‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 280 sur 542 · SI · texte numérisé non relu

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théologie à Berlin, puis avait occupé diverses situations ecclésiastiques à Bevensen, Wittingenn et Lingen. Cet homme était remarquablement doué, mais sa vie fut malheureusement attristée par une affection cérébrale. Il composa, alors qu'il était encore étudiant, quelques lieder devenus extraordinairement populaires en Allemagne.

Lyre, 1. Ancien instr. à cordes grec, analogue à la cithare, mais plus petit qu'elle. Les cordes étaient pincées au moyen d'un plectre; leur nombre varia beaucoup suivant les époques et semble avoir été de trois seulement au début. La 1. et la cithare antiques n'avaient pas de touche (chaque corde ne fournissait donc qu'un son) et ne peut se comparer ni à la guitare, ni à la cithare (zither) actuelles, mais seulement à la harpe. — 2. Du xvie au xvme s., instr. à archet pourvu de nombreuses cordes tendues en partie sur la touche, mais aussi à côté de la touche (bourdons) ; la 1. faisait partie de la famille des violes (v. ce mot) et se construisait en trois grandeurs différentes : Lira da braccio (avec sept cordes doigtées et deux bourdons ; ténor). Lira da pamba (douze cordes et deux bourdons: basse) et Archivïola da lira(Lirone: jusqu'à vingt-quatre cordes: contrebasse, appelée aussi accordo). Le baryton (v. ce mot) ren-

trait aussi dans la même catégorie d'instruments. Haydn a encore écrit nombre de morceaux soit pour 1., soit pour baryton, les uns pour le roi de Naples, les autres pour le prince Esterhazy. — 3. Instrument à percussion auquel on donne aussi le nom de jeu de timbres (improprement « Glockenspiel »), en usage dans les corps de musique militaire, dans l'orchestre dramatique, etc. Il se compose de lames d'acier accordées, disposées sur un cadre et que l'on percute au moyen d'un petit marteau de bois élastique ; à l'orchestre, la 1. est généralement remplacée par le jeu de timbres à clavier.

Lysberg, Charles-Samuel (Bovy, connu sous le pseudonyme L.), né à Lysberg, près Genève, le 1er mars 1821, m. à Genève le 25 févr. 1873 ; pianiste de talent et compositeur agréable de morceaux de salon, élève de Chopin, à Paris. L. fut professeur de piano au Conservatoire de Genève. En plus de ses nombreux morceaux de genre (barcaroles, nocturnes, caprices, valses, Le réveil des oiseaux, Le chant du rouet, etc.) et de ses paraphrases sur des motifs d'opéras, L. a publié des études de salon et une sonate romantique intitulée L'absence. Il a fait représenter, à Genève, un opéra-comique : La fille du carillonneur.

M (m), 1. Dans les compositions pour orgue, signitie manualiter (pour clavier manuel). — 2. Dans les compositions pour piano, abr. de main ou mano, ex. : m. d. = main droite, mano désira: m. g. — main gauche; m. s. = mano sinistra (gauche), — 3. m = mezzo, mf = mezzoforte, mp. = mezzopiano, m. v. — mezza voce. — 4. M.M. = métronome Al âlzel (v. ce nom).

Ma (ital.), mais, par»ex. : allegro ma non troppo, rapide mais pas trop.

Mabellini, Teodulo, compositeur, né à Pistoie le 2 avr. 1817, m. à Florence le 10 mars 1897: fréquenta quelque temps l'Ecole de musique de Florence, puis le succès remporté par son opéra : Malilda de Toledo (1836), lui valut une bourse du grand duc de Toscane, pour continuer ses études auprès de Mercadante. à Novare. Il acquit rapidement mie bonne renommée, comme compositeur d'opéras, s'établit définitivement à Florence et y remplit les fonctions de directeur de la Société philharmonique, maître de chapelle de la Cour et plus tard \ iolon-solo de la « Pergola » et professeur de composition à l'Ecole royale de musique. M. a encore écrit huit opéras (Rolla, 1840; Ginevra degli Almieri. 1841: Il conte di Savagna, 1843:

