LOTTO — LUBECK
(1692), premier organiste (1704) et finalement maître de chapelle (1736) de cette même église. De 1717 à 1719, il séjourna, sur l'invitation spéciale du prince-électeur, à Dresde où il fit représenter plusieurs opéras et écrivit quelques-unes de ses plus belles œuvres. L. est l'une des personnalités artistiques les plus marquantes de son temps; bien qu'il ne puisse se mesurer avec ses contemporains allemands (Bach, Hsendel), il représente très dignement l'Italie et, plus spécialement, l'Ecole vénitienne, plus encore dans le domaine de la musique d'église que dans celui de la musique scénique. L. a écrit dix-sept opéras pour Venise, un Constanlino, en collaboration avec Fux [ouverture] et Caldara [intermèdes comiques]) pour Vienne et trois (Giove in Argo, Ascanio, Teofane) pour Dresde; en outre, il a composé des oratorios pour Vienne et pour Venise : 11 voto crudele, Uumiltâ coronata, Gioa, Giuditta. Après son retour de Dresde (1719), L. n'écrivit plus que de la musique d'église (Messes, motets, Miserere, etc.), mais ces œuvres ne furent pas imprimées et se dispersèrent, manuscrites, •dans différentes bibliothèques et collections privées. La seule et unique publication de L. lui-même est intitulée : Duetli, terzetti e madrigali (dédiés à l'empereur Joseph Ier, 1705) et renferme entre autres le madrigal In una siepe ombrosa, dont Bononcini chercha, pour son malheur, à s'attribuer la paternité, à Londres. On a publié, plus récemment, de L. : quatre Messes et quelques autres morceaux, dans .Sammlung, etc., de Liick; toute une série d'œuvres de dimensions diverses (entre autres, un Crucifixus à six, un à huit et un à dix voix), dans Sammlung, etc. de Rochlitz, Musica divina de Proske, Musica sacra de Gommer, Musica sacra de Schlesinger, Ausivahl, etc. de Trautwein, etc.
Lotto, Isidor, violoniste-virtuose, né à Varsovie le 22 déc. 1840; élève de Massart (violon) •et de Reber (composition), au Conservatoire de Paris, a fait de longues tournées de concerts puis accepté, en 1862, le poste de violon-solo de l'orchestre de la Cour, à Weimar. Dix ans plus tard, il échangea ce poste contre celui de professeur de violon au Conservatoire de Strasbourg. Il remplit actuellement les mêmes fonctions, au Conservatoire de Varsovie.
Lotze, Rudolf-Hermann, remarquable physiologiste, philosophe et esthéticien, né à Bautzen le 21 mai 1817, m. à Berlin le 1er juil. 1881; fut successivement professeur de philosophie à Leipzig (1842), professeur ordinaire et conseiller de la Cour, à Gœttingue (1844), professeur à Berlin (1881). Parmi les nombreux écrits philosophiques de L., un surtout est d'un très grand intérêt pour la musique: Geschichte der Aesthetik in Deutschland (1868); cet ouvrage contient non seulement des aperçus très ingénieux pour la réalisation d'une esthétique musicale, mais une critique clairvoyante des systèmes de musique de Herbart, Hauptmann, Heîmholtz, etc.
Louis-Ferdinand, prince de Prusse (en réa-
lité :Ludwig-Friedrich-Christian),hls du prince Ferdinand, frère de Frédéric II, né à Friedrichsfelde, près Berlin, le 18 novembre 1772, tombé sur le champ de bataille de Saalfeld le 10 oct. 1806; était fort bien doué pour la musique et grand admirateur de Beethoven.' Ses œuvres, dont la facture n'est pas toujours d'une correction parfaite, dénotent un réel talent mais abondent en réminiscences beethoveniennes . Il a publié : un quintette avec piano (op. 1); un octuor pour piano, clarinette, deux cors, deux violons et deux violoncelles; un nocturne pour piano, flûte et trio d'instr. à archet; un larghetto avec variations pour piano et quatuor d'instr. à archet (avec contrebasse); deux quatuors avec piano (mi bémol maj., op, 5; fa min., op. 6); andante pour quatuor avec piano; deux trios avec piano; une fugue à quatre voix, pour piano; des variations pour piano et un rondo avec orchestre.
