KRIEGER
qu'en 1830). Il succéda en 1826 à son frère, comme professeur au Conservatoire. K. fit paraître, pour violon : deux concertos, deux duos, trois sonates avec basse, quelques soli et des thèmes variés. — 3. Charles-Léon-François, fils du précédent, né à Paris le 23 sept. 1817, m. à Vichy le 6 oct. 1868; critique musical spirituel mais rigoriste au delà de toute mesure, écrivit particulièrement pour «La Quotidienne », « L'Union », la « Revue et Gazette musicale i (en 1841, une série de bons articles sur L opéra en Europe), la «Revue contemporaine» (essai sur Meyerbeer). Il publia en outre, en 1845, sous le titre : Essai sur l'art lyricpAe au théâtre (jusqu'à Meyerbeer), un tirage à pari des articles qu'il avait écrit pour «l'Encyclopédie du xixe s.» de Fournier. K. était aussi bien doué pour la composition et il a publié des sonates pour piano, des quatuors et un trio pour instr. à arcbet, des romances, un prélude pour la Tempête de Shakespeare, ainsi qu'un Traité de la modulation; deux symphonies, deux opéras, etc., sont restés manuscrits. Cf. la notice biographique que lui a consacrée A. Pougin (1868). — 4. Konradin (Kreuzer, d'après son acte de baptême), né à Môsskirch, près Baden, le 22 nov. 1780, m. à Riga le 14 déc. 1849; (ils d'un meunier, n'en reçut pas moins de bonne heure des leçons de musique suivies. Il était primitivement destiné à la théologie, mais entra, en 1799, dans la faculté de droit de l'I université de Fribourg en B. et ne se voua à la musique qu'après la mort de son père (1800). Mais la même année déjà, le théâtre de Fribourg donna son premier «Singspiel» (petit opéra-comique): Die làcherliche Werbung ; l'auteur partit ensuite, avec l'intention de se iv n dre à Arienne, mais il s'arrêta plusieurs années à < lonstance, et ne devint qu'en 1804 élève d'Albrechtsberger, à Vienne. Son talent pour la composition porta bientôt de beaux fruits et son nom se répandit rapidement, après qu'ileut exécuté lui-même en public un concerto de sa composition. L'exécution de ses deux opéras: Konradin von Schwaben et Der TaucJœr fut empêchée, mais il remporta par contre de jolis succès avec ses petits opéras-comiques : Aesop i,i Phrygien 1 1S08) et Jery und Bœtely (1810). Enfin, Le théâtre de Stuttgart monta Konradin von Schwaben (1812), ce qui lui valut le poste de maître de chapelle de la Cour, en cette ville; il écrivil alors encore plusieurs opéras, mais accepta en I SI 7 la place de maître de chapelle ,l" prince de Fûrstenberg, à Donaueschingen. Il rentra à Vienne en 1822, y donna un nouvel ouvrage : Libussa, puis remplit pendant nombre d'années les fonctions de chef d'orchestre du théâtre de « Kârntnerthor » (1835, 1829-1832, 1837-1840); . ntre temps, de ls:',:; ;\ 1837, il remplit les mêmes fonctions au théâtrede «Joseph- Btadt». Dr L840 a L846, K. lui chef d'orchestre à Cologne, de 1846 a L849 de nouveau à Vienne, à la place d'O. Nicolaï, puis il accompagna sa tille Cécile à Riga, où elle riait engagée comme cantatrice d'opéra, et mourul dans cette ville. K. avait un talent mélodique naturel et un sens
très délicat des sonorités qu'il aimait belles plutôt que caractéristiques, mais l'élément de grandeur lui faisait entièrement défaut. Il a écrit en tout trente opéras, de la musique pour plusieurs ouvrages scéniques et un oratorio : Die Senduny Mosis, mais le Nachtlager in Granada (Vienne, 1834) et Der Verschioender se sont seuls maintenus au répertoire ; ses œuvres instrumentales aussi (septuor; quintette; quatuor avec piano; trois concertos de piano; des trios pour piano, flûte et violoncelle ; un autre pour piano, clarinette et basson; des fantaisies, des variations, etc.) et ses lieder sont tout à fait oubliés. Par contre, quelques quatuors pour voix d'hommes sont devenus populaires, dans la plus belle acception du mot, même en dehors de l'Allemagne (Der Tag des Herrn; Die Kapelle, etc.). Cf. Riehl, Musikalische Char àkter hop fe, I.
Kreuz (ail.), dièse.
Kreuzer, v. Keutzer 4.
Krieger, 1. Adam, né à Driesen (Nouv. Marche) le 7 janv. 1634, élève de S. Scheidt à Halle, m. à Dresde, où il était organiste de la Cour, le 30 juin 1666; a écrit des airs de une à cinq voix, avec ritournelles instrumentales, dont un parut en 1656, et seize autres, après sa mort, en 1667. — 2. Johann-Philipp, né à Nuremberg, le 2& févr. 1649, m, à Weissenfels le 6 févr. 1725; fut organiste à Copenhague (1665-1670), mais rentra à Nuremberg, sur le désir de ses parents, et remplit pendant quelques années, à partir de 1672, les fonctions de compositeur de la chambre et de maître de chapelle, à Bayreuth. Cependant, la guerre de France le priva de ses occupations, il parcourut, en congé, toute l'Italie, puis eut des postes plus ou moins définis à. Cassel, à Halle s /S, et devint, en 1685, maître de chapelle de la Cour de Weissenfels. L'empereur Léopold l'anoblit à l'occasion d'un concert de la Cour, à Vienne. K. a écrit des opéras pour Dresde, Brunswick et Hambourg; on a conservé de lui : vingt-quatre sonates pour deux violons avec une basse (op. 1, 1687; op. 2. 1693) ; Lustige Fetdmusik (morceaux pour quatre instr. à vent) ; Musikalische Seelenfriede (vingt airs religieux avec violon et basse, 1697; 2e éd. 1717).— 3. Johann, né à Nuremberg le 1er janv. 1652, m. à Zittau le 18 juil. 1735; élève et frère du précédent, auquel il succéda à Bayreuth, devint ensuite maître de chapelle de la Cour à Greiz (1678), puis quelque temps à Eisenberg, et finalement directeur de musique et organiste à Zittau (1681). On a de lui : Musikalische Ergot zlichkeit (1684, airs de cinq à neuf voix); Musikalische Partien (1697, dan-. ses pour clavecin); Anmutige Klavieriibungen (1699; préludes, fugues, ricercari, etc.); puis des motets et des parties de Messes dont la Bibl. de Berlin possède des manuscrits. K. avait la renommée d'un excellent contrapontisle — 4. Ferdinand, né à Waldershof (Haute-Franconie) le 8 janv. 1843, élève du séminaire d'Eichstâdt, puis du Conservatoire de Munich, est, depuis 1867, maître de musique à l'Ecole préparatoire de Ratisbonne ; il a publié : Die Ele-
KRIESSTEIN — KRUG
mente des Musikunterrichts (1869); Die Lehre der Harmonie nach einer bewàhrten praktischen Méthode (1870) ; Studien fur das Yiolinspiel; Technische Studien im Umfang einer Quinte fur das Piano fortespiel ; Der rationnelle Musikunterricht, Versuch einer musikalischen Pœdagogik undMethodik (1870).
