‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 286 sur 542 · MARES · texte numérisé non relu

MARES

MARITS

quatre voix (1588-1592) ; un de motets à douze voix (1614); un de Sacri concenti de cinq à s.pt voix (1616); une série de motets pour toutes les fêtes religieuses de l'année ( 1588); des compiles et des antiennes à six voix (1595); cinq livres de VillaneUe ed (trie alla Napoletana à trois voix el an à quatre voix (1584- 1605). On trouve en outre un nombre considérable de madrigaux et de motets, dans les anthologies de, Gardane, de P. Phalèse, et d'autres ; puis des morceaux transcrits en notalion moderne, dans la Musica divina de Proske, dans l«s Principes de composition de Choron, dans le Traité de contrepoint du Père Martini, etc.

Mares. (Maresch), Jean- Antoine, virtuose sur le cor. ué à Ghotebor (Bohême) en 1719, m. à St-Pétersbourg le 80 mai 179^ : élève de Ilampel à Dresde, et, pour le violon, de Zika à Berlin, il alla en 1748 en Russie el vécut, avec le titre de musicien de la chambre impériale, d'abord comme corniste, puis, bien des années plus tard, comme violoncelliste, à St-Pétersbourg. M. est l'inventeur de la musique dite « musique russe de cor de chasse », dans laquelle chaque exécutant n'a jamais qu'un son à donner et toujours le même. Cette amusette sans intérêt (le legato, même de deux sons seulement, y est impossible) est depuis longtemps tombée en désuétude.

Maretzek, Max. né à Brùnn le 28 juin 1821; arriva en 1848 à New- York où, grâce à l'énergie qu'il déploya dans l'entreprise de représentations d'opéras, il contribua beaucoup au développement musical de la ville. M. est aussi compositeur lui-même (opéras: Harnlet, Brùnn, 1840; Thesleeping Jtolloio, New- York, 1879).

Mariani, A.ngelo, excellent chef d'orchestre, né à Ravenne le 11 oct. 1822, m. à Gènes le 18 juin 187:'» : élève de Piossini, au « Liceo filarmonico » de Bologne, fut d'abord chef d'orcbestre de théâtre, à Messine (1844), Milan et Yicen e. Il devint ensuite» maître de chapelle de la Cour, à Copenhague (1847), d'où il accourut dans sou pays, en 1848, pour se présenter comme volontaire dans l'armée ; la guerre terminée, il passa quelque temps à Constantinople, puis, en 1833, prit la place de chef d'orchestre du théâtre « Carlo-Felice », à Gênes, où il acquit bientôt la renommée du meilleur chef d'orchestre d'Italie. Quelques années plus tard, il alla remplir les mêmes fonctions au Théâtre municipal de Bologne el y resta jusqu'au mor menl où, en 1873, il fut de nouveau appelé à Gènes : niais il mourut déjà quelques semaines après son arrivée. Gomme compositeur, M. ne s'est t'ait connaître que par des mélodies, quelques cantates et un Requiem.

Marie, Gabriel, né a Paris le 8 janv. 1852, lit toute son éducation musicale au Conservatoire de Paris, où il fonctionna même comme professeur intérimaire. M. tut d'abord pianiste, puis timbalier, à la fondation (\cs Concerts Lamoiireux, dont il pesta pendant sept ans l'un des principaux collaborateurs, en qualité de chef des choeurs. 11 tut chargé, en 1887, de la

direction des concerts de l'Exposition du Havre, remplit pendant sept années les fonctions de chef d'orchestre de la Société nationale, donna plusieurs concerts importants, sous le patronage delà « Société des Grandes auditions », et fut chargé par Guilmant, à partir de 1891, de la direction des concerts d'orgue du Trocadéro. En outre, M. remplit depuis 1894 les fonctions de directeur des concerts de la Ste-Cécile, de Bordeaux, et de l'orchestre du Casino de Vichy. Comme compositeur, il s'est fait connaître par un certain nombre de morceaux d'orchestre fréquemment exécutés et par diverses pièces pour instr. à archet (La Cinquantaine, etc.).

Marin, Marie-Martix-Marcel de, célèbre harpiste et compositeur pour son instrument, né à Bayonne le 8 sept. 17C>9, descendant d'une famille de la noblesse vénitienne, de' Marini; eut quelque temps des leçons de Hochbruckerr mais fut pour presque tout le reste autodidacte. Il voyagea beaucoup, puis s'établit finalement, à Toulouse (l'année de sa mort est inconnue) Fétis estime que les œuvres pour harpe de M. sont véritablement classiques (six sonates, quatre thèmes avec variations pour harpe seule, un duo avec piano et un autre avec violon, un quintette pour harpe avec quatuor d'instr. à archet, des romances avec accompagnement de harpe, etc.).