Loulié, Etienne, maître de musique de Mademoiselle de Guise vers l'an 1700, le véritable inventeur des métronomes (v. ce mot). Son chronomètre était de construction analogue aux chronomètres de poche adoptés de nouveau de nos jours : un til à plomb et une échelle divisée en soixante-douze degrés, donnant des mouvements différents. Il construisit aussi un sonomètre, sorte de monocorde destiné à faciliter la tâche aux accordeurs de pianos. Ces petits instruments obtinrent tous deux l'approbation de l'Académie des Sciences, à Paris. L. a écrit : Eléments de musique (1696, accompagné d'une description, avec planche à l'appui, du chronomètre); Abrégé des principes de musique (16%, publié aussi sous le titre : Eléments ou principes de musique) ; enfin, Nouveau système de musique (1698, avec description du sonomètre).
Loure, 1. Nom d'un ancien instrument, analogue à la musette, en usage dans la Normandie, puis de là — 2. Nom d'une danse de mouvement modéré, en mesure ternaire, avec premier temps sensiblement accentué; le motif re-
vêt généralement la forme suivante : - y \ J ,
et la note pointée doit être tenue pendant toute la durée de sa valeur.
Louré, indication que l'on rencontre dans certaines œuvres et qui réclame de la part de l'interprète une exécution accentuée, pesante, analogue à celle de la loure (v. ce mot 2).
Lùbeck, 1. Vingentius, l'un des maîtres les plus remarquables de l'école d'organistes de l'Allemagne du Nord, né à Paddingbiittel, près Brème, en 1654, m. à Hambourg le 9 févr. 1740; fut, de 1674 à 1702, organiste de l'église St- Cosme et de l'église Damian, à Stade, puis de l'église St-Nicolas, à Hambourg. Son fils et successeur, Vincent (m. en 1755), était aussi excellent organiste. — 2. Johann-Heinrich, né à Alphen (Hollande) le 11 févr. 1779, m. à La Haye le 7 févr. 1865; musicien qui contribua d'une façon très méritoire au progrès musical de sa patrie. Il fit les campagnes de 1813 à 1815, comme musicien de régiment prussien,
LUBRIGH — LULLY
puis se livra, à Potsdam, à de sérieuses études théoriques, lit partie des orchestres de théâtre de Riga et de Stettin, acquit un certain renom de violoniste-virtuose et rentra enfin, en 1823, dans sa patrie où il se fit connaître d'abord en donnant des concerts. En 1827, L. fut placé à la tête du conservatoire qui se fonda à La Haye, deux ans plus tard il reçut le titre de chef d'orchestre de la Cour, dirigea en outre les concerts de la « Diligentia » et mourut après quarante ans d'une activité riche en heureux résultats. L. était à la fois chef d'orchestre et pédagogue distingué; comme compositeur, il remporta en 1863, au festival de musique de La Haye, un succès considérable avec un psaume pour soli, chœurs et orchestre, de très grandes dimensions. Les deux musiciens qui suivent sont ses fils. — 3. Ernst, né à La Haye le 24 août 1829, m. à Paris le 17 sept. 1876; pianiste de haute valeur, élève de son père, parcourut l'Amérique, de 1850 à 1854, en compagnie de Franz Gœnen, puis se fixa à Paris et y organisa, avec Lalo, Armingaud et Jacquard, d'excellentes soirées de musique de chambre. Il perdit la raison quelques années avant sa mort. — 4. Louis, né à La Haye en 1838, violoncelliste de talent, fit ses études musicales à La Haye puis à Paris, auprès de Jacquard, et remplit, de 1863 à 1870, les fonctions de professeur de violoncelle au Conservatoire de Leipzig. En 1870, il élut domicile à Francfort 8./M.
Lubrich, Fritz, né à Bârsdorf (Posen) le 29 juil. 1862, suivit les cours du Séminaire de Sagan (Posen), et remplit, depuis 1890, les fonctions de cantor à Peilau (Silésie). L. a publié des chœurs pour voix d'hommes, des lieder, une méthode de chant choral pour voix d'hommes (3e éd.). Il édite en outre une revue spéciale : Die Orget, et, depuis 1896, les Fliegende Blàtter des evangelischenKirchenmusikvereins in Schlesien.
