‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 302 sur 542 · MODENA — MOLIQUE · texte numérisé non relu

MODENA — MOLIQUE

prenait de ce fait la valeur qu'avait auparavant la brève. — 4. (ail. Tongesch ledit). Terme dont on se sert, de nos jours, pour désigner l'ordre des rapports d'une série de sons avec une fondamentale qui leur est commune à tous. Il y a deux sortes de m : le m. majeur et le m. mineur (v. ces mots). Tandis que les tons obtenus au moyen d'armures différentes ne sont que de simples transpositions, la conception des tons ou des accords de modes différents est essentiellement différente (v. son et harmonie).

Modena, Giulio di, v. Segni.

Moderato (ital.), indication de mouvement, qui tient le milieu environ entre allegretto et allegro et ne diffère pas de X allegro moderato.

Modernus, Jakobus (de son vrai nom Jacques Moderne, surnommé aussi à cause de son embonpoint Grand Jacques ou Jakobus M. de Pinguento), fut maître de chapelle de Notre- Dame, à Lyon, et établit dans cette ville une imprimerie de musique qui fonctionna de 1532 à 1538, et a imprimé principalement des œuvres de contrapontistes français. M. composait aussi et. édita lui-même des chansons à quatre voix et des motets à cinq et à six voix que l'on n'a cependant pas retrouvés jusqu'à ce jour.

Modulatio , aussi modulus et modulamen, ternie qui, dans les titres du xvie siècle, a la même signification que « motet ».

Modulation, passage d'un ton dans un autre (de même mode ou de mode différent), ou, si nous faisons usage de la nomenclature moderne : changement de tonalité (v. ce mot), c.-à-d. passage du caractère de tonique d'un accord à un autre (cf. fonctions). On établit une distinction entre la m. passagère (ail. Ausweichung), immédiatement suivie du retour à la tonalité primitive, et la m. réelle. Ainsi le thème d'une sonate renferme souvent des m. passagères, mais la m. proprement dite apparaît seulement avant l'entrée du second thème, toujours écrit dans une tonalité différente de celle du premier. Du reste, dans toute œuvre musicale formant un tout absolu, les parties mêmes qui ne se meuvent pas dans la tonalité principale restent sous l'empire de cette tonalité: les diverses tonalités secondaires n'ont en effet de signification réelle que par leurs rapports avec la tonalité principale, en sorte que les m. d'une œuvre, en tant qu'enchaînements de tonalités, sont soumises aux mêmes considérations que les enchaînements d'harmonies. C'est la parenté des tonalités qui sert de norme pour la m., parenté qui n'est autreque celle des accords principaux (toniques). La m. d'un ton à un autre qui n'est parent du premier qu'au second degré (c.-à-d. indirectement), doit être en quelque sorte justifiée après coup par le passage à une tonalité parente au premier degré, exactement comme cela se passe pour les enchaînements d'accords éloignés. Cf. parenté des sons. On distingue enfin entre la simple succession de plusieurs phrases dans différentes tonalités, procédé qui s'adapte principalement aux morceaux de danse et aux formes analogues (rondo,

scherzo), et la m. proprement dite qui, au moyen d'une succession d'harmonies, occasionne le changement des fonctions harmoniques. Cf. les traités d'harmonie et de composition, puis : Draeseke, Anweisung zum kunstgerechten Modulieren (1876), ainsi que Riemann , Systematische Modulations lehre (1887) et Yereinfachte Harmonielehre (Londres, 1893).

Modus (lat.), mode (v. ce mot).

Mœhring, Ferdinand, compositeur estimé d'œuvres chorales pour voix d'hommes, né à Altruppin le 18janv. 1816, m. à Wiesbaden le 1er mai 1887 ; était d'abord destiné à l'industrie du bâtiment et suivit les cours de l'Ecole des Arts et Métiers de Berlin, mais il entra ensuite dans les classes de composition de l'Académie royale de Berlin. En 1840, M. devint organiste et directeur de musique à Saarbrùcken ; il reçut en 1844 le titre de « Directeur royal de musique » et fut nommé l'année suivante organiste et maître de chant à Neuruppin. Enlin, il passa les dernières années de sa vie dans la retraite, à Wiesbaden. M. a composé, outre ses quatuors pour, voix d'hommes, très répandus en Allemagne (p. ex. l'énergique Normannenzug), des œuvres vocales et instrumentales de presque tous les genres (ainsi que deux opéras), mais qui ont cependant trouvé moins d'écho. Un monument a été élevé à M. en 1894, à Wiesbaden.

