‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 266 sur 542 · LESLIE · texte numérisé non relu

LESLIE

et les premières du xvne s., l'un des maîtres qui, en 1592, présentèrent leurs hommages à Palestrina, en lui dédiant un recueil de psaumes à cinq voix. L. a publié : cinq livres de madrigaux à cinq voix (1588, 1595 [2], 1598, 1602) ; un livre de motets de deux à quatre voix, avec basse continue (1606, 1608 ; 2e éd. sous le titre Sacri fiori, 1609, 1611); Omnis psalmodia solemnitatum 8 vocum (1613) ; enfin Prima parte delV aurea corona, ingemynata d'armonici concerti a 10 con 4 voci e 6 instromenti (1615). On trouve en outre des morceaux détachés de L., dans Triomfo di Dori (1596) de Gardane, Promptuarium de Schade, Florilegium Porteuse de Bodenschatz et diverses autres anthologies.

Leonowa, Daria, cantatrice russe remarquable (alto), née dans le gouvernement de Tver en 1825 ; entra à l'âge de treize ans à l'Ecole impériale d'opéra, à St-Pétersbourg, et débuta cinq ans plus tard, au Théâtre Marie, dans le rôle de Vania de la « Vie pour le tzar» (Glinka). Elle fut pendant longtemps l'une des premières cantatrices de St-Pétersbourg et chanta tout le répertoire national (« Bousslan et Ludmilla », « Rogneda », « William Ratcliff », « Boris Godounow », « La jeune iille de Pskov », etc.) ;de plus, elle se fit connaître en dehors de son pays, dans de longues tournées de représentations. Elle entreprit même, entre autres, le tour du monde, en 1874.

Le Roy, v. Ballârd.

Lesage de Richée, Philipp-Franz, luthiste virtuose et compositeur, élève de Mouton, a publié en 1685 (à Breslau?) un Kabinet der Lauten, recueil de 98 pièces réparties en douze suites ; ces pièces comptent parmi les meilleurs spécimens de la littérature du luth qui, comme on le sait, servit de modèle au style français de clavecin. Cf. « Monatshefte fur M.-G. », 1889, N°l.

Leschetitzki, Théodore, pianiste et pédagogue de piano de renom, né à Lemberg en 1831, de parents polonais, fut pendant nombre d'années professeur de piano au Conservatoire de St-Pétersbourg, mais abandonna en 1878 cette situation et s'est voué depuis lors à l'enseignemest privé, à Vienne. Il épousa, en 1880, l'une de ses élèves, A. Essipoff (v. ce nom) mais se sépara d'elle, en 1892, pour épouser enfin deux ans plus tard, en troisièmes noces, une autre de ses élèves, MlleBenislawska. L. a publié des pièces pour piano élégantes, d'une jolie couleur et produisant de l'effet; un opéra de sa composition,!)^ erste Faite, s. été représentéà Prague (1867), à Wiesbaden (1881), etc. avec succès. A noter, parmi les meilleurs élèves de L. : Paderewski, Mme Blomfield-Zeisler, etc.

Leslie, Henry-David, directeur de talent et compositeur notable, né à Londres le 18 juin 1822, m. à Londres le 4 févr. 1896; fut d'abord violoncelliste dans l'orchestre de « Sacred Har-J monic Society », puis devint, en 1847, secré taire de 1' « Amateur Musical Society » dont il prit plus tard (1855) la direction, jusqu'au moment de sa dissolution. De plus, L. fonds

LESSEL — LE SUEUR

en 1855 une société chorale a cappella qui parvint à une grande renommée et obtint la plus haute récompense au concours international de 1878, à Paris. En 1864, L. avait été placé à la tête du « National Collège of music », mais ce conservatoire fut supprimé au bout de quelques années d'existence. Les œuvres de L. sont : un opéra, Ida (1864), une opérette, Romance or Bold Dick Turpin (1857); deux oratorios (Immanuel, 1853 ; Judith, festival de Birmingham de 1858); plusieurs cantates (Holyrood, 1860 ; The daughter of tlce isles, 1861) ; un anthem de fête, Let God avise; Te Deum et Jubilate (1846); une symphonie (1847) et une ■ouverture : The templar (1852).

Lessel, Franz, compositeur, néàPulawy, en Pologne, vers 1790, m. à Petrikoff en mars 1889 ; son père, qui était directeur de musique •du prince Czartoryski, l'envoya à Vienne pour y faire des études de médecine, mais le jeune étudiant travailla en même temps la musique avec Haydn et ne tarda pas à se vouer entièrement à l'art. Haydn l'estimait beaucoup, en sorte que L. ne le quitta pas jusqu'à sa mort. En 1810, L. rentra en Pologne, chez les Czartoryski, mais après que la révolution de 1830 les eut chassés de leurs terres, il mena une vie «errante et romanesque. L. était maître de gymnase à Petrikoff, lorsqu'il mourut, dit-on, de chagrin. Quelques sonates et fantaisies pour piano furent seules gravées, sur l'ensemble de ses compositions.

