MEYERBEER
fut élève de Vogler en même temps que C- M. von Weber et Gânsbacher, àDarmstadt. M. composa , entre autres, une grande cantate : Gott und die Natur, et l'opéra : Jephtas Geliibde ; la première fut exécutée par la « Singakademie » de Berlin, et l'opéra, représenté par le Théâtre de la Cour, à Munich (1813), mais sans un succès appréciable. Un deuxième opéra : Abimelek (Bie beiden Kalifen), prit, de Stuttgart ( 1813), le chemin de Vienne ( 1814) et plus tard , sous le titre Wirt und Gast, celui de Prague et de Dresde (sous la direction de Weber); cependant, tout cela ne fut pas sans peine. M., découragé par l'insuccès, s'occupa de nouveau de toutes ses forces du piano, encouragé par Hummel qu'il entendit à Vienne ; il avait aussi eu la satisfaction de rencontrer, comme pianiste, l'approbation et l'admiration générales. Enfin, Salieri lui dit un jour que pour avoir du succès, comme compositeur d'opéras, il devait encore apprendre autre chose que l'art du contrepoint et que cela il l'apprendrait le plus facilement en Italie. M. partit donc, en 1815, pour Venise. L'étoile de Rossini commençait alors à briller d'un vif éclat («Tancrède») et M. comprit vite ce qui lui manquait : la mélodie facile à comprendre et à chanter. Il secoua vite le joug pesant de Darmstadt et se jeta dans les bras de la gracieuse muse italienne; aussi remporta -t -il bientôt quelques succès notables avec Romilda e Constanza (Padoue, 1818), Semiramide riconosciuta (Turin, 1819), Emma di Resburgo (Venise, 1819; donné en Allemagne sous le titre de : Emma von Leicester), Margherila d'Angiù (Milan, théâtre de la Scala, 1820), L'esule di Granata Cid., 1822) et Jl crociato in Egitto (Venise, 1824). Un opéra : A imanz or , commencé en 1823, est resté inachevé, car M. fut empêché par la maladie de le terminer à temps pour le mettre à l'étude ; un opéra allemand : Bas Brandenburger Thor (1821), écrit pour Berlin, n'arriva pas à être représenté, bien que M. fût venu lui-même dans ce but à Berlin (1824). Il eut à cette occasion une entrevue avec Weber, qui ne pouvait pardonner à son ancien camarade d'être devenu « italien». Il faut croire que les reproches de Weber tombèrent en bonne terre, car, après le Crociato, qui était déjà commencé avant son voyage à Berlin, M. n'a plus écrit un seul opéra italien ; en outre, il garda un silence complet pendant six ans, ce qui, du reste, s'explique aussi par des événements de famille (son père mourut, puis M. lui-même se maria, mais perdit deux enfants dans les années suivantes). La nature de Protée de Meyerbeer, son extraordinaire puissance d'assimilation travaillèrent de nouveau pendant cette pause, de 1824 à 1830, mais pour la toute dernière fois ; de même qu'en Italie il était devenu compositeur italien, de même à Paris, où il s'était établi en 1826 pour la mise en scène du Crociato, et qui fut son quartiergénéral pendant les seize années suivantes, il devint compositeur français. Allemand par L'harmonie, italien par la mélodie, el français
par le rythme, — tel nous apparaît M. aprèscette deuxième transformation. Tous ses opérasprécédents ont disparu peu après leur création, et seul, le Crociato, s'est maintenu quelque temps à la scène ; par contre, M. remporta un succès sensationnel et durable avec son premier opéra français : Robert le diable, qui vit le feu de la rampe à l'Opéra de Paris, en 1831, et non seulement assura la gloire du compositeur, mais fonda une nouvelle ère de recettes pour la caisse de l'Opéra. Le succès de Robert fut surpassé encore par celui des Huguenots (1836), et à la suite de leur représentation à Berlin, en 1842, Frédéric-Guillaume IV nomma M. directeur général de musique, en sorte que celui-ci établit de nouveau sa demeure à Berlin. M. a écrit, pour Berlin, l'opéra Bas Feldlager in Schlesien qui remporta un succès notable, en 1844, avec Jenny Lind dans le rôle de Vielka ; plus tard, il introduisit une grande partie de cette musique dans : L'étoile du Nord qui fut représentée en 1854, à l'Opéra-Comique,. à Paris. En 1838 déjà, M. avait commencé L'Africaine (texte de Scribe), puis la laissa de côté parce qu'il avait encore beaucoup de choses à redire au texte ; avant de la terminer, il écrivit, en 1848, Le Prophète, (texte de Scribe aussi), qui ne fut cependant représenté à Paris qu'en 1849. Dix ans plus tard seulement suivit Dinorah, on Le pardon de Ploërmet, à l'Opéra- Comique. Quant à Y Africaine, elle ne fut représentée qu'après la mort de l'auteur, à l'Opéra de Paris d'abord (avr. 1865), puis à Berlin (nov. 1865). La santé de M. était, pendant les quinzedernières années de sa vie, des plus chancelantes et le força à faire chaque année une cure de bains (Spa) ; la mort l'atteignit à Paris, où il s'était rendu pour les préparatifs de la représentation de l'Africaine. L'importance de M. réside dans ses opéras et disparaîtra avec eux.. Malgré beaucoup de passages indiscutablement superbes, ces ouvrages perdent aujourd'hui toujours plus de leur effet, et le vide du pathos meyerbeerien ressort toujours plus criant. Le jeu de contrastes dynamiques dont M. se sert si volontiers par pure recherche de l'effet et sansmotif suffisant, la disposition trop évidente denuméros de solo ou d'ensemble en vue desapplaudissements, et les autres moyens qu'il employa pour s'assurer le succès, ne peuvent résister à une analyse esthétique approfondie. M. possédait, il est vrai, des facultés musicalesremarquables et avait su acquérir une très grande habileté dans le maniement des formeset des moyens d'expression de la musique ; mais il lui manquait cette conception élevée de., sa vocation artistique qui l'aurait rendu capa- 1 ble de faire de l'effet une conséquence et non J un but. Outre les opéras déjà mentionnés, il | faut citer parmi les créations théâtrales de M. : la musique pour la tragédie Struensee de son frère MichaelBeer (ouverture et entr'actes), peut-être l'une de ses plus belles œuvres (représenté en 1846, à Berlin) ; puis les chœurs pour les Eumènides d'Eschyle , et une piècede circonstance : Bas Hoffest von Ferrara
MEYER-HELMUND
MI
(tous deux pour Berlin) ; un monodrame : Thevelindens Liebe pour soprano solo, chœur et clarinette (œuvre de jeunesse). En outre, ses œuvres d'orchestre les plus connues sont : trois Marches aux flambeaux pour musique d'harmonie (pour les mariages du roi de Bavière, et des princesses Charlotte et Anna de Prusse); la Schillermarsch (1859); une ouverture (marche) pour l'inauguration de l'Exposition de Londres, en 1862, et la marche du couronnement de l'empereur Guillaume Ier. Il a écrit des cantates pour l'inauguration du monument de Gutenberg, à Mayence, pour les noces d'argent du prince Charles de Prusse, une sérénade pour le mariage de la princesse Louise de Prusse, un hymne solennel pour les noces d'argent du couple royal, un hymne : An Gott, la cantate Der Genius der Musik am, Grabe BeetJtovens, sept odes spirituelles de Klopstock (à quatre voix, « a cappella ») ; une ode à Rauch (le sculpteur) pour soli, chœur et orchestre ; Freundschaft (chœur d'hommes à quatre voix), le psaume xci (à huit voix, pour le chœur du Dôme de Berlin), un Pater noster (à quatre voix, avec orgue). Sont restés manuscrits : douze psaumes à double chœur et un Miserere, un Stabat et un Te Deum. Ajoutons enfin à cela une quantité de lieder, avec accompagnement de piano (environ quarante), plus un avec violoncelle obligé (Neben dir), un avec clarinette obligée (Des Schàfers Lied) et un avec cors obligés (Des Jàgers Lied), un canon à trois voix (Dichters 'Wahls^ruch), etc., et beaucoup de compositions pour piano (œuvres de jeunesse) qui ne sont pas gravées. Il existe plusieurs biographies de Meyerbeer, de : A. de Lassalle (1864), A. Pougin (1864), H. Blaze de Bury (1865), H. Mendel (1868, abrégée 1869), J. Schucht (1869), etc. V. aussi : JohannèsWeber, Meyerbeer, notes et souvenirs d'un de ses secrétaires (1898).
