MECANISME
apprécié ; il devint, en 1839, maître de chant de la classe des jeunes tilles au Conservatoire de Milan, avança en 1851 jusqu'à la classe de composition, se chargea l'année suivante des conférences esthétiques et. historiques, et fut iinalement nommé, en 1872, directeur de l'établissement. Il succédait ainsi à Lauro Rossi, lequel venait de prendre la direction de l'Ecole royale de musique, à Naples. A côté de cela, M. fut, de 1859 à 1869, violon-solo au théâtre de la Scala (de 1854 à 1855 il avait même été directeur de ce théâtre), rédigea plusieurs années la Gazetta musicale di Milano, fondée en 1845, traduisit en italien la méthode de chant de Garcia, le traité d'harmonie de Fétis, 1' « Abécédaire vocal » de Panofka et d'autres ouvrages encore, réédita les Principj elementari di musica d'Asioli et composa un Atlas de la musique de l'antiquité. Il a laissé en manuscrit un traité sur l'esthétique musicale.
Mécanisme ( ail. Technik ), partie purement mécanique du jeu d'un instrument. Les études de m., dont l'ensemble forme la technique d'un instrument ou du chant, se proposent d'une part de développer l'agilité de l'exécutant, d'autre part d'obtenir une échelle de sonorités variant soit en intensité, soit en qualité. Pour les instr. à clavier, il s'agit surtout d'acquérir par ce genre d.'études la force des doigts, la souplesse du poignet, la sûreté absolue du doigté, etc. Cf. technique.
Mécanique (ail. Mechanik; angl. action), ou parfois aussi mécanisme, nom que l'on donne aux dispositions plus ou moins compliquées qui, à l'intérieur des instruments de musique et surtout des pianos, orgues, orchestrions, régissent la transmission des mouvements nécessaires à la production du son. V. au mot piano les renseignements indispensables sur les anciennes sortes de piano (clavicorde, clavecin), sur la différence qui existe entre la m. anglaise (Silbermann, Gristofori) et la m. allemande (viennoise, de Stein) et sur la m. a répétition d'Erard.
Mederitsch, Johann, surnommé Gallus, né «h Bohème vers 1760, m. après 1830; fut, de 1794 à 1796, directeur de musique à Bude, et vécut ayant et après à Vienne. M. était zélé compositeur (vaudevilles : Der Schlosser, 1783; Rose, Die Seefahrer, Die Rekruten, Der letzle Rausch, Die Pyramiden von Babylon [avec P. von Winter]; la musique pour Macbeth; des œuvres de musique de chambre, des concertos pour piano,, des Messes, etc.).
Medesimo (ilal.) le même ;tempo m., le même « tempo » .
Médiante, nom que l'on donnait, dans l'ancienne théorie' harmonique, à la tierce de la tonique, c.-à-d. en ut maj. : mi; cf. dominante.
Meerens, Charles, ué à lh-uges le 26 déc. L831; lit d'abord des études de violoncelliste (sous I5rssems [Anvers], Dumont [Gand] et Servais Bruxelles]), mais entra ensuite comme accordeur dans la fabrique de pianos de son père, el B'absorba <!«■ pins en plus dans l'étude
- MEHRKENS
des questions d'acoustique musicale. M. se pose, dans la théorie musicale spéculative, en ennemi déclaré des théories physiologiques qui ont été généralement admises ces dernièresannées comme base de tout système musical. Ses écrits sont : Le métromètre ou moyen simple de connaître le degré de vitesse d'un mouvement indiqué (1859) ; Instruction élémentaire de calcul m,usical (1864); Phénomènes musico-physiologiques (1868) ; Hommage à la mémoire de M. Delezenne(Wcfd); Examen analytique des expériences d'acoustique musicale de MM. A. Cornu et E. Mercadier (1869) ; Le diapason et la notation musicale simplifiés (1873) ; Mémoire sur le diapason (1877) ; Petite méthode pour apprendre la musique et le piano (1878) ; La gamme majeure et mineure (1890; 2e éd. 1892); Le tonometre d'après l'invention de Scheibler (1895). M. est en outre collaborateur assidu de la « Fédération artistique » (périodique paraissant à Bruxelles).
Meerts, Lambert- Joseph, professeur de violon au Conservatoire de Bruxelles, né à Bruxelles le 6 janv. 1800, m. dans la même ville le- 12 mai 1863; il faisait tout d'abord de la musique en amateur, mais se vit forcé, à l'âge de seize ans déjà, d'accepter une place de violoniste et de répétiteur, au théâtre d'Anvers. Plus tard, pendant un long séjour à Paris, il profita encore des conseils de Lafont, Habeneck et Baillot. En 1828, il entra à l'orchestre municipal de Bruxelles, devint violon-solo en 1832, puis, en 1835, professeur de violon au Conservatoire royal. La méthode d'enseignement de M. était excellente ; ses œuvres didactiques sont hautement appréciées (Etudes pour violon avec accompagnement d'un second violon; mécanisme du violon; douze études en doubles cordes , '-trois cahiers d'études dans les 2e, 4e et 6e positions; douze études rythmiques,, sur des motifs de Beethoven ; trois études sur le jeu fugué et le staccato ; six fugues à deux voix pour violon seul, etc.).
Mees, Arthur, né à Columbus (Amérique du Nord) le 13 févr. 1850; élève de Weitzmann,. Kullak et Dorn, à Berlin, vit à New-York, où il est apprécié comme maître de chant et directeur.
Mehlig, Anna ( de son nom de femme : Falk),. excellente pianiste, née à Stuttgart, le 11 juil. 1846 ; élève de Lebert, dans cette ville et de Liszt, à Weimar, s'est fait une belle réputation soit dans son pays, soit à l'étranger, surtout en Angleterre et en Amérique (1869-1870). Depuis son mariage, elle vit à Anvers.
Mehrkens, Fr.-Adolf, pianiste et chef d'orchestre, né à Neuenkirchen, près Otterndorf s/Elbe, le 22 avr. 1840 ; fut d'abord plusieurs années maitre d'école, puis se voua à la musique et, de 1861 à 1862, suivit les cours du Conservatoire de Leipzig. Depuis lors, il vit commemaître de musique et directeur de diverses sociétés à Hambourg; il dirige entre autres ,. depuis 1871,1a «Bach-Gesellschaft ».M. a écrit diverses œuvres vocales et instrumentales- (symphonie mi bémol maj.; Te Deum); mais
MEHUL
MEIBOM
quelques petites œuvres seulement ont été gravées.
Méhul, Etienne-Nicolas, célèbre compositeur d'opéras, né à Givet (Ardennes) le 22 juin 1763, m. à Paris le 18 oct. 1817 ; fut très précoce et remplit à l'âge de dix ans le poste d'organiste à l'église des Franciscains de sa ville natale. C'est à un organiste aveugle qu'il doit sa première éducation musicale ; il fut ensuite très poussé, au couvent Lavaldieu, par l'organiste Wilhelm Hauser que l'abbé Lissoir avait amené de Schleussenried, en Souabe. M. fut accueilli dans le couvent et y devint, en 1778, organiste suppléant ; mais il alla cette même année encore à Paris, où, avec l'aide de bonnes recommandations, il trouva des occupations comme maître de musique. Il fut présenté à Gluck qui reconnut son talent pour la composition dramatique et l'engagea à écrire pour la scène. Après quelques essais (Psyché, Anacréon, Lausus et Lydie), il réussit à faire accepter par l'Opéra : Alonzo et Cor a dont la représentation, il est vrai, n'eut lieu que six ans plus tard (1791), après que l'Opéra-Comique eut pris les devants, en donnant Euphrosine et Corradin (1790). En 1793 déjà, l'Opéra montait un nouvel ouvrage du même auteur, Stratonice, puis, après quelques succès, pas bien sensationnels du reste (ballet : Le jugement de Paris, 1793; opéras : Le jeune sage et le vieux fou ; 1793, Horatius Codés ; Phrosine et Melidore, 1795; La caverne, 1795; et ])oria, 1797), M. vit une de ses œuvres sifflée et la représentation interrompue, parce qu'en l'an V de la République il avait osé faire monter sur la scène un roi que la France honorait : Le jeune Henri (Henri IV) ,• l'ouverture dut, par contre, être jouée trois fois de suite et demeura longtemps une musique d'intermède très appréciée. Entre temps, on avait confié à M., à la fondation du Conservatoire (1794), l'une des quatre places d'inspecteurs. En 1795, il fut élu membre de l'Académie. Son éducation théorique n'était qu'imparfaite, en sorte qu'on ne put faire grand cas des œuvres didactiques (solfèges) qu'il écrivit pour le Conservatoire. Au «Jeune Henri » succédèrent alors toute une série d'ouvrages : Le pont de Lodi(lld1, pièce de circonstance), La toupie et le papillon (1797), Adrien (MW), Ariodant (1799), Epicure (1800, en collaboration avec Cherubini), Bion (1800), Lirato (1801), Une folie (1802), Le trésor supposé (1802), Joanna ( 1802 ), L'heureux malgré lui (1802), Helena (1803), Le baiser et la quittance (1803, en collaboration avec Kreutzer, Boïeldieu et Isouard), Les Hussites (1804), Les deux aveugles de Tolède (1806), Uthal (1806, sans violons), Gabrielle d'Estrées (1806), et enfin, en 1807, l'œuvre qui seule contribua à maintenir le nom de l'auteur au répertoire de toutes les scènes : Joseph, qui cependant, lors de sa première représentation, ne remporta qu'un succès d'estime. Après «Joseph » M. n'écrivit plus guère. Les succès de Spontini le reléguèrent trop dans l'ombre et il tomba dans un état de mélancolie qui, peu à peu, se trans-
forma en maladie de poitrine et ne lit qu'empirer de jour en jour. En vain chercha-t-il la guérison, en 1817, sous le ciel plus clément de la Provence ; il mourut, à peine de retour à Paris. Outre les œuvres susmentionnées, M. a fait représenter des ballets : Le retour d'Ulysse (1807) et Persée et Andromède (1810) et quelques ouvrages moins importants : Les Amazones (1812), Le prince troubadour (1813), L oriflamme (1814, avec Berton, Paër et Kreutzer) et La journée aux aventures (1816). Sa dernière œuvre : Malenline de Milan, achevée par son neveu Daussoigne-Méhul (v. ce nom) ne fut représentée qu'en 1822. D'autres œuvres enfin sont restées inédites et manuscrites : Hypsipile (présenté à la direction de l'Opéra en 1787), Arminius (1794), Scipion (1795), Tancrède et Clorinde (1796), Sésostris, Agar dans le désert, et la musique d'Œdipe Roi. Ses sonates pour piano (œuvres de jeunesse) sont peu remarquables et ses symphonies, qui furent exécutées dans les concerts d'élèves du Conservatoire, ne laissèrent d'autre impression que celle d'un travail consciencieux. Par contre, un bon accueil a été réservé à plusieurs cantates, hymnes et chants patriotiques (Chant du départ, Citant de victoire, Chant de retour, etc.). Comme académicien, M. parla en public sur L'état futur de la musique en France et sur Les travaux des élèves du Conservatoire, à Rome (travail publié dans le « Magasin encyclopédique », 1808). L'éloge d'usage sur M. fut lu, à l'Académie, par Quatremère de Quincy (1818) ; un aperçu assez complet de la vie de M. a été fait par son ami Vieillard (1859) et une biographie plus vaste (400 p.), par A. Pougin (1889).
