‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 289 sur 542 · MASSENET · texte numérisé non relu

MASSENET

des morceaux pour l'harmonica, sur lequel sa femme était également virtuose. M." a inventé aussi un nouveau clavier pour l'harmonica, etc. — Son frère Paul, né en 1761, était aussi excellent pianiste et mourut à Vienne, où il était maître de musique, le 22 nov. 1826. Tl s'est, lui aussi, essayé un peu dans tous les genres de composition.

Mason, 1. William, écrivain musical, né à Hall en 1724, m. à Aston le 7 avr. 1794, bachelier et, plus tard, « Magister artium » (Cambridge), il prit les ordres en 1755 et devint chanoine et « precentor » de la cathédrale d'York. M. a publié : une anthologie de textes bibliques qui avaient été mis en musique, jusqu'alors, sous la forme d'anthems (A copious collection, etc., 1782), précédée d'un Essay on cathedral music ; puis des essais : On instrumental church music, On parochial psalmody, On the causes of the présent imper fect alliance between music and poetry. Il était aussi poète (tragédies, poèmes lyriques), écrivit une biographie de Gray, et composa lui-même aussi quelques anthems. — 2. Lowell, musicien de mérite de l'Amérique du Nord, né à Medfîeld (Massachusetts) le 8 janv. 1792, m. à Orange (New-Jersey) le 11 août 1872 ; fut longtemps président de la « Handel und Haydn Society » de Boston, fonda en 1832 l'Académie de musique de Boston, et organisa des assemblées périodiques de maîtres de musique. Nommé Docteur en musique de l'Université de New- York, (1835), M. entreprit, deux ans plus tard, un voyage d'études en Allemagne et publia les résultats de ses observations, dans un ouvrage intitulé : Musical letters abroad (1853).— Deux de ses fils, Lowell et Henry, furent au nombre des fondateurs de la célèbre maison M. and IIamlin, à Boston (fabrique d'orgues et d'harmoniums) ; un troisième fils — 3. William, né à Boston le 24 janv. 1829, pianiste estimé, étudia de 1849 à 1854 en Allemagne, sous la direction de Moscheles, Dreyschock, Liszt (piano), M. Hauptmann et E.-F. Richter (théorie). Après s'être produit avec succès, comme virtuose, à Leipzig, Prague, Wcimar, Londres, etc., il rentra en Amérique où il lit d'abord une tournée de concerts à travers les Etats-Unis, puis s'établit à New- York. Il organisa alors, avec Berginiiiiii et Thomas, des soirées de musique classique. 11 ne joue plus en public depuis quelques années, mais continue seulement à enseigner. M. a publié beaucoup de pièces gracieuses pour piano, ainsi qu'une méthode de piano.

Massaini, Tiburcio, contrapuntiste du xvie s., né ;i Crémone, fut d'abord maître de chapelle de « Santa Maria del Popolo », à Rome, puis accepta un poste à la Cour de l'empereur Rodolphe LL à Prague (1580), et vécut ensuite de nouveau a Home où il était encore en 1605. Les œuvres que l'on a conservées de lui sont : deux livres de madrigaux à quatre voix (1569, 1573), quatre de madrigaux à cinq voix (1571 à 1594), des Sacri modulorum conccntus de six à douze \oi\ (motets à double et triple chœur, 1567), des psaumes de vêpres à cinq voix et des

Magnificat (dont l'un à neuf voix, 1576), quatre recueils de motets à cinq voix (1576-1594), un recueil de motets à quatre voix (1580, dédié à Philippe de Monte), des motets à sept voix (1607), des psaumes à six voix (1578), des Messes à cinq et à six voix (1578), des Messes à huit voix (1600), des Lamentations à cinq voix (1599), ainsi que quelques œuvres détachées,, dans des anthologies, et des manuscrits conservés à Rome.

Massart, Lambert-Joseph, excellent professeur de violon, né à Liège le 19 juill. 1811, m. à Paris le 13 févr. 1892 ; appartenant à une famille de musiciens, fit son éducation auprès de R. Kreutzer, à Paris; mais ne fut pas admis par Cherubini au Conservatoire, parce qu'il était étranger. Après s'être déjà acquis du renom à Paris, comme professeur de violon, il fut nommé, en 1843, titulaire d'une classe deviolon au Conservatoire. Citons,, parmi, ses. élèves, H. Wieniawski, Marsick et d'autres. —

— La femme de Massart, Louise- Aglaé de, née- Masson, née à Paris le 10 juin 1827, m. dans la même ville le 26 juil. 1887, était une excellentepianiste et succéda en 1875 à M,ne Farrenc,. comme professeur de piano au Conservatoire.

