MOZA.RT
Woldemar, 1801 ; tract, aussi en hollandais).
2. Maria-Anna (Nannerl), fille du précédent, née à Salzbourg le 30 juil. 1751, développa de bonne heure son remarquable talent de pianiste et accompagna son frère dans ses premiers voyages artistiques. Tous deux furent durant toute leur vie, profondément attachés l'un à l'autre, ainsi que le prouve leur correspondance. Elle épousa en 1784 un conseiller aulique salzbourgeois, baron von Berchtold de Sonnenberg, vécut après la mort de son mari, comme maîtresse de piano, à Salzbourg et mourut dans cette ville, après avoir été aveugle pendant neuf années, le 29 oct. 1829.
3. Wolfgang-Amadeus (ou plutôt : Johannes- Chrysostomus -Wolfgangus - Theophilus: son père traduisait Theophilus par Gottlieb, et lui-même plus lard par Amadé ; son nom de confirmation était Sigismund), né à Salzbourg le 27 janv. 1756, m. à Vienne le 5 déc. 1791. Il n'est probablement guère de jeunesse d'artiste célèbre sur laquelle on ait autant de détails que sur celle de M. Son talent musical se montra si exceptionnellement tôt, et à un tel degré, qu'il attira dès l'abord l'attention sur lui. On sait, par le récit qu'en fit le trompette de la Cour, Schachtner, à Marie-Anne M. (Mme von Berchtold), qu'à l'âge de quatre ans déjà, et avant de connaître encore bien ses notes, il gribouilla un concerto pour piano, qu'il ne pouvait entendre le son de la trompette sans en éprouver une douleur physique, etc. En 1761, le garçonnet, âgé de cinq ans et demi, prêtait son concours à l'exécution d'un «singspiel » d'Eberlin : Sigismundus Hungariœrex, dans 1'aula de l'Université de Salzbourg (probablement dans un chœur d'enfants). L'année suivante (Nannerl avait onze ans et Wolfgang six), leurs capacités musicales à tous deux étaient déjà si remarquables que le père se détermina à entreprendre avec eux une tournée artistique, et se rendit d'abord (en janvier) à Munich, puis (en septembre) à Vienne. On sait aussi l'admiration que conçurent les religieux du couvent d'Ips pour le talent d'organiste de M., l'accueil cordial que lui préparèrent à la Cour les jeunes princesses, surtout Marie- Antoinette, l'étonnement que suscitait son jeu sur un clavecin dont le clavier était couvert, etc. Rappelons en outre les nombreuses pièces de vers qui furent imprimées, dans diverses langues, en l'honneur de l'enfant prodige. Le succès de ce premier voyage encouragea Leopold M. à en faire un plus grand l'année suivante. Paris fut choisi comme but. On s'arrêta naturellement en route, dans la plupart des Cours princières, dans les résidences et châteaux de plaisance du prince électeur de Bavière à Nymphenburg, du duc de Wurtemberg à Ludwigsburg, du prince électeur du Palatinat à Schwetzingen. A Mayence et à Francfort les enfants donnèrent, avec un succès extraordinaire, plusieurs concerts publics ; ils jouèrent encore à Coblentz devant le prince électeur de Trêves, à Aix-la-Chapelle devant la princesse Amélie de Prusse, sœur de Frédéric-le-Grand,
enfin à Bruxelles devant le prince Charles de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas, et arrivèrent à Paris le 18 nov. 1763. Ils logèrent dans cette ville chez l'ambassadeur de Bavière, le comte Eyck, et trouvèrent un protecteur plein de zèle en la personne du baron Melchior Grimm ; ils jouèrent devant la marquise de Pompadour et devant le couple royal, puis avec l'autorisation du roi, organisèrent deux concerts publics. C'est à Paris qu'ont paru les premières œuvres gravées de M: quatre sonates pour violon, dont deux dédiées à la princesse Victoire de France et deux à la comtesse Tessé. De Paris, la petite famille partit directement pour Londres (St-James) ; les enfants jouèrent devant la famille royale et le maître de chapelle, Jean-Chrétien Bach (le fils cadet de J.-S. Bach), proposa au petit M. toutes sortes de tours de force qu'il exécuta merveilleusement pour son âge : improvisations de tous genres, transpositions dans des tonalités difficiles, accompagnements à vue d'après la basse chiffrée, etc. M. écrivit aussi en Angleterre six sonates pour violon, qu'il dédia à la reine Sophie-Charlotte, et fit exécuter à diverses reprises de petites symphonies pour orchestre de sa composition. Leopold M. accepta ensuite une invitation de la princesse de Nassau-Weilburg (à laquelle M. a dédié les six sonates suivantes pour violon), à La Haye; mais arrivé à Lille, Wolfgang tomba gravement malade et garda le lit quatre semaines. A La Haye, ce fut le tour de Marie-Anne, puis Wolfgang s'alita de nouveau et tous deux furent en danger de mort; en tout, les enfants sévirent cloués par la maladie pendant quatre mois et leur père perdit presque tout espoir. Sur le voyage de retour, ils touchèrent encore Paris où Grimm admira les progrès de Wolfgang, donnèrent des concerts à Dijon, Berne, Zurich, Donaueschingen, Ulm et Munich, et arrivèrent enfin à Salzbourg, à la fin de novembre 1766, après une absence de trois ans. M. écrivit alors, à l'âge de dix ans, son premier oratorio (Ev. selon St-Marc, xn. 30). Après une année de sérieuses études, nos musiciens entreprirent un nouveau voyage, à Vienne cette fois; mais une épidémie de variole les chassa à Olmùtz où les enfants furent quand même atteints par la maladie. Revenus à Vienne, ils jouèrent devant Joseph II ; mais il ne se présenta aucune occasion d'organiser des concerts publics. Le jeune M. apprit alors déjà à connaître la calomnie et il dut à plusieurs reprises prouver, par des compositions improvisées sur des textes qu'on lui présentait, que c'était bien luimême, et non son père, qui écrivait les œuvres publiées sous son nom. M. composa, à cette époque et sur la demande de l'empereur, son premier opéra: La finta semjjlice, qui fut' accepté par l'impressario Affligio, mais, malgré les recommandations de Hasse et de Métastase, ne fut, grâce à des intrigues, finalement pas représenté (il fut donné, par contre, à Salzbourg, en 1769). En compensation, un « Singspiel », Basiien und Bastiennc, fut mis en scène