Kriesstein, Melchior, imprimeur de musique du xvi° s., à Augsbourg, a fait paraître deux anthologies de Siegmund Salblinger : Selectissimœ nec non familiarissimœ cantiones ultra centum (1540) et Cantiones 7, 6 et 5 vocum (1545).
Krigar, Julius-Hermann, né à Berlin le 3 avril 1819, m. dans la même ville le 5 sept. 1880; fit d'abord des études de peinture et se décida en 1848 seulement à embrasser la carrière musicale. Il fréquenta le Conservatoire de Leipzig, puis s'établit à Berlin et s'y voua à l'enseignement; il fonda en outre une société de chant, dirigea pendant quelques années la «Neue Berliner Liedertafel » et fut nommé « directeur royal de musique» (1857), puis «professeur » (1874). Il ne publia qu'une petite partie de ses œuvres, des morceaux de dimensions restreintes. K. fit paraître en 1873-1874 un Musikerkalender , chez Bote et Bock, à Berlin.
Krisper, Anton, Dr phil. à Graz, auteur de : Die Kunstmusik in ihrem Prinzipe, ihrer Entwickelung und ihrer Konsequenz (1882, paru aussi sous le titre : Die Musihsysteme in ihren Prinzipien, etc.), étude historico-théorique très intéressante, basée sur les principes harmoniques dualistes.
Kfizkowsky, Paul, compositeur notable de musique nationale tchèque et de musique d'église, né le 9 janv. 1820, m. à Brùnn le 8 mai 1885; était moine de l'ordre des Augustins et conseiller ecclésiastique archiépiscopal.
Kroll, Franz, né à Bromberg le 22 juin 1820, m. à Berlin le 28 mai 1877,- élève de Liszt, à Weimar et à Paris, vécut à partir de 1849 à Berlin, où il se fit entendre avec succès, comme pianiste. De 1863 à 1864, il enseigna le piano au Conservatoire Stern, mais une maladie nerveuse lui interdit tout travail pendant les dernières années de sa vie. K. s'est fait surtout connaître par une excellente édition critique du Clavecin bien tempéré, de J.-S. Bach (chez Peters et vol. XIV de l'édition de la «Bach-Gesellschaft), par un recueil intitulé : Bibliothek altérer und neuerer Klaviermusik (Dresde, Fûrstner, vers 1871), et quelques compositions originales.
Krolop, Franz, chanteur scénique (basse) de grand mérite, né à Troja (Bohème) en sept. 1839, m. à Berlin le 30 mai 1897; fit son droit à Prague et entra dans la carrière d'auditeur de l'armée, mais l'abandonna en 1861, pour se livrer à des études de chant scénique, sous la direction de Bichard Lévy, à Vienne. Il débuta à Troppau, en 1863, dans le rôle d'Ernani, et devint peu à peu l'une des basses les plus remarquables de l'Allemagne; il fut engagé successivement à Troppau, Linz, Brème, Leipzig et finalement Berlin où il fut, de 1872 jusqu'à
sa mort, l'un des membres les plus estimés du personnel de l'Opéra de la Cour. Son répertoire était d'une richesse extraordinaire, aussi K. remplissait-il avec beaucoup de talent, les fonctions de professeur de chant scénique, que lui avait confiées la direction de l'Académie royale de musique. K. avait épousé, en 1868, la cantatrice Vilma von Voggenhuber (v. ce nom).
Krommer, Franz, né à Kamenitz, en Moravie, le 17 mai 1760, m. à Vienne le 8 janv. 1831 ; excellent violoniste et compositeur, reçut en outre des leçons d'orgue, d'un oncle qui était « regens, chori » à Turin, et occupa un poste d'organiste avant, d'entrer comme violoniste dans la chapelle particulière du comte Styrum, à la Tour-Simon (Hongrie). Il devint ensuite directeur de chœur à Cinq-Eglises, maître de chapelle du régiment Caroly, puis partit pour Vienne en qualité de maître de chapelle du prince Gassalcovitch. La mort de ce dernier l'obligea à se vouer quelque temps à l'enseignement, jusqu'à ce qu'il eut obtenu la place d'huissier de la chambre, qu'il quitta enfin, en 1814, pour prendre le poste de maître de chapelle de la Cour, laissé vacant par la mort de Kotzeluch. La musique de chambre de K., et particulièrement ses soixante-neuf quatuors pour instr. à archet, est écrite avec grâce, avec aisance et même quelque originalité ; elle ne peut cependant parvenir à se faire apprécier à sa juste valeur, à une époque où Haydn, Mozart et Beethoven en écrivaient aussi. En plus des quatuors, K. a composé : dix-huit quintettes et un trio pour inslr. à archet, des duos pour violons, cinq concertos de violon, cinq symphonies, de la musique pour harmonie, des marches, etc., des concertos de flûte et de clarinette, des quatuors et des quintettes pour instr. à vent, et des morceaux concertants pour diverses combinaisons instrumentales. Cf. Biehl, Mus. Charahterkojjfe, I.