Marini, 1. Biagio, l'un des premiers virtuoses compositeurs, auteur des premières sonates pour violon seul (op. 1, Affetti musicali, 1617), né à Brescia vers 1595, vécut successivement à Vicence, puis à la Gourde l'électeur du Palatinat (1621 ; anobli) et à Parme (1623); il mourut vers 1660. àPadoue. M. a publié un grand nombre d'œuvres de musique de chambre (œuvres vocales et instrumentales de une à sept parties en style « accompagné »). — 2. Carlo-Antonio, aussi l'un des premiers compositeurs de musique de chambre, dans la deuxième moitié du xvire s., à Bergame (sonates de chambre pour deux à cinq instr. à archet avec continuo, huit recueils de douze sonates chacun). Cf. Marin.

Mario, Giuseppe, Conte di Gandia, éminent chanteur scénique (ténor), né à Cagliari en 1810, m. à Rome le 11 déc. 1883; fut d'abord officier dans l'armée piémontaise, arriva en 1836 à Paris où sa voix fit sensation dans les cercles privés, en sorte qu'il céda finalement aux instances réitérées qu'on lit auprès de lui et se voua au théâtre. Il débuta en 1838 à l'Opéra, dans « Robert-le-Diable ». mais passa deux ans plus tard à l'Opéra-Italien. Il chanta pendant près de trente ans à Paris, Londres et St-Pétersbourg et fut pendant de longues années absolument inséparable de la Grisi, avec laquelle il se maria finalement. M. quitta tout à fait la scène en 1867 ; il vécut d'abord à Paris, plus lard à Home.

Marius, , fabricant de pianos, à Paris, au

commencement du xvnr9 s., est l'un de ceux qui, indépendamment du premier inventeur (v.

I îhristopori) proposèrent le mécanisme à marteaux pour le piano et l'introduisirent (Silberîiiann. Schrôter, v. piano). Le mécanisme à

MA.KKULL

MA.RPURG

marteaux de M. était du reste, ainsi que nous le voyons dans les planches du vol. ni des Machines et inventions approuvées par V Académie royale des sciences (1713-19), infiniment plus primitif que celui de Christofori, lequel a servi de prototype au mécanisme anglais actuel. M. a pris aussi un brevet pour un « clavecin brisé » (clavecin démontable).

Markull, Friedrich- Wilhelm, compositeur, né à Reichenbach, prés Elbing, le 17 févr. 1816, m. à Danzig le 30 avr. 1887 ; passa son enfance à Dantzig où son père avait été appelé comme organiste, reçut son instruction musicale de son père, plus tard de l'organiste Kloss et, de 1833 à 1835, de Fr. Schneider, à Dessau. En 1836, M. accepta le poste de premier organiste à la « Marienkirche », à Danzig, puis il remplit en même temps, dans cette ville, pendant de longues années, les fonctions de directeur de sociétés. Il fut à la fois pédagogue de mérite, excellent organiste et pianiste ; à la lin, il se borna à l'enseignement privé et à la critique (pour la « Gazette » de Danzig). M. fut un compositeur zélé et remporta, avec quelques œuvres importantes, un succès sinon éclatant, du moins fort honorable. Notons entre autres des opéras : Maja und Alpino (Die bezauberte Rose: Dantzig, 1843), Der Konig von Zî'on(1848), Das Walpurgisfest (Dantzig, 1855 et Kœnigsberg, 1856) ; des oratorios : Johannes der Tâufer. Das Gedàchtnis der Entschlafenen (exécuté en 1856, à Cassel, sous la direction de Spohr, et aussi gravé) ,• puis le psaume L XXXVI, plusieurs symphonies (dont l'une [ut min.] a été couronnée, à Mannheim), etc. On a gravé de lui beaucoup d'œuvres pour piano et pour orgue, des lieder, un recueil de chorals (1845), des arrangements d'œuvres classiques, etc.

