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MOUTON

le premier motif atteint sur la dernière note le temps fort de la mesure, mais le second reste tout à fait en suspens (il n'atteint pas même le commencement du second temps), d'où il résulte qu'il se combine avec le troisième dont la première note devient partie accentuée des deux motifs à la fois. — On donne le nom de m. mélodique à une progression mélodique revenant plusieurs fois dans un même thème et lui imprimant un caractère propre. Enfin, le m. harmonique n'est pas autre chose qu'un enchaînement d'accords réapparaissant transposé sur d'autres degrés de l'échelle et devenant, comme le m. rythmique et le m. mélodique, un élément vivant de l'œuvre d'art.

Motif conducteur ou caractéristique (ail., mais admis aussi dans la nomenclature française : Leitmotiv), nom que l'on donne dans l'opéra moderne, l'oratorio, la symphonie descriptive, etc. (et surtout dans les œuvres de Wagner qui, le premier, attribua au m. c. le rôle important que celui-ci joue de nos jours) à un motif rythmique, mélodique ou harmonique très nettement accusé et revenant fréquemment; ce motif reçoit une signification spéciale soit par la situation pendant laquelle il est apparu pour la première fois, soit par les paroles qu'il a contribué à souligner, et éveille, toutes les fois qu'il réapparaître souvenir de cette situation ou de ces paroles. L'idée du m. c. n'était pas absolument étrangère aux grands classiques, mais ce dernier ne se présente que sous les dehors d'une caractéristique approximative des différents personnages d'une pièce (v. les tierces de Leporello dans « Don Juan » ; les vocalises de basse de Casper, dans le « Freischûtz » etc. ; l'usage du m. c. devient plus frappant dans « Euryanthe », œuvre si voisine de Wagner) ; c'est dans le « Vaisseau fantôme » et « Lohengrin » que le m. c. se développe pleinement pour la première fois. Dans ses derniers ouvrages, Wagner a merveilleusement perfectionné le système du m. c, en sorte qu'il est parvenu à donner à tel ouvrage entier une unité thématique réelle, absolue; toutefois, il n'est point aisé de suivre l'évolution de ces motifs, qui se présentent en trop grand nombre à la fois, et les « guides thématiques » si nombreux de nos jours ne sont pas sans quelque raison d'être pour l'auditeur mal préparé ou peu doué.

Mottl, Félix, né à Unter-St-Veit, près Vienne, le 29 août 1856; fut admis à cause de sa jolie voix, dans le séminaire de Loewenburg et continua ses études au Conservatoire de Vienne qu'il quitta après y avoir obtenu la plus haute récompense. Il dirigea ensuite 1' « Academischer Wagner -Verein » de Vienne et succéda en 1881 à Dessoff, comme chef d'orchestre de la Cour, à Carlsruhe, où il dirigea aussi depuis 1892 le « Philharmonischer Verein ». M. refusa l'appel que lui adressa à la fin de 1886, l'Opéra de la Cour, à Berlin, mais il dirigea à partir de cette année-là bon nombre de représentations wagnériennes, à Bayreuth, et reçut, en 1893, le titre de « directeur général de la musique de la

Cour », à Carlsruhe. Il a écrit deux opéras : Agnes Bemauer (Weimar, 1880) et Filrst und Sànger, une pièce de circonstance: Eberstein (Carlsruhe 1881, texte de G. zu Putlitz), des lieder, etc.

Motus (lat ), mouvement (v. ce -mot).

Mouret, Jean-Joseph, né à Avignon en 1682, m. à l'asile d'aliénés de Charenton le 12 déc. 1788; arriva en 1707 à Paris, se créa rapidement un nom et devint successivement intendant de la duchesse du Maine, directeur du « Concert spirituel » et compositeur de la Comédie italienne. Mais lorsque la duchesse mourut, en 1736, il perdit subitement toutes ses places ; ce mécompte troubla entièrement sa raison. M. a écrit des opéras et des ballets dans le style de Lully, mais sans succès durable.

Moussorgski, Modest - Petrovitgh, remarquable compositeur russe, né à Toropez (gouvernement de Pskow) le 16 mars 1839, m. à St-Pétersbourg le 16 mars 1881 ; entra à l'âge de dix-sept ans, à St-Pétersbourg, comme aspirant dans le régiment Preobraschenski et* fut introduit chez Dargomyzski (v. ce nom) par un camarade enthousiaste de musique. Il s'y lia bientôt d'amitié avec Balakirew et C. Cui ; ce dernier dirigea d'abord ses études musicales, et c'est ainsi que M. fut attiré dans la voie de la composition nationale russe. En 1874, son opéra Boris Godounow fut représenté pour la première fois à l'Opéra impérial russe de St-Pétersbourg, dont il est depuis lors l'une des meilleurs pièces à succès. M. a laissé deux autres opéras inachevés : la Messe de Sarotchin et Les Chovanski à Moscou; en outre, M. a publié des morceaux de chant et de piano de moindre importance {Danse macabre russe, Scènes d'enfants, etc.).

Mouton, Jean (de Hollingue, surnommé M.), l'un des contrapontist.es les plus distingués de la première moitié du xvi° s. né probablement à Holling, près Metz, m. à St-Quentin le 30 oct. 1522 ; fut successivement élève de Josquin et maître de Willaert, chanteur à la chapelle des rois Louis XII et François Ier de France, chanoine de Thérouanne, et vécut en dernier lieu à St-Quentin. M. était absolument maître de l'art du contrepoint le plus compliqué, ainsi que le prouve, entre autres, son motet: Nesciens mater, quadruple canon à huit voix d'une excellente sonorité ; mais il ne faisait ordinairement pas usage de cet art, se montrant ainsi digne successeur de son maître dont il s'appropria du reste le style, à tel point que souvent des œuvres de l'un ont été attribuées à l'autre. Les œuvres de M. parvenues jusqu'à nous sont : cinq Messes qui furent imprimées en 1508 (2e éd., 1515) par Petrucci (Alléluia, Aima redemtoris, Regina mearum et deux Sine nomine; la Messe Regina mearum se trouve aussi sous le titre Missa cl Allemagne dans le vol. ill de la grande collection des Messes (1532) d'Attaignant, qui en contient en outre une autre: Tua estpotentia; la Messe Aima redemtoris et l'une de celles Sine nomine, sous le nom de Bittes moy touttes vos pensées, se trouvent aussi dans Andréa de Antiquis (« xv Miss;o »>,

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