Kronach, Emanuel, v. Klitzsgh.
Krùckl (Krukl), Franz, Dt jur., chanteur scénique de mérite (baryton), né à Edlspitz (Moravie) le 10 nov. 1841 ; était déjà au service de l'Etat, lorsqu'il prit la décision de se vouer à la scène et se mit à travailler sous la direction de Dessoff. Il débuta, en 1868, à Brùnn, et appartint depuis lors au personnel des scènes de Cassel, Augsbourg (1871), Hambourg (1874), Cologne (1875), et de nouveau Hambourg (1876- 1885). Il devint ensuite professeur de chant au Conservatoire Hoch, à Francfort s/M., et prit finalement, en 1892, la direction du Théâtre de Strasbourg. K. est l'auteur de deux ouvrages de droit en matière de théâtre : Das deutsche Theater und sein gesetzlicher Schutz et Der Vertrag zwischen Direktor und Mitglied der deulschen Biihne (1889).
Krug, 1. Friedrich, né à Cassel le 5 juil. 1812, m. à Carlsruhe le 3 nov. 1892; fut chanteur scénique (baryton) et plus tard directeur de musique de la Cour, à Carlsruhe. Auteur de plusieurs opéras : Die Marquise (Cassel, 1843), Meister Martin der Kiif'er und seine Gesellen (Carlsruhe, 1845), Der Nachtwdchter (ibid.
KRIÏGER — KRUMPHOLTZ
1846). — 2. Dietrich, né à Hambourg le 25 mai L821, maître de musique en cette ville, m. le 7 avril 1880; a écrit un grand nombre d'œuvrettea faciles et mélodieuses, des études et une méthode pour piano. — 3. Arnold, fils et élève du précédent, né à Hambourg le 16 oct. 1840, fui en outre élève de Gurlitt, puis, en 1868, du Conservatoire de Leipzig. Il obtint l'année suivante le prix de la fondation Mozart et devint élève de Keinecke, de Kiel (1871) et, pour le piano, d'E. Frank. K. remplit, de 1872 à 1877, les fonctions de professeur de piano au Conservatoire Stern, puis, avec la bourse de la fondation Meyerbeer, se rendit de 1877 à 1878, en [talie et en France. Il vit depuis lors à Hambourg et y dirige une société chorale mixte qu'il a fondée lui-même; il est en outre, depuis 1885, professeur au Conservatoire de Hambourg et directeur de la « Singakademie » d'Altona. K. est un compositeur agréable, évitant avec soin toute recherche d'effet extérieur. On peut noter parmi les œuvres qu'il a publiées : une symphonie; un prologue symphonique : Othello; une suite; Romanische Tànze, pour orchestre ; Liebesnovelle et ltalienische Reiseshizzen, pour orchestre d'archets, un concerto de violon ; Sigurd, pour chœurs, soli et orchestre; An die Hoffnung, pour chœur et orchestre; Italienisches Lieder spiel; un quatuor et un trio avec piano; des valses pour piano à quatre mains,- de la musique de piano* des lieder; des chœurs; un psaume, etc. — 4. Wenzel- Joseph (Krug-Waldsee), né à Waldsee (Haute- Souabe) le 8 nov. 1858, élève du Conservatoire de Stuttgart; devint directeur du « Neuer Singverein» de Stuttgart (1882-1889, chef des chœurs du Théâtre de Hambourg (1889-1892), puis chef d'orchestre du Théâtre de Brùnn. K. a publié des lieder, des chœurs et des œuvres chorales (mixtes) avec orchestre, fréquemment exécutées : Harold, Der Geiger zu Gmiind et surtout Kônig Rother, puis un opéra-comique en un acte : Der Prokurator von San Juan (Mannheim, 1893).
Krùger. 1. Eduard, théoricien musical, né à Lunebourg le 9 déc. 1807, m. à Gœttingue le 9 nov. lssr(; suivit les cours des gymnases de Lunebourg, Hambourg et Gotha, puis étudia la philologie à Berlin et à Gœttingue, mais travailla en même temps sérieusement la musique. Il l'ut d'abord, pendant longtemps, maître de gymnase puis directeur de séminaire à Em- <!' h > I à Aurich, rédigea ensuite la «Neue Hannoversche Zeitung», et fut appelé enfin, en 1861, à la chaire de sciences musicales de l'Université de Gœttingue. K. fut un des musiciens allemands les plus savants et les plus consciencieux; ses critiques (dans: «Gœttinger gelehrte Anzeigen») et ses comptes rendus de nouveautés musicales (« Neue Berliner Musikzeitung», «AU g. m us ikalische Zeitung») sont écrits ave,- une science et une exactitude de renseignements très rares de nos jours. Ses ouvrages, également, Boni le résultai de patientes recherches el d'eflforts de pensée considérables: Grundriss der Metrih (1838), Beitràge
fur Leben und Wissenschaft der Tonkunst (1847), Musikalische Briefe aus der neuesten- Zeit (1870), et, plus particulièrement encore, System der Tonkunst (1866) ; on connaît aussi de lui un grand nombre de brochures, parmi lesquelles sa thèse de doctorat: De musicis Grœcorum organis circa Pindari tempora (1830). Quelques-unes de ses compositions seulement ont été gravées. — 2. Wilhelm, né à Stuttgart en 1820, m. dans la même ville le 17 juin 1883; fils de Gottlieb K. (flûtiste virtuose, musicien de la chambre royale de Wurtemberg, né à Berlin en 1790), pianiste de talent et compositeur de musique de salon, pour piano, élégante et parfois même caractéristique, dans la meilleure acception du mot. Il vécut, de 1845 à 1870, à Paris, et depuis lors de nouveau à Stuttgart où il fut nommé pianiste de la Cour et professeur au Conservatoire. Son frère — 3. Gottlier, né en 1824, m. à Stuttgart le 12 oct. 1895, était un harpiste virtuose distingué et fit partie de l'orchestre de la Cour, à Stuttgart.
