J. avait reçu, en 1849, le titre de « directeur de musique », il reçut en 1870 celui de « professeur », et enseigna la rhétorique, à partir de 1881, au Conservatoire de X. Scharwenka. Il suffit de mentionner parmi ses compositions un trio avec piano (op. 10) et des «chants écossais ».

Jaëll, Alfred, né à Trieste le 5 mars 1832, m. à Paris le 27 février 1882, fils d'un violoniste, Eduard J., qui jouissait d'un certain renom à Vienne et qui lui enseigna d'abord le violon, puis le piano. Il débuta comme pianiste, en 1843, au théâtre « San Benedetto », à Venise, parcourut ensuite une carrière très agitée de virtuose et changea fréquemment de domicile (Paris, Leipzig, Bruxelles, etc.); il eut partout du succès grâce à son jeu brillant, pur et flatteur plus que puissant ou émouvant. En tant que compositeur, J. n'a fourni que des paraphrases de concert et des morceaux brillants pour piano. Il avait épousé, en 1866, Marie Trautmann, une pianiste de grand talent qui voyagea avec lui, mais se fixa, après sa mort, définitivement à Paris. Mme Jaëll a acquis une excellente réputation comme pédagogue du piano; elle a publié, outre un certain nombre de compositions (concerto en ré majeur, quatuor avec piano, valses à quatre mains, etc.), des ouvrages intéressants, dans lesquels elle expose les résultats de ses expériences pédagogiques :

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