Lessmann, W.-J.-Otto, né à Rùdersdorfer Kalkberge, près Berlin, le 30 janv. 1844, élève de A.-G. Hitter à Magdebourg et plus tard de H. de Bùlow (piano), Kiel (composition) et Teschner (chant) à Berlin. Après avoir été, pendant deux ans, précepteur chez le comte Bruhl, à Pfôrten (il fut alors en relations avec A.-W. Ambros, à Prague), il devint professeur au Conservatoire Stem d'abord (1866) puis à l' « Ecole de piano » de Tausig (qu'il remplaça à partir de 1867 et où il resta jusqu'à la mort -de ce dernier, en 1871), à Berlin. L. fut ensuite, pendant quelque temps seulement, directeurpropriétaire d'une « Ecole de musique », puis fut nommé, en 1872, directeur de l'enseignement musical à l'Institution de l'impératrice Augusta, ■à Charlottenbourg. Il a rempli en outre, pendant un certain temps, les fonctions de professeur de chant, au Conservatoire Scharwenka, et y professe actuellement un cours de pédagogie -du piano. L. a composé un grand nombre de lieder, etc. fort bien venus, mais il est surtout •connu comme l'un des meilleurs critiques musicaux de l'Allemagne. Il a acheté, en 1881, Y Allgemeine Musik-Zeitung et en a fait l'un des premiers périodiques musicaux d'avant-garde 4e l'Allemagne.

Lesto (ital.), rapide, agile ; lesto lesto, très rapide.

Le Sueur, Jean-François, né à Drucat-Plessiel, près Abbeville le 15 l'évr. 1760 (ou, d'après •Chouquet, le 15 janv. 1763), m. à Paris le 6 oct. 1837 ; le « précurseur de Berlioz » dans le domaine de la musique descriptive, fut enfant

de chœur à Abbeville et plus tard à Amiens, où il entra en même temps au lycée. En 1779, interrompant ses éludes secondaires, L. prit la place de maître de chapelle de la cathédrale de Séez, mais il l'échangea au bout de six mois déjà contre celle de second maître de chapelle de l'église des Saints-Innocents, à Paris ; il eut à ce moment des leçons d'harmonie de l'abbé Boze. Avec l'esprit instable et ambitieux qui le caractérisait déjà, L. ne pouvait se contenter d'une situation de subordonné, aussi le voyons-nous occuper successivement les postes de maître de chapelle des cathédrales de Dijon, Le Mans et Tours puis, en 1784, celui de premier maître de chapelle de l'église des Saints-Innocents et enfin, en 1786, de Notre- Dame, à Paris. Il était du reste protégé par des musiciens tels que Gossec, Grétry et Philidor. L. parvint à faire engager un grand orchestre à Notre-Dame et écrivit dès lors Messes, motets, etc. avec accompagnement d'orchestre, poulies services divins ; il alla même jusqu'à faire précéder l'une de ses Messes d'une grande ouverture instrumentale qui fit sensation et autour de laquelle s'élevèrent de vives discussions, dans le monde ecclésiastique et musical. L. crut devoir lui-même défendre ses principes, dans un Essai de musique sacrée ou musique motivée et méthodique (1787) et,lamême année encore, à la suite d'une riposte anonyme à ce premier, dans un second manifeste, intitulé : Exposé d'une musique une, imitative et particulière à chaque solennité. L'orchestre fut réduit malheureusement en 1787 déjà et L. demanda son congé. Et comme, au même moment, son opéra Télémaque lui était refusé par la direction de l'Opéra, il se retira à la campagne, à Champigny, pour y calmer son humeur chagrine et se vouer exclusivement à la composition il y resta de 1788 à 1792, pendant que sévissaient dans Paris toutes les horreurs de la Bévolution. En 1793 enfin, onle vit réapparaître à Paris, où il donna successivement au Théâtre Feydeau, trois opéras : La caverne, Paul et Virginie (1794) et Télémaque. Lors de la fondation du Conservatoire, L. reçut un des postes d'inspecteur et fut élu membre de la Commission des études ; il prit part alors, avec Méhul, Langlé, Gossec et Catel, à la rédaction des Principes élémentaires de musique et des Solfèges du Conservatoire. Mais un second conflit ne tarda pas à surgir et devait se terminer pour L. plus désagréablement encore que le premier. La direction de l'Opéra, préférant la « Sémiramis » de Catel, venait de refuser les ouvrages (Ossian [ou Les Bardes] et La mort d'Adam) que lui avait soumis L. C'en était trop pour ce dernier ; il ouvrit une violente campagne (Lettre à Gaillard sur l'opéra de la Mort d'Adam, 1801) qui dégénéra finalement en une attaque dirigée contre le Conservatoire (Projet d'un plan général de l'instruction musicale en France, 1801) et le fit congédier, en 1802, de son poste d'inspecteur. L. se vit ainsi plongé dans un état voisin de la misère et la lutte fut âpre, jusqu'au jour où, en 1804, Napo-

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