Kruis, M.-H. van, né à Oudewater le 8 mars 1861, reçut les première leçons de piano de son père, puis devint, en 1877, élève de Nicolaï, à La Haye. Il fut nommé, en 1881, organiste et directeur de musique à Winterswyk, se rendit trois ans plus tard à Rotterdam, où il devint organiste et professeur à l'Ecole de musique, et y fonda, en 1886, un organe mensuel : Het Orgel. K. a composé des pièces pour piano et pour orgue, des chœurs, huit ouvertures, trois symphonies et un opéra hollandais : De blœm van Island. Il s'est fait connaître aussi comme écrivain par un aperçu d'histoire musicale : Beknopt Overzieht der Muziehgeschiedenis (1892).
Krummhorn (ail.), cromorne.
Krumpholtz, 1. Johann-Baptist, illustre harpiste virtuose, né à Zlonitz, près Prague, vers 1745, m. à Paris le 19 févr. 1790; fut élevé à Paris où son père était chef de musique d'un régiment français. Il donna des concerts à Vienne, en 1772, et s'y établit comme maître de son instrument ; de plus, il fit partie, de 1773 à 1776, de la chapelle du prince Esterhazy, et reçut des leçons de composition de Haydn. Entre temps, sa renommée s'était répandue et il put entreprendre une grande tournée de concerts à travers l'Allemagne et la France. Il épousa à l\letz une de ses élèves, Mlle Meyer, excellente harpiste, et se rendit à Paris où il remporta de vrais triomphes, surtout après que, sur ses indications, Nadermann eut construit des harpes avec pédales pour le forte et le piano (sourdine). Ce fut aussi K. qui donna à Erard l'idée de la harpe à double mouvement. L'infidélité de sa femme, qui prit la fuite en compagnie d'un jeune homme, le mit dans un tel désespoir, qu'il se noya dans la Seine. Ses œuvres pour harpe (six concertos; cinquante-deux sonates; variations; quatuors avec violon, alto et violoncelle; duos pour harpes; symphonies avec deux violons, flûte, deux cors et violoncelle, etc.) n'ont pas perdu toute leur valeur. — 2. Wenzel, frère du précédent, né vers 1750, en-
KRUSE — KUFFERATFÎ
tra en 1796 dans l'orchestre de l'Opéra de la Cour, à Vienne, et fut lié d'amitié avec Beethoven, m. le 2 mai 1817. Beethoven dédia à sa mémoire le « Chant des moines», et l'on a de lui-même : Abendunterhaltung, pour violon solo, puis Eine Vierlelstunde fur eine Yioline.
Kruse, Johann-S., violoniste, né à Melbourne (où son père avait émigré de Hanovre) le 23 mars 1859, entra en 1876 dans la classe de Joachim, à l'Académie royale de musique, à Berlin, et devint plus tard concertmeister de l'orchestre philharmonique, en même temps que maître de violon à l'Académie royale. Joachim le choisit, à la mort de De Ahna, comme second violon de son quatuor. Il remplit ensuite, à partir de 1892, les fonctions de concertmeister, à Brème, et vient d'être engagé, à la suite de ses succès de virtuose, comme premier violon du quatuor d'instr. à archet des « Concerts populaires du lundi », à Londres.
Kucharcz, Jean-Baptiste, né à Chotecz (Bohême) le 5 mars 1751, m. après 1815; organiste distingué, élève de Seegerts, à Prague, fut d'abord organiste de l'église St-Henri, puis de la Collégiale de Strahow (1790) et enfin, chef d'orchestre de l'Opéra italien (1791), à Prague. K. était un compositeur estimé de pièces d'orgue, d'opéras, de ballets, etc. ; ce fut lui qui rédigea les premières réductions pour piano des opéras de Mozart et qui écrivit les récitatifs pour la «Flûte enchantée».
Kùcken, Friedrich- Wilhelm, né à Bleckede, près Hanovre, le 16 nov. 1810, m. à Schwerin le 3 avril 1882 ; fils d'un paysan, reçut les premières leçons de musique d'un beau-frère de son père, Lùrss, l'organiste de la Cour de Schwerin, puis fit partie de l'orchestre de la Cour, à Schwerin, et y joua successivement divers instruments. Mais à cette époque déjà il attira l'attention sur lui par la publication de quelques mélodies qui, grâce à leur simplicité, devinrent très vites populaires (le lied populaire de la Thuringe : Ach wie wâr's moglich dann) et lui valurent le poste de maître de musique des jeunes princes. En 1832, K. se rendit à Berlin, afin d'y travailler sous la direction de Birnbach, et y fit représenter un opéra : Die Flucht nack der Schweiz, dont le succès fut durable. Le jeune auteur alla cependant étudier encore à Vienne (Sechter, 1841), puis à Paris (Halévy, 1843); mais tout son zèle ne parvint pas à l'élever au-dessus du niveau des productions d'un art facile et flattant les goûts de la foule. K. accepta en 1851 l'appel qui lui était adressé de Stuttgart, en qualité de chef d'orcheste de la Cour, à côté de Lindpaintner, puis seul, après la mort de ce dernier; il donna sa démission en 1861 et se retira à Schwerin. Le nombre des œuvres, surtout des lieder et des duos de K. est considérable, et plusieurs sont devenus très populaires en Allemagne ; mais il faut noter aussi : un opéra, Der Pr détendent (Stuttgart, 1849); des sonates de violon et de violoncelle; des quatuors pour voix d'hommes, etc.