Lucca, Pauline, cantatrice scénique de grand renom (soprano), née à Vienne le 25 avr. 1841 ; reçut les premières leçons de chant d'Uffmann et de Lewy, à Vienne, puis comme elle n'avait pas les ressources nécessaires pour continuer ses études, entra dans les chœurs de l'Opéra de la Cour. Elle fit sensation dès le début (1850), comme première chanteuse du chœur des jeunes filles, dans le « Freischittz », aussi la même année tut-elle déjà engagée à Olmutz et peu après à Prague. En 1861, l'Opéra de la Cour de Berlin l'engagea à vie, et elle devint très rapidement La favorite du public berlinois. Ses rôles les meilleurs étaient ceux de Zerline (i Don Juan » et « Fra Diavolo ») et d'autres analogues, mais elle n'en créa pas moins avec beaucoup de bonheur celui de Selica (« Africaine ►) el celui (le Ciinnen. L. épousa, en 1869, un baron de Rhaden mais demanda son divorce an boul de trois ans :'i peine et quitta Berlin : elle chanta «lés lors un peu partout (Angleterre, Amérique, Paris, St-Pétersbourg, etc.) ave un succès considérable, mais jusqu'en is7,s évita soigneusement de passer à
Berlin. Elle épousa en secondes noces, en Amérique, un Mr. von Wallhofen et alla vivre à. Vienne où elle s'est retirée avec le titre cle membre d'honneur de l'Opéra de la Cour.
Lùck, Stephan, né à Linz s./R. le 9 janv. 1806, m. à Trêves le 4 nov. 1883 ; fit ses humanités à Linz, Bonn et Trêves et fut ordonné prêtre le 20 sept. 1828. Il devint alors successivement chapelain à Creuznach (jusqu'en 1831), prêtre à Waldalgesheim (jusqu'en 1835), professeur de morale théologique au séminaire clérical de Trêves (jusqu'en 1849), puis capitulaire de la cathédrale de cette même ville. L. a rendu de notoires services à la cause de la reconstitution du chant ecclésiastique catholique. Il a fait paraître : Gesang-und Gebetbuch fur die Diocèse Trier ( 1846 ) ; Theoretischpraktische Anleitung zur Herstellung eines wiirdigen Kirchengesanges (1856); Sammlung ausgezeichneter Kompositionen fur die Kirche (1859; 2me éd. [4 vol.], publiée par M. Hermesdorff [1884] et H. Oberhoffer [1885]).
Ludus (lat.), jeu; ludi moderator, organiste; ludi spirituali, drames sacrés (mystères).
Ludwig, 1. Otto, poète allemand renommé ; né à Eisfeld (Thuringe) le 11 févr. 1813, m. à Dresde le 25 févr. 1865 ; a écrit quelques lieder,. une ouverture Ad astra et un opéra, Die KÔhlerin. — 2. August, compositeur, attira l'attention sur lui par l'audacieuse idée qu'il eut de compléter la symphonie inachevée (en si mineur) de Schubert (3e mouvement : Philasophen-Scherzo ; 4e Schïcksalsmarsch). Il a fait exécuter en outre toute une série d'œuvres orchestrales de grandes dimensions.
Lùhrss, Karl, né à Schwerin, où son père était organiste du château, le 7 avr. 1824, m . à Berlin le 11 nov. 1882,- fit son éducation musicale auprès de son père, puis dans les classes de composition de l'Académie de Berlin et chez Mendelssohn. Il s'est créé un nom fort honorable comme compositeur, par des œuvres d'orchestre et de musique de chambre. En 1851, L. fit un riche mariage et ne composa plus guère, à partir de ce moment.
Luigini, Alexandre, chef d'orchestre, né à Lyon le 9 mars 1830; premier prix de violon du Conservatoire de Paris (Massart), devint en 1869violon-solo de l'orchestre du Grand Théâtre do Lyon. En 1877, L. obtint la place de premier chef d'orchestre de ce même théâtre et conserva ces fonctions pendant vingt, années consécutives; en 1897, l'Opéra-Comique de Paris l'adjoignit à Danbé. L. qui est chef d'orchestre du plus grand mérite, a fondé en outre les « Concerts du Conservatoire » de Lyon; il est l'auteur de plusieurs ballets et de diverses œuvres symphoniques, exécutés en France et, même à l'étranger.