1 veneziani a Constantinopoli, 1844 ; Maria di Francia, 1846 ; Il venturerio, 1851 : Baldassaro, 1852 ; Fiametta, 1857), quelques oratorios (Eudossia e Paolo, Le dernier jour de Jérusalem), des cantates (La chasse, Raphaël Sanzio, Il ritorno, Lo spirito di Dante, etc.), des hymnes et d'autres chants, mais surtout une grande quantité d'œuvres vocales d'église (messes, motets, Tedeum, psaumes, etc.).

Mabillon, Jean, savant bénédictin, né à St- Pierremont, près Reims, le 23 nov. 1632. m. à St-Germain-des-Prés le 27 déc. 1707, a écrit: De liturgia gallicana libri très (1685, réédité en 1729) : ses Annales ordinis S. Benedicti (1713 à 1739,6 vol.) et ses Acta Sanctorum ordinis S. Benedicti (1668 à 1702, 9 vol.) contiennent beaucoup de notes importantes pour l'histoire de la musique.

Mac Dowell, Edward-Alexandrk, pianiste remarquable, né à New-York le 18 déc. 1861: élève, à partir de 1876, de Marmontel et de Savard au Conservatoire de Paris, puis d'Ehlert à Wiesbaden, de Raff (composition) et de Cari Hcymann (piano) à Francfort s/ M. Il fut nommé, en 1881, professeur de piano au Conservatoire de Darmstadt, fit plusieurs tournées de concerts, puis se fixa en 1884 à Wiesbaden.

MACFARREN — MADRIGAL

Mais il retourna en 1S88 en Amérique, vécut d'abord à Boslon, puis à New- York où il proactuellement la musique à la « Columbia l'nivrrsily ». M. a aussi du succès comme compositeur (suites d'orchestre, concertos et pièces diverses pour piano, mélodies, etc.).

Macfarren, 1. George- Alexandre, musicien anglais de mérite, né à Londres le 2 mars 1813, m. à Londres le 31 oct. 1887; devint, en 1829, élève de la « Royal Academy of music » et déjà • n 1834 maître lui-même dans cet institut. Il y exerça de nombreuses années ses fonctions, malgré une ophtalmie qui devait se terminer par la cécité: à la mort de Bennet (1875), il lut nommé professeur de musique à l'Université de Cambridge (poste honorifique qui ne l'entrava pas dans ses fonctions de professeur à l'Académie), puis prit peu après son grade de bachelier et celui de docteur en musique. Il devint linalement directeur (« principal ») de l'Académie royale de musique. M. a composé plusieurs opéras : Devil's Opéra (1838), Don Quixote (1846), Charles 11 (1849). Robin Hood (1860), Freyas gift (pantomime), Jessy Lea (1863), She stoops to conquer, TJte soldiers legacy, Hetvellyn (1864): puis des oratorios : Jean- Baptiste, La Résurrection, Joseph, Le roi David (heeds , 1883); plusieurs cantates: The sleeper axoakened, Lenora, May-day (pour le lest i val de musique de Bradford, 1856) Otristmas, The lady of the lake (Glascow, 1877): beaucoup d'oeuvres vocales d'église (services, anthems, psaumes), des chœurs, desromances, des duos, etc, des symphonies (N° 1, 1834), des ouvertures (Chevy dtase [bataille d'Oterburn, 1338], Hamlet, Roméo et Juliette, Le marchand de Venise, Don Carlos), des quatuors et un quintette pour instr. à archet, des trios, des sonates de violon, un concerto de violon, des sonates de piano, etc. M. a aussi réédité beaucoup d'œuvres anciennes : Dido and Aeneas de Puref 11, Belsazar, Judas Maccltabèe et Jephta de Hsendel, <t harmonisé d'anciennes mélodies ( r<>/>ular music of olden time, de Ghapell, romances écossaises et irlandaises). Il a consigné Bes expériences sur l'enseignement de la théorie, dans Rudiments of harmonie (1860), Six lectures on harmony (1867); il était en outre collaborateur du « Musical World », écrivit les programmes analytiques pour la « Sacred Harmonie Society • et la « Philharmonie Society ». La femme de M., Natalia, est une excellente cantatrice (alto); mais elle est plus spécialement connue par des traductions en anglais de poèmes allemands (par ex. « La Cloche » de Schiller Bruch], etc., et du « Mendelssohn » de Devrient. 2. Wàlter-Gecïl, frère du précédent, n.'- h' 38 août 1*26, élève, à l'Académie rovale, de G, Potter et de son frère (1842-1846): en'l846 il fut à sou tour nommé professeur à l'Académie et. en isc.s. directeur de la Société philharmonique. Enfin, en 1873, il fut appelé à diriger li - concerts de L'Académie. M. a composé des