Kudelski, Karl-Mathias, né à Berlin le 17
nov. 1805, m. à Baden-Baden le 3 oct. 1877 : violoniste dans un quatuor (1830), puis maître de chapelle d'un prince russe (1893), à Dorpart, il fut ensuite chef d'orchestre au Théâtre impérial de St-Pétersbourg (1841-1851), puis vécut longtemps à Baden-Baden. K. est l'auteur d'un traité de composition, d'un concerto de violoncelle, d'un autre de violon, de trios et de quatuors pour instr. à archet.
Kufferath, 1. Johann-Hermann, né à Mûhlheim s/Buhr le 12 mai 1797, m. à Wiesbaden le 28 juil. 1864 ; violoniste de talent, élève de Spohr et de Hauptmann à Cassel, devint en 1823 directeur de musique à Bielefeld, puis, en 1830, directeur de musique de la ville d'Utrecht, professeur de chant à l'Ecole de musique et directeur de plusieurs sociétés de musique. K. a puissamment contribué au développement musical de la ville d'Utrecht, et ne se retira qu'en 1862 à Wiesbaden. Il a écrit plusieurs cantates de fête , des ouvertures, des motets, etc., et publié, en 1836, une méthode de chant à l'usage des écoles (couronnée par la Société de musique des Pays-Bas). — 2. Louis, né à Miihlheim le 10 nov. 1811, m. dans les environs de Bruxelles le 2 mars 1882, frère du précédent; pianiste, élève de Fr. Schneider, à Dessau, fut ensuite, de 1836 à 1850, directeur de l'Ecole de musique de Leeuwarden, en même temps que des sociétés: « Euphonia-Crescendo » et «Tôt nut van t'algemeen» puis «Groote Zang vereeniging» qu'il avait fondé lui-même. Il s'établit en 1850 à Gand et s'y voua entièrement à la composition et à l'enseignement. On a de lui : une Messe à quatre voix, avec orgue et orchestre ; 250 canons ; une cantate, Artevelde ; une quantité de pièces de piano; des mélodies; des chœurs, etc. — 3. Hubert-Ferdinand, né à Mùhlheim le 11 janv. 1818, m. à St-Josse-ten- Noode, près Bruxelles, le 23 juin 1896; frère des précédents, travailla de 1833 à 1836 sous la direction de Fr. Schneider encore, à Dessau, puis sous celle de Mendelssohn et de David, à Leipzig. Il fut d'abord, de 1841 à 1844, directeur du « Chœur d'hommes» de Cologne, puis s'établit en 1844 à Bruxelles où il professa, de 1872 jusqu'à sa mort, le contrepoint et la fugue, au Conservatoire royal. K. était un excellent pédagogue et forma un grand nombre d'élèves remarquables ; il a publié : une symphonie, un quatuor, un trio, des chœurs, des mélodies, diverses pièces pour piano, et une Ecole de choral très répandue en France et en Belgique. Ce fut lui qui nota et harmonisa les concertos de violon de de Bériot. — 4. Maurice, fils et élève du précédent, né à Bruxelles le 8 janv. 1852, étudia aussi le violoncelle sous la direction des deux Servais, mais entra ensuite à l'Université et y fit du droit et de la philologie. En 1873, L'Indépendance belge l'invita à entrer dans la rédaction (politique extérieure), et il devint en même temps rédacteur en chef, plus tard aussi propriétaire du Guide musical qui est. devenu, sous son impulsion, le meilleur organe musical progressiste de langue française. K. est du reste ardent partisan du pro-
KUFFXER — KUHNAU
grès musical et défend ses opinions avancées, dans de nombreux et intéressants articles («Guide musical», «Rivista musicale Italiana», etc.) et dans des ouvrages dont voici les principaux: Lart de diriger l'orchestre, Rich. Wagner et H. Richter, la 9' symphonie de Beethoven: Henri Vieuxtemps, sa vie, son œuvre; Hector Berlioz et Schumann ; Le Théâtre de Richard Wagner, de Tannhœuser à Parsifal (essais de critique littéraire, esthétique et musicale; 5 vol. parus jusqu'à présent; l'ouvrage le plus complet et le mieux documenté que la littérature française ait fourni sur ce sujet); enfin, un rapport sur les instruments de musique à l'Exposition de Bruxelles (1880). K. a fourni aussi des traductions de fragments d'ouvrages et de lettres de Wagner, de poèmes de mélodies de Wagner, Brahms, etc. (en partie sous le pseudonyme : Maurice Reymont). Sa sœur cadette, Antonia, élève de Stockhausen, se lit connaître très avantageusement, comme interprète de lieder (Brahms); elle a épousé, à Francfort s/M., Ed. Speyer, compositeur de lieder connu. — 5. Friedrich- Wilhelm, pianiste et compositeur, pédagogue apprécié, m. à Cologne en avril 1885.
Kùffner, Joseph, né à Wurzbourg le 31 mars 1776, m. dans la même ville le 9 sept. 1856 ; a écrit sept symphonies, dix ouvertures, une quantité de morceaux pour musique militaire et musique d'harmonie, des quatuors pour instr. à archet, un concerto pour alto, un quintette pour tlùle et instr. à archet, des duos et des trios pour flûtes, des duos pour clarinettes, etc. Ce sont ses œuvres pour musique militaire qui ont eu le plus de succès.
Kugelmann, Hans, premier trompette du duc Âlbrecht de Prusse, a publié, en 1540, un recueil de chants religieux à trois voix, à l'usage des églises de Prusse, à la fin duquel il a ajouté, en manière de supplément, toute une série de chants artistiques de deux à huit voix. K. mourut en 1542. Cf., au sujet de l'importance de K. dans l'histoire du chant d'église : Winterfeld, Der evangelische Kirchengesang, I, p. 205. V. aussi les Monatshefte fur M.-G., VIII, p. 65 et suiv.
Kuhe, Wilhelm, né à Prague le 10 déc. 1823, élève <!<i Tomaschek, dans sa ville natale; pianiste et compositeur de gracieuses pièces pour piano, vit depuis fort longtemps à Londres, où il professe, depuis 1886, à la «Royal Academy
Of linisic .