Meibom (Meibomius), Marcus, savant philologue et historien de la musique, né à Tônning (Schleswig) en 1626, m. à Utrecht en 1711 ; vécut d'abord en Hollande, puis successivement aux cours de Suède et de Danemark, et fut un certain temps professeur et bibliothécaire, à l'Université d'Upsal. Il se rendit ensuite en Hollande et en France, pour y vendre une invention relative au perfectionnement des vaisseaux de guerre, invention que lui avait suggérée, à ce qu'il prétendait, la lecture des anciens auteurs ; mais il ne trouva pas d'acheteur, essaya ensuite, et aussi inutilement, de faire imprimer, en Angleterre, le texte hébreu, revu par lui, de l'Ancien Testament, et mourut finalement dans une situation des plus précaires. L'œuvre la plus célèbre de M. est : Antiquœ mùsicœ auctores septem (1652 ; texte grec et latin d'Aristoxène [Harmonie], Euclide [Introductio harmonica et Sectio canonis], Nicomaque, Alypius, Gaudence le Philosophe, Bacchius Senior et Aristide Quintilien et, en plus, le livre IX du Satyrikon, de Martianus Capella). Nous avons, en outre, du même auteur : Anmerkungen zu Laets Ausgabe des Vitruv (1649) et un dialogue : De proportionibus musicis (1655), ainsi que quelques écrits de polémique (le dialogue a été vigoureusement attaqué par le professeur W. Lange, à Copenha-
MEIFRED
MELGOUXOW
/ gue, le Père Aynscon, à Anvers, et J.Wallis, à Oxford, qui prouvèrent à M. les nombreuses erreurs qu'il avait commises.
Meifred, Joseph-Jean-Pierre-Emile, corniste virtuose,né à Colmars (Basses-Alpes) le 22 nov. 1781, m. à Paris le £9 août 1867 : a été, de 1833 à 18G5, professeur de cor au Conservatoire de Paris (il était lui-même élève de Dauprat), et s'est acquis un certain renom par le perfectionnement du cor à piston. 11 a écrit des duos pour cors, et plusieurs ouvrages : De rétendue, de l 'emploi et des ressources du cor en général et de ses corps de rechange en particulier, avec quelques considérations sur le cor à jetons (1829); Méthode pour le cor à deux pistons; Méthode pour le cor chromatique (à trois pistons) ; Notice sur la fabrication des instruments de cuivre en général et sur celle du cor diromalique en particulier (1851).
Meiland, Jakob, né à Senf tenberg (Haute-Lusace) en 1542, maître de chapelle de la Cour, à Ansbach et plus tard à ( 'elle, où il mourut en 1577. M. compte parmi les meilleurs contrapontistes allemands de son époque. On a de lui trois livres de Cantiones sacrœ (1564, 1572, 1573), à cinq el six voix ; trente-quatre motets avec texte allemand et latin (1575, écrits en contrepoint simple, note contre note ; parus aussi sous le titre: Neue auserlesene teutsche Gesœnge mit 4 und 5 Stimmen, etc.) ; Sacrœ aliquot cantiones latinœ et germanicœ 5 et 4 voc. (1575) ; Cantiones aliquot novœ 5 voc. (1576; 2e éd. 1588)
el Oygneœ cantiones latinœ et germanicœ i 1577, à 4 et 5 voix, son « chant du cvgne », publié par E. Schell).
Meinardus, Ludwig-Siegfried, compositeur allemand de renom et musicographe, né Hooksiel, sur la côte oldenbourgeoise, le 17 sept. 1827, m. à Bielefeld le 10 juil. 1896; son père était fonctionnaire et l'envoya à Jever, où il suivit les cours du gymnase, mais ne reçut que des leçons très insuffisantes de violoncelle, jusqu'en 1846. M., s'appuyant alors sur un jugement favorable de Robert Schumann auquel il avait soumis les essais de compositions qu'il avait faits avant d'avoir reçu
• aucune leçon de théorie, entra au Conservatoire de Leipzig. Mais Tannée suivante, M. quitta déjà cet établissement et devint élève particulier de A.-F. Riccius (jusqu'en 1849). Après avoir été quelque temps précepteur à Kaputh, près Potsdam, il alla continuer ses éludes à Berlin, mais fut expulsé (1850) ; il passa d'abord plusieurs années à Weimar auprès de Liszt, remplit les fonctions de chef d'orchestre de théâtre, à Erfurt et à Nordhaueen, puis retourna à Berlin, où il travailla avec zèle, sous lu direction de A.-B. Marx. De 1853 à 1865, M. dirigea la <■ Singakademie » de Glogau, puis fut appelé par Rietz, eu 1865, comme professeur au Conservatoire de Dresde. 11 transféra plus tard, eu 1874, son domicile à Hambourg <>ù il se voua avec zèle à la composition ri se chargea de ht chronique musicale du i Hamburger Correspondent » (1874àl885). En lss-;. enfin, il élul domicile à Bielefeld.M.
a reçu, en 1862, le titre de « Directeur de musique du grand duc d'Oldenbourg ». Parmi les nombreuses compositions de M., il convient de citer des oratorios : Simon Petrus, Gideon, Kœnig Salomo, Luther in Worms, Odrun ; des ballades pour chœur : Rolands Sclnoanenlied, Frau Eitt, Die Nonne, Jung Baldurs Sieg; un Passions lied et des Messgesdnge (pour chœur à quatre voix et orgue); plusieurs sonates pour violon et une pour violoncelle, trois trios et un quintette avec piano , plusieurs quatuors pour instr. à archet, un octette pour instr. à vent, beaucoup de lioder(deux recueils de Biblische Gesànge et trois recueils : In der Stille), deux symphonies, des morceaux pour piano dont trois Novellen et trois suites, etc. Comme écrivain, M. s'est fait encore connaître par : Kullurgeschichlliche Brief'e iiber deutsche Tonkunst (2e éd. 1872) ; Ein Jugendleben (1874, 2 vol.): Riichblick auf die Anfânge der deutschen Oper (1878) ; Mattheson und seine Verdienste um die deutsche Tonkunst (1879), Mozart, ein Kùnsterleben (1882); Die deutsche Tonkunst im X Y111.-X1X. Jahrhundert (1887). et Eigene Wege, eine Geschichté (1895). Deux opéras : Bahnesa et Dohtor Sassafras n'ont jusqu'à présent pas encore été représentés.
