‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 259 sur 542 · LASSO · texte numérisé non relu

LASSO

de directeur général de la musique de la Cour. L'Université de Iéna lui a conféré le titre de Dr. phil.hon. c. L. écrivit en outre deux opéras : L'éloge des femmes (1860); Le captif (Bruxelles, 1868) ; puis la musique pour les Niebelungen, de Hebbel ( douze morceaux caractéristiques pour orchestre); Œdipe à Colonne, de Sophocle ; Faust et Pandora, de Gœthe ; Ueber allen Zauber Liebe, de Calderon; deux symphonies; plusieurs ouvertures; des cantates (op. 56 : Die Kûnstler) ; Biblische Bilder (chant et orchestre) ; Der Schàfer putzte sich zum Tanz (soprano et orchestre) ; enfin, toute une série de mélodies très répandues et dont un certain nombre sont pourvues de textes français.

Lasso, 1. Orlando di (Orlandus Lassus), né à Mons (Hainaut), en 1530 ou 1532, m. à Munich le 14 juin 1594, occupe après Palestrina, la première place parmi les compositeurs du xvie s. Enfant de chœur de l'église St-Nicolas, à Mons, il fut enlevé plusieurs fois à cause de sa belle voix; enfin, en 1544, le vice-roi de Sicile, Ferdinand Gonzague, obtint de ses parents l'autorisation de l'emmener en Sicile et, plus tard, à Milan. Lorsque sa voix commença à muer, L. fut engagé par le marquis Giov.- Batt. d'Azzia, à Naples, puis, grâce à l'intervention du cardinal-archevêque de Florence, il fut appelé à succéder à Rubino, comme maître de chapelle de St-Jean-de-Latran, à Rome. Il conserva ses fonctions jusqu'au moment où il entreprit un voyage à travers la France et l'Angleterre, pour se rendre finalement à Anvers (1555; ce fut là que L. publia le livre I de ses madrigaux à quatre voix, en même temps que paraissait, à Venise, chez Gardane, le livre I de ceux à cinq voix), où il séjourna un certain temps. En 1556, le duc Albert V de Bavière le fit venir à Munich, comme membre de la chapelle de la Cour, dont il prit la direction au bout de cinq ans. L. remplit son mandat jusqu'à sa mort, mais les dernières années de sa vie furent attristées par un état de mélancolie maladive provenant d'un excès de fatigue cérébrale. L. fut le compositeur le plus fécond, non pas seulement du xvie s., mais peut-être de tous les temps; le nombre de ses œuvres dépasse en effet deux mille. Ses contemporains le plaçaient au-dessus de tous les autres maîtres et lui appliquaient les épithètes les plus flatteuses : « Prince de la musique », « Orphée belge », etc. Quant aux œuvres de L., elles ont bravé victorieusement les attaques du temps, et éveillent encore l'admiration des historiens et des musiciens actuels. R. Eitner a donné, comme supplément aux années V et VI des «Monatshefte fur Musikgeschichte », un catalogue, aussi complet que possible, des œuvres imprimées de L.; la Bibl. de Munich possède un très grand nombre d'œuvres manuscrites du même auteur (cf. le catalogue de J.-J. Maier, 1879). Tandis qu'Eitner indique le début de 46 Messes, la Bibl. de Munich renferme en plus les Messes manuscrites sur : Je suis deshéritée (à quatre voix), Triste départ (à cinq voix), On me l'a dict (à quatre voix),

LASSU

LAUBER

Jésus ist ein siisser Name (à six voix), Domine Dominus noster (à six voix), Si rore aënio (à cinq voix). Nous nous bornerons à mentionner ensuite quelques-unes des œuvres les plus importantes de L. : les « Psaumes de pénitence de David», pour le moins aussi connus que les «Improperia» de Palestrina (Psalmi Davidis pœnitentiales, imprimés en 1584; réédités en partition, par Dehn, en 1838; le manuscrit [1500-1570], luxueusement orné de miniatures, se trouve à Munich); Patrocinium musices (1573-1576, 5 vol.), publication imprimée avec luxe, aux frais du duc de Bavière, et richement ornée, renferme : I 21 motets, II 5 Messes, III Offices, IV Passion, Nocturne, etc., V