Kuhlau, Friedrk m. né à Ulzen (prov.de Hanovre) le 11 Bept. I786,m. à Lyngbye, près Copenhague^ 12 mars L832; arriva a Hambourg vers 1800 (après un courl séjour à Brunswick) ei y travailla L'harmonie, nous la direction de Schwencke. A la tin «le 1810, il s'enfuit à Copenhague, pour échapper à la conscription française, <•) y reçut ru L818 Le titre de musicien <!<• La chambre royale (sans appointements); il enseigna alors le piano et la théorie, 1111 nommé, cinq ans plus tard, compositeur de •or (avec des honoraires), ei reçut, en L838, le titre de • professeur ». K. a écril pour Copen-
hague des opéras : Le château des brigands (1814), Elisa, Lulu, La harpe enchantée, Hugo et Adélaïde, puis une scène dramatique : Euridice, et la musique de Erlenhûgel (de Heiberg, 1828), et de SJtakespeare (deBoye, 1826) ; tous ces ouvrages furent accueillis avec une grande faveur et ne sont même pas tout à fait oubliés en Danemark. Ses autres œuvres se sont aussi en partie maintenues, à l'exception toutefois des lieder et des quatuors pour voix d'hommes, ce sont : trois quatuors pour flûtes ; des Trios concertants, duos, solos pour flûte; deux concertos de piano; huit sonates de violon,- des sonates et des sonatines pour piano à deux et à quatre mains ; des rondos, variations, divertissements, danses, etc. Les sonatines comptent aujourd'hui encore parmi les contributions les plus précieuses à la littérature de piano, à l'usage des commençants (op. 55, 20 et 59). Cf. K. Thrane, Fr. Kuhlau (pour le centenaire de sa naissance, 1885). Un parent de K., Friedrick K., violoncelliste apprécié, mourut à Copenhague en août 1878.
"Kùhmstedt, Friedrich, né à Oldisleben (Thuringe) le 20 déc. 1809, m. à Eisenach le 10 janv. 1858; était destiné à la carrière théologique, mais s'enfuit, à l'âge de dix-neuf ans, du gymnase de Weimar, et fut pendant trois ans élève de K.-H. Rinck, à Darmstadt, pour la composition. Il dut par contre abandonner son projet de devenir pianiste-virtuose, à la suite d'une paralysie delà main gauche. Après avoir vécu quelque temps à Weimar, en qualité de maître de musique, K. fut nommé, en 1836, maître au séminaire d'Eisenach, puis reçut le titre de « directeur de musique » et enfin celui de « professeur ». Il a écrit des oratorios (Auferstehung ; Triumph des Gôttlichen) ; une Messe à quatre voix, avec orchestre; des motets ; des chœurs religieux et profanes ; des lieder; des concertos; des rondos de piano, etc; mais tout est tombé dans l'oubli. Quelques ouvrages, plutôt didactiques, ont conservé par contre une certaine valeur : Gradus ad Parnassum (préludes et fugues, destinés à servir de préparation aux œuvres de piano et d'orgue de J.-S. Bach); de nombreuses compositions pour orgue (préludes, postrudes, fugues, double fugue de concert, Fantasia eroïca, etc.); Die Kunst des Vorspiels fur Or gel (op. 6); Theoretisch—prahtische Harmonie-und Ausvceichungslehre (1838; à l'usage des autodidactes).
Kuhnau, Johann, né à Neugeising (Saxe) le 6 avril 1660, m. à Leipzig le 5 juin 1722; était élève de l'Ecole de la Croix et soprano de lachapelle du Conseil, à Dresde, mais dut fuir la peste en 1680 et se réfugier dans son village natal. Alors qu'il était encore au Gymnase, il remplaça temporairement le cantor de Zittau, mais entra en 1682 à l'Université de Leipzig (philologie et droit) et succéda en 1864 à Kûhnel, comme organiste de St-Thomas, en 1701, à Schelle, comme directeur de musique de l'Université et cantor de St-Thomas. Ce fut J.-S. Bach qui lui succéda dans toutes ces fonctions.
KUHNER — KUMMER
K. n'était pas seulement excellent musicien, mais encore philologue et avait fait une étude spéciale du grec, de l'hébreu, etc. On a conservé les compositions suivantes, de K. : Neue Klavierubung (1689 et 1685 ; deux parties), Frische Klavierfrûchte oder sieben Sonaten vonguter Invention, etc. (1696) ; Musikalische Vorstellungen einiger biblischen Historien in sechs Sonaten auf dem Klavier zu spielen (1700). K. occupe dans l'histoire de la littérature du piano une place très importante, car ce fut lui qui adopta, le premier, au clavecin, la forme de la sonate de chambre en plusieurs parties ; il est juste d'ajouter, cependant, que le style n'a encore rien du « style galant » d'un Ph.-E. Bach. Les écrits de K. sont: Jura circa musicos ecclesiasticos (1688); Der Musikalische Quacksalber (1700, satire contre la musique italienne) ; puis deux ouvrages restés manuscrits : Tractatus de tetrachordo et Introductio ad compositionem musicalem.
Kùhner, Konrad, né à Markt-Streufdorf (princ. de Meiningen) le 2 mars 1851; élève du Conservatoire de Stuttgart, vit à Brunswick où il s'est établi comme professeur de piano. Auteur de : Die Technik des Klavier spiels ; romances et nocturnes pour piano ; Maria Stuart, poème symphonique.
Kuhreigen (ail.), ranz des vaches (v. ce mot).
Kujawiak, ou Gujawiak, danse polonaise, de Cujavie, analogue à la mazurka.