— Un autre musicien, probablement parent du précédent, Victor M., né en 1799, m. à Liègele 6 août 1883, était contrebassiste et professeur au Conservatoire de Liège.

Massé, Victor (de son vrai nom Félix-Marie), compositeur d'opéras-comiques français,, né à Lorient (Morbihan) le 7 mars 1822, m. à Paris le 5 juil. 1884; fut, de 1834 à 1844, élève de Zimmermann (piano) et de Halévy (composition), au Conservatoire de Paris. Il remporta en 1844 le grand « prix de Rome », avec la cantate : Le Renégat de Tanger; de Rome, pendant son séjour d'études réglementaires, il envoya entre autres un opéra italien : La Favorita e la schiava. A son retour, il se fit connaître d'abord par des romances et débuta avec succès, comme compositeur scénique, en 1849,. avec : La Chambre gothique (Opéra-Comique).' Suivirent depuis lors : La Chanteuse voilée (1850), Galatée (1852), Les Noces de Jeannette (le grand succès et l'un des meilleurs ouvrages de l'auteur; 1853), La Fiancée du Diable (1854), Miss Fauvette (1855), Les Saisons (1855),. La Reine Topaze (1856), Le Cousin de Marivaux (1857), Les Chaises à porteurs (1858), La Fée Carabosse (1859), Mariette la Promise (1862),. La Mule de Pedro (1863), Fior oVAliza (1866), Le Fils du Brigadier (1867), Paul et Virginie (1876), Une Loi somptuaire (opérette, non représentée, mais gravée en 1879), et La Nuit de Clêopâtre (posthume, 1885). En 1860, M. avait été nommé chef des chœurs à l'Opéra et,, en 1866, professeur de composition au Conservatoire. Il prit sa retraite en 1880, avec le titre* de professeur honoraire. En 1871, M. avail été élu membre de l'Académie des Beaux-Arts, eni remplacement d'Auber.

Massenet, Jules-Emile-Frédèric, l'un des compositeurs les plus en vue de l'école fran-j eaise contemporaine, né à Montaud, près St

MASUREGK — MATERNA

Etienne (Loire), le 12 mai 1842, reçut dès l'âge de six ans déjà les premières leçons de sa mère, puis entra trois ans plus tard au Conservatoire de Paris, où il eut pour maîtres Laurent (piano), Reber (harmonie), et Ambroise Thomas (composition). En 1863, il obtint le premier grand prix de Rome, avec sa cantate : David Rizzio, puis il rapporta de ses voyages d'études toute une série d'œuvres, pleines de promesses pour l'avenir : L' Improvisateur (scène lyrique), Scènes napolitaines et une ouverture symphonique (pour orchestre), Requiem (à quatre et huit voix, avec orgue, violoncelle et contrebasse), des pièces pour piano et pour violoncelle, des chœurs pour voix d'hommes et un recueil de mélodies d'un très grand charme : Poème d'avril (1866). Peu après, le jeune auteur réussit à faire entendre tout d'abord des œuvres symphoniques : Pompêia (suile d/orchestre, dont quelques fragments se retrouvent dans les « Erinnyes »), Noce flamande (chœurs et orchestre, 1867), la première suite d'orchestre (1867-1868), puis enfin un opéracomique en un acte : Grand' Tante (1867). C'est de cette même époque que datent une cantate : Paix et Liberté, et un premier opéra : La Coupe du Roi de Thidê, composé en vue d'un concours ouvert par le ministère des Beaux-Arts, mais non représenté (il a été replacé presque tout, par fragments, dans diverses œuvres de l'auteur). Puis vinrent : Méduse (opéra, inédit); la deuxième suite d'orchestre : Scènes hongroises (1871) ; Don César de Bazan (Opéra-Comique, 1872); la musique des Erinnyes, de Leconte de Lisle (1873); Marie-Madeleine (oratorio pour soli, chœurs et orchestre, 1873) ; la troisième suite d'orchestre : Scènes pittoresques (1874); ouverture de Phèdre (1874); Eve (soli, chœurs et orchestre, 1875); la qutarième suite d'orchestre : Scènes dramatiques (1875); enfin Le Roi de Lahore (Opéra, 1877). Le succès de ce dernier ouvrage s'accentua surtout à l'étranger, en sorte qu'à la mort de Bazin, en 1878, M. fut appelé aux fonctions de professeur de composition, au Conservatoire (arrêté du 7 oct.) ; il a donné sa démission en 1896, après avoir refusé la direction du Conservatoire qui lui était offerte. M. est membre de l'Institut depuis 1878, etc. Les devoirs du professorat n'empêchèrent point le musicien de s'adonner avec ardeur à la composition, ni d'aller surveiller ou diriger l'exécution de ses œuvres un peu partout. Nous nous bornerons à citer les principales d'entre elles, après avoir fait remarquer l'influence évidente qu'elles ont eue sur toute une génération de jeunes musiciens, malheureusement trop empressés à s'emparer des formules du maître et à abdiquer toute personnalité ; ces œuvres sont : La Vierge (chœurs, soli et orchestre, 1880); Hérodiade (Bruxelles, 1881); Manon (Opéra-Comique, 1884; l'une des meilleures créations de M., tentative de rénovation du genre de l'opéra-comique) ; Le Cid (Opéra, 1885); Esclarmonde (Opéra-Comique, 1889); Le Mage (Opéra, 1891); Werther (terminé on 1886 déjà, mais représenté seulement en