Meyer-Helmund, Erik, né à St-Pétersbourg vers 1860, compositeur connu de lieder faciles et agréables, dont il a généralement lui-même écrit les textes, il a aussi fait représenter ces dernières années trois opéras (Margitta, Magdeburg, 1889; Der Liebeskampf, Dresde, 1892; Trischka, opéra burlesque, Riga, 4 déc. 1894).
Meyer-Lutz, Wilhelm, né à Mùnnerstadt, près Kissingen, en 1829, vit depuis 1848 en Angleterre où il a été successivement organiste à Birmingham, Leeds et Londres (église catholique de St-Georges). Il a rempli, en outre, le poste de chef d'orchestre au « Surrey-Theater » (1851-55) et depuis 1869 au « Gaiety-Theater » ; il s'est encore fait connaître comme compositeur de musique d'église (Messes), ainsi que de théâtre (huit opéras jusqu'en 1887), et a aussi écrit de nombreuses œuvres de musique de chambre.
Meyer-Olbersleben, Max, né à Olbersleben, près Weimar, le 5 avr. 1850, professeur à l'Ecole royale de musique de Wùrzbourg,est un compositeur de talent (lieder, morceaux de piano, musique de chambre et un opéra : Clara Dettin [ Weimar, 2 nov. 1893J).
Mézerai, Louis-Charles-L azard-Costard de, chef d'orchestre du Grand-Théâtre de Bordeaux, né à Brunswick le 25 nov. 1810, m. à Asnières près Paris, en mai 1887. Il était fils d'un employé de l'administration française qui devint plus tard (après la Restauration) chanteur d'opéra à Strasbourg. M. était à quinze ans répétiteur à l'Opéra de Strasbourg, où il fit représenter vers la même époque un petit opéra : Le Sicilien, ou l'Amour peintre, et devint deux ans plus tard premier chef d'orchestre du théâtre de Liège, ainsi que directeur des concerts du Conservatoire de cette ville et des concerts Grétry. En 1830, M. fut nommé premier chef d'orchestre du Théâtre de la Cour, à La Haye, où il donna, en 1832, un opéra héroïque : Guillaume de Nassau, puis il remplit le même poste àGand, Rouen, Marseille, chantant (baryton) de temps à autre sur les scènes de Bordeaux, Montpellier, Anvers et Nantes.
Enfin, en 1843, il devint premier chef d'orchestre du Grand-Théâtre de Bordeaux qui doit à son mérite d'avoir atteint un haut degré artistique. Il a aussi fondé à Bordeaux une « Société Ste-Cécile » (société de concerts, fonds de retraite, etc).
Mezzo (ital.), moyen, demi, par ex. : mezzoforte (mf), mi-fort ; mezzopiano (mp), assez doucement, et, après ou avant mf. plus faible que celui-ci ,• mezza voce (m. v.), à mi-voix ; mezza manica (demi doigté), nom que l'on donne, dans les instr. à archet, à la deuxième position dans laquelle, par ex. sur la corde de la, le premier doigt (index) ne produit pas le si, mais l'ut.
Mezzo legato (ital., demi-legato), dans le jeu du piano, genre de toucher particulièrement brillant, appelé aussi en Italie legato-staccato, lequel, comme leggiero, est seulement frappé et non appuyé, mais se distingue de ce dernier terme en ce que l'exécutant doit diriger toute son attention, non pas sur le moment du retrait très rapide du doigt, mais bien sur l'attaque franche et quelque peu martelée de la touche-
Mezzo soprano, (ital., en français aussi Basdessus), voix de femme (ou de jeune garçon) qui tient le milieu entre le soprano et l'alto, comme le baryton entre le ténor et la basse. De même que le baryton présente deux timbres très différents, le baryton élevé et le baryton grave, selon qu'il se rapproche du ténor ou de la basse, de même le m. présente deux timbres se rapprochant de celui du soprano ou de celui de l'alto, et s'étend tantôt à l'aigu, tantôt au grave. En général, l'étendue du m. est restreinte : la caractéristique du m. est, outre son peu d'étendue, l'ampleur des sons du médium.
Mi, nom que l'on donne en Italie, en France, en Belgique, etc. au cinquième son de l'échelle fondamentale (v. ce mot) de notre système actuel. Il correspond au E des Allemands, des Anglais, etc. Cf. solmisation et muange. « Mi contra fa » (diabolus in musica, = le diable en musique), nom que les anciens théoriciens donnaient à la fausse relation du triton (fa étant bien l'équivalent de note fa, dans l'He-