Mœser, Karl, violoniste distingué, né à Berlin le 24 janv. 1774, m. dans la même ville le 27 janv. 1851 ; fils d'un musicien (trompette), reçut de son père les premières leçons de violon, et eut plus tard pour maître Bœttcher et Haacke. Après un engagement de courte durée à la Chapelle royale, il alla à Hambourg où ses relations avec Rode et Viotti lui donnèrent l'idée de poursuivre ses études. Après divers voyages, il revint en 1811 à Berlin, où il fut de nouveau engagé à la Chapelle royale, et reçut, vers 1840,1e titre de « maître de chapelle royal ». Ses compositions n'ont pas grande valeur; parmi ses élèves, on compte, entre autres, Karl Millier et son propre fils August Mœser, né à Berlin le 20 déc. 1825, m. pendant une tournée de concerts en Amérique, en 1859. Celui-ci a fait graver quelques morceaux pour violon (op. 4, fantaisie sur le « Freischutz »).

Mohr, Hermann, né à Nienstedt, près Sangerhausen, le 9 oct. 1830, m. à Philadelphie le 26 avr. 1896; suivit le séminaire d'instituteurs d'Eisleben.puis s'établit en 1850 à Berlin, où il fonda le Conservatoire de Luisenstadt et dirigea des sociétés chorales d'hommes. Il fut ensuite, à partir de 1886 , professeur au Conservatoire Zeckwer, à Philadelphie. M. est connu surtout comme compositeur d'œuvres chorales pour voix d'hommes ; mais il a aussi écrit de la musique de chambre, des morceaux de piano et une cantate : Bergmannsgruss.

Molck, Heinrioh, né à Gross-Himstedt le 7 sept. 1825, m. à Hanovre le 4 janv. 1889; élève de Hauptmann, compositeur de musique vocale pour chœur d'hommes, était organiste de la « Marktkirche », à Hanovre.

Molique, Wilhelm-Bernhard, célèbre violo-

MOLIÏOR — MONIUSZKO

iiistc et compositeur, né à Nuremberg le 7 oct. 1802, m. à Gannstadt, près Stuttgart, le 10 mai 1869; fils d'un musicien qui lui donna les premières leçons de différents instruments, fit son éducation musicale aux frais du roi Maximilien Ier de Bavière, sous la direction du concertmeister Rovelli, à Munich. Il fut ensuite, pendant quelque temps, membre de l'orchestre du théâtre «An der Wien », à Vienne, puis, en 1820, •succéda à Rovelli, à Munich. De 1829 à 1849, il remplit avec mérite le poste de concertmeister de la Cour, à Stuttgart, d'où il se lit avantageusement connaître, par de nombreuses tournées ■de concerts dans son pays et à l'étranger. Il .abandonna ce poste en 1849 et élut domicile à Londres, où il trouva un accueil excellent, tant ■comme soliste que comme quartettiste et où il occupa dès lors une haute situation, en qualité •de professeur de violon. Il se retira en 1866 à Cannstadt. Les compositions de Molique, qui «ont encore estimées, sont : six concertos et un -concertino pour violon ; un concerto pour violoncelle ; huit quatuors pour instr. à archet ; des morceaux concertants pour deux violons, pour violon et piano, pour flûte et piano, pour flûte et violon ; des fantaisies, rondos, etc., pour violon ; deux trios avec piano ; une symphonie ; deux Messes et un oratorio : Abraham (exécuté au festival de Norwich).

Molitor, Ludwig, né à Zweibrûcken (Deux- Ponts) le 12 juil. 1817, m. dans la même ville le 12 janv. 1890 ; élève, pour la musique, du Conservatoire de Munich, fut premier conseiller du tribunal de district, à Deux-Ponts. Il a écrit des -chœurs pour voix d'hommes, des lieder, des morceaux de piano, une grande Messe, un Te Deum, un Stabat Mater, etc.

Moll (ail., mineur ; du lat. molle, doux).Leterme latin molle fut employé (probablement pour la première fois par (Mon de Clugny,auxes.), pour désigner le B arrondi (12, B molle ; bémol) par opposition au B anguleux (fa, £, B durum, le h des Allemands; notre si), B durum étant synonyme de B guadratum ou quadrum,B molle de B rotundum. On appliqua ensuite ce terme à l'hexacorde fa-ré, qui comportait non pas si naturel, mais si bémol [B molle] (cf. muances), ■et finalement au mode et à l'accord comprenant la tierce mineure. Cf. dur.