1893, à Vienne); Thaïs (Opéra, 1894); Le Portrait de Manon (Opéra-Comique, 1894; un acte); La Navarraise (Londres, 1894; petit drame lyrique); Sapho (Opéra-comique, 1897). A ces œuvres et à celles que nous avons déjà mentionnées plus haut, on pourrait ajouter encore deux ballets : Le Carillon (Vienne, 1892 ), Cendrillon (en préparation ), un autre ouvrage scénique également à venir : Grisélidis, puis trois nouvelles suites d'orchestre (n° v, Scènes napolitaines; n° vi, Scènes de féerie; n» vu, Scènes alsaciennes), un poème symphonique (Visions), de la musique de scène pour HetmanàeV. Déroulède, Thèodora et Le Crocodile de Sardou, de la musique de chambre, une idylle (Narcisse), une scène antique (Biblis), des pièces chorales religieuses et profanes, enfin un grand nombre de mélodies (Poème du Souvenir, Poème pastoral, Poème d'octobre, Poème d'amour, Poème d'hiver, Poème d'unsoir, etc., etc.), des duos, etc., etc. Cf. Georges Servières, La musique française moderne (1897) et Hugues Imbert, Profils d'artistes contemporains.

Masureck, Masurisch, v. Mazurka.

Masutto, 1. Giovanni, musicographe italien et critique de journaux musicaux, né à Trévise le 30 juil. 1830, m. à Venise, le 1er janv. 1894; auteur de 1 maestri di musica italiani del secolo XIX. (Venise, 3m* éd. 1884). — 2. Renzo, fils du précédent, né à Trévise le 25 avr. 1858; élève de Cozzi, Del Maino, Ferrarini (violon), Sartori et Ficcarelli (piano), puis de Giov. Rossi, à Parme, et de Tonassi, à Venise (composition), est actuellement chef de la musique du 27e régiment d'infanterie italienne. Il se produisit comme pianiste et comme violoniste, et promet beaucoup comme compositeur (ouvertures, deux opéras, morceaux de piano, mélodies).

Maszkowski, Ludwig-Raphael, chevalier de, né à Lemberg en 1838; élève des Conservatoires de Vienne et de Leipzig (1859), devint, en 1885, directeur de Y « Imthurneum » de Schaff-. house, et fut nommé en 1889 directeur de musique à Coblence. Il dirige, depuis 1890, 1' « Orchesterverein » de Breslau, et est très apprécié comme chef d'orchestre; il donnait d'abord de grandes espérances comme violoniste, mais il dut abandonner le violon, à cause d'une affection nerveuse de la main gauche.

Materna, Amalie, excellente cantatrice dramatique, née à St-George (Styrie) le 10 juil. 1847; fille d'un maître d'école, après la mort duquel elle se rendit, avec des parents, à Graz, où elle chanta d'abord à l'église, puis au concert, et débuta en 1865, comme soubrette au Théâtre de la ville. Elle épousaalors un acteur du nom de Karl Friedrich; tous deux furenl engagés au « Carl-Theater » de Vienne (Mme M., comme chanteuse d'opérettes) et ce ne fut qu'en 1869 qu'elle passa comme primadonna à l'Opéra de la Cour. Une des plus remarquables créations de Mme M. fut celle de Brûnnhilde, en 1876, à Bayreuth (au Théâtre wagnérien). Depuis lors, elle prit part régulièrement, jusqu'en 1891 , aux représentations de

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