Meister, Karl - Severin, né à Kœnigstein (dans le ïaunus) le 23 oct. 1818, m. à Montabaur (Westerwald) le 30 sept. 1881 ; suivit les leçons du séminaire d'instituteurs d'Idstein, de 1835 à 1837, puis remplit jusqu'en 1842 les fonctions d'instituteur suppléant et d'organiste, à Montabaur. Il fut ensuite instituteur jusqu'en 1849 à Wiesbaden et, de 1849 à 1851, à Eibingen ; enfin, à partir de novembre 1851, il occupa le poste de premier maître de musique du séminaire et directeur de musique, à Montabaur. Il a publié : des cadences et des préludes pour orgue, des hymnes pour voix d'hommes, un traité de la modulation et un accompagnement d'orgue pour les mélodies du recueil de chants du diocèse de Limbourg. M. a donné en outre un ouvrage de valeur : Das katholische deutsche Kirchenlied in seinen Singweisen, von den f'rilhesten Zeiten bis gegen Ende des siebzehnten Jahrhunderts (1862: continué par Bâumker, vol. II, 1883 ; vol. I, refondu en 1886).
Melchior, Edward-A., né à Rotterdam le 6 nov. 1860 ; professeur de musique apprécié dans sa ville natale, auteur de : Wetenschappelyk en biografisch wordenboek der Toonkunst (1889), qui contient surtout des biographies de musiciens hollandais contemporains.
Melgounow, Julius von, pianiste et théoricien, né dans le gouvernement russe de Costroma en 1846, suivit le Lycée Alexandre, à St-Pétersbourg, et se voua à la musique, en étudiant d'abord le piano avec Henselt et les deux Rubinstein ; il fut quelque temps élève du Conservatoire de Moscou, puis se mit à étudier plus particulièrement la théorie rythmique, avec R. West pliai (v. ce nom), à Moscou. Le résultat de ces études fut la publication d'une collection de fugues et de préludes de Bach, avec
MELISME —
l'indication du rythme d'après le système de Westphal. M. a aussi exécuté en public, à Leipzig, Berlin et ailleurs, quelques-unes de ses œuvres, avec le phrasé tel qu'il résultait de •ce travail. Sur le terrain de l'harmonie, M. est partisan du dualisme harmonique (cf. A. von Œttingen) ; il a publié une collection de chants populaires russes , avec une harmonisation portant le caractère national (avec emploi fréquent du mineur pur), ainsi qu'une importante préface (1879).
Mélisme (gr. ), signifie : ornement mélodique. Le m. est plus long que la plupart des ornements et plus court qu'une vocalise réelle.
Mélodie, succession de sons ayant entre eux •des rapports logiques et déterminés, de même que l'harmonie est la superposition de sons répondant aux mêmes conditions. Le principe -constant de toute mélodie réside dans le -changement de hauteur des sons successifs , -changement ascendant ou descendant et qui, à l'origine, n'est pas brusque (par sauts), mais «ontinu et graduel ; c'est seulement sous l'influence de l'harmonie que ces flexions de la m. se sont mesurées par « degrés ». Par cette raison même, la formation mélodique la plus rapprochée de la nature est celle qui se meut par intervalles chromatiques, dont la succession a le plus d'analogie avec le changement continu •et. graduel de hauteur des sons; de plus, dans tout enchaînement harmonique, ce sont les intervalles les plus petits (demi-tons, tons) que l'on •considère comme réellement, mélodiques, tandis -que les autres (tierces, quartes, quintes, etc.) sont généralement désignés comme harmoniques.
Le mouvement ascendant de la m. correspond, •eu tant qu'augmentation de vie, à une gradation ; le mouvement descendant, en tant que -diminution de vie, à une détente; d'où il ressort que les courbes de la m. peuvent être mises en relations avec les mouvements de l'âme, dans les diverses émotions : le mouvement positif «(ascendant) est l'expression de désir, convoitise, •effort, vouloir, assaut, etc. ; le mouvement négatif (descendant) celle de renoncement, abattement, retour sur soi-même, apaisement. Mais •cette puissance élémentaire réside , comme nous l'avons dit, dans le changement pur et simple de hauteur des sons successifs, et l'on peut s'en convaincre à l'ouïe des hurlements {le la tempête (ou encore, par ex., des passages •chromatiques qui diffèrent bien peu de ces hurlements , dans l'ouverture du « Vaisseau fantôme »). La m., considérée comme succession logiquement ordonnée de sons ayant entre eux •des rapports harmoniques (autrement dit «gradués ») renonce à une bonne partie de ces effets élémentaires, pour bénéficier d'autre part des •enchevêtrements des rapports harmoniques qui, du reste, sont d'une valeur esthétique bien plus grande (l'élément mélodique est en quelque sorte stylé). — Un traité de la mélodie calculé en vue de la pratique aurait à s'occuper : 1° de l'explication des gammes diatoniques, en tant que schèmes le plus aisément compréhensibles et remplaçant la courbe mé-
MELOGRAPHE
lodique continue qui ignorait la division en degrés; 2° de la recherche des diverses empreintes mélodiques d'un accord, selon la place qu'il occupe dans la tonalité; 3° des premiers éléments de la forme musicale (imitation). Il n'existe actuellement ni cours de « théorie de la m. » dans les conservatoires, ni traité spécial qui en puisse tenir lieu, en étudiant le sujet d'une façon systématique et en partant de la connaissance du principe même de la m. ; on répartit généralement ces études, du reste incomplètes, entre celle de l'harmonie et celle de la haute composition musicale. Notons seulement encore quelques travaux préparatoires à une théorie proprement dite de la m. : J. Riepel, Tonordnung, etc. (trois parties ; 1755, 1757, 1765) ; Nichelmann, Die Mélodie, etc. (1755) ; Reicha, Traité de mélodie (1814 [1832]) ; L. Bussler, Elementarmelodik (1879) ; H. Riemann, Neue Schule der Melodik (1883).
Mélodique , se dit d'une partie vocale ou instrumentale qui se meut surtout par intervalles mélodiques (v. mélodie) et évite avec soin les intervalles d'intonation relativement difficile.
Melodium - Orgel (ail.), synonyme d'orgue américain (v. ce mot).
Mélodrame (gr.), autrefois drame en musique, c.-à-d. opéra, n'est plus employé de nos jours que pour désigner l'union de la déclamation et de la musique instrumentale qui lui sert d'accompagnement (cf. Rousseau), que ce soit dans le cours d'une œuvre scénique (ex. dans « Egmont », « Athalie », etc.), ou comme œuvre complète, formant un tout, telles les nombreuses ballades déclamées avec accompagnement de piano ou d'orchestre. D'une manière générale, le m. est un genre bâtard, absolument injustifiable au point de vue esthétique, car il n'y a aucune raison quelconque, du moment que le discours est accompagné de musique, de ne pas pousser la transformation jusqu'au récitatif au moins (v. musique scénique). Le discours fait usage aussi de l'organe vocal, bien plus le langage parlé repose sur des sons nettement définissables, en sorte que le récitant doit autant que possible se conformer à la tonalité, aux harmonies de l'accompagnement, autrement dit corriger en une certaine mesure ce que le compositeur a laissé d'incomplet dans son œuvre, sous peine de laisser subsister entre le langage parlé et la musique une désagréable contradiction. Dans quelques cas isolés seulement, le m. peut se justifier, lorsqu'il paraît comme l'expression d'une émotion plus forte que celle que le chanta exprimée auparavant; Léonore, dans la scène de la prison de « Fidelio », ajoute à ses dernières paroles : « Ce qui se passe en moi est inexprimable », c.-à-d. au fond, dans l'opéra, « ne peut se chanter ».
Mélographe (pianographe, eidomusikon, machine a improviser [?!]), mécanisme adapté au piano et qui reproduit sur le papier, au moyen d'une notation plus ou moins exactement déchiffrable, ce qui a été joué sur l'instrument, en sorte que les improvisations, (pie l'on voudrait souvent
MELONE
MENDELSSOHN-BARTHOLDY
retenir, sont de la sorte vraiment fixées sur le papier. On a fait un grand nombre d'essais, pour obtenir de bons mélographes (Ardorno, Careyre, Glifton, Creed, Engramelle, Frake, Gnérin, Hohlfeld, Keller, Pape, Unger, Witzels, v. Elewyck, etc.), cependant aucun n'a réellement abouti.
Melone, Annibale, anagramme de Alemanno Benelli (Bonelli) ,• v. Bottrigart.
Mélophone, v. harmonium et accordéon.
Méloplaste, nom donné par Pierre Galin (v. ce nom) à sa méthode simplifiée pour l'enseignement des éléments de la musique. Pour ne pas lasser l'élève, dès le début, en lui enseignant les nombreuses formes de notes, clefs, etc., il avait imaginé comme moyen d'enseignement un tableau pourvu déportées; il chantait à l'élève une mélodie connue en remplaçant le texte par le nom des notes (ut, ré, rai, etc.) et montrait en même temps, au moyen d'une baguette, la place du son sur la portée. Il rendait compréhensibles les difficultés du rythme, au moyen d'un double métronome qui marquait et décomposait à la fois les temps ( chronomèriste).