Markwort, Johann-Christian, musicographe, né à Reisling, près Brunswick, le 13 déc. 1778, m. à Bessungen, près Darmstadt, le 13 janv. 1866; profond théoricien du chant, il avait d'abord étudié la théologie, puis monta, comme ténor, sur la scène, et chanta successivement à Feldsberg, Trieste, Munich, puis enfin à Darmstadt où il fut nommé, en 1810, directeur des chœurs (pensionné en 1830). Ses ouvrages sont : Umriss einer Gesammt- Tonicissenschaft uber- Jiaupttcïe auch einer Sprach-und Tonsatzlehre und einer Gesang—, Ton-und Rede-Vortraglehre (1826); Ueber Klang veredelung der Stimme, ûber harmonisch begrundete Gehorausbildung und singweis deiitliche Aussprache (1847). Il a publié en outre une méthode élémentaire de piano, et écrit de nombreux articles sur l'art vocal, la mimique, etc., pour la « Allgem. Musikalische Zeitung » (1820 et plus tard), pour la «Gœcilia » de Weber, la « Wiener Musikalische Zeitung » et d'autres revues

Marmontel, 1. Antoine-François, né à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) le 18 juil. 1816 ; élève de Zimmermann au Conservatoire de Paris, remporta déjà en 1832 le premier prix de piano, puis étudia encore la composition auprès d'Halévy et de Le Sueur. Il succéda en 18A8 à Zimmermann, comme professeur de pia-

no, et fui pendant de longues années l'un des maîtres les plus renommés du Conservatoire ; il a formé un nombre immense d'excellents élèves (Guiraud, Paladilhe, A. etE. Duvernoy. J. Wieniawski, Bizet, Dubois, etc.). Ses compositions appartiennent pour la plupart au genre didactique: L'art de déchiffrer (100 études faciles); Ecole élémentaire de mécanisme et de style (24 éludes, op. 6); Etudes, op. 9, 45,62, 80. 85; Ecole de mécanisme, op. 105-107 ; 50 études de salon, op. 108 ; L'art de déchiffrer à 4 mains. op. 111 ; des sonates, nocturnes, sérénades, morceaux de genre, danses, morceaux de salon. M. a aussi publié quelques écrits : Petite gram- /ttaire populaire (traité élémentaire de musique ) ; L'art classique et moderne du piano (1876 ; vol. I : Conseils d'un professeur sur l'enseignement technique et l' esthétique du piano : vol. II : Vade-mecu?n du professeur de piano [catalogue gradué et raisonné des méthodes, etc.. de piano]); Les pianistes célèbres (1878, silhouettes) ; Symphonistes et virtuoses (1881): Histoire du piano et de ses origines, e£c.(1885) : Virtuoses contemporains (1882) et Eléments d' esthétique musicale (1885). — 2. Antonin- Émile- Louis, dit M. fils, né à Paris en 1850; fils et élève du précédent, lui a succédé au Conservatoire et a publié un certain nombre de morceaux de piano, habilement écrits.

Marpurg. 1. Friedrich -Wilhelm, célèbre théoricien musical, né dans le domaine de Seehof (appartenant à son père), près Seehausen, le 21 nov. 1718, m. à Berlin le 22 mai 1795; fut en 1746, à Paris, secrétaire d'un général von Rothenburg et fit là la connaissance de Rameau et de son système. Il vécut ensuite quelque temps à Berlin, plusieurs années à Hambourg et fut nommé, en 1763, directeur de la loterie royale, à Berlin, où il reçut le titre de Conseiller du ministère de la guerre. Comme compositeur, M. n'a donné que six sonates de piano,quelques recueils de morceaux pour orgue et pour piano, des lieder religieux et profanes, et une Messe inachevée à 4 voix (Kyrie, Gloria, Sanctus, Agnus) avec violons, altos et orgue (la partition en a été gravée). Ses ouvrages théoriques et historiques sont : Der Kritische Musihus an der Spree (1749 à 1750 : en livraisons hebdomadaires d'une feuille): Die Kunst dus Klavier zu spielen(Vni)-ll"A,'Z vol. : réédité plusieurs fois); Anleitung zum Klavier spielen, der schonen Ausiibung der heutigen Zeit gemàss enticorfen (1755: 2e édit.. 1765: Irad. aussi en français [par M. lui-même] et en hollandais): Abhandlung von der Fuge (ouvrage très important apprécié encore aujourd'hui, 1753-1754, deux parties: 2e éd. 1806; Irad. en français par M. lui-même, 1756; remanié par Simon Sechter, 2 vol.): Handbuch beim Generalbass und der Koinposilion (1755 à 1758, 3 parties; supplém. 1760; 2e éd. 1762 : trad. franc, par Choron et Lafage, 1836-1838: aussi trad. en suédois. 1782) : Historisch-hritischc Beytrâge zur Aufnahme der Musi/i (1754-1762 el 1778. 5 vol.; paru par fragments, à intervalles irréguliers): Systemaiische Einleitung in die

Page 1