Kullak, 1. Theodor, né à Krotoschin (Posen) le 12 sept. 1818, m. à Berlin le 1er mars 1882 ; son père était secrétaire du tribunal, et lorsque, tout enfant, K. fit preuve de dispositions musicales remarquables, ce fut le prince A; Radziwill (v. ce nom) qui se chargea de surveiller son éducation et l'envoya travailler auprès de Agthe, à Posen, puis, lorsqu'il eut atteint sa onzième année, lui procura l'insigne honneur de se produire comme pianiste dans un concert de la Cour, à Berlin. Mais la mort du prince vint anéantir peu après tous les projets d'avenir ; K. entra au gymnase de Zûllichau, puis, en 1837, revint à Berlin, dans le but d'y faire des études de médecine. Il retrouva à Berlin son ancien maître Agthe, qui était devenu professeur et directeur d'un institut de musique, et, au bout de peu de temps, rentra dans la carrière musicale, donnant lui-même des leçons de piano, tout en travaillant l'harmonie sous la direction de Dehn. En 1842, K. alla continuer ses études à Vienne (Czerny, Sechter et Nicolaï), puis, Tannée suivante, entreprit une tournée de concerts en Autriche, dont le succès fut tel, qu'il reçut un appel de Berlin, en qualité de maître de musique de la princesse Anne, et peu après de tous les princes et princesses de la maison royale. Il reçut, en 1846, le titre de pianiste de la Cour. En 1850, K. fondait avec J. Stern et J.-B. Marx, le « Conservatoire berlinois» (plus tard « Cons. Stern»), mais il se retira de l'association au bout de cinq ans déjà, et créa la «Neue Akademie der Tonkunst» qui, en 1880, célébrait le vingt-cin-
quième anniversaire de sa fondation, avec cent professeurs et plus d'un millier d'élèves. Théodore K. ne fut pas seulement excellent pianiste, mais aussi pédagogue de tout premier rang (parmi ses élèves: Hans Bischoff, M. Moszkowsky, X. et Ph. Scharwenka, etc.); sa Méthode du jeu d'octaves (op. 48) est aujourd'hui connue de tous les pianistes. Ses Malerialen fur den Elementarunterricht (trois cahiers) et la partie pratique de la Méthode de piano de Moschelès et Fétis (deux cahiers ; complément aux études fournies par Moschelès) sont aussi des ouvrages de valeur. L'ensemble de ses œuvres, habilement écrites et sonores, mais sans originalité réelle, comprend 130 numéros ; ce sont pour la plupart des morceaux de salon ou de brillantes paraphrases, fantaisies, etc., mais K. a écrit aussi une sonate pour piano (op. 7), Symphonie de piano (op. 27), un concerto de piano (op. 55), trois duos pour piano et violon (op. 57, en collaboration avec R. Wuerst), Andante avec violon ou clarinette (op. 70), trio (op. 77), quelques lieder (op. 1 et 10) et une série de miniatures pour piano : Kinderleben (deux parties, op. 62 et op. 81). — 2. Adolf, né à Meseritz le 23 févr.l823,m. à Berlin le 25 déc. 1862; frère du précédent, élève du Gymnase du «Graues Kloster», à Berlin, prit ensuite son grade de Dr phil., mais ne tarda pas à se vouer entièrement à la musique (Agthe et Marx avaient été ses maîtres), collabora à la « Berliner Musikzeitung» et enseigna à l'Académie fondée par son frère. K. a publié quelques pièces pour piano, des lieder, etc., mais surtout deux ouvrages d'esthétique : Das Musikalisch- Schone (1858), Aesthetik des Klavier spiels (1861 ,* 2e éd. par Hans Bischoff, 1876 ; travail remarquable). — 3. Franz, Dr phii, fils de Théodore K., né à Berlin le 12 avril 1844 ; fut élève de l'Académie de son père, et, à la mort de ce dernier, en prit la direction, mais, en 1890, il licencia subitement tout son personnel et continua seul à enseigner le piano. K. a fourni de remarquables éditions des concertos classiques pour le piano et fait représenter un opéra de sa composi ion : Inès de Castro (Berlin, 1877).
Kummer, 1. Kaspar, né à Erlau, près Schleusingen, le 10 déc. 1795, virtuose sur la flûte, à partir de 1813, membre de l'orchestre de la Cour, à Cobourg, m. en cette ville le 21 mai 1870; a publié de nombreuses compositions pour flûte (concertos, quatuors et quintettes avec instr. à archet, duos, fantaisies, variations, etc., et une méthode de flûte. — 2. Friedrich-August, né à Meiningen le 5 août 1797, m. à Dresde le 22 mai 1879; fils d'un hautboïste de l'orchestre delà Cour de Meiningen, qui fut appelé ensuite à Dresde, en sorte que le jeune K. put étudier (en même temps que le hautbois) le violoncelle, sous la direction de Dotzauer. Aucun poste de violoncelliste n'étant en ce moment disponible, il reçut d'abord, en 1814, un poste de hautboïste et trois, ans plus tard seulement, celui de violoncelliste. K. ne tarda pas à se faire un excellent renom de vi Jtoncelliste à la fois vir-
DIGTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 28.
KUM MERLE
KUNZEN
tuose, quartettiste et pédagogue (Gosmann, J. Goltermann, etc. furent ses élèves). En 1864, K. célébra le cinquantième anniversaire de son entrée dans l'orchestre de la Cour, puis il prit sa retraite, mais resta encore professeur de violoncelle au Conservatoire. On a de lui des concertos, variations, divertissements et autres pièces pour violoncelle, une méthode de violoncelle et la musique de plusieurs drames. De même que son père et ses frères, ses fils et petits-fils devinrent d'excellents musiciens. Son petit-fils, Alexander K., né le 10 juin 1850, est un violoniste de talent, élève du Conservatoire df Loipzig: il vit actuellement en Angleterre.