Moller ou Mœller, Joaghim, v. Burgk.

Molto (ital.), beaucoup, très ; allegro m., très vite ; m. largo, très lentement, etc.

Momigny, Jérôme-Joseph (de), théoricien, né à Philippeville le 20 janv. 1762, devint, à l'âge de douze ans, organiste à St-Omer, puis à Ste- •Colombe, et en 1785, à Lyon ; il s'enfuit en Suisse pendant la Révolution, puis établit, en 1800, à Paris, un magasin de musique où il édita entre autres ses propres écrits. Plus tard, il s'établit à Tours où, d'après Fétis, il vivait ■encore en 1855 ; l'année de sa mort est inconnue. M. a écrit : Cours complet d'harmonie et de composition d'après une théorie neuve <1806, 3 vol. ; M. fait dériver les gammes de la série harmonique jusqu'au son 13), puis : Exposé succinct du seul système musical qui soit

vraiment bon et complet (1809) ; La seule vraie théorie de la musique (1823), Cours général de musique, de piano, dltarmonie et de composition depuis A jusqu'à Z(1834). M. était fermement persuadé de l'importance de .ses soi-disant découvertes, comme le prouvent du reste les titres de ses écrits. En fait de compositions, M. a laissé des quatuors pour instr. à archet, des trios, des sonates de violon, des sonates et autres œuvres pour piano, des lieder, des cantates, une opérette (Arlequin Cendrillon) et une méthode élémentaire pour piano : Première année de leçons de pianoforte.

Momoletto, v. Albertini 2.

Monasterio, Jésus, violoniste distingué, né à Potes, clans la province espagnole de Santander le 21 mars 1836 ; élève de Bériot à Bruxelles, de 1849 à 1851, fut bientôt nommé professeur de violon au Conservatoire de Madrid, violon-solo de la Chapelle royale et de la musique de chambre royale. Il a aussi joué avec grand succès en France et en Allemagne.

Monbelli, Marie, célèbre cantatrice, née à Cadix le 15 févr. 1843, élève de Mme Eugénie Garcia, à Paris ; elle remporta de grands succès à Londres, comme primadonna , et fit avec Ullmann de sensationnelles tournées de concerts.

Mondonville, Jean -Joseph - Cassanea de (ajoutait à son nom [Cassanea], le nom de famille de sa femme, de M.), violoniste et compositeur, né à Narbonne le 25 déc. 1711, m. dans sa villa de Belleville, près Paris, le 8 oct. 1772; fut d'abord violoniste à Lille, plus tard à l'orchestre des « Concerts spirituels » à Paris, où des motets de sa composition furent exécutés avec un tel succès qu'il fut nommé musicien de la chambre royale et devint, en 1744, intendant de la musique de la chapelle de Versailles. En 1755, M. succédait à Roger, comme directeur des «Concerts spirituels» (jusem'en 1762). Outre ses motets qui, malgré sa retraite de la direction des « Concerts spirituels », n'en sont pas moins restés des morceaux du répertoire pendant nombre d'années encore, M. a écrit plusieurs opéras et oratorios.

Moniot, Eugène, compositeur, né en 1820, m. à Paris en nov. 1878; fut chef d'orchestre de différentes petites scènes parisiennes qui ont représenté un certain nombre d'opérettes de sa composition.il s'est, en outre, fait connaître par des chansons et des morceaux de salon (piano).

Monferrine, danse en usage dans les environs de Monferrato (cf. Clementi, op. 49).

Moniuszko, Stanislaw, compositeur polonais, né à Ubil, propriété de son père dans le gouvernement de Minsk (Lituanie) le 5 mai 1820, m. à Varsovie le 4 juin 1872 ; devait son éducation musicale à l'organiste Freyer, à Varsovie, et à Rungenhagen avec lequel il travailla, de 1837 à 1839, à Berlin. Après avoir péniblement gagné sa vie pendant longtemps, comme maître de musique et organiste de l'église St-Jean, à Wilna, il fut nommé, en 1858, chef d'orchestre de l'opéra de Varsovie et plus tard profes-

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