AUVERGNE — B
quent, le son cesserait aussitôt après le passage de la pointe, on a remplacé celle-ci par une sorte d'arc en fil de fer i qui tient la
soupape ouverte aussi longtemps qu'on le désire et dont la longueur se règle d'après la durée de la note. Les cartons perforés qui remplacent ce système décrochent, comme dans les nouveaux carillons, une mécanique à ressort. Dans l'orgue mécanique, la manivelle tourne beaucoup plus vite que le rouleau, car elle doit, tout en mettant celui-ci en mouvement, gonfler alternativement les deux soufflets. Le plus grand instr. a. est I'orchestrion, un orgue d'assez grandes dimensions, composé de jeux à bouche et de jeux à anche, avec poids, engrenage et rouleau coupillé (a -f- d). L'ariston, I'hérophon et le manopan ont, par contre, une manivelle et des cartons perforés (en forme de rubans dans le manopan); tous trois ont des anches semblables à celles de l'harmonium (b -f d -f- f). Les pièces à musique suisses (à manivelle ou à ressort) sont munies d'un rouleau, tandis que tes nouvelles pièces allemandes (symphonions) ont des feuilles de métal rondes et perforées (patente Lochmann). Le jeu du piano mécanique (orgue-piano), orphée, de Paul Ehrlich, repose sur un système analogue.
Auvergne, Antoine d', né à Clermont-Ferrand le 4 oct. 1713, m. à Lyon le 12 févr. 1797, fils et élève d'un violoniste, arriva à Paris en 1739, y fut nommé violoniste à l'Opéra et s'éleva petit à petit jusqu'à la charge de surintendant. A. fit représenter, de 1752 à 1771, onze opérascomiques et ballets; Les troqueurs (1753), en un acte, sont un des premiers véritables opérascomiques français (avec dialogue parlé).
Ave (Ave Maria), salut de l'ange Gabriel à Marie, lors de l'annonciation, sujet de prédilection des compositeurs de musique d'église; le texte complet de l'A. comprend outre le salut de l'ange, les paroles d'Elisabeth à Marie puis une prière à la sainte Vierge.
Aventinus, Johannes, historien bavarois, de I son vrai nom Joh. Turmair, avait pris le nom d'A. d'après sa ville natale Abensberg (Bavière), né le 4 juil. 1477, m. le 9 janv. 1534; écrivit les Annales Bojorum qui, en ce qui concerne la musique, ne doivent être utilisées qu'avec pré-
caution et après comparaison avec des annales antérieures. Les Musicœ rudimenta admodum brevia, etc. ont été publiés, non pas écrits, par lui ; Nikolaus Faber en est l'auteur.
Avison, Charles, né à Newcastle sur la Tyne en 1710, m. en 1770; étudia en Italie et à Londres sous la direction de Geminiani, fut organiste dans sa ville natale à partir de 1736 et publia un traité de peu de valeur, An essay on musical expression (1752), qui fut fortement attaqué par W. Hayes, ainsi que quelques œuvres pour orchestre et de la musique de chambre. A. édita avec J. Garth, en 1757, fes psaumes de Marcello, avec texte anglais.
Ayrton, 1. Edmond, né à Ripon en 1734, m. en 1808; fut pendant nombre d'années maître des enfants de chœur de la Chapelle royale, à Londres, et écrivit de la musique d'église (deux services complets du matin et du soir, un certain nombre d'anthems). — 2. William, fils du précédent, né à Londres en 1777, m. en 1858; critique musical distingué, membre de sociétés musicales à Londres, pendant un certain temps membre du Comité de la Société philharmonique, à diverses reprises chef d'orchestre du théâtre royal et, comme tel, favorisant spécialement la reprise des opéras de Mozart. A. rédigea, de 1832 à 1834 (avec Clowes) un journal de musique mensuel : Harmonicon, ainsi que deux anthologies musicales pratiques : Musical library (1834, 8 vol.), et Sacred Minstrelsy (2 vol.).
