LODER
le dirigea jusqu'au moment où, en 1846. il partit pour Leipzig. It se voua alors plus particulièrement à ses travaux théoriques et à l'enseignement privé. Les compositions de L. comprennent des concertos, des variations et des pièces diverses pour flûte, des quatuors avec piano, deux symphonies, plusieurs ouvertures, •cinq opéras (Wittekind, Die Flibustier, Die Fûrstin von Granada, Der rose Domino, Konig und Pachter, tous représentés à Weimar) et une foule de petites oeuvres diverses. Mais ses ouvrages d'enseignement théorique sont beaucoup plus connus : Die Lehre von der thematischen Arbeit (1846); Lehrbuchder musikalischen Komposition ( 1850-1867, 4 vol. : I Harmonie, II Instrumentation, III Fugue, canon, etc., IV Opéra ; nouv. éd. revue par H. Kretzschmar , 1884 - 1887 ; édit. franc, du vol. I, par G. Sandre, sous le titre : Traité pratique de •composition musicale, 2de édit. 1897) ; Katechismus der Musik (1851; 21e éd. 1881) ; Musihalische Briefe eines Wohlbekannten (1852 ; 2e éd. 1860) ; Fliegende Blâtter fur Musik (1853- 1857, 3 vol.); Aus dem Leben eines Musikers <(1859); Vereinfachte Harmonielehre (1861); Katechismus der Kompositionslehre (1872, 3e éd. 1876) ; Konsonanzenund Dissonanzen (1869, mélanges). L. a rédigé en outre, de 1846 •à 1848, 1' « Allgemeine Musikalische Zeitung ».
Lobkowitz, v. Caramuel de L.
Lobo, (Lopez, Lupus), Duarte, l'un des plus xemarquables parmi les anciens compositeurs portugais ; élève de Manuel Mendes, était vers l'an 1600 maître de chapelle à l'église de l'Hôpital, occupa ensuite les mêmes fonctions à la •cathédrale de Lisbonne et mourut dans cette ville, à un âge avancé, comme recteur du Séminaire de prêtres. L. avait une prédilection spéciale pour la composition à huit voix et ses œuvres rappellent en plus d'un point celles de Benevoli. On a conservé de lui : trois livres de Magnificat à quatre voix (1605,1611) ; un livre •de Messes de quatre à huit voix et un autre de quatre à six voix (1621-1639) ; Officiwm def'unctorum [choraliter] (1603) ; Liber processionum et stationum ecclesiœ Olyssijjonensis (1607) ; puis les manuscrits (à Lisbonne) de Messes à huit et à un plus grand nombre de voix, d'antiennes, de psaumes, etc. Un ouvrage théorique <le L. est intitulé : Opuscula musica (1602).
Locatelli, Pietro, violoniste remarquable, né à Bergame en 1693, m. à Amsterdam en 1764; élève de Gorelli, à Rome, paraît avoir beaucoup voyagé, mais élut finalement domicile à Amsterdam, où il organisa des concerts périodiques. L. a contribué pour une large part au développement de la technique du violon, surtout en ce qui concerne le jeu en doubles cordes, aussi avec des changements de l'accord ■de l'instrument; il a en outre réalisé certains progrès dans la forme de la sonate. Ses œuvres sont les suivantes: douze Concerti grossi (op.l); sonates pour flûte, avec basse chiffrée (op. 2) ; Uarte del violino (op. 3, douze concertos et vingt-quatre caprices pour deux violons, alto, violoncelle et basse chiffrée) ; six concertos
(op. 4) ; six sonates-trios pour deux violons et basse (op. 5); six sonates pour violon seul (op. 6) ; six Concerto a quattro (op. 7) ; triossonates (op. 8); Larle di nuova modulazione (op. 9 ; paru aussi en éd. franc.., sous le titre : Caprices ênigmatiques) ; Contrasto armonico (op. 10, concertos à quatre parties). Alard et David ont incorporé tous deux, dans leurs grands ouvrages didactiques, quelques morceaux de L.; les sonates de l'op. 6 ont paru, pour la dernière fois, en 1801, dans une édition destinée au Gonservatoire de Paris. L'op. 6, n° III (si majeur) a aussi été publié par H. Riemann.