Membrée , Edmond, compositeur français d'opéras, né à Valenciennes le 14 nov. 1820, m. au Château Damont, près Paris, le 10 sept. 1882 ; lit son éducation musicale au Conservatoire de Paris, où il fut élève, pour le piano, d'Alkan et de Ziinmermann, pour la composition, de Carafa. En 1857, il donna son premier opéra : François Villon, à l'Opéra de Paris, ainsi que les chœurs pour Œdipe Roi, au Théâtre français; en 1861, ce fut le tour de la cantate Fingal, en 1875 L'esclave ( opéra ), en 1876 Les parias (opéra populaire), et en 1879 La courte échelle (opéra-comique). M. a publié, en outre, des romances, des ballades, etc, et laissé deux opéras non représentés: Colomba et Freyghor.
Mendel, Hermann, musicographe, né à Halle s/Saale le 6 août 1834, m. à Berlin le 26 oct. 1876; lit sa première éducation musicale à Halle et à Leipzig, entra en 1853, comme apprenti, dans le magasin de musique de Schle- 8inger,à Berlin, fut plus tard engagé chez Bote et Bock, puis fonda lui-même, en 1862, un magasin de musique, qu'il dut fermer cependant en 1868 déjà. M. fut collaborateur zélé de plusieurs journaux de musique : «Echo », « Tonoalle »,e1 *uv\<m\ delà Deutsche Musiherzeitung qu'il a rédigée depuis sa fondation (1870) jusqu'à sa mort, et dans laquelle il a publié entre autres une notice biographique complète surO. Nicolai. 11 a publié en outre : G. Meyerbeer, eine Biographie (1868), et G. Meyerbeer, sein Leben und seine Werke (1869; trad. ital. de Lazaneo, 1870). Il se créa un renom principalement par la publication du grand Musikalisches Konversationslexicon qu'il commença en 1870 el rédigea jusqu'à la lettre m. (dans le vol. VII); ';< rédaction en fut reprise, après la mort de M., par A. Reissmann.
Mendelssohn-Bartholdy, Jàkob-Ludwig-Fei.ix (habituellement appelé seulement Mendels-
sohn; le nom de Bartholdy fut ajouté par son père à son nom de famille, en souvenir de son beau-frère et pour distinguer son nom de celui des autres branches de la famille), né à Hambourg le 3 févr. 1809, m. à Leipzig le 4 nov. 1847, petitfils du philosophe et réformateur israélite Moses Mendelssohn (m. en 1786). fils du banquier Abraham Mendelsshon (établi à Berlin depuis- 1812); il fit preuve extraorclinairement tôt de facultés musicales remarquables qui reçurent de ses parents, à la fois amis des arts et dans une grande aisance, les soins les plus éclairés. Sa mère, Lea (fille du banquier Salomonr à Berlin) donna elle-même aux enfants les premières leçons de piano; d'abord ce fut la petite Fanny (v. Hensel), plus âgée de trois ans, qui montra beaucoup de talent, puis Félix rivalisa bientôt avec elle. Tous deux rappellent ainsi le souvenir de Mozart et de Nannerl, comme ne l'évoque peut-être aucune autre famille musicale. Quant aux deux cadets, Piebekka (née en 1811, devenue la femme du professeur Dirichlet) et Paul (né en 1813), ils étaient aussi musicalement doués; Rebekka chantait et Paul jouait du violoncelle. La mère fut bientôt remplacée dans son enseignement par Ludwig Berger pour le piano, Hennings pour le violon et Zelter pour la théorie; Heyse (qui devint plus tard professeur), le père du poète Paul Heyse, était précepteur de la familte pour les langues et Rôsel pour le dessin et la peinture (M. était, aussi un habile dessinateur). En 1818, Félix jouait pour la première fois dans un concert public; il exécuta alors la partie de piano d'un trio de Wolfl, avec grand succès. L'année suivante, il chantait la partie d'alto à la « Singakademie ». Dans la maison paternelle avaient lieu chaque dimanche des soirées musicales, auxquelles un petit orchestre prenait part; le talent du jeune garçon pour la composition,, développé de bonne heure, trouva de la sorte une rapide impulsion, puisqu'il pouvait toujours entendre aussitôt ce qu'il avait composé. C'est de 1820 que date l'activité régulière de Mendelssohn comme compositeur; il écrivit cette année-là une sonate pour violon et deux pour piano, une petite cantate (In riihrend feierlichen TÔnen), une petite opérette avec piano, des lieder, quelques quatuors pour voix d'hommes, etc. Une grande facilité de travail, propre à tous les véritables maîtres, se montrait déjà alors chez lui; il ne connaissait pas l'effort pénible et si souvent stérile. Une sonate pour piano, écrite à cette époque, n'a paru qu'après sa mort, comme op. 105. En 1821, M, fit la connaissance de Weber, pour lequel il professait une admiration profonde, et fut entraîné de la sorte dans le courant du romantisme; puis vers la fin de cette même année* Zelter le conduisit chez Goethe qui s'intéresse vivement au jeune garçon. En 1824, le jour ai son anniversaire de naissance, son quatrième petit opéra : Die beiden Xeffen, fut représente! en entier dans la maison paternelle, et ZelteiJ proclama solennellement, au nom de Bach Haydn et Mozart, qu'il passait de l'état d'ap
MENDELSSOHN-BARTHOLDY
prenti à celui d'ouvrier (« vom Lehrling zum Gesellen »). Déjà en 1816, M. avait accompagné son père dans un voyage d'affaires à Paris ■et y avait pris des leçons de Mme Bigot; en 1825, ils retournèrent tous deux à Paris et le jeune homme, alors âgé de seize ans, fit la connaissance de toutes les notabilités musicales parisiennes d'alors. Il fit de la musique avec Baillot et d'autres maîtres, passa un examen chez Gherubini qui émit un jugement très flatteur et proposa de se charger de continuer l'éducation du jeune homme; mais Abraham M. refusa l'offre et rentra avec son fils à Berlin. M. avait dix-sept ans, lorsqu'il écrivit (1826) l'ouverture du Songe d'une Nuit d'été, œuvre qui dénote une originalité géniale, une maîtrise absolue, et ne reste en rien en arrière des œuvres de l'homme mûr (les autres numéros de la musique pour le Sommer nachtstr aura n'ont été écrits que quinze ans plus tard). En 1827, M. fit représenter, au « Schauspielhaus » de Berlin, son premier et dernier opéra : Die Hochzeit des Camaclto; malgré un accueil très favorable, il fut mis de côté, car Spontini n'avait rien moins que de la sympathie pour le jeune compositeur. M. suivit ensuite pendant une année les cours de l'Université de Berlin; enfin, en 1829, M. se distingue par une action artistique d'éclat : la première exécution, depuis la mort de Bach, de la « Passion selon St- Matthieu » (à la « Singakademie », sous la direction de M. lui-même). La même année, M. visita l'Angleterre, surtout sur le conseil de Moscheles ; ce dernier avait passé, en 1824, six semaines à Berlin, fréquenté journellement la maison des Mendelssohn et donné même à M. quelques leçons de piano. Ce ne fut en somme que de Londres que se répandit la renommée du jeune compositeur; il y fit exécuter pour la première fois sa symphonie en ut mineur (par la Société philharmonique à laquelle il l'a dédiée ensuite), puis l'ouverture du « Songe d'une Nuit d'été », et les deux œuvres reçurent un accueil des plus chaleureux. Après un long voyage d'agrément en Ecosse, M. revint plein d'ardeur à Londres, mais il fut retenu longtemps au lit à la suite d'une blessure au genou et ne put revenir à temps à Berlin, pour le mariage de sa sœur Fanny. Il boîta même pendant un certain temps. Enfin, en 1830, il entreprit un grand voyage en Italie, se dirigea de là vers Paris (1832) où il fut atteint du choléra, puis vers Londres où il dirigea l'ouverture des Hébrides, terminée entre temps, et joua le concerto en sol mineur et le Caprice en si mineur. A Londres, également, parut le premier cahier de ses Romances sans paroles. Pendant ce temps, il eut le chagrin de perdre coup sur coup son meilleur ami d'enfance, Eduard Rietz, son maître Zelter, et Goethe auquel il avait encore rendu, lors de son voyage en Italie, une visite de plusieurs semaines. De retour à Berlin, M. y organisa des concerts au bénéfice de la caisse de retraite des musiciens de l'orchestre et présenta au public les ouvertures du Songe d'une Nuil d'été, des Hébrides, Meeresstille und
