‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 249 sur 542 · KREUTZER · texte numérisé non relu

KREUTZER

juste valeur les «Folkunger», et Fr. Lachner, avec lequel il entretenait une correspondance active, et qui, à côté de Fétis, faisait partie du jury du concours de Bruxelles, eurent une influence décisive sur le développement du talent deK.

Kretzschmar, Aug.-Ferd.-Hermann, né à 01bernhau (Erzgebirge saxon) le 15 janv. 1849; reçut les premières leçons de musique de son père, qui était cantor et organiste, entra à l'école de la Croix, à Dresde (leçons de musique de J. Otto), puis fit des études de philologie à l'Université de Leipzig, et obtint, en 1871, le grade de Dr phil., en présentant son étude sur les notations musicales avant Guid'Arezzo. Il fut nommé la même année maître au Conservatoire, où il avait été auparavant l'élève de Paul, Richter, Papperitz et Reinecke. Il déploya en même temps une activité de directeur (« Ossian », « Singakademie », « Bach-Verein », « Euterpe ») telle, que, au bout de cinq ans à peine, il dut abandonner toutes ses places et se reposer un certain temps. Cependant, en 1876 encore, il accepta la place de chef d'orchestre du théâtre de Metz, et fut nommé, en 1877, directeur de musique de l'Université de Rostock où, trois ans plus tard, il devint en outre directeur de musique de la ville et sut en élever très rapidement le niveau musical. En 1887, l'Université de Leipzig lui offrit la succession de Hermann Langer, comme directeur de musique et chef de la société chorale universitaire « Paulus » ; il fut en outre nommé membre de la commission des examens théologiques, de la commission officielle des experts musicaux, du comité de direction de la « Bach-Gesellschaft » et enfin, en 1888, directeur de la Société chorale fondée par Riedel (jusqu'en 1897). Il reçut en 1890 le titre de « professeur », et fonda la même année les « Concerts académiques d'orchestre » (avec programmes historiques), qu'il dut cependant abandonner au bout de quelques saisons. Les quelques compositions que K. a publiées (pièces d'orgue, chœurs profanes et religieux) révèlent l'excellent musicien ; mais K. est de plus organiste de grand talent, critique (dans le « Musikalisches Wochenblatt », les « Grenzboten», etc.) et musicographe hautement estimé. Ses travaux littéraires les plus importants sont: Chorgesang, Sàngerchore, etc.; Peter Cornélius (tous deux dans la collection de Waldersee; Breitkopf et Hârtel); Fiihrer durch den Konzertsaal(S. vol. 1887 [2e éd. 1890], 1888, 1890), ouvrage très répandu; puis des études de valeur, dans les « Grenzboten » : Bas deutsche Lied seit ScJiumann, 1881; Die deutsche Klaviermusik seit ScJiumann) 1884; Brahms, 1884; et dans le « Jahrbuch der Musikbibliothek Peters» (1896): Ruckblich auf das Jahr 1896. K. a rédigé en outre une nouvelle édition de la « Théorie de la composition musicale » de Lobe (1884-87). Il travaille actuellement à une vaste monographie de l'opéra, dont il a publié un court fragment (sur l'opéra vénitien et, plus particulièrement Cavalli et Cesti) dans la « Vierteljahresschrift fur M.-W. » (1892).

Kreubé, Charles-Frédéric, né à Lunéville le 5 nov. 1777, m. dans sa villa, près de St- Denis, en 1846 ; élève de Rod. Kreutzer, fut, de 1816 à 1828, premier chef d'orchestre de l'Opéra-Comique, à Paris, et n'écrivit, de 1813 à 1828, pas moins de seize opéras comiques.

Kreutzer, 1. Rodolphe, né à Versailles le 16 nov. 1766, m. à Genève le 6janv. 1831 ; fils d'un violoniste de la chapelle royale, il devint luimême, sous la direction de son père puis d'Ant. Stamitz, un excellent violoniste et écrivit à l'âge de treize ans, avant d'avoir eu la moindre leçon de théorie, son premier concerto de violon. Trois ans plus tard, il perdit son père et lui succéda comme membre de la chapelle royale, puis, nommé en 1790 violon-solo de l'orchestre du Théâtre-Italien, il fit des relations qui lui valurent l'honneur de se voir jouer; son premier opéra, Jeanne a" Arc à Orléans, ouvrit en 1790 la série de près de quarante ouvrages qu'il écrivit jusqu'en 1823, soit pour l'Opéra, soit pour l'Opéra-Comique. La plupart de ces ouvrages trouvèrent un accueil favorable auprès du public, mais sont tous oubliés. Par contre, la gloire de K., comme virtuose et professeur de violon, est encore des plus brillantes. K. fut nommé, en 1795, professeur de violon au Conservatoire qui venait d'être fondé et acquit l'année suivante une renommée européenne, grâce à la tournée de concerts qu'il entreprit en Italie, en Allemagne, en Hollande etc. Lorsque Rode partit, en 1801, pour la Russie, K. prit sa place de violon-solo à l'orchestre de l'Opéra, puis il avança au rang de second (1816) et enfin de premier (1817) chef d'orchestre. 11 remplissait en outre, depuis 1802, les fonctions de virtuose de la chambre de Napoléon, puis, à partir de 1815, de Louis XVIII. K. prit sa retraite en 1826, mais les dernières années de sa vie furent attristées par le dédaigneux refus qu'adressa la direction de l'Opéra à sa demande de monter son dernier ouvrage : Mathilde. L'œuvre qui maintiendra le plus longtemps le renom de compositeur de K. est un recueil classique de 40 Etudes ou Caprices pour violon seul, dont il existe actuellement un nombre considérable d'éditions diverses ; mais K. a écrit en outre : dix -neuf concertos et deux doubles concertos pour violon, un pour violon et violoncelle, quinze quatuors et quinze trios pour instr. à archet, plusieurs sonates de violon avec basse chiffrée, des duos pour violons, des variations pour violon avec orchestre, pour deux violons, pour trio et pour quatuor. Il a publié, en collaboration avec Rode et Baillot, la grande Méthode de violon du Conservatoire de Paris. C'est à Rod. K. que Beethoven dédia sa sonate op. 47, pour piano et violon. — 2. Auguste, né à Versailles en 1781, m. à Paris le 31 août 1832; frère du précédent dont il fut l'élève au Conservatoire ; également violoniste et pédagogue remarquable, entra, en 1798, dans l'orchestre de l'Opéra-Comique puis fit partie, de 1802 à 1823, de celui de l'Opéra, tout en étant membre de l'orchestre de la Cour de Napoléon, Louis XVIII et Charles X (jus-

Page 1