10 Magnificat. L. n'a pas écrit moins de 100 Magnificat (qui parurent réunis, imprimés pour la première fois ou simplement réimprimés, en 1619, sous le titre : Jubilus Bealae Virginis), environ 1200 motets, cantiones sacrae, etc. (le Magnum opus musicum, de 1604, en contient à lui seul 516), sans compter les chansons, madrigaux, lieder allemands, etc., qui parurent en nombre considérable, chez des éditeurs italiens,- allemands, français et néerlandais (en éditions originales ou en simples réimpressions). Le style de L. apparaît comme un progrès notable sur celui de Josquin, d'Obrecht, etc., dans le sens de la clarté harmonique, et, bien que l'écriture en imitations et sur un « cantus lirmus » soit encore pour lui la règle, ce maître peut être considéré comme un des grands précurseurs de notre époque moderne. L'aisance avec laquelle il traite les formes diverses de la Messe, du motet, etc., d'une part, du madrigal, de la villanelle, de la chanson, etc., d'autre part, dénote un talent d'une universalité absolument étonnante. Diverses œuvres de L. ont paru, en partition, dans les anthologies de Proske, Gommer, Rochlitz, Dehn, Expert (Maîtres musiciens de la Renaissance française, I), etc., et la maison Breitkopf et Haertel a entrepris, en 1894, la publication d'une édition critique (Ad. Sandberger, Fr.-X. Haberl, etc.) complète des œuvres de L., qui désormais prendront place à côté de celles de Palestrina. Cf. sur la vie et Les m -Livres de L., les ouvrages de : Delmotte (18536; éd. ail. par Dehn, 1837), Mathieu (1838), Kisl (1841), Baeumker (1878), Ad. Sandberger (Beilràge zur Gesckichte der bayrischen Hofhapelle unter Orlando Lasso, vol. I, 1893; vol.

11 1894; vol. III, 1™ partie 1895), Destouches, Orlando di Lasso, Ein Lebensbild (1894), et J. de Glèves, Roland deL., sa vie et ses œuvres (1894). De plus, K. Van der Straeten a publié des lettres de L. (1891). — 2. Ferdinand, tils aîné du précédent! m. â Munich, où il était maître de chapelle de la Cour,le27 août 1609; a publié un volume de motels (Cantiones sacrae suavissihine, 1587), et, en collaboration avec son frère Rodolphe, le Magnum ojms nmsicum de son père. — 3. Rudolf, second fils d'Orlando <li L., organiste en même temps que maître <!«■ chant et de composition de la chapelle de la Cour, à Munich (à partir de

1587), m. en 1625; a publié: Cantiones sacrae (1606, à quatre voix), Circus symphoniacus (1609), Moduh sacri ad sacrum convivium (1614, de deux à six voix), Virginalia eucharistica (1616, à quatre voix), Alphabetum Marianum (1621, cinquante-sept antiennes). La Bibl. de Munich renferme, en outre, les manuscrits de trois Messes et de trois Magnificat. — 4. Ferdinand, petit-fils d'Orlando di L., fils de Ferdinand, fut envoyé à Rome, en 1609, par le duc de Bavière, pour qu'il y compléta son éducation musicale. Il reçut ensuite, en 1716,1e poste de maître de chapelle de la Cour, mais fut congédié en 1629, et n'obtint en compensation qu'un poste de fonctionnaire. Il mourut en 1636. On n'a conservé qu'un très petit nombre de ses œuvres, écrites pour la plupart à double chœur, de huit à seize voix, suivant le mode très répandu en Italie, au début du xviie s.; lui-même n'a fait paraître qu'un recueil de motets à huit voix, pour double chœur : Apparatus musicus.

LaSSU, V. CZARDAS.