Lully (Lulli), Jean - Baptiste de, célèbre compositeur d'opéras français, né à Florence en 1633, de parents nobles (d'après les pièces de naturalisation) mais pauvres, m. à Paris le 22 mars 1687; fut emmené à Paris, tout enfant, par le chevalier de Guise qui le remit à M11» de Montpensier , d'abord comme marmiton
LUMBYE
LUNSSENS
puis comme musicien. Mais il ne conserva pas longtemps ses fonctions et fut congédié pour avoir composé une pièce de vers satirique dirigée contre sa bienfaitrice. Connu déjà alors comme un violoniste de talent, il ne lui fut pas difficile de trouver le moyen de parfaire ses études, sous la direction des excellents organistes d'alors; il fut admis au bout de peu de temps au nombre des 24 violons du roi et sut gagner la faveur de Louis XIV, dételle sorte que celuici lui confia, en 1652, la direction des 24 violons <« grande bande»; et créa un second groupe d'instrumentistes triés sur le volet, les 16 petits violons, qui parvinrent, sous la direction de L., à une grande renommée. L'année suivante, L. fut nommé compositeur de la Cour et se mit à écrire ballets et mascarades dans lesquels le roi lui-même dansait ;'L. également parut comme danseur (M. Baptiste) et fit sensation comme acteur (Pourceaugnac, Mufti, etc.) dans les comédies-ballets de Molière, dont il écrivait la musique. L. exerçait une influence considérable sur le roi, bien qu'il s'émancipât parfois, au point de risquer de perdre sa situation. Il était loin du reste d'avoir un bon caractère ; on sait que Boileau le traita de « coquin ténébreux », il était à la fois intrigant, jaloux, despote et ne redoutait aucun moyen, bon ou mauvais, pour se défaire de ses concurrents. Il parvint de la sorte à se faire attribuer par le roi une patente que ce dernier avait accordée, en 1669, à Perrin et Cambert (v. ce nom) pour l'organisation d'une Académie de musique {opéra national). Le procès qu'intentèrent alors les entrepreneurs lésés (Grenouillet et Guichard, à qui Perrin avait cédé sa patente) fut annulé par ordre du cabinet royal et leur théâtre irrévocablement fermé. C'est ainsi que, après avoir écarté ses concurrents, L. devint le « créateur de l'Opéra national français » . Il trouva de plus en la personne de Quinault, un poète fort bien doué qui fit preuve d'une réelle compréhension, rare autrefois comme de nos jours encore, des exigences que la musique impose nécessairement au poème, dans le drame musical (avant tout: renoncement absolu au vers régulier); L. tyrannisait son poète, mais il le payait fort bien. L'opéra de L. se distingue de l'opéra italien, tel qu'il s'était développé jusqu'alors, en ceci que la musique suit de très près la déclamation naturelle du langage parlé, autrement dit : L. est l'un des grands réformateurs qui, cherchant à faire ressortir davantage le drame lui-même, refoulèrent l'élément purement musical et éliminèrent ce qu'il y avait d'excessif dans le déploiement de la mélodie, dans les prolongations syllabiques, les ornements, les répétitions de texte, etc. En un mot, L. se plaça de nouveau au point de vue des initiateurs florentins du drame musical, comme le firent après lui Gluck et Wagner. La diversité des résultats obtenus par ces effets identiques provient uniquement de la différence des époques auxquels ils ont été tentés, c.-à-d. du développement progressif des moyens d'expression musicale et de la diversité des forces
créatrices. Il n'y a rien d'étonnant, par conséquent, à ce que la musique de L. nous paraisse aujourd'hui à la fois inexpressive et pédante. Mais comme il mettait en musique des poèmes d'opéras français, sa façon de traiter le texte amena forcément la formation d'un style éminemment national : l'accentuation et le rythme naturels de la langue française se retrouvent tout entiers dans la musique de ce réformateur de génie. L. dirigeait avec une véhémence inouïe l'exécution de ses ouvrages; il mourut des suites d'une blessure qu'il s'était faite avec la baguette de roseau qui lui servait à diriger. L'importance de L. réside entièrement dans ses opéras qui, pendant un siècle, se maintinrent sur la scène française et ne furent refoulés que parles créations géniales et plus conformes aux besoins de l'époque, de Gluck. Voici les titres des opéras de L. : Les fêtes de l'Amour et de Bacchus (1672, « pasticcio » formé de ballets et