BALLADE
Balancement (ail. Bebung), effet propre au jeu du clavicorde, devenu impossible sur le pianoforte (piano actuel), et consistant en un petit balancement du doigt sur la touche, auquel correspondait un léger frottement de la corde par la tangente. Le b. était indiqué par le signe f7777 placé au-dessus de la note. Le tremblement du son dans les instr. à archet, la cithare et la guitare n'est pas sans analogie avec le b.; il consiste en de très petites variations de hauteur du son et se produit au moyen d'un tremblement accéléré du doigt sur la corde (vibrato). Le chevrotement (que les chanteurs préfèrent appeler aussi b. ou vibrato) est un effet absolument analogue, pour la voix. L'emploi exagéré de ce genre d'effets devient fastidieux et donne à l'interprétation un caractère de mollesse.
Balanqué, chanteur scénique français, né en 1830, m. vers 1875; élève du Conservatoire de Paris, il débuta en 1856 au Théâtre Lyrique. B., à la fois excellent comédien et chanteur de talent, avait été choisi pour créer le rôle de Méphistophélès dans le Faust de Gounod.
Balatka, Hans, directeur et violoncelliste, né à Hoffnungsthal, près Olmutz, le 5 mars 1827, élève de Sechter et de Proch à Vienne ; partit en 1849 pour l'Amérique et fonda à Milwaukee une société de musique qui se développa rapidement et existe encore aujourd'hui; fut appelé en 1869 à la tète de la Société philharmonique de Chicago, où il finit par se fixer, après un nouveau séjour forcé à Milwaukee, lors du grand incendie, puis à St-Louis où il ne resta que peu de temps. B. est surtout renommé comme directeur de sociétés chorales d'hommes (fête des chanteurs à Chicago, 1881), mais il a, d'une manière générale, beaucoup contribué au développement de la vie musicale en Amérique.
Balbi. 1. LuDOvico, compositeur de musique d'église, vers 1600, maître de chapelle de l'église St-Antoine à Padoue, puis du grand couvent des Franciscains à Venise; publia, avec G. Gabrieli et Orazio Vecchi, le graduel et l'antiphonaire qui parurent en 1591 chez Gardano à Venise. On a conservé du même auteur quelques Messes (1584), des Cantiones (1576), des motets (1578), Ecclesiastici concentus (1606). — M km ihiore, Cavalière, né à Venise le 4 juin 1796. m. à Padoue le 21 juin 1879, théoricien et compositeur, élève d'Antonio Calegari (m. en 1828), dont il édita et annota le Sistema armonico (1829): écrivit en outre une Grammatica ragionata délia musica sotto Vaspetto délia lingua (1845) et une Nuova scuola sid sistema semitonato equabile (lro partie en 1872; il était donc un «chromatique»). B. fut, de 1818 à 1853, premier violon des deux théâtres municipaux de Padoue, puis à partir de ce moment, maître de chapelle de la basilique St-Antoine. Il publia encore trois opéras (1820-1825).
Baldewin, v. Bauldewijn.
Balfe, Michel-William, l'un des compositeurs anglais modernes les plus importants, né à Dublin le 15 mai 1808, m. à Bowney Abbey (Hertfordshire) le 20 oct. 1870. B. fut l'un des
rares Anglais qui se vouèrent au genre de l'opéra, sans toutefois y introduire la moindre innovation, car B. ne fut qu'un compositeur d'opéras italiens, d'origine anglaise. A l'âge de dix-sept ans déjà (1825), B. se rendit en Italie en compagnie d'un riche protecteur et travailla le contrepoint à Borne, sous la direction de Frederici, plus tard le chant à Milan, sous celle de Filippo Galli. Son premier essai de composition de quelque importance fut un ballet, La Férouse, donné à Milan en 1826. Après avoir travaillé quelque temps encore auprès de Bordogni, il se fit entendre aux Italiens à Paris, sous Bossini, comme premier baryton. Il chanta jusqu'en 1835 sur différentes scènes italiennes, faisant même représenter ses propres opéras à Palerme, Pavie et Milan, puis il épousa une cantatrice allemande, Mlle Bosen (m. à Londres le 8 juin 1888). De' retour en Angleterre, il y remporta un double succès, comme compositeur et comme chanteur. Un certain nombre d'opéras se succédèrent rapidement: La prise de la Rochelle, La fdle d'Artois, Catharina Grey, Jeanne d'Arc, Falstaff, enfin Keolanthe dont la femme de B. remplissait un des rôles. Falstaff' fut donné au « Her Majesty's Théâtre » ; les autres au « Drury-Lane», à l'exception du dernier que B. donna alors qu'il était lui-même entrepreneur de théâtre au « Lyceum». L'entreprise n'ayant pas réussi, B. se décida bientôt après à aller à Paris où il fit représenter avec grand succès, à l'Opéra-Comique, Le puits d'amour, et Les quatre fils Aymon. En 1843,1e « Drury-Lane » donna La Bohémienne qui fit le tour de toutes les grandes scènes d'Europe et resta l'opéra le plus célèbre de l'auteur; suivirent en 1844 La fille de la place St-Marc, en 1845 La sorcière, puis pour l'Opéra de Paris L'étoile de Sèville. Toute une série d'autres opéras succéda encore à ceux que nous avons cités, mais l'étoile de B. pâlissait de plus en plus. Il visita Vienne (1846), Berlin (1849), St-Pétersbourg et Tri este (1852- 1856), représentant des opéras et encaissant de l'argent. En 1857, sa fille Victoria se lit entendre pour la première fois comme cantatrice à l'opéra italien du «Lyceum » ; puis, en 1864, B. se retira dans son domaine de Bowney Abbey. Son buste (par Mallempre) fut placé en 1874 dans le vestibule du «Drury-Lane». Outre ses opéras, il a écrit des cantates, des ballades, etc. B. possédait une facilité extraordinaire de conception et une verve mélodique naturelle et abondante ; malheureusement, il manquait de sévérité envers soi-même et ignorait le recueillement qui doit précéder la création de toute œuvre durable.
Ballabile, sorte de ballet (v. ce mot) très court, composé de quelques pas de danse seulement: on l'introduit parfois dans une œuvre scénique pour augmenter, à un moment donné, l'intensité de la couleur locale ou le pittoresque de l'action.
Ballade (ital. Ballata, ail. Ballade, angl. Ballad), primitivement synonyme d'air à danser (de l'ital. ballo, « danse »); c'est en Ecosse et en
BA.LLA.D-OPERA