<i'u\ i» s.\ ocales d'église (2 services!, des ouvertures (Beppo, Un contecChiver, Héron Leandre, Ouverture pastorale), de la musique de

chambre, des sonates et des morceaux, pour piano, des mélodies, des chœurs, etc. Il s'est aussi acquis des mérites par diverses éditionsd'œuvres classiques pour piano (Mozart, Beethoven, et une anthologie intitulée : Popularclassics).

Machault (Machaut, Machaud, Maghau), Guillaume de ( Guillermus de Mascandio),. troubadour, né vers 1284, probablement à Machau, près Réthel (Champagne), m. pas avant 1369; entra au service de la Cour de la reine Jeanne de Navarre (épouse de Philippe-le-Bel),. plus tard à celui de Jean de Luxembourg (roi de Bohême) et enfin à celui de Charles-Quint. 11 est parvenu jusqu'à nous un grand nombre de poèmes de M., ainsi que quelques composisitions (Rondeaux, Chansons, Ballades, Motets, et une Messe à quatre voix).

Mackenzie, Alexander-Campbell , compositeur, né à Edimbourg le 22 août 1847, fut d'abord élève de Barthel, Ulrich et Stein à Sondershausen, puis, muni d'une bourse royale, alla étudier à la « Royal Academy of music » de Londres. En 1865, il s'établit comme maître de musique à Edimbourg,- reçut, en 1886, le grade de DT mus.-Jion. c. de l'Université de St- André, et succéda, deux ans plus tard, à Macfarren, comrfre directeur de la « Royal Academy of music ». M. s'est fait avantageusement connaître par ses œuvres d'orchestre et de musique de chambre : un quatuor avec piano (op. 11), un concerto pour violon (op.32), un scherzo, un quatuor pour instr. à archet, des romances pour piano, des mélodies, etc.; il a, de plus, écrit deux Rhapsodies écossaises (« Burns »),des ouvertures : Cervantes, licelfth Night et une ouverture pour une comédie; une fantaisie pour orchestre : La belle Dame sans merci; deux oratorios : The rose of Sharon (1884); Bethlehem (1894); deux opéras: Colomba (1873) et The troubadour (1886); des cantates : Jason (1882),. The bride, The story of Sayid (toutes deux en 1886), The dream of Jubal (1889), etc.

Madrigal, nom donné d'abord en Italie, puis; dans la suite ailleurs, au chant artistique du xvie s. Cette époque ne connaissant pas encore l'air à une voix avec accompagnement, tel que* nous l'avons aujourd'hui, il s'agissait d'un chœur (généralement«à 3 jusqu'à 6 voix, mais de préférence à 5 voix) qui se distinguait par une facture plus artistique des canzonettes, villanelles, frottoles, etc. populaires, plus simples comme rythme et contrepoint; mais le M. avait comme ces dernières un sujet profane, généralement erotique. Le m. est ainsi le véritable représentant de la musique de chambre, au xvi° s. L'origine du madrigal, en tant que forme artistique, remonte en tous cas plus haut que lexvi° s.: on l'attribue aux troubadours provençaux et l'on fait dériver le mot m. de mandra (troupeau) et de gai (mélodie). Il est probable que la forme poétique , avec une pointe d'épigramme, qui porte encore aujourd'hui le nom de m., s'appelait ainsi déjà longtemps avant qu'Arcadell ( If>38) eut l'ait tellement sensation, avec le premier recueil de ses madri-

MiEGHTIG —

gaux. Ce recueil eut douze éditions en trente ans et, dans la suite, la forme et le nom de ces chants furent adoptés par des centaines de compositeurs. Le m. devint indirectement le point de départ de la monodie accompagnée et de la musique instrumentale, car on eut bien vite l'idée d'arranger les madrigaux favoris pour le luth (ou le clavecin), tout en laissant une des parties chantées (ténor ou soprano) tandis que les autres s'exécutaient, tant bien que mal, sur l'instrument en question. Bien plus, les premières tentatives de musique scénique, avant le drame en musique, ne furent aussi qu'une succession de madrigaux, lesquels étaient chantés soit, par une voix avec accompagnement de violes, luths, théorbes, etc., soit par toutes les voix. La véritable monodie supplanta le m.; celui-ci s'est cependant maintenu jusqu'à nos jours en Angleterre grâce à la « Madrigal Society» de Londres (fondée en 1741). Une vaste monographie de la littérature des madrigaux et des formes analogues, en Italie, a été écrite par le Dr Emile Vogel : Bibliothek der gedruchten weltlichen Vokahnusik Italiens (1892, 2 vol.).

Msechtig, Karl, né à Breslau le 10 janv. 1836, m. dans la même ville le 2 mai 1881 ; élève de M. Brosig et de P. Lùstner, succéda à Ad. Hesse comme premier organiste de l'église St-Bernardin, à Breslau. Parmi ses compositions, des lieder et des morceaux de piano méritent seuls d'être mentionnés.

Maelzel, (MÀlzl), Johann-Nepomuk, mécanicien habile, né à Batisbonne le 15 août 1772, m. en Amérique le 21 juil. 1838; fils d'un facteur d'orgues, il s'établit en 1792 à Vienne, comme maître de musique, mais se fit bientôt un nom par la construction de divers instruments de musique automatiques (une sorte d'orchestrion [ « Panharmonion » ] , un joueur de trompette et un joueur d'échecs automatiques) et fut nommé, en 1808, mécanicien de la Cour. Il couronna ses inventions par la construction (1816) du métronome (v. ce mot) connu aujourd'hui partout sous son nom; la priorité de l'idée lui en fut disputée, avec succès, il est vrai, par le mécanicien Winkel, d'Amsterdam. Ce genre de métronome avait eu du reste quelques années auparavant un précurseur qui était lui-même une amélioration de celui de Stôckel; cf. aussi loulié. M. a construit en outre des cornets acoustiques dont Beethoven entre autres a fait usage. On sait que M., qui était d'abord lié avec Beethoven, s'attira son juste courroux pour lui avoir soustrait une partition de la « Bataille de Vittoria ». M. fit avec ses automates de longs voyages, en dernier lieu aussi en Amérique, et mourut enfin à bord d'un brik américain, « Otis ».

Maëstà(itaL), majesté ;maëstoso, majestueux. Magadis, 1. Instrument à cordes des anciens Grecs, ayant jusqu'à 40 cordes, analogue à la harpe; un passage d'Aristote, « Probl. xix », laisse entendre qu'on jouait en octaves sur la m. De là magadiser, c.-à-d. jouer en octaves. 2. Chez les théoriciens de la musique, au

MAHILLON

xvie s., le nom de m. (aussi MAGAs)est employé pour dénommer le monocorde.

Maggiore (ital.), plus grand, et de là : accord majeur (Harmonia di terza m.), et mode majeur. L'indication M. au commencement d'une partie (Trio) dans les marches, danses, scherzi, rondos, ou en tête d'une variation, signifie que cetle partie est écrite dans le ton majeur relatif ou encore dans le ton majeur de la tonique du ton mineur dans lequel est écrit le morceau; par contre M. indique aussi, après un trio portant comme en tète Minore, le retour du Ion principal, lorsque celui-ci est majeur.

Magini, Giovanni-Paolo, célèbre luthier de Brescia, de 1590 à 1640, dont les instruments se distinguent par un son doux et velouté, analogue à celui de l'alto, et sont très appréciés.

Magnard, Alréric, né à Paris en 1865 ; destiné d'abord au barreau, n'entra qu'en 1886 au Conservatoire de Paris, où il travailla l'harmonie et le contrepoint dans les classes de Dubois et Massenet, et obtint au bout de deux ans le premier prix d'harmonie. Il travailla ensuite la composition auprès de Vincent d'Indy et publia en premier lieu une Suite dans le style ancien, pour l'orchestre. M. a écrit depuis lors deux symphonies, un drame musical en un acte : Yolande (Bruxelles, 1893), des poèmes en musique, des pièces pour piano, etc.

Magnificat est l'un des trois Cantica majora, chant de louanges évangéliques, le Caniicum beatae Mariae virginis, chant de louanges par lequel Marie répondit à la salutation d'Elisabeth, dans la demeure de Zacharie : Magnificat anima mea dominum (>< Mon âme exalte le Seigneur »). Le M. se chante aux vêpres, dans l'église catholique; il a, comme les psaumes, des mélodies dans les huit modes ecclésiastiques (d'où Magnificat octo tonorum), en considération de l'antienne qui suit. Les compositeurs religieux ont transcrit, d'innombrables fois le M. à plusieurs voix, car celui-ci s'exécute toujours plus solennellement (c'est pendant ce temps que le prêtre balance l'encensoir sur l'autel).

Magnus, Dêsiké (de son vrai nom, Magnus Deuïz), pianiste, né à Bruxelles le 13 juin 1828, m. à Paris au commencement de janv. 1884; reçut sa première éducation musicale de Vollweiler, à Heidelberg, et suivit ensuite les cours du Conservatoire de Bruxelles où il remporta, en 1843, le primier prix de piano. Il fit bientôt, et avec succès, des tournées de concert comme pianiste en Angleterre, en Russie, en Espagne, etc.; puis il s'établit définitivement à Paris où il se fit une position très honorable comme pianiste, professeur, compositeur et critique musical. Il avait été chargé, à l'Exposition universelle de 1867, de faire entendre les pianos à queue de Steinway. Il a publié surtout des œuvres de piano : des sonates, des études, des fantaisies, etc. Sa Méthode élémentaire de piano, parue en 1879, est encore fort appréciée.

Mahillon, Victor, acousticien de mérite, né à Bruxelles le 10 mars 1841, est, depuis 1877,

MAHMOUD — MAINZER

conservateur du Musée des instruments du Conservatoire il»' Bruxelles; il a publié: Tableau synoptique des voir et de tous les inslruments de musique, etc. (1866: nom. éd. entièrement refondue, sous le titre: Le matériel sonore des orchestres, etc. 1897); Tableau synoplique de lu science de l'harmonie -.Eléments d'acoustique musicale et instrumentale (1874. honoré d'un prix): Etude sur le doigté de la pute Btchm (188.")). M. ;i aussi fondé un périodique : L'Echo musical; il est directeur d'une grande fabrique d'instruments à venl fondée par son père.

Mahmoud Schirasi, encyclopédiste persan, m. en 1315, dont l'ouvrage Durret et tadscJt (« Perle de la couronne ») traite à fond la théorie du messel (théorie des intervalles). Cf. messel.

Manu, Stephan, l'un des plus remarquables contrapontistes allemands de la première moilié du xvi° s., chantre à la chapelle de l'empereur Ferdinand I: on trouve des compositions de lui dans : Novus thésaurus musicae (1568. Lamentations) de Joanelli; Gesangbucli (1551, mélodies de chorals) de J. Walther: Thésaurus musu'iis (1564, un Da pacem à huit voix) de Montan-Neuber; Modulationes (1538) et Newe teutsche Liedlein (1539) de Pelrejus; Selectissimae, etc. (1540) de Kriesstein; et enfin Newe geistliche Gesànge (1544) de Rhaw. Fr. Gommer ;i publié [Mu&ica sacra, vol. XVIII), deux Magnificat dont les manuscrits se trouvent à la Bibliothèque de Munich.

Maier, 1. Josefh-Friedrich-Bernhakd-Kaspar. cantor à Schwabisch-Hall, a publié : Hodegus musicus (1718) et Muséum musicum theoretico-practicum . darinnen gelehrt teird, wie man soxcohl die Vokal- als Instrumentalmusik grundlich erlernen hann (1732; 2me éd„ sous lf titre Neu eroffneter theoreiisch-prakticher Musiksaal, etc., 1741, contenant un traité du maniement d'un certain nombre d'instruments, tombés aujourd'hui en désuétude, tels que la tlùte à bec, le cornetto, la basse de viole • •I d'autres). — 2. Julius-Joserh. né à Fribourg (Baden) le 29 déc. 182J. m. à Munich le 21 nov. 1889; suivit l'école de Karlsruhe puis étudia le droit à Fribourg et à Heidelberg et devint en 1846 assesseur, en 1849 secrétaire du Ministre de l'intérieur. Mais, en 18'iVt déjà, il étudiail la musique sous la direction deHaussînaim, à Leipzig, et devenait, en 1850. professeur de contrepoint à l'Ecole royale de musique de Munich. De 185*3 à 1887 (où il prit sa retraite), il a été conservateur de la section musicale extraordinairement riche de La Bibliothèque de Munich. M. ;i publié : Klassische Kircfientoerke aller Meister (transcriptions pour chœurs d'hommes, IS'iôi. AuswoJit englischer Madrigale (1863) el a rendu un signalé service à tons ceux qui s'intéressent à f histoire musicale, par la publication du catalogue : Die musihalisdien Handschriften der koniglicften Hof- und Staatsbibliotheh m Miï><chcn(lre partit' : l)n' HandscJiriften bis zum Ende des XVII Jahrhunderts, 1879).

Maillart, Louis (dit Aimé), compositeur, né à Montpellier lé 24 mars 1817, m. à Moulins (Allier), où il s'était enfui devant l'invasion allemande, le 26 mai 1871 : en 1833. il entra au Conservatoire de Paris (Halévy), et remporta huit ans plus tard le prix de Piome. Il a composé six opéras-comiques dont le premier. Gastibelza (1847) fut bien accueilli et dont l'un des derniers. Les Dragons de Yillars (1856) a remporté un succès si durable qu'il fait encore partie du répertoire de la plupart des scènes françaises (en ail. Bas Glôckchen des Eremiten); les quatre autres (Le Moulin des Tilleuls. La Croix de Marie, Les Pécheurs de Catane, et Lara [1864]), ont par contre rencontré peu de succès.

Mailly, Alphonse-Jean-Ernest, né à Bruxelles le 27 nov. 1833, élève de Chr. Girschner (orgue): fut appelé en 1861 au poste de professeur de piano et, en 1868, à celui de professeur d'orgue, au Conservatoire de Bruxelles. Berlioz le reconnaissait, en 1858. dans le « Journal des Débals », pour un organiste hors ligne. M. a composé lui-même une sonate et des morceaux pour orgue, entre autres pour la « Cecilia » de Best, ainsi que des œuvres d'orchestre, etc.

Main harmonique (ail. Guidonische Hand).

moyen mécanique * de mémorisation à l'usage des élèves étudiant autrefois la solmisation (v. ce mot). Ce moyen consistait à attribuer à chaque phalange et à chaque extrémité de doigt le nom de l'un des vingt solis du système alors répandu.

de r {gamma, notre sol* actuel) à (notre mt3, cf. lettres); le vingtième son! ) dont on en

faisait qu'un usage restreint, était considéré dans

ce système comme planant au-dessus de l'extrémité du majeur. Lorsque l'élève connaissait bien sa m. h., il pouvait, au sens propre du mot, compter les intervalles sur ses doigts. Cf. Gui d'Arezzo.