gluckliche Fahrt, ainsi que la Reformations- Symphonie, le concerto en sol min. et le caprice en si min. Sa candidature à la succession de Zelter, comme directeur de la « Singakademie », fut alors repoussée (v. Rungenhagen). Par contre, en 1833, la direction du festival de musique du Bas-Rhin, à Dùsseldorf, lui fut confiée et, de là, il alla de nouveau à Londres, pour y assister au baptême de son filleul, le fils de Moscheles, Félix; il y dirigea aussi l'exécution de sa symphonie dite « italienne ». M. revint ensuite à Dùsseldorf, où il avait été nommé directeur de musique de la ville; il y resta deux ans et dirigea encore en 1835, le festival de musique de Gologne. Mais, entre temps, il avait accepté le poste de chef d'orchestre des concerts du « Gewandhaus » à Leipzig, où il débuta en août 1835. Son remarquable talent de chef d'orchestre, sa vaste culture musicale et sa personnalité d'artiste créateur firent rapidement de lui le centre autour duquel se mouvait toute la vie musicale de Leipzig ; ils firent en outre de Leipzig le centre de la vie musicale de l'Allemagne, peut-être même de l'Europe. L'institution des concerts du « Gewandhaus » parvint à une renommée qu'elle n'avait jamais atteinte auparavant, et qu'elle ne put, après la mort de M., conserver qu'avec peine. Mais il est bon de dire que M. trouva un puissant appui en la personne de Ferdinand David (v. ce nom) qu'il attira, en 1836, à Leipzig en qualité de concertmeister. En 1836 aussi, l'Université offrait à M. le titre de DT phil. honoris causa C'est cette même année enfin qu'eut lieu la première exécution de Paulus (Dùsseldorf, 22 mai 1836). L'année 1837 marque le début d'une ère nouvelle dans la vie de M. qui épousa, le 28 mars, Cécile-Charlotte- Sophie Jeanrenaud, fille d'un ecclésiastique huguenot et qui vivait à Francfort avec sa mère. Cette union fut des plus heureuses; il en naquit cinq enfants : Karl, Marie, Paul, Félix et Lili. En 1843, M. fondait, avec le directeur d'arrondissement von Falkenstein, le conseiller aulique Keil, le marchand de musique Kistner, l'avocat Schleinitz et le conseiller d'état Seeburg comme membres du comité de direction, avec M. Hauptmann, Robert Schumann, Ferd. David et Chr.-A. Pohlenz comme premiers professeurs, et sous le protectorat du roi de Saxe, le « Conservatoire de musique de Leipzig » qui devint bientôt l'une des pépinières artistiques de premier rang. Les premiers fonds de l'entreprise provenaient d'un legs (Blùmner) de 60,000 marks, dont le roi devait disposer dans un but artistique. Le roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse n'en cherchait pas moins, à diverses reprises, à attirer M. à Berlin; en 1841, ce dernier avait accepté un engagement et avait élu momentanément domicile à Berlin; il y avait fait exécuter la musique composée, sur le désir du roi, pour Antigone, mais il était revenu bientôt à son centre d'activité leipzicois. En 1842 encore, avec le titre de directeur général de la musique du roi, puis en 1845, il passa quelque temps à Berlin et y diri-
MENDELSSOHN-BARTHOLDY
gea des exécutions de la musique d'Œdipe et d'Athalie. Mais en somme il resta à Leipzig, à part de courtes absences, motivées par des concerts (hiver 1844-1845, à Francfort s/M.; août 1846, première exécution d'Elie, à Birmingham); douloureusement frappé par la mort de sa sœur Fanny, pour laquelle il avait une véritable adoration, il mourut quelques mois à peine après elle. Les mérites de M. ont été rabaissés plus que de raison à la suite d'attaques évidemment exagérées, quoique basées sur l'observation critique fort justifiée d'une des faces de son talent : son penchant pour les expansions mélodieusement sentimentales, penchant qu'ont partagé après lui ses élèves directs ou indirects. M. n'en fut pas moins un génie créateur de par la grâce divine, génie dont les œuvres charment l'auditeur d'aujourd'hui, autant qu'elles ont ravi celui d'il y a cinquante ans; de plus, il était doué d'une remarquable compréhension des œuvres des grands classiques, et c'est à lui que revient l'honneur d'avoir ressuscité plus particulièrement l'œuvre de Bach. Dans l'œuvre de Mendelssohn (op. 1 à 72 imprimés pendant sa vie, 73 à 121 posthumes, plus un certain nombre de compositions ne portant aucun numéro d'œuvre), il convient de placer au premier rang les oratorios : Paulus (1836) et Elias (1847), ce qui a été créé de plus remarquable dans ce genre depuis Hamdel et Haydn; viennent ensuite les ouvertures de concert : Sommernachtstraum, op. 51; Hebriden, op. 26 / Fingalshohle] ; Meeresstille und gliichliche Fahrt,op 27 ; Bas Màr chen von der schonen Melusine, op. 32; Ruy- B las, op. 95; Trompelenouverture, op. 101; et une ouverture pour musique d'harmonie, op. 24; la musique (chœurs, etc.) pour Anligone, op. -)ô; Die erste Walpurgisnacht, op 60; Ein Sommernachtstraum, op. 61; Athalie, op. 74, et Œdipus auf Kolonos, op. 93; cinq symphonies (n° i, ut min., op. 11; n° n, symphoniecantate Lobgesang, op. 52; n° m, la min. [écossaise], op. 56; n° iv, la maj. [italienne], op. 90; n° v, ré maj. [symph. de la réformation], op. 107). Le concerto pour violon (op. 64) est l'un des plus beaux spécimens du genre, et les deux concertos pour piano (sol min., op. 25; et ré min., op. 40) jouissent d'une grande faveur, ainsi que le Capriccio en si min., op. 22, le Rondo brillant, op. 29, et la Sérénade, op. 43 (touspour piano et orchestre). Les morceaux de musique de chambre occupent aussi au rang élevé dans l'œuvre de M. : un octette pour instr. à archet, op. 20; deux quintettes, op. 18 et 87; sept quatuors (op. 12, 13, 44 [3 à 5], 80 et 81); un sextuor avec piano, op. 110; des quatuors avec piano, op. 1, 2, 3; des trios avec piano, op. 49, 60; une sonate pour violon, op. 4; deux sonates pour violoncelle, op. 45 et 58, et des Variations concertantes pour violoncelle et piano, op. 17. Mais les œuvres les plus répandues sont sans aucun doute les compositions pour piano seul, H en premier lieu les Lieder ohne Worte (« Romances sans paroles»); huit cahiers, op. 19,30, 38, 58, 62, 67, 85 H 102); Ca-
priccio, op. 5; Charakterstùcke (morceaux de genre), op. 7; Rondo capriccioso, op. 14; Phantasie, op. 15; Fantaisies, op. 16; Caprices, op. 33; Kinder stùcke. op. 72; préludes et études,, op. 104; Albumblatt, op. 117; Capriccio, op. 118; Perpetuum mobile, op. 119; puis quatre sonates (op. 8, 28 [Phantasie, schottische Sonate], 105, 106); trois thèmes variés, op. 54 (Variations sérieuses), 82 (mi bémol maj.); 83 (si bémol maj., aussi à quatre mains); Allegrobrillant, op. 92 (quatre mains); six préludes et fugues, op. 35; un autre prélude avec fugue (mi min.) sans n° d'œuvre. Puis, il faut ajouter trois préludes et fugues pour orgue, op. 37 six sonates pour orgue, op. 65 ; quatre-vingttrois lieder pour une voix avec piano ; treize duos (op. 63, 77, trois sans n° d'œuvre, et le n° xii dans l'op. 8); vingt-huit quatuors pour voix mixtes (op. 41, 48, 59, 88, 100); vingtdeux quatuors pour voix d'hommes (op. 50, 75r 76,120, Nachtgesang, Stiftungsfeier, Ersatz fur Unbestand) ; deux airs de concert (Inf'elice ! op. 94, et un autre sans n° d'œuvre); deux cantates de fête (An die Kùnstler, pour chœur d'hommes et musique d'harmonie, et Zur Sœcularfeier der Buchdrucherkunst [GiUenberg-Kantate] pour chœur d'hommes et orchestre); six Sprucke pour chœur à huit, voix, op. 79; cinq Psaumes (xlii, xgv, xgviii, gxiv, cxv), pour soli, chœur et orchestre, et trois autres (n, xxn et xliii) a cappella a huit voix: des motets (op. 23, pour solo, chœur et orgue); trois motets pour voix de femmes et orgue (op. 39); trois autres a cappella (op.69); Trauergesang pour chœur mixte (op. 116); Kyrie eleison pour double chœur ; Lauda Sion avec orchestre, op. 73; Hymne, op. 96 pour solo, chœur et orchestre (orgue); Tues Petrus, à cinq voix, avec orchestre, op. 111; deux mélodies religieuses, op. 112; deux chœurs religieux pour voix d'hommes, op. 115; des fragments d'un oratorio : Christus; des fragments de l'opéra Lorelei (final du ltr acte, Ave Maria,et chœur des vignerons); un « Singspiel » Heimkehr aus der Fremde, op. 89; deux morceaux de concert pour clarinette, cor de basset et piano, op. 113 et 114; une romance sans paroles pour violoncelle et piano, op. 109: un duo concertant pour deux pianos (en collaboration avec Moscheles); un arrangement de la « Ghaconne » (ré min.) de Bach, avec piano; du « Dettinger Tedeum » et d' « Acis und Galathea » de Hsendel avec un accompagnement complété; enfin un grand nombre d'œuvres de jeunesse (entre autres onze symphonies pour orchestre à cordes et une pour grand orchestre, cinq petits opéras, etc.) qui ne sont pas encore gravées.