de mascarades antérieurs de L.), Cadmus et Hermione (167^, texte de Quinault), Alceste (167 '4), Thésée (1675), Atys (1676) lsis (1677), Psyché (1678), Bellèrophon (1679), Proserpine (1680), Le triomphe de i 'amour (1681), Persée (1682), Phaéton (1683), Amadis de Gaule (1684), Roland (1685), Armide et Renaud (1686 ; nouv. éd. [partition et réduction de piano] dans le vol. xiv des publications de la « Gesellschaft fur Musikforschung »), Acis et Galatée (1687). Tous ces ouvrages furent gravés et la plupart d'entre eux ont paru en outre plus récemment, en réductions de piano, dans les « Chefs-d'œuvre classiques de l'opéra français » (Paris, Th. Michaëlis). A ceci s'ajoutent toute une série de pièces de circonstance et environ vingt ballets, comédies-ballets, divertissements pour la Cour, parmi lesquels une mascarade : Le carnaval (1720) et des ballets : Le triomphe de V amour ( 1681 ), Le temple de la paix ( 1685 ), Idylle de la paix (1685), Eglogue de Versailles (1685), furent gravés du temps de L., tandis que Les Saisons (opéra-ballet, en collaboration avec Colasse ; « Chefs-d'œuvre classiques etc.») et la musique du Bourgeois gentilhomme (éd. de J.-B. Weckerlin) ont paru récemment. L. fit aussi exécuter avec un grand succès un certain nombre d'œuvres de musique d'église (Te deum, Miserere, etc.). — Le fils aîné de L. Louis de L., né à Paris le 4 août 1664, m. après 1713, a écrit aussi plusieurs opéras. Le premier, Zéphire et Flore, en collaboration avec ses frères cadets Jean-Baptiste et Jean-Louis, parut en 1688.
Lumbye, Hans-Christian, né à Copenhague le 2 mai 1810, m. dans la même ville le 20 mars 1874 ; compositeur populaire danois, auteur de nombreuses danses, un « Strauss du nord ». Il dirigea jusqu'en 1865 un orchestre qu'il avait fondé et qui jouait au Tivoli, à Copenhague, ou faisait des tournées. Lorsque L. prit sa retraite, il reçut le titre de conseiller du ministère de la guerre ; ce fut son fils, Georg, auteur d'un opéra : Die Hexenflote (1869) qui prit sa succession à la tête de l'orchestre.
Lunssens, Martin, compositeur, né à Mo-
LUPI ~ LUSTXER
lenbeek-St-Jean, près Bruxelles, le 16 avr. 1871 : sui\ ,i les cours de l'Ecole de musique de St-Josse-ten -Noode, puis du Conservatoire royal de Bruxelles où il fut élève de Colyns (violon), Jehin, Dupont, Kufferath, mais surtout Huberti et Gevaert. Il obtint en 1893 le premier second prix de Rome (cantate: Lady Macbeth) puis au concours suivant, en 1895, le premier grand prix (poème lyrique: Callirhoê). En plus de ces deux cantates de concours, L. a écrit des pièces orchestrales : Marche solennelle (couronnée; inauguration de l'exposition d'Anvers, 1894), Tarentelle, Danse orientale, 1er mouvement d'une symphonie ; une Rêverie, pour quatuor d'archets; une sonate pour piano et violon; des mélodies pour chant et piano; des fragments pour orchestre et chant, suides poèmes de cantates (Les suppliantes; Sinaï; Andromède) ; etc.
Lupi, v. Lupus.
Lupot, célèbre famille française de luthiers, dont l'un des membres se distingua particulièrement : Nicolas, né en 1758 à Stuttgart, où son père vécut une douzaine d'années comme luthier de la Cour, m. à Paris en 1824 ; appelé souvent le « Stradivari français », à cause de son habileté extraordinaire à imiter les instruments des Stradivari. Les instruments de L. sont, très précieux et atteignent actuellement des prix assez élevés.
Lupus, nom (ou plutôt prénom) de compositeurs que l'on rencontre fréquemment dans les anthologies du xvie siècle ,• les auteurs les plus importants de ce nom sont : 1. L. Hellink, dont le nom est cité en entier dans le Selectissimœ motetœ (1540) de Forster, 115Gute newe Liedlein (1544) d'Ott, et quelques autres recueils; 2. L. Lupi, mentionné entre autres dans les recueils de motet, Bel flore et Del frutto, de Gardane. — Quant au nom de famille Lupi {Lupus, Wolf), il soulève des questions plus délicates, car nous trouvons parmi les compositeurs du xvie s., en plus de L. Lupi, un Didier Lupi, un Jean Lupi et un Manfred Lupi sur Lesquels aucun renseignement ne nous est parvenu, à part leurs œuvres (en majeure partie ■ 1rs motets détachés). Attaignant a publié un livre de Musicœ cantiones quœ vulgo motetti nuncupantur (de quatre à huit voix, 1542), Gardane an livre de Muletœ (de quatre à cinq voix, L545) de Jean Lupi. Cf. aussi Lop.o.