Lock, Matthieu, compositeur de la Gour du roi Charles II d'Angleterre, né vers 1632, m. en août 1677, alors qu'il était organiste de la reine Gatherine ; fut l'un des anciens compositeurs anglais les plus illustres. Il a écrit la musique de plusieurs drames ( Macbeth et La Tempête de Shakespeare, Psyché de Quinault, les deux derniers imprimés ensemble, en 1675, etc.), des mascarades, des anthems pour la Chapelle royale, et des suites à quatre et à trois parties pour violes ou violons (Consorts of 4 parts, manuscrit autographe en possession de la « Sacred Harmonie Society » à Londres ; Little consort 3 parts, imprimé en 1656). Une quantité d'anthologies anglaises du xvne s. renferment en outre des morceaux du même auteur. L. a écrit le premier traité de basse chiffrée : Melothesia, or certain gênerai rules for playing upon a continued bass (1673) ; il a publié également des brochures polémiques, dans lesquelles il combattit entre autres les tentatives de suppression des différentes clefs, que fit Salmon.
Loco (ital. « à sa place »), indication interrompant l'effet du signe d'octava (8va) qui précède. V. abréviations. Dans les œuvres pour violon, le mot L. sert aussi à indiquer, après un sul G, sul D, etc., que l'on doit jouer de nouveau dans la position normale.
Locrien ( hyperéolien ), 1. Chez les Grecs, nom d'une échelle transposée (v. musique grecque) qui, en faisant usage d'expressions modernes, serait une tonalité avec quatre bémols. — 2. Dans le système des modes ecclésiastiques, dénomination d'une échelle si1 ut2 rê2 mi2 fa2 sol2 la2 si2
qu'il faut bien se garder de confondre avec si1 ut2 ré2 'mi2 fa2 sol2 la2 si2
(hypophrygien). Le mode locrien n'a jamais eu d'importance réelle.
Loder, Edward- James, né à Bath (Angleterre) en 1813, m. à Londres le 5 avr. 1865; élève de Ferdinand Ries, à Francfort s. -M., vécut d'abord à Londres où il écrivit plusieurs opéras, pour les théâtres de Drury-Lane et. de Goventgarden, fut ensuite chef d'orchestre à Manchester puis resta longtemps faible d'esprit, avant de mourir. L. a écrit des opéras : The night dancers, Puck (« ballad-opera ») et Raymond and Agnes; des intermèdes pour
LŒSCHHORN — LOGIER
plusieurs autres ouvrages: une cantate; The island of ' Calypso ; quatuors pour instr. à archet ; mélodies, etc.
Lœschhorn, Albert, pianiste et compositeur, né à Berlin le 27 juin 1819; élève de L. Berger (1837-1839), puis de Grell, A.-W. Bach et Killitschgy, à l'Institut royal de musique d'église, succéda en 1851 au dernier de ses professeurs, comme maître de piano de ce même institut, et reçut en 1858 le titre de « professeur ». L. est un pianiste et un pédagogue de talent, il s'est fait un certain renom par ses nombreuses compositions pour le piano. Il a publié des études, des sonates, des sonatines, des suites, des quatuors pour piano et une quantité de morceaux de salon brillants. Il a fait paraître, en collaboration avec J. Weiss, un Wegiceiser in die Piano / or telitteralur 1 1862 ; 2e éd. par L. seul, sous le titre : Fiihrer durch die Klavierlitteratur, 1885).
Lœw, Joseph, né à Prague le 23 janv. 1834, m. dans la même ville le ôoct. 1886,- auteur de morceaux de salon et d'études pour piano.