Latilla, Gaetano, né à Bari (Naples) en 1713, m. en 1789 environ; élève de Gizzi, à Naples, remporta de bonne heure des succès avec ses opéras, et fut nommé, à la fin de 1738 déjà, second maître de chapelle de Ste-Marie-Majeure, à Rome. Mais une maladie grave et tenace l'empêcha de remplir ses fonctions, il donna sa démission en 1741 et retourna vivre à Naples, afin d'y rétablir sa santé. Il fut appelé en 1756, comme professeur de chant au Conservatoire «délia Pietà», à Venise, et occupa, en outre, à partir de 1762, le poste de second maître de chapelle de l'église St-Marc; cependant', à la suite d'un refus d'augmentation de son traitement, il rentra définitivement à Naples en 1772, et y professa avec succès jusqu'à la fin de ses jours. L. était l'oncle de N. Piccini. On connaît les titres de 36 opéras de L., composés presque tous pour les scènes de Naples et de Venise; ce fut Orazio (Rome, 1738, et ailleurs) qui obtint le plus de succès. L. était au fait un des meilleurs compositeurs scéniques de Naples ; il a écrit aussi d'excellente musique d'église et un oratorio.

Laub, Ferdinand, violoniste virtuose de renom, né à Prague le 19 janv. 1832, m. à Gries, près Bozen, le 17 mars 1875; élève de Mildner, au Conservatoire de Prague, succéda d'abord, en 1853, à Joachim, en qualité de concertmeister, à Weimar. Il fut ensuite professeur de violon au Conservatoire Stern (1855-1857), à Berlin, où il devint concertmeister de l'orchestre de la Cour, et virtuose de la chambre royale (1857-1864). Enfin, après de longues tournées de concerts, il fut nommé professeur de violon au Conservatoire de Moscou, et concertmeister de la Société impériale de musique russe ; mais la maladie l'obligea à se retirera Carlsbad d'abord (1874) puis à Gries, près de Bozen. i L. n'a publié que quelques morceaux de violon.

Lauber, Joseph, né à Ruswil (canton de Lu»| cerne) le 25 déc. 1864; avait à peine cinq ans

LAUDES — LAVIGNAG

lorsque ses parents allèrent se fixer à Neuchâtel et, comme il montra de bonne heure des •dispositions remarquables pour la musique, ■devint successivement élève de Gust. Weber (Zurich), puis de Rheinberger (Munich). De retour à Neuchâtel, il se voua à l'enseignement ■et à la composition, produisant avec une rapidité inouïe les œuvres les plus diverses : mélodies, chœurs pour voix de femmes avec et sans accompagnement, trio pour piano, violon et violoncelle, quatuor pour instr. à archet, morceaux divers pour orchestre, etc. Cependant il «'accorda plus tard quelques mois de répit qu'il alla passer à Paris, comme auditeur des -cours de composition de Mâssenet; il en rapporta une Suite française, pour orchestre, et ■écrivit dès lors : des cantates : Sapho (soli, chœur de femmes, orchestre, 1893); Wellen und Wogen (soli, chœur mixte et orchestre, 1895) ; un oratorio, Weltendcimmerung ; trois symphonies (dont deux ont été exécutées, 1894 et 1896); des poèmes symphoniques : Sur l'Alpe; Chant du soir, Le vent et la vague ; des chœurs pour voix d'hommes et orchestre : En mer, Ode patriotique; un concerto pour piano et orchestre; un quintette pour piano et instr. à archet (sur des mélodies populaires suisses); des pièces pour piano (Croquis alpestres, etc.) ; des mélodies sur des textes français et allemands, etc. L. qui est un pianiste de talent, a donné pendant plusieurs années, à Neuchâtel, des séances de musique de chambre fort intéressantes. Il vient d'élire domicile à Zurich, où il a cependant refusé la situation qui lui était offerte au Conservatoire, afin de vouer tout son temps à la composition.

Laudes (lat.; ital. Laudi), chants de louanges {hymnes, motets de facture très simple). Cf.

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