Luscinius, Ottomar, de son vrai nom Naghtgallou Nachtigall, latinisé en L.), né à Strasbourg en 1487, m. dans la même ville vers 1586; savanl théologien el théoricien musical, lit ses études à Paris, à Louvain, à Padoue et ;'i Vienne où il reçut des leçons de Paul Hofhaini'T. Il tut dans la suite organiste à Strasbourg (1517), prédicateur â A.ugsbourg (1523) puisa Baie (1536) d'où il se rendit à Fribourg, pour échapper à L'envahissement de la Réformation. L. publia : Institutiones musicœ (1515, sous le nom de L.). puis Muswrgia, seu praxis musicœ bous le îiuui d'Othmar Nachtzal; 1536,2e éd. 1542), traduction Latine de « Musica » yetutscht, de Virdung, pour la publication de laquelle il
semble même avoir fait usage des blocs typographiques de l'édition originale.
Lusingando (ital., flatteur), très agréablement, dans le sens de doucement, sans accents.
Lussy, Mathis, né à Stans (Suisse) le 8 avr. 1828 ; reçut les premières leçons de musique de l'abbé Businger, organiste de sa ville natale, puis du Père Naegeli, au séminaire de Saint- Urban. En 1847, L. partit pour Paris, dans le but d'y faire des études de médecine, mais ne tarda pas à se vouer entièrement à la musique et devint, dans la suite, un maître de piano des plus appréciés. L. s'est créé une excellente réputation par diverses publications intéressantes : Exercices de piano.... à composer et à écrire par V élevé (1863; plusieurs éditions); Pupitre exercices du pianiste (exercices modèles à transposer, etc.); Traité de V expression musicale (1873, essai d'une théorie de l'accentuation et de l'exécution musicales; six éditions françaises ; éd. allemande [ par Félix Vogt, 1886], angl. et russe), dont divers extraits, plus ou moins revus ou amplifiés ont paru sous les titres : Le Rythme musical ; Concordance entre la mesure et le rythme, etc. ; enfin en collaboration avec E. David, Histoire de la notation musicale (1882, ouvrage de luxe, mais simple compilation de publications antérieures, sans aucune espèce de recherches personnelles quelconques ; prix Bordin de 1880). Les mérites de L., très réels au point de vue de la diffusion d'idées justes sur l'essence du rythme musical, ont été fortement exagérés. L. collabore à plusieurs revues musicales ; il a été nommé membre honoraire de l'Académie royale de Florence, etc.
Lùstner, 1. Ignaz-Peter, violoniste de mérite, né à Poischwitz, près Jauer, le 22 déc. 1793, m. à Breslau le 30 janv. 1873; fut, de 1819 à 1826, concertmeister de la chapelle du prince de Carolath, à Carolath, puis concertmeister à Breslau, où il créa, en 1844, une école de violonistes. Ses fils devinrent également musiciens, ce sont: — 2. Karl, violoncelliste et pianiste, né à Breslau le 10 nov. 1834; fait partie depuis 1872, comme violoncelliste, de l'orchestre du casino deWiesbaden) tout en étant très apprécié comme professeur de piano. L. est un musicien d'une culture très vaste, auquel ce dictionnaire est redevable de mainte notice précieuse; — 3. Otto, violoniste, né à Breslau le 9 avr. 1839, m. à Barmen, où il était directeur de musique de la ville, le 8 sept. 1889; avant de se fixer à Barmen, L. avait été membre des orchestres de Sclrwerin puis de Breslau, premier violon d'un quatuor d'archets du comte Stolberg. à Wernigerode ; (1867-1872), concertmeister de l'orchestre Bilse, à Berlin (1873-1875), concertmeister de la Cour à Sondershausen, et virtuose de la chambre du duc de Saxe (1875-1877); — 4. Louis, violoniste et chef d'orchestre distingué, élève de son père, né à Breslau le 30 juin 1840, remplit, depuis 1874, les fonctions de chef d'orchestre de la ville (directeur des concerts du Casino) de Wiesbaden ; — 5. Georg, violoncelliste, né le 23 sept, 1847, m. à Berlin le 21 avr. 1887, et — 6.