Lœwe, Joiiaxx-Karl-Gottfrted, né à Lœbejûn,près Cœthen, le 30 nov. 1796, m. à Kiel le 20 avr. 1869 ; douzième enfant d'un maître d'école, fut enfant de chœur a Cœthen puis élève du gymnase de la fondation Francke, à Halle s.-S. où il eût des leçons de musique de Tùrck. Il se fit remarquer comme chanteur dans le chœur, à tel point que le roi Jérôme de Westphalie lui servit une allocation annuelle de 300 thalers, qui lui permit de poursuivre d'une façon plus sérieuse ses études musicales. La chute de Napoléon le priva de cette ressource, aussi L., tout en continuant à s'occuper de musique, entreprit-il des études de théologie. Il fut nommé, en 1820, cantor de l'église St-Jacob et maître de musique au gymnase de Stettin, puis, l'année suivante, directeur de musique de la ville. Pendant quarante-six années consécutives, L. occupa cette modeste situation et ne se retira qu'en 1866, à la suite d'une attaque. Il passa alors les dernières années de sa vie à Kiel. L'Université de Greifswald lui avait conféré le grade de Dr phil. h. c. L. lui-même était fort bon chanteur et, de Stettin, entreprit à diverses reprises des tournées de concerts (jusqu'en Angleterre) pendant lesquelles il exécutait ses propres ballades. Le nombre total de ses œuvres est de cent quarante-cinq ; nous trouvons parmi elles trois quatuors pour instr. â archet, un trio avec piano et des sonates pour piano {Mazeppa, op. 27; mi majeur, op. L6; Sonate êlêgiaque en fa mineur, op. 32; Zigeuner-Sonate, op. 107). Toutefois ce sont les compositions vocales qui nous montrent l'auteur sous son meilleur jour, et plus parliculièremenl les « Ballades » pour une voix avec accompagnement de piano {Edward [op. 1, 1824], Erlkônig, Heinrich der Vogler, Archihald Douglas, Der Noech, Tom der lieimer, Oluf, Die ver falloir Mùhle, etc.; cf. les « Albums-Lœwe • de Peters [20 ballades] et de Schlesinger [16 ballades]). La forme musicale de la ballade ;i été de l'ail créée par L., en ce
sens que, par l'emploi réitéré d'un motif principal aux contours très arrêtés, il a su lui donner une véritable allure épique, sans négliger aucunement de souligner chaque détail, de façon suffisamment caractéristique. Il convient de mentionner en outre : Die Walpurgisnacht (ballade pour soli, chœur et orchestre); Die Hochzeit der Thetis (cantate) ; des oratorios : Die Festzeïten; Die Zerstorung Jerusalemsi Die Siebenschlâfer ; Johann Huss;Die eherne Schlange; Die Apostel von Philippi (a cappella); Guùenberg ; Palestrina ; Hiob ; Der Meister von Avis ; Das Suhnopfer des neuen Bundes ; Das hohe Lied Salomonis ; Polus Atella: Die Heilung des Blindgeborenen ( a cappella); Johannés der Tâufer (a cappella) : Die Auferwechung des Lazarus (avec orgue). Des cinq opéras que L. a écrits, un seul Die drei Wûnsche, fut représenté (Berlin, 1834 ; réduction de piano gravée) ; des symphonies, des ouvertures, etc., sont restées manuscrites. Enfin L. est aussi l'auteur d'une Gesangleltre (1826 ; 3e éd. 1834), d'un écrit intitulé: Musikalischer Gottesdienst, metodische Anweisung zum Kirchengesangund Orgelspiel (1851) et d'une Klavier-und Generalbassschule (2e éd. 1851). Son autobiographie a été publiée en 1870, par K.-H. Bitter.Cf. Runge, Karl L. (1884) et L.redivivus (1888); Wellmer, Karl L. (1886) ; puis Ambros, Kulturhistorische Bilder (1860) et Gumprecht, Neue musikalische Char ahter bilder (1876).
Logarithmes. Euler est le premier qui ait fait usage des 1. pour représenter nettement les différences de hauteur des sons; Drobisch a suivi de près son exemple, et d'autres aprèslui. Le mieux est de faire usage de 1. à base 2 qui donnent pour octave l,oooooo> en sorte que les différentes octaves du son* primitif s'obtiennent sans aucune modification des fractions décimales, par simple addition ou soustraction de Loooooo- ^es 1- se trouvent à l'aide de simples 1. de Briggs, au moyen de la formule 2 x-
= a. ouœ= -r-^- n , x étant le 1. cherché „ log. 2
mais a le quotient de l'intervalle donné. Cf. le tableau au mot rapports.
Logier, Johann-Bernhard, né à Gassel le 9* févr. 1777, m. à Dublin le 27 juil. 1846; issu d'une famille de musiciens, dont plusieursmembres (les ancêtres immédiat de L.) remplirent les fonctions d'organiste à Kaiserslautern,. se rendit tout jeune en Angleterre et entra comme flûtiste dans la musique d'un régiment, irlandais. 11 épousa plus tard la tille du chef de musique, un certain Willmann, aussi d'origine allemande. Lors de la dissolution du régiment,, L. accepta un poste d'organiste à Westport (Irlande); c'est à ce moment qu'il inventa son fameux chiroplaste, mécanisme destiné à régler la position de la main dans le jeu du piano, et qu'il s'enrichit et se rendit célèbre. Lorsque son invention eut réellement pris pied, L. alla se fixer à Dublin, puis à Londres où le gouvernement allemand délégua F. Stôpel, avec mission d'étudier le système nouveau; peu après, L. lui-même fut appelé à Berlin pour organiser
LOGROSGINO