Mainzer, Joseph, musicien érudit, né à Trêves le 7 mai 1807, m. à Manchester le 10 nov. 1851, fit sa première éducation musicale à Trêves, puis devint prêtre et plus tard abbé. Le premier poste qu'il occupa fut celui de maître de chant au Séminaire de Trêves. Chassé pour avoir fait de l'agitation politique pendant l'insurrection polonaise, il alla à Bruxelles d'abord, puis bientôt à Paris où il trouva, bien de l'occupation comme feuilletoniste musical et compilateur de traités de musique, mais non une existence exempte de soucis. En 1841, il traversa la Manche et alla à Londres d'abord, puis finalement à Manchester où il eut la main heureuse dans la fondation de cours populaires de musique, selon la méthode de Wilhelm et où il fonda un grand nombre d'écoles de chant, placées sous sa propre direction. Ses écrits sont : Singschule (1831); Méthode de chant pour les enfants (1835 et 1838): Méthode de chant pour voix d'hommes (1836): Bibliothèque élémentaire de chant (1836); Méthode pratique de piano pour les enfants (1837): Abécédaire de chant (1X37): Ecole chorale (1838): Cent me-

M'AISTRE — MAJEUR

lodies enfantines (1840); Singing for the million (1842). Il a en outre publié : Esquisses musicales, ou souvenirs de voyage (1838-1839), Musical Athenaeum, or nature and art, music and musicians in Germany, France, Italy, etc. (1842); un journal de musique ; Chronique musicale de Paris (1838) qui disparut aussitôt, tandis qu'un nouvel essai réussit mieux en Angleterre (Mainzer's Musical Times, le prédécesseur du Musical Times actuel). Comme compopositeur d'opéras, M. n'a pas été couronné de succès dans ses diverses tentatives (Le Triomphe de la Pologne, La Jacquerie).

Maistre, v. Le Maistre.

Maitland, J.-A. Fuller, critique musical anglais, né à Londres en 1856; auteur d'une biographie de Schumann (Great Musicians, 1884) et de Masters of German Music (1894). M. est critique musical du « Times », de la « New Quarterly Musical Review », etc.

Maîtres - chanteurs (ail. Meistergesanger) , nom que l'on donnait, du xive au xvie s., aux poètes et chanteurs bourgeois (appartenant à la classe ouvrière) dont les traditions se rattachaient à celles des « Minnesânger ». Les m.-c. formaient, dans diverses villes allemandes, des associations régies par des statuts très stricts (tablature) et. divisées en plusieurs classes, à la façon des confréries (apprentis, chanteurs, poètes, maîtres). Leurs poésies empruntent leurs sujets surtout, à l'histoire biblique et sont traitées d'une façon plutôt lourde et gauche. On compte parmi les plus célèbres m.-c. : Michael Behaim, Hans Rosenbliit, Hans Folz et surtout Hans Sachs. Les poésies des m.-c. sont conservées en très grand nombre, malheureusement sans leurs mélodies (Weisen). Mayence (qui passe pour être le berceau des m. - c. [Frauenlob, Regenbogen]), Strasbourg, Francfort, Wurzbourg, Zwickau et Prague au xive s., Augsbourg, Nuremberg (avec plus de 250 m.-c, du temps de H. Sachs), Colmar, Ratisbonne, Ulm, Munich, etc., aux xve et xvie s., furent les grands centres de corporations. Wagner, dans ses «Maîtres - Chanteurs de Nuremberg», a tracé un tableau très vivant et basé sur de sérieuses recherches historiques, de la vie des m.-c. Cf. J. Grimm, Ueber den altdeutschen Meistergesang (1811) ; Schnorr von Carolsfeld, Zur Geschichte des deutschen Meistergesang s (1872), et, parmi les ouvrages anciens sur le sujet : Adam Puschmann, Grundlicher Bericht des deutschen Meistergesang s zusamt der Tahulatur (1571) et Wagenseil, Buch von der Meistersinger holdseliger Kunst (1697).