Azevedo, Alexis- Jacob, musicographe français, né à Bordeaux le 18 mars 1813, m. à Paris le 21 déc. 1875; fut d'abord collaborateur de la France musicale et du Siècle, puis rédacteur d'un journal fondé par lui, La critique musicale, qui n'eut pas longue vie, et enfin, après avoir encore quelque peu collaboré à la Presse, devint feuilletoniste àl' Opinion nationale (1859- 1870). A. était un adorateur passionné de Rossini et de l'école italienne et les critiques qu'il infligeait aux œuvres d'un autre genre n'étaient rien moins qu'amères. Il s'érigea aussi, dans plusieurs brochures, en défenseur de la réforme de la notation (notation chiffrée) proposée par Chevé.
Azione sacra, (ital.), s'emploie dans le sens d' «oratorio ».
B était primitivement le nom du deuxième son de l'échelle fondamentale (v. ce mot) des Allemands et des Anglais; mais à la suite d'un I malentendu, il devint en Allemagne simple signe d'altération (|?) et fut remplacé par la lettre H. Par contre le B représente aujourd'hui encore, en Hollande et en Angleterre, le son placé un ton entier au-dessus de A, c.-à-d. le H des Alle-
mands ou notre si naturel, tandis qu'il est devenu en Allemagne le nom du H abaissé d'un demi-ton, c.-à-d. si bémol (v. Altération 2). Dans les anciens écrits théoriques, le B quadratum (quadrum, durum ; bécarre) correspond à H (J2) c.-à-d. à si naturel, et on l'emploie comme signe de rétablissement (v. Bécarre); le B rotundum (molle; bémol) correspond au contraire
BA
BACH
à B (i?) c.-à-d. à si bémol, et on l'emploie comme signe d'abaissement (d'où, en allemand, le mot Moll signifiant mineur, avec la tierce abaissée). Le B cancellatum (£) était à l'origine, et jusque dans le courant du xvii0 s., identique à b. Cf. Altération. 2.— L'ancien nom de sôlmisationdu B était B fa mi, c.-à-d. ou bien B fa (= si bémol), ou bien B mi (=si naturel). Ba, v. Bobisation et Solmisation.
Babbi, Christoph, né à Gesena en 1748, vint à Dresde en 1780, comme concertmeister du prince-électeur, et mourut en cette ville en 1814; il composa des concertos de violon, des symphonies, des quatuors, etc.
Babbini. Matteo, l'un des ténors les plus fêtés du siècle passé, né à Bologne le 19 févr. 1754, m. en cette ville le 22 sept. 1816 ; se destinait primitivement à la médecine, mais, resté sans ressources à la mort de ses parents, il fut recueilli par un des membres de sa famille, le maître de chant Cortoni, qui fit son éducation vocale. En 1780, B. débutait avec un succès tel que, aussitôt après, il fut engagé à Berlin, St- Pétersbourg, Vienne (1785) et Londres. A Paris, il chanta un duo avec Marie-Antoinette. La révolution l'obligea à rentrer en Italie, mais en 1792 nous le retrouvons à Berlin. Il chantait encore en 1802 et mourut comblé de fortune. Cf. Dr Brighenti : Elogio di Matteo Babbini (Bologne, 1822).
Baboracka et Baborak, danses bohémiennes à mesure changeante.
Bacchius (1' Ancien), musicographe grec (150 env. apr. J.-C.) dont on a conservé deux traités théoriques, intitulés tous deux Y\<rxy(*)yv\ t£%v>jç lu.ovTiy.îiç (Introduction à l'art musical). Le premier fut publié par Morel, Mersenne, Meibom [trad. en français par le Père Mersenne, dissimulé sous le pseudonyme de Sr de Sermes, sous le titre de Traité de l'harmonie universelle (Paris, 1627), et par G.-A. Villoteau] ; le second par Fr. Bellermann [trad. en français par Vincent, dans ses Not et extr. des manuscrits etc. T. XVI,2« partie (Paris, 1847)]. G. von Jan en a donné une analyse détaillée (1891).
Bacfart (Bacfarre, de son vrai nom Graew), Valentin, célèbre luthiste, né en Siebenbiirgen en 1515, vécut alternativement à la cour impériale de Vienne et à la cour de Sigismond- Auguste de Pologne: il mourut à Padoue le 13 août 1576. B. publia deux œuvres en tablature de luth (1564 et 1565).