Les lettres de Mendelssohn ont été publiées par son frère Paul : Reisebriefe [1830 à 1832] (1861), et Briefe [1833 à 1847] (1863; trad. angl. par Lady Wallace); il a de plus paru huit lettres à Mme Voigt, 1871, d'autres dans les Musikerbriefen de Ludwig Nohl et dans les différentes biographies du maître, dont les plus importantes sont :Lampadius, Félix M., ein Denhmal (1818, trad. angl. par Gage) et la même
MENESTREL - MERBEGKE
augmentée, sous le titre F. M. B.,ein Gesamtbild seines Lebens und Schaffens (1886) ; Benedict, A sketch of the life and works of the late F. M. (2e édit. 1853) ; J. Schubring, Réminiscences of F. M. (1866); Ed. Devrient, Meine Erinnerunr/en an F. M. (1869, trad. en angl. par Mrs. Macfarren); Karl M. (fils aîné de Mendelssohn), Goethe und F. M. (1871); F. Hiller, F. M. (1874). Cf. aussi S. Hensel, Die Famitie M. (1879, 3 vol.), puis encore J. Eckardt, Ferdinand David und die Familie M. (1888) et F. Moscheles, Brief'e vonM.-B. an Ignaz und Charlotte Moscheles (1888). Quant aux biographies de seconde main, elles sont fort nombreuses, citons celles de : Ern. David (Les M.-Bartholdy), A. Reissmann, E. Polko,lLa Mara ( ' Studienkopfe) , F. Gleich. (Char acterbilder, etc.). Une excellente étude sur M. a paru dans le « Dictionary of music » de Grove.
Ménestrel, nom que l'on donne parfois aux anciens troubadours ou trouvères, à la fois poètes et musiciens.
Ménétrier (en Angleterre Minstrel, c.-à-d. serviteur), nom spécialement réservé aux serviteurs musiciens des troubadours ; les m. exécutaient les chants composés par les troubadours (avec accompagnement de viole, ou bien aussi de vielle). Cependant on donnait aussi le nom de m. aux poètes et chanteurs, qui n'étaient pas d'origine noble (Troveors bastarts); celai de troubadour n'était appliqué qu'aux chevaliers. Enfin le mot m. prit la signification générale de musicien, et surtout de violoniste de bas étage (joueur de viole).
Mengal, Martin-Joseph, corniste virtuose et compositeur, né à Gand le 31 janv. 1784, m. dans la même ville le 3 juil. 1851, comme directeur du Conservatoire; il avait été élève, au Conservatoire de Paris, de Catel et de Reicha ainsi que, pour son instrument principal (cor), de Duvernoy. M. fit les campagnes d'Allemagne, en 1805 et 1806, fut ensuite corniste dans divers théâtres de Paris, et, depuis 1825, directeur de théâtre à Gand, Anvers et La Haye. En 1835, M. prit la direction du Conservatoire de Gand. Il a écrit plusieurs opéras, de nombreuses œuvres de musique de chambre, des concertos et des duos pour cor, etc.
Mengenwein, Karl, né à Zaunroda, en Thuringe, le 9 sept. 1852: fut, de 1874 à 1886, professeur au Conservatoire W. Freudenberg, à Wiesbaden, en même temps que, de 1881 à 1886, directeur de la « Société de musique sacrée ». Depuis 1886, il dirige avec W. Freudenberg un Institut de musique, à Berlin. Il est en outre à la tête d'une société chorale mixte et a reçu en 1898 le titre de « directeur de musique royal ». M. a écrit une opérette : Schulmeisters Brautfahrl (Wiesbaden, 1884); une ouverture : Dornrôschen ; une cantate de fête : Martin Luther ; un Requiem, des chœurs pour voix de femmes, etc.
Mengozzi, Bernardo, chanteur et compositeur d'opéras, né à Florence en 1858, m. à Paris en mars 1800; élève de Pasquale Potenza, à Venise, il se fit d'abord connaître sur
diverses scènes italiennes, puis se produisit dans des concerts à Londres et à Paris, et devint l'un des principaux acteurs du Théâtre de Monsieur, formé de la réunion de 1' « Opéra buffa » italien et de l'« Opéra-Comique » français, mais dissous de nouveau par la révolution. M. a écrit lui-même treize opéras et un ballet pour le Théâtre de Monsieur (Feydeau), le théâtre Montansier, le théâtre Favart et le Théâtre-National. En 1794, M. fut nommé professeur au Conservatoire qu'on venait de fonder; la Méthode de chant du Conservatoire, publiée après sa mort par Langlé, est en majeure partie l'œuvre de M.
Meno (ital.), moins; m. alleyro, m. forte, etc.
Mensur (ail.) v. diapason 2, perce, mensura et mesure 2.
Mensura (lat.), dénomination importante, dans la musique dite proportionnelle, pour les rapports de durée des sons, établis par les divers signes de mesure ; v. mesure, 2.
Mensurable, syn. de proportionnelle, v. ce mot.
Menter, 1. Joseph, célèbre violoncelliste, né à Deutenkofen, près Landshut (Bavière) le 19 janv. 1808, m. à Munich le 18 avr. 1856; fut d'abord membre de la chapelle de la Cour à Hechingen et, depuis 1833, de l'orchestre de la Cour à Munich. M. s'est acquis, dans des tournées de concerts en Allemagne, en Belgique, en Angleterre, en Autriche, etc. la réputation d'un excellent virtuose. — 2. Sophie, fille du précédent, née à Munich, le 29 juil. 1846 ; excellente pianiste, élève de Fr. Niest (Munich), Biïlow et Liszt, mariée en 1872 au violoncelliste Popper (séparée en 1886), fut quelques années (jusqu'en 1887) professeur an Conservatoire de St-Pétersbourg et vit maintenant, dans les moments de loisir que lui laissent ses tournées de concerts, en sa villa d'Itter, en Tyrol.
Menuet, (Minuetto), ancienne forme de danse française, ne fut cependant admise dans la musique artistique qu'à partir de Lully. Le m. s'écrit en mesure ternaire; il était à l'origine d'un mouvement très modéré, empreint à la fois de noblesse et d'une certaine préciosité, sans qu'il fût toutefois pourvu d'ornements (dont la sarabande, elle, était surchargée). Le menuet bien counu du « Don Juan », de Mozart, est un véritable modèle du genre de l'ancien m. Bach et Hsendel introduisirent parfois le m. dans la suite ; ils en firent alors le plus souvent le morceau intercalé dans la règle entre la sarabande et la gigue. Haydn de son coté l'incorpora à la symphonie, en lui imprimant une allure un peu plus accélérée, un caractère jovial et capricieux, tandis que Mozart y mettait plus de grâce et de douceur. Beethoven, exagérant encore les tendances de Haydn, transforma le m. en « scherzo » (v. ce mot) ; il entend alors par tempo di minuetto un mouvement plus modéré, analogue à celui de l'ancien m.
Merbecke (c'est ainsi que, d'après le « Dictionary » de Grove, il faut écrire ce nom, non pas Marbeck, comme l'ont fait Fétis, Mendel,
MERGADANTE — MERKEL
etc.). John, organiste delà Chapelle St-Georges, à Windsor, calviniste, fut condamné à mort en 1544, pour hérésie, mais réussit à se faire gracier. 11 devint en 1550 BT mus. de l'Université d'Oxford, et mourut en 1585 : il est l'auteur du Booke of common prayer noted (1550), le premier recueil de chants anglican (réimprimé en fac-similé en 1844, ainsi qu'en 1845, par Rimbault, et en 1857, par Jebb, dans le vol. II des Choral responses and litanies). Une Messe de M. est conservée dans les Musical extracts (manuscrits) de Burney, et une hymne à trois voix, reproduite dans 1' « Histoire de la musique » de Hawkins.
