‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 279 sur 542 · LUTHER — LYRA · texte numérisé non relu

LUTHER — LYRA

gnent un même son, obtenu par deux doigtés différents; cf. du reste les exemples au mot tablature).

Quant aux sons que pouvait fournir la corde la plus grave, on les notait de façons fort diverses ; la notation de Gerle (1545) était analogue à la notation italienne, mais la corde à vide était indiquée pari, au lieu de 0, soit: 1 234 567 89 pour les neuf sons se succédant par demi-tons ; celle de Judenkûnig (1523) était analogue à la notation française, soit : A B C D E F G H I ; celle de Virdung ( 1511) par contre se composait des signes correspondant à ceux de la corde 1 (c.-à-d. en réalité de la deuxième corde, soit : ï A F L Q X AA FF etc. Les tablatures de 1. sont de la plus haute importance pour l'étude de la musique du xvi° et du xvne s., car tous les doutes que la notation proportionnelle laisse subsister, à l'égard des altérations souvent sous-entendues, tombent d'eux-mêmes par le fait que la notation d'un doigté est une indication toujours exacte du son lui-même ; elles peuvent donc, dans les cas douteux, être d'un bien plus grand secours que les indications souvent incertaines et ambiguës des théoriciens, sur l'emploi des demitons (avec jt et J7). Pour ce qui concerne les signes de durées dans les tablatures de L, v. tablature. Baron a fourni, sous le titre: Untersuchung des Instruments der Lauten (1727), une précieuse monographie sur le 1. ; cf. en outre la Syntagma (1619) de Praetorius et les travaux récents de Kiesewetter («Allg. musikalische Zeitung », 1831), Wasielewski («Geschichte der Instrumentalmusik im xvi. Jahrhundert», 1878), O. Fleischer (travail richement illustré sur le maître luthiste Denis Gaultier, dans la « Vierteljahresschrift fur M.-W.»,1886, ]). 1 et suiv.) et O. Chilesotti (v. ce nom).

Luther, Martin, le grand réformateur allemand, né à Eisleben le 10 nov. 1483, m. dans la même ville le 18 févr. 1546; s'intéressa nonseulement à la réorganisation pratique du chanl d'église, mais d'une manière générale à la musique, même en dehors de l'église. Il était un amateur zélé et chantait en vers et en prose les louanges de « dame Musique » (Frau Musiha). On sait que L. écrivit les vers d'un grand nombre de cantiques spirituels et qu'il composa même les mélodies de quelques-uns d'entn- eux. En outre, deux compositeurs, Conrad RupflF et Jean Walther, lui prêtèrent leur concours, soit en adaptant au texte, sous sa direction, d'anciennes mélodies, soit en inventant eux-mêmes de nouvelles mélodies. On se complail évidemmenl trop, depuis un certain temps, à retirera L. toute participation directe et personnelle à la composition des chorals de l'église protestante et l'on en arrive, dans cette voie, à considérer, comme preuve de l'assertion queL. aurait simplement adapté d'anciennes mélodies, la coïncidence toute fortuite de quelques tournures mélodiques de I,. avec celles d'œuvtqb antérieures.

Lùtzel, Joh.-Heinrich, ué à [ggelheim, près Speyer, LeSOaoûl 1828; fréquenta le séminaire

de Kaiserslautern, où il reçut des leçons de musique de Jacob Vierling, et fut nommé en 1845, régent puis, peu après, organiste, à Deux- Ponts. Il abandonna au bout de quelques années (1854) son poste de maître d'école et fonda le « Chœur mixte évangélique » (qui devint, en 1888, une société chorale de tout le Palatinat) puis, en 1860, Y « Association générale des chanteurs du Palatinat ». Il fut chargé plus tard des fonctions de réviseur des orgues (1868) et reçut le titre de « professeur » (1883). L. a publié plusieurs volumes de chants d'école, une anthologie de musique vocale religieuse du xvie au xixe s. et un recueil de chorals (1858). Il a écrit en outre : Der praktische Organist (2 vol.), le psaume XXIV pour chœurs d'hommes et orchestre, etc.

Lutzer, Jenny, y. Dingelstedt.

Lux, Friedrich, organiste virtuose distingué, chef d'orchestre et compositeur, né à Ruhla (Thuringe) le 24 nov. 1820, m. à Mayence le 9juil. 1895; élève de Fr. Schneider, à Dessau, et, à partir de 1841, directeur de musique au théâtre de cette ville. De 1851 à 1877, L. fut chef d'orchestre du Théâtre municipal de Mayence, il dirigea en outre, depuis 1864 le « Chœur de dames » et la « Liedertafel » de l'endroit, puis prit sa retraite, en 1891. L. a composé de nombreuses œuvres chorales et orchestrales, exécutées avec succès et dont plusieurs furent couronnées, dans divers concours: de plus il a écrit trois opéras: Der Schmidt von Ru/Ua, Kàtchen von Heilbronn, Die Fiirstin von Athen, une scène dramatique: Coriolan, des lieder, etc. .11 a dirigé plusieurs festivals de musique de la région du Rhin moyen.

Lwoff, Alexis-Théodore de, né à Réval le 6 juin 1799, m. dans ses terres du gouvernement de Kowno le 28 déc. 1870; général-major adjudant de l'empereur Nicolas et maître de la Chapelle vocale de la Cour. L. était en outre un violoniste distingué, connu aussi en dehors de sa patrie, à Leipzig, Berlin, Paris, etc. ; il mourut sourd. L. est l'auteur de plusieurs opéras : Ondine, Le bailli du village, Bianca e Gualterio, La brodeuse ; il a publié un concerto de violon, des duos, fantaisies, variations pour violon et quatuor d'archets, quelques chœurs sur des textes russes, des psaumes et d'autres œuvres vocales religieuses, un arrangement pour chœur et grand orchestre du Stabat mater de Pergolèse, enfin une collection de nombreux chants liturgiques anciens, harmonisés à quatre parties. Il a écrit aussi un volume intitulé: Du rythme libre et non symétrique de l'ancien citant liturgique russe (1859). L. est enfin l'auteur de la musique de l'hymne national russe, dont les vers émanent de Shukowski (1833).

Lydien, v. ecclésiastiques (modes) et grecque (musique).

Lyra, Justus-Wilhelm, né à Osnabrùck le 23 mars 1822. m. à Gehrden (prov. de Hanovre) où il était pasteur primarius, le 30 déc. 1882; avait fait, de 1841 à 1846, des études de

LYRE — MAC DOWELL

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