Maître de chapelle (ail. Kapellmeister, ital. mœstro di cappella) , nom que l'on donnait autrefois indifféremment au directeur d'une chapelle vocale ou d'une maîtrise (angl. Master of cJiildren, choir-m aster) et au directeur d'un orchestre (chef d'orchestre, angl. conductor) ; actuellement employé seulement dans la première acception, à moins qu'il ne soit la traduction du « titre » allemand de Kapellmeister.

Maître Jehan, v. Gallus, 2.

Maîtrise, nom que l'on donnait avant la

Révolution à reçoit1 de chant choral qui était adjointe à chaque église importante. Les élèves d'une m. étaient entretenus en commun et recevaient, en même temps que des leçons de musique, une bonne instruction générale. Les m. furent par conséquent les véritables écoles de musique du pays, jusqu'au moment de leur suppression (1791) et de la fondation du Conservatoire (1794). Le terme de m. est souvent employé maintenant pour désigner le chœur même, la chapelle de chantres d'une église. La m. avait à sa tète un « maître de chapelle ». En Allemagne, certaines églises (St- Thomas, à Leipzig ; Eglise de la Croix, à Dresde, etc.) ont encore une organisation analogue à celle des anciennes m. françaises.

Majeur (ail. Dur, lat. durus) se dit d'un intervalle, d'une gamme, d'un accord, d'un mode. Un intervalle est m. lorsque la seconde note fait partie de la gamme m. dont la première est tonique (v. cependant les exceptions au mot juste). La gamme m. résulte du déploiement d'un accord m. dont les différents sons sont reliés diatoniquement, au moyen de notes de passage (v. gamme). Quant à 1' accord m., il résulte de la combinaison d'une prime avec sa. tierce supérieure et sa quinte supérieure ; ces trois sons se confondent en une conception une, celle de l'harmonie supérieure ou harmonie majeure (v. harmonie et son). Mais chacun d'eux peut représenter à lui seul l'harmonie majeure, c.-à-d. qu'il peut être interprété dans le sens de cette harmonie, ainsi ut, sol ou mi peuvent aussi bien l'un que l'autre représenter l'accord à: ut majeur. De même deux sons (par ex : ut : sol, ou ut : mi ou mi-sol) de l'accord m. peuvent représenter celui-ci ; toutefois, il convient de remarquer que de telles interprétations sont parfois ambiguës, car chaque son peut être interprété comme appartenant à trois accords m. et à trois accords mineurs (v. interprétation harmonique). L'accord majeur et l'accord mineur sont les pierres d'angle de tout l'édifice harmonique ; les accords dits dissonants ne sont que des modifications de ces deux harmonies fondamentales. Cf. dissonance. — Lé mode m. est celui dont la tonique (c.-à-d. l'accord iinal) est un accord majeur, autrement dit celui dont les harmonies n'ont de signification spéciale que grâce à leur place par rapport à cette tonique. L'impression du mode m. résulte de l'alternance de l'accord de tonique avec les deux accords de dominante de même mode, harmonies qui, à elles trois, renferment tous les sons de la gamine majeure ; d'où il ressort qu'une mélodie non modulante ne peut être logiquement harmonisée qu'avec ces trois accords principaux :

Sous-dominante.

Dominante.

MA.IO — MANCIXELLI

Toutefois, L'harmonie du mode m. dispose d'un grand nombre d'autres accords : en premier lieu, les accords parallèles (formés également des sons de la gamme) de ces trois accords principaux, soit:

Tp ré || fa la ut mi sol si ré

Sp "l>p

(lp = parallèle de la* tonique : Sp — parallèle de la sous-dominante); Dp = parallèle de la dominante) puis d'une foule d'autres harmonies, contenant des sons étrangers à la gamme du ton dans lequel on se trouve et dont la puissance modulante n'est que facultative. Cf.

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