Mercadante, Giuseppe - Saverio - Raffaele, compositeur d'opéras italien très en vogue de son temps, né à Naples le 26 juin 1797, m. dans la même ville le 17 déc. 1870 : élève de Zingarelli au « Real collegio di musica » (formé par la fusion des conservatoires antérieurs à Naples), débuta en 1818 au « Teatro del fondo » avec une cantate, et en 1819, au théâtre San Carlo avec Lapoteosi d'Ercole. En 1820, suivit l'opéra bouffe : Violenza e costanza ; puis avec un succès toujours croissant, M. écrivit opéras sur opéras (en tout près de soixante) pour Rome, Bologne. Milan, Venise, Vienne (1824), Madrid (1827), Lisbonne (1829), Paris (1836), etc., séjournant toujours, comme c'était la coutume chez les compositeurs d'opéras italiens, dans la ville pour laquelle il écrivait. En 1833, M. devint maître de chapelle du Dôme de Novare, en 1839 de celui de Lanciano, et en 1840 directeur de 1' « Ecole royale de musique » de Naples. A Novare il perdit l'usage d'un œil et ne conserva l'autre qu'à force de soins ; il continua cependant à composer et à dicter ses œuvres. En 1862, il devint même complètement aveugle. Plusieurs opéras de M., ont paru en partition de piano : Elisa e Claudio (1821), La donna Caritea (1826), / Normanni a Parigi (1831), Ismailia (1832) et II giwamento (1837), ainsi que de nombreux airs, des duos, etc. détachés d'autres opéras. En dehors de la scène, M. a écrit des œuvres de tous genres: environ vingt Messes, une cantate : Le sette parole pour quatre voix,solo, chœur et quatuor à cordes; des psaumes, des motets, deux Tantum ergo à cinq voix avec orchestre, et d'autres morceaux de musique d'église, plusieurs cantates de circonstance, des hymnes (dont un à Garibaldi, 1861), des fantaisies et des morceaux de genre pour orchestre (// lamento delï Arabo, Il lamento del bar do, Laurora, La rimembranza, etc.), plusieurs Omaggi, c-à-d. symphonies funèbres: a Donizetti, a Bellini, a Rossini, a Padni ; des romances pour violon et d'autres morceaux de musique instrumentale; des romances innombrables et beaucoup de solfèges pour Le Conservatoire «le Naples.
Mercadier, Jean-Baptiste, (M. dr Belesta, ainsi nommé d'après son lieu de naissance), né à Belesta (Ariège) le 18 avr. 1750, m. à Foix le 14 janv. 1*15; ingénieur, et, dans ses moments de loisirs, théoricien musical, a écrit : Nouveau système de musique théorique et pratique
(1776, dédié à d'Alembert), un ouvrage qui, il est vrai, critique fortement les systèmes de Tartini et de Rameau, mais se rapproche beaucoup de celui de ce dernier.
Méreaux, 1. Jean- Nicolas- Amédée-Lefroid de, né à Paris en 1745, m. dans la même ville en 1797 ; organiste et compositeur d'opéras, a écrit pour Paris, de 1772 à 1793, neuf opéras et opérettes (dont sept ont été représentés), ainsi que plusieurs oratorios, cantates, etc. — 2. Joseph-Nicolas Lefroid de, fils du précédent, né à Paris en 1767 ; organiste et pianiste, auteur de sonates pour piano seul et avec d'autres instruments. — 3. Jean-Amédée Lefroid de, fils du précédent, né à Paris en 1803, m. à Rouenle 25 avr. 1874; pianiste et musicographe de mérite, élève de Reicha, a publié en 1867 une précieuse collection d'ancienne musique de piano : Les clavecinistes de 1637 à 1790 ; outre ceci, il a fait paraître un certain nombre d'œuvres originales pour piano, des morceaux de chant et de la musique d'église.
Merk, Joseph, excellent violoncelliste, né à Vienne le 18 janv. 1795, m. dans la même ville le 16 juin 1852; élève de Schindlôcker, admis en 1818 comme premier violoncelliste dans l'Opéra de la Cour, à Vienne, devint en 1823 professeur de son instrument au Conservatoire des Amis de la musique, et fut nommé en 1834, virtuose de la chambre impériale. Il s'est aussi fait un nom dans plusieurs tournées de concerts et a publié un concerto, un concertino, plusieurs morceaux de concert, des variations, ainsi que deux recueils d'études très estimées (op. 11, op. 20) pour son instrument.
Merkel, 1. Gustav-Adolf, excellent organiste, né à Oberoderwitz, près Zittau, le 12 nov. 1827, où son père était maître d'école et organiste, m. à Dresde le 30 oct. 1885 ; élève de J. Otto ( contrepoint) et de Joli. Schneider (orgue) à Dresde, il devait à K. Reissiger et à R. Schumann les encouragements et les conseils les plus précieux. Après avoir été quelques années maître dans une école de Dresde, il devint organiste à l'église de l'Orphelinat, à celle de la Croix, et en 1864, organiste de la Cour à l'église catholique delà Cour; il dirigea, de 1867 à 1873, la « Singakademie Dreyssig » et fut, à partir de 1861, professeur au Conservatoire de Dresde. M. était excellent organiste et remarquable compositeur pour l'orgue. Il a publié neuf sonates pour orgue (op. 30 [à quatre mains avec double pédale], 42, 80, 115. 118, 137, 140, 178, 183), une méthode d'orgue (op. 177), trente études pour la technique du pédalier (op. 182), trois fantaisies pour orgue et un grand nombre de préludes de chorals, de fugues, etc. ; la sonate op. 30 a été couronnée en 1838, par la « Mannheimer Tonhalle ». M. a aussi publié des morceaux pour piano, des lieder, des motets, etc. Cf. Janssen, G. M. (]887). — 2. Karl- Ludwig, Dr med., professeur à l'Université de Leipzig, s'est occupé très sérieusement des fonctions des organes du chant et a publié : Anatomie und Physiologie des ?nenschlichen Stimm-und S]>racJiorgans (« Anthropophonik »
MERKLIN — MERULO
[1856, 2e éd. 1863]); Die Funktionen des menscldichen Schlund-und Keklkopfes (1862).
Merklin, Joseph, célèbre facteur d'orgues, né à Oberhausen (Grand duché de Bade) le 17 janv. 1819, élève de son père qui était facteur d'orgues à Fribourg en Br. ; il travailla chez Walker, à Ludwigsburg et s'établit, en 1843, à Bruxelles, où il obtint déjà, en 1847, une médaille à l'Exposition nationale. La même année, il fit venir son beau-frère, F. Schûtze, dans son établissement, s'associa avec lui, et agrandit •en 1853 sa maison, sous la raison sociale « M. Schûtze et G° » ; ils achetèrent, en 1855, la fabrique Ducrocquet (v. Daublaine), à Paris, et •entretinrent ainsi deux grands ateliers à Bruxelles et Paris. A partir de 1858, ils prirent le nom -d' « Etablissement anonyme pour la fabrication des orgues, établissement M. -Schûtze ». A cette époque, cette maison fut l'une des plus renommées du monde. Parmi le grand nombre d'instruments très remarquables qu'ils ont construits, citons seulement : les orgues delà cathédrale deMurcie et celles de St-Eustache, à Paris. Mersenne, Marie, moine franciscain à Paris, né à Oizé (Maine) le 8 sept. 1588, m. à Paris le 1er sept. 1648; hormis trois voyages en Italie «(1640-1645), il eut une vie très sédentaire, mais correspondit avec les savants les plus renommés de son temps: Doni, Huygens, Descartes, •etc., et s'occupa surtout de philosophie, de physique et de musique. Les écrits de M. sont, malgré leur manque de sens critique et de connaissances scientifiques réelles, une mine inépuisable de données pour l'histoire de la musique du xviie s., surtout son ouvrage principal : harmonie universelle (1636 à 1637, deux infolio de plus de quinze cents pages, avec d'innombrables illustrations et exemples de musique; cet ouvrage contient entre autres, dans un Traité des instruments, des descriptions et reproductions détaillées de tous les instruments du xviie s.). Ne pas confondre avec cet ouvrage, celui qui avait paru dix ans auparavant déjà : le Traité de l'harmonie universelle ■(487 pages) qu'il ne faut considérer que comme un précurseur de l'ouvrage principal, de même -que les suivants : Questions harmoniques (1634) ; Les préludes de l'harmonie universelle (1634) et Harmonicorum libri X7/(1635 [1636], édition augmentée, 1648). Son ouvrage antérieur : Quaestiones celeberrimae in Genesim •(1623), traite surtout de la musique chez les Hébreux. De même ses Questions théologiques, physiques, morales et mathématiques (1634), Les mécaniques de Galilèi (1634) et Cogitata physico-mat h ematica (1644, 3 vol.) contiennent •diverses notices relatives à la musique.
Mertens, Joseph, compositeur belge, né à Anvers le 17 févr. 1834, premier violoniste de l'Opéra de cette ville et professeur de violon au -Conservatoire, a fait représenter à Anvers, Bruxelles (où il dirigea, de 1878 à 1879, l'Opéra flamand) et en Hollande, depuis 1866, une série <Topéras flamands, en un acte, qui ont rencontré un grand succès auprès de ses compatriotes. Un seul, Der schwarze Kapitân (1877), a
trouvé le chemin de l'étranger et n'a eu, en Allemagne, où il fut donné qu'un médiocre succès. On connaît, en outre, de lui, un oratorio: Angélus (1816) et un grand nombre de romances et d'œuvres instrumentales de diverses sortes.
Mertke, Eduard, pianiste et compositeur, \ né à Riga, le 7 juin 1833, m. dans la même ville le 25 sept. 1895 ; vécut comme maître de musique à Wesserling en Alsace, à Lucerne et enfin à Mannheim, jusqu'à ce qu'en 1869 il fut appelé comme professeur de piano, à Cologne. Parmi ses compositions, on connaît : un opéra: Lisa oder die Sprache des lier zens (représenté à Mannheim, 1872), une cantate : Des Liedes Yerkldrung (gravée), une collection de chants populaires russes, des morceaux pour piano, des Technische Uebungen pour piano, ainsi qu'une édition des œuvres de Chopin.