Bach, nom d'une famille deThuringe dans laquelle, comme en aucune autre, la vocation musicale fut, pendant lexvne et le xvine s.,héréditaire e1 favorisée du reste dès l'enfance. Lorsque plusieurs membres de la famille se rencontraient, ils faisaient de bonne musique, échangeaient leurs vins sur les œuvres nouvelles, improvisaient, développant ainsi mutuellement leur savoir el leurs capacités, de telle sorte que les B. jouissaient dans le pays d'un grand renom el fournissaient aux diverses villes de Thuringe un fort contingenl de chantres el d'organistes. On trouve des organistes du nom de B. à Erfurt, Eisenach, Arnstadt, Gotha,
Muhlhausen et, encore à la fin du xviii6 s. le corps de musiciens de la ville s'appelait à Erfurt « les Bach », quoiqu'il ne s'y trouvât plus un seul B. La famille est originaire de Thuringe, comme l'a prouvé Spitta dans sa biographie de J.-S. Bach, et non de Hongrie, comme on l'avait cru jusqu'alors. Le meunier Veit B. qui, arrivant de Hongrie, s'établissait à Wechmar, près Gotha, vers 1590, était justement originaire de ce village. Veit B. était seulement amateur de musique (il jouait du luth);j son iils Hans B. (l'arrière grand-père de J.-S.J Bach) était par contre déjà musicien de profes-j sion et avait fait son éducation musicale au-j près de Nicolas B., à Gotha. Les B., semble-t-l il, étaient alors déjà « du métier ». Parmi lesl fils de Hans B., il faut mentionner Johann B.J l'aïeul des « Bach d'Erfurt », Heinrich B.,J organiste à Arnstadt, le père de Jean-Ghristo-j phe et de Jean-Michel B., et Ghristoph B.J organiste et musicien de ville à Weimar, lej grand-père de J.-S. Bach. Vers 1660, les B.j étaient pour ainsi dire titulaires de droit desl différents postes à Weimar, Erfurt et Eisenach! G'est ainsi, par exemple, qu'un fils de Christo-I phe B:, Ambrosius B. (le père de J.-S. Bach! changea de domicile, allant d'Erfurt à EiseJ nach, pour reprendre les fonctions d'un autrel B. (Johann-Bernhard, né à Erfurt le 23 novl 1676, m. à Erfurt le 11 juin 1749).
Les compositeurs les plus célèbres de cett<| famille sont les suivants :
1. Johann-Ghristo'ph, fils d'Henri B. et oncltl de J.-S. B., né à Arnstadt le 8 déc. 1642, orgaj niste à Eisenach à partir de 1665, jusqu'à ssl mort survenue le 31 mars 1703 ; fut le plus rel marquable des anciens B. , principalemenl comme compositeur de musique vocale. Oïl connaît de lui une sorte d'oratorio : Es evlio\ sich ein Streit (Apoc. xn, 7-12), quelques mol têts, 44 préludes de chorals pour orgue et uni sarabande avec douze variations pour piancl — Son fils, Nikolaus, né en 1669, m. le 4 no^l 1753, fut pendant cinquante-huit années couse! cutives directeur de musique de l'Universitl d'Iéna, excellent connaisseur de la facture iil strumentale. Parmi ses œuvres, une Mess! écrite de main de maître et un « Singspiel I comique Der Ienaische Wein- tond Biet Rufer nous sont parvenus.
2. Johann-Michael, frère du précédent, né Arnstadt le 9 août 1649, à partir de 1673 org* niste à Gehren, près Arnstadt, où il mourut e 1694. Sa fille cadette, Maria-Barbara, devint 3 première femme de J.-S. Bach, la mère de W Friedemann et de Gh.-Ph.-Emanuel B. Jeai Michel fut plus remarquable que son frè comme compositeur de musique instrumental quoique conservés en très petit nombre, s* préludes de chorals nous dévoilent les hau capacités du maître. Quant à ses œuvres voc les, à en juger d'après les quelques motets q nous sont parvenus, elles attestent une com dérable routine technique, mais sont inférl res à celles de son frère.