‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 301 sur 542 · MODE · texte numérisé non relu

MODE

Mitterwurzer, Anton, célèbre chanteur scénique (baryton), né à Sterzing (Tyrol) le 12 avr. 1818, m. à Dœbling, près Vienne, le 2 avr. 1872; neveu et élève de Gsensbacher (v. ce nom), il chanta comme enfant de chœur au dôme de St-Etienne et débuta plus tard à Innsbruck, dans le rôle du chasseur de «Nachtlager in Granada ». Après avoir chanté plusieurs années sur de petits théâtres de province, en Autriche, il reçut enfin, en 1839, un engagement à l'Opéra de la Cour, à Dresde. Il y resta jusqu'au jour de sa retraite, en 1870. M. était un chanteur scénique de premier ordre et excellait surtout dans les opéras de Marschner et de Wagner («Tannhâuser », « Lohengrin »), ainsi que dans «Don Juan», «Zarund Zimmermanm, etc.

Mixolydien, v. (modes) ecclésiastiques et. (musique) grecque.

Mixte, se dit 1° d'un ensemble de voix formé pour une part de voix d'hommes et pour l'autre de voix de femmes ou d'enfants (chœur mixte ; ital. coro pieno ; lat. plenus chorus ; ail. gemischter Chor ; angl. mixed ou f'ull chorus). C'est ce mélange de timbres (opposé au chœur pour « voix égales » ) qui permet au compositeur le plus grand nombre de combinaisons diverses. — 2° dans la théorie vocale, d'un son dont l'intensité est moindre que celle que peut fournir la voix entièrement développée et qui semble participer à la fois de la voix de tête et de la voix de poitrine (voix mixte). Il s'agit en réalité d'une voix de poitrine diminuée, contenue, à laquelle les Italiens donnent le nom de mezza voce.

Mixture, syn. de fourniture et de plein jeu (v. ce mot).

Mizler, Lorenz-Ghristoph (anobli plus tard sous le nom de M. von Kolof), musicographe, né à Heidenheim (Wurtemberg) le 25 juil. 1711, m. à Varsovie en mars 1778; suivit le gymnase à Ansbach et étudia, de 1731 à 1734, la philosophie à Leipzig où il eut des leçons de piano et de composition de J.-S. Bach. En 1874, il prit son grade de « Magister » et soutint la thèse : Dissertatio, quod musica ars sit pars eruditionis musicœ (imprimée en 1734 ; 2e éd. avec léger changement dans le titre, 1736). Après avoir continué encore ses études à Wittenberg, il prit sa licence en 1736, à Leipzig, et donna des cours de mathématiques, de philosophie et de musique. Il fonda en 1738, à Leipzig, la Societât der musikalischen Wissenchaften, dans laquelle Bach entra aussi plus tard, bien qu'il ne se soit jamais beaucoup préoccupé du but principal de cette société, d'établir les lois de la composition ; il préférait laisser ce soin à d'autres. En 1743, un comte Malachowski le fit venir à Konskie, en Pologne, comme précepteur de son fils ; mais quelques années plus tard, M. se rendit à la Cour de Varsovie, où il fut anobli et nommé conseiller aulique. Il reçut en 1747, de l'Université d'Erfurt, le diplôme de docteur en médecine. M. fut un des premiers qui publiât une sorte de journal musical, sous le titre : Neu erroffnete musikalische Bibliothek,

oder Grûndliche Nachricht nebst unparteiischem Urteilvon musikalischen Schr if tenund Buchern (1736-1754). Un autre périodique, paraissant par livraisons mensuelles d'une feuille in-8° : Musihalisclier StaarstecJter ( comptes rendus d'œuvres de musique pratique), ne parut que jusqu'au numéro 7 (1739-1740). M. a écrit, en outre : Die Anfangsgriinde des Generalbasses, nach mathematischer Lehran abgehandelt (1739), puis une plaisanterie en latin : Lus us ingenii de prœsenti bello, etc. (1735, dédié au comte Lucchesini, l'un des fondateurs de la « Societât ») dans laquelle il représentait le cours probable de la guerre de l'empereur Charles VII avec la France, parle rapprochement et l'éloignement de différents sons. Il a encore écrit une excellente traduction allemande du Gradus ad Parnassum de Fux (Gr. ad P. oder Anfuhrung zur regelmâssigen musikalischen Komposition, 1742). Ses compositions (odes, suites, sonates de flûte) ont peu de valeur.

M. M. = métronome IVLelzel (v. ce nom).

Mockwitz, Friedrich, né à Lauterbach, en Saxe, le 5 mars 1785, m. à Dresde en déc. 1849 ; connu par ses arrangements habiles pour piano à quatre mains (les premiers de l'espèce) d'œuvres orchestrales classiques.

Mode, 1. (lat. modus), syn. de ton, gamme, échelle, par ex. m. lydien (modus lydius), etc. ; v. (modes) ecclésiastiques. — 2. (lat. modus). Chez les anciens théoriciens delà musique proportionnelle (xiie et xme s.), schéma rythmique pour la formation de la mélodie, ex. : ■ ■ (longue, brève) répété d'une façon continue (trochée) ou encore a ■ m (brève, brève, longue ; anapeste). — 3. Désignation, dans la théorie proportionnelle des xve et xvie s., de la valeur de la maxime (m. majeur; modus major) et de la longue (m. mineur ; modus minor). La valeur ternaire de la maxime (m. majeur parfait ; modus major perfectus) et celle de la longue (m. mineur parfait; modus minor perfectus) pouvaient être indiquées à l'armure au moyen de différents signes, ainsi que nous l'apprennent plusieurs théoriciens de l'époque (cf. le chap. IX, consacré à l'histoire des signes de mesure, des Studien zur Geschichte der Notenschrift, de H. Riemann); cependant, dans la pratique, ces indications ne se rencontrent que très rarement et l'on en est réduit en général à conclure de la division ternaire de ces valeurs, d'après certaines particularités de la notation. Celles-ci ("appelées signa implicita ou intrinseca, par opposition aux signa indicialia. signes de mesure) consistaient, pour le mode majeur parfait, dans l'apparition de trois maximes pleines (noircies ; v. hemiolia), pour le mode mineur parfait dans celle de trois longues pleines (noircies) ou de deux silences, correspondant chacun à la valeur d'une brève, au début d'une unité de mode (perfection). Lorsque les chiffres 3 ou 2 (v. diminution) étaient adjoints au signe de temps (0 3, O 2), celui-ci devenait signe de mesure du mode mineur (modus minor), puisque la longue

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