Merula, Tarquinio, l'un des premiers compositeurs pour le violon et promoteur de la technique de cet instrument ; était en 1628. premier violon-solo d'église à Crémone et devint plus tard maître de chapelle de Ste- Marie-Majeure, dans sa ville natale, Bergame. Il a publié, de 1623 à 1639, outre plusieurs volumes de Messes, des motets et des madrigaux, avec instruments : Canzoni ovvero sonate per chiesa e caméra a 2 e 3 (quatre recueils, 1637) ; ses Concerti spirituali, de 1628, ainsi que le Pegaso musicale, de 1640, contiennent aussi quelques sonates.
Merulo, Claudio, célèbre organiste et compositeur, né à Corregio (d'où le nom de da Corregio qu'on lui donne aussi) au commencement d'avril (baptisé le 8 avr.) 1533, m. à Parme le 4 mai 1604 ; se nommait en réalité « Merlotti », mais se faisait appeler M. Il reçut son éducation musicale d'abord d'un musicien français, Menon, puis de Girolamo Donati; il devint ensuite organiste à Brescia, puis en 1557 second et, en 1566, premier organiste de l'église St-Marc, à Venise (successeur d'Annibale Padovano). Il resta à ce poste très honoré jusqu'à ce qu'en 1596 le duc de Parme, Ranuccio Farnese, lui eut offert les fonctions d'organiste de la Cour. Les compositions de M. qui nous ont été conservées sont : deux recueils de madrigaux à cinq voix (1566 [1579, 1586], 1604); un recueil de madrigaux à quatre voix et un à trois voix (1579, 1580) : deux recueils de motets à cinq voix (Sacrœ cantiones [1578] ; trois recueils de motets à six voix (1583 [1595], 1593, 1606); Ricercari da cantare a 4 voci (vol. II et III, 1606, 1608 ; le dernier publié par le petit-fils de M., Hiacinto Merulo) ; un recueil de Canzoni alla francese (1592; il s'en trouve un exemplaire à la bibliothèque de l'Université d'Upsal). L'importance de M. dans l'histoire de la musique réside surtout dans ses compositions pour orgue, qui comptent parmi les plus anciens monuments d'un style instrumental indépendant; ce sont: Toccate d ' intavolatura d 'organo (1604, deux livres), et Ricercari d'intavolaiura d'organo (1605). Cf. Catelani, Memorie délia vita e délie opère di C. M. (1860) -et Quirino Bigi, Di C M. da Corregio (1861).
MERZ — MESTRINO
Merz, Karl, né à Bensheim, près Francfort S./M.,lel0 sept. 1836, m. à Wooster en 1890; partit en 1853 pour Philadelphie et vécut dès lors comme professeur de musique apprécié, dans plusieurs villes d'Amérique. Il a paru de lui des conférences sur la musique, sous le titre: Music and Culture.
Mese, v. grecque (musique G.), p. 299.
Mesnard, Léonce, critique d'art, né à Rochefort (Charente-Inf.) le 14 févr. 1826, m. à Grenoble le 13 mai 1890 ; entra d'abord dans la carrière administrative, fut auditeur puis maître des requêtes au Conseil d'Etat, mais vers 1865, se voua définitivement aux lettres. Dès lors il collabora, par des études de littérature ou d'art, à la « Gazette des Beaux- Arts », à Y « Art », puis à des revues de musique : «Renaissance musicale», «Guide musical»,
• ^Musique populaire », etc. M. a donné entre autres travaux de valeur, sur la musique : Un successeur de Beethoven (étude sur R. Schumann ; 1866) . Essais de critique musicale (1888). Un volume d'essais, comprenant les études que nous venons de citer, et d'autres encore, a paru après la mort de l'auteur, en
Messa di voce (ne pas confondre avec mezza voce), nom que donne l'école de chant italienne à l'émission faible d'un son, augmenté ensuite jusqu'au « fortissimo, » puis de nouveau diminué jusqu'au « pianissimo. » Cet effet est indiqué par — =rd mnrz== — , sur les notes longues. Le m. d. v est l'une des études techniques les plus importantes pour le chanteur. Cf. vocal.
Messanza, (ital.), syn. de quolibet, v. ce mot.
Messe, (lat. Missa, ital. Messa, angl. Mass, allem. Messe), l'acte le plus important du culte, dans l'église catholique, car c'est pendant la m. qu'a lieu la consécration de l'eucharistie. Le mot m. provient du fait que primitivement les catéchumènes et les pénitents, qui ne devaient pas assister à cette partie du culte, étaient engagés à se retirer par les mots : Ite missa est [ecclesia] (« Allez ! [l'assemblée] est congédiée »), prononcés par le prêtre, avant la consécration. C'est pour la même raison que la première partie de la m., allant jusqu'au sacrifice, portait autrefois le nom de « m. des catéchumènes », tandis que la seconde partie était la m. « des croyants » (Missa fidelium). On distingue, en outre, des m. basses et des grand'messes ou offices (Missœ cantatœ, dans lesquelles, le prêtre officiant et ses assistants prennent pari, en plus du chœur, à l'exécution vocale; Missœ solemnes, dans lesquelles le diacre et le sous-diacre s'ajoutent encore aux précédents) ; c'esl seulement dans les grand'messes que la musique occupe une place et qu'un ensemble île morceaux forme la m. proprement dite au point de vue musical. Le prêtre chante les premières paroles du Gloria et du Credo, les
• •raisons (collectes, etc.), l'épître, l'évangile, la préface, le Pater noster, le lte missa est ou BenedicamuS domino elle Dominas vobiscum:
quant au chœur, il exécute l'Introït, le Kyrie,
le Gloria, le Credo, l'offertoire, le Sanctus, le Benedictus, VAgnus dei, la communion et les différents répons. En tant qu'oeuvre d'art musicale, polyphonique, la m. ne se compose que de cinq parties essentielles: Kyrie, Gloria^ Credo, Sanctus (acccompagné du Benedictus) et Agnus dei. Pour ce qui concerne plus particulièrement la Missa pro defunctis (m. des morts), v. le mot requiem. — A l'origine, tous ces chants, y compris ceux du chœur, étaient exécutés à l'unisson sur des mélodies grégoriennes, comme le graduel, l'alléluia, etc. Mais avec le développement de la musique polyphonique, avec l'appareil toujours plus pompeux des cérémonies du culte catholique, la m. rerut aussi une contexture musicale plus riche et plus variée. C'est dans les m. par conséquent que, dans la période de haute floraison du style imitatif (xve et xvie s.), les maîtres du contrepoint révélèrent toute leur science (v. contrepoint). Après la réaction qui se produisit contre l'abus des artifices contrapontiques (Palestrina), on chercha une sorte de dérivatif consistant en une augmentation notable du nombre dés voix ; le xvii0 et le xvme s. virent apparaître les m. pour double chœur de huit à douze voix, à seize, à vingt-quatre, voire même à un plus grand nombre de voix. D'autre part le développement que prit la musique instrumentale donna naissance à un grand nombre de combinaisons nouvelles. L'église protestante n'a d'une manière générale, pas admis la m. dans son culte ; toutefois le culte luthérien fait usage de la m. dite « m. brève » (Missa brevis) et composée uniquement du Kyrie et du Gloria.
Messel (arabe, c.-à-d. mesure), nom que les théoriciens arabes et persans (Mahmoud Schirasi, etc.) donnaient à leur mode particulier de détermination des intervalles musicaux. Ce mode consiste à exprimer le son le plus grave d'un intervalle sous la forme d'un multiple du plus aigu (d'après la mesure de longueur des cordes) ; par ex. le m. pour l'octave, dont le son inférieur est fourni par une corde ayant une longueur double de celle de son supérieur, est 2 (2 m.); pour la quinte, il est y/.2 (M -f Vs), etc. La théorie du m. est intéressante au plus haut degré, par le fait qu'elle établit la consonnance de la tierce majeure, de la tierce mineure, voire même des sixtes majeure et mineure, à une époque (au xive s., si ce n'est même longtemps auparavant) où les théoriciens occidentaux s'en tenaient encore à la théorie grecque des intervalles. Cf. Kiesewetter, Die Musik der Araber und Perser, et les corrections qu'il y a à faire à cet exposé, dans Riemann, Studien zut Gesckichte der Notenschrift, p. 77-85.
Mestdagh, Karel, né à Bruges le 22 octobre [1850, élève de Waelput, van Gheluwe et Gevaert ; compositeur (ouverture: Les noces \ d'Attila; ouverture de fête; chœur et orchestre: Lenzf'eier et Vrijheidshymne, lieder, etc.).
Mesto (ital.), triste.
Mestrino, Niccolo, violoniste et chef d'orchestre, né à Milan en 1748, m. à Paris en sept. 1790; fut d'abord violoniste de la chapelle du I