Kùmmerle, Salomon, né à Malmsheim, près de Stuttgart, le 8 févr. 1838, m. à Samadenle 28 août 1896; entra en 1853 au séminaire d'instituteurs de ïempelhof, puis devint précepteur en même temps qu'organiste de l'Eglise allemande, à Nice ( 1860-1866 ). Il fut ensuite, successivement : maître de musique au séminaire d'institutrices de Ludwigsbourg ( Wurtemberg, 1867-1868), maître à l'Ecole supérieure des jeunes filles de Schondorf (Wurtemberg, 1869-1874), et professeur à l'Ecole secondaire de Samaden (Suisse, 1875-1890). K. a publié les ouvrages suivants: Musica sacra, chefs d'œuvre de musique d'église ancienne, particulièrement italienne (pour chœur d'hommes; deux parties, 1869-1870); Grabgesànge (pour voix d'hommes, 1869); Zionsharfe, recueil de lieder religieux, motels, etc., pour voix mixtes (deux parties, 1870-1871): Choralbuch fur evangelische Kirchenchore (300 morceaux à quatre et cing voix mixtes, des maîtres du xvie et du xvn°s. ; lre part. 1887, 2e part. 1889); Encgklopâdie der evangelischen Kirchenmusik (I" vol. 1888, IIe vol. 1890, 111° vol. 1893).
Kùndinger, 1. Georg-Wilhelm, né à Kônigshofen (Bavière) le 28 nov. 1800, devint cantor et directeur de musique de la ville à Nôrdlingen (1831), puis à Nuremberg (1838;, puis se retira pour cause de maladie et alla vivre à Fftrth. K. est l'auteur d'une quantité de morceaux de musique d'église. Trois fils de K. sont également musiciens : — 2. August, né à Kitziugen le 13 févr. 1827, violoniste et compositeur d'œuvres [tour violon, membre de l'orchestre de la Cour impériale, à St-Pétersbourg. :'». Ivanut, né le 11 nov. 1830, violoncelliste, l'ait partie, depuis 1849, de l'orchestre de la Cour, à Munich. — 4. Rudolf, pianiste et pédagogue distingué, né à Nï.rdlingen le 2 mai 1832 élève .le son père, et. pour la théorie, de Blumenrdder, partit en 1850 pour St-Pétersbourg, en qualité de maître de musique de la famille ■In baron Vietinghoflf, et se fit entendre chaque .innée dans les concerts de la Société impériale russe «le musique. Il fut nommé, en 1860, maître «le musique des enfants du grand-duc Constantin-Nicolaiévitch, et borna depuis lors --'"I activité ;'i L'enseignement du piano aux membres delà famille impériale, qui l'a comblé du reste de hautes distinctions honorifiques. £« abandonna, au bout d'une année à peine, un poste de professeur de piano que la direc-
tion du Conservatoire lui avait octroyé en 1879; parmi ses œuvres, un trio et quelques pièces pour piano seulement ont paru.
Kunkel, Franz-Josepiï, né à Diebourg (Hesse) le 20 août 1808, m. à Francfort s/M le 31 déc. 1880; recteur de l'Ecole communale et maître de musique du séminaire, à Bensheim, fit valoir ses droits à la retraite en 1854. K. est l'auteur d'œuvres vocales religieuses, de morceaux pour orgue, d'un recueil de chorals, etc., ainsi que de plusieurs écrits: Kleine Musiklehre; Die Verurtheilung der Konservatorienzu Pflanzschulen des musikalischen Prolétariats (1855); Kr'Uische Beleuchtung des K.-F. Weitzmannschen Harmoniesy stems ; puis Die neue Harmonielehre im Streit mit der alten- (1863).
Kuntze, Karl, né à Trêves le 17 mars 1817, m. à Delitzsch le 7 sept. 1883; élève de l'Institut royal de musique d'église, à Berlin (A.-W. Bach, Marx, Rungenhagen), organiste à Pritzwalk, fut nommé en 1852 « directeur royal de musique », puis devint organiste à Aschersleben (1858) et maître de musique au séminaire de Delitzsch (1873). K. s'est fait un nom, en Allemagne- par la publication de toute une série de lieder, duos, trios, quatuors, etc. humoristiques, pour voix d'hommes. Il a rédigé en outre la 3e éd. de Die Or gel und ihr Bau (1875), de J.-J. Seidel.
Kunz, Konrad-Max, né à Schwandorf (Haut- Palatinat bavarois) le 30 déc. 1812, m. à Munich le 3 août 1875; commença, à Munich, des études de médecine, tout en donnant des leçons de musique, pour gagner sa vie, puis se voua tout entier à la musique, dirigea la «Munchener Liedertafel» et devint, en 1845, chef des chœurs à l'Opéra de la Cour. K. est l'auteur d'un nombre considérable de quatuors pour voix d'hommes, hautement appréciés par les sociétés chorales allemandes (Elslein; Odin, der Schlachtengott, etc.). Il a écrit, en outre, une brochure satirique : Die Griindung der Moosgau- Bruderschaft Moosgrillia.
Kunzen, 1. Johann-Paul, né à Leisnig (Saxe} le 30 août 1696, m. à Lubeck, où il était organiste, le 20 mars 1757; avait été successivement maître de chapelle à Zerbst (1718), et directeur de concerts à Wittenberg (1719), puis vécut à Hambourg (1723-1732), avant de se fixer à Lubeck. Mattheson parle de K. comme de l'un des meilleurs compositeurs de son temps (plusieurs opéras pour Hambourg, une Passion, des cantates, des ouvertures, un oratorio: Belsazar, etc.). — 2, Karl-Adolf, fils du précédent, né à Wittenberg le 22 sept. 1720, m. à Lubeck au commencement de jii.il. 1781; fit sensation comme enfant prodige (pianiste) à,| l'âge de huit ans, en Hollande et en Angleterre, \ Il devint, en 1750, maître de chapelle à Schwerin, puis succéda à son père, en 1757, à Lubeck. K. a publié douze sonates pour le piano; ses autres œuvres, très nombreuses, sont restées [ manuscrites (symphonies; concertos de violon>| de flûte, de hautbois; oratorios; cantates, etc.). — 3. Friedrich-Ludwig-Amilius, fils du précé-l