BALTHASAR-FLORENCE
Angleterre que le mot b. a pris le sens de poème épique-lyrique de couleur légendaire ou fantastique. Les b. écossaises servirent de point de départ aux b. des grands poètes de la lin du siècle passé, sans toutefois que ces derniers aient établi une distinction précise entre la romance et la b. La forme musicale de la b. est encore moins déterminée que sa forme poétique. Les compositions vocales prennent le nom de b. lorsqu'elles sont narratives; certains poèmes que les littérateurs classeraient sans doute parmi les romances n'en sont pas moins, mis en musique, de véritables b. La b. est de nos jours un poème narratif mis en musique pour une voix seule avec accompagnement de piano ou d'orchestre; lorsque l'œuvre musicale est très développée et comporte par ex. des chœurs, divers solos, etc., ce n'est déjà plus une b. (quoique certains auteurs, Schumann entre autres, aient même en ce cas conservé le nom de b.). Comme pour rendre moins claire encore la signification de ce mot, la musique instrumentale pure s'en est emparée et nous avons eu dès lors des ballades pour piano, pour violon, pour orchestre, etc.; cellesci cependant doivent être plus ou moins classées dans la musique descriptive, car elles ont, en somme, la prétention de faire croire que l'auteur a voulu exprimer une idée précise et définie. Il serait toutefois peu aisé de prouver pourquoi les Ballades de Chopin, par ex., portent ce nom. Que les compositeurs réservent donc le titre de b. aux ballades poétiques mises en musique (à celles aussi qui sont écrites pour chœurs avec ou sans accompagnement), et qu'ils retendent tout au plus aux œuvres de musique instrumentale descriptive, munies d'un programme.
Ballad- opéra, chez les Anglais, un opéra composé en majeure partie sur des airs populaires : John Gay, dans son bec/gars opéra (1727), donna le premier exemple de ce genre d'œuvre.
Ballard, célèbre famille d'imprimeurs de musique français, après P. Attaignant, la plus ancienne maison parisienne de cette espèce. Attaignant mourut, semble-t-il, à peu près au moment où Robert B. commenta à imprimer; Henri II accorda à ce dernier et à son beaufrère et associé, Adrien Le Roy, en 1552, le privilège de « seul imprimeur delà musique de la chambre, chapelle et menus plaisirs du roi ». Soutenus par un tel privilège, renouvelé du reste pour chaque successeur (Piekre 1633, Robert 1639, Ed.-Christopiik 167;], Jean-Baptiste-* Ihristophe 1695, Christoimik-Jkan-François 1750, Pierre-Robert-Ghristophe 1763), les membres delà famille ne crurent jamais devoir tenir compte des progrès de l'imprimerie, de telle sorte qu'ils se servaient en 1750 encore des mêmes caractères qu'au début, caractères fabriqués en 1540 par Guillaume le Bé (v. ce nom) et dont Pierre B. avait acheté les poinçons pour le prix de 50.000 Livres. < '.es caractères sont pour L'époque élégants e1 nets, niais il faut avouer qu'à la tin du siècle dernier déjà, ils paraissent quelque peu antiques à côté de
ceux d'un J. Breitkopf. Le retrait du privilège en 1776 mit lin aux avantages des B. et la maison disparut.
Ballata, v. Ballade.
Ballet (ital. Ballet lo, de ballo, « danse »), nom que l'on donne aujourd'hui soit aux danses intercalées dans un opéra, sans avoir toujours de rapport bien direct avec l'action, et consistant en divers pas du premier danseur ou en évolutions du corps de ballet, soit à une œuvre entière dans laquelle il n'est pas ou presque pas parlé ni chanté ; l'action n'est exprimée, dans ce dernier cas, que par des pantomimes et des danses. Les deux sortes de b. remontent à une époque assez éloignée, même si l'on fait abstraction des évolutions rythmées du chœur dans l'ancienne tragédie grecque. Les pantomimes avec musique, sur des sujets généralement empruntés à la mythologie grecque et agrémentés d'allusions aux personnalités princières présentes, étaient chose fort répandue au xve s. déjà, dans les cours de France et d'Italie: et c'est à peine si l'on pourrait découvrir une différence fondamentale entre ces œuvres et lf « grand » ballet de nos jours. Mais dès les premiers temps de l'existence de l'opéra, le ballet prit l'étrange caractère de ballet d'entr'acte (intermède), sorte de seconde action intercalée par fragments dans l'action même de l'opéra, avec laquelle elle n'a aucun rapport direct. Le nom de balletto pour désigner un opéra-ballet complet, même avec chant, fut employé en 1625 déjà (La délivrance de Ruggiero de l'île d'Alcine, poème de Saracinelli, musique de Francesca Caccini). Les b. ont joui d'une vogue toute spéciale à la cour de France; non seulement la haute noblesse, mais les rois eux-mêmes prenaient part à l'exécution (Louis XIII en 1625 ; Louis XIV très fréquemment). Sous Louis XIV, c'étaient surtout les ballets de l'opéra Quinault- Lully qui remportaient les suffrages de la cour. On doit à Noverre (v. ce nom) l'une des évolutions les plus importantes du b.
Balletto (ital.) syn. de ballet (v. ce mot): cependant on appelait aussi b., au xvne et au xvme s., les sonates de chambre (Sonate de caméra) composées de plusieurs danses de différents caractères, par ex. : les BallettiaS d'Albinoni, pour deux violons et basse continue. Cf. Suite.
Baltazarini, musicien italien du xvi° s., vint en France vers 1560 et entra au service de Catherine de Môdicis. Il composa sur l'ordre de celle-ci. en collaboration avec La Chesnaye. Beaulieu et J. Patin, le célèbre Ballet comiqw delà Reine (15 oct. 1581) qui parut en 1582 chp Le Roy et Ballard.
Balthasar-Florence , Henri-Mathias (Bal thasar, dit B.-F.), né à Arlon (Belgique) k 21 oct. 1844, élève de Fétis au Conservatoire df Bruxelles; épousa en 1863 une tille du l'abri cant d'instruments Florence, dont il prit mu succursale à Namur. B.-F. est un compositeui plein de zèle et de talent (opéras, symphonies Missa Solemnis, cantates, etc.). Fondateur e directeur du Cercle musical de Namur.il a beau
BALTZER — BARBEDETTE
coup contribué à la diffusion du goût musical en cette ville.
Baltzer, Thomas, célèbre violoniste, né à Lubeck en 1630, m. à Londres le 27 juil. 1663: introduisit l'art du violon en Angleterre, où il se fit entendre pour la première fois en 1656. Il fut chef de la Ring s band de Charles II et composa nombre de morceaux pour son instrument; quelques-uns ont été publiés par Playford, dans sa Division violin (1688).
Banchieri, Adriano, (A. di Bologna), né à Bologne vers 1567, m. en 1634; fut d'abord organiste à Imola, puis moine olivétain au couvent St-Michel, à Bologne. On a conservé bon nombre d'œuvres qui, de son vivant, l'avaient fait estimer comme compositeur: des Messes, des madrigaux, des Canzoni per sonar, des concertos d'église, etc. ; mais ses ouvrages théoriques sont bien plus importants pour nous : Cartella musicale sul canto figurato (2e éd. 1610), L'organo suonarino (1611), Direttorio monastico di canto fermo (1615), etc. Cf. aussi Bobisations.
Banck, Karl, né à Magdebourg le 27 mai 1809, m. à Dresde le 28 déc. 1889, élève de B. Klein, L. Berger et Zelter à Berlin, de Fr. Schneider à Dessau; lit en compagnie du peintre et poète Ch.-Alexandre Simon un long voyage en Italie (1830-1831), vécut ensuite à Magdebourg, Berlin et Leipzig, puis à partir de 1840 à Dresde. Il épousa en 1861 une Américaine et fit aussi un séjour d'une année aux Etats-Unis. B. fut un des critiques musicaux les plus renommés de l'Allemagne et jouit d'une certaine réputation comme compositeur de lieder ; il publia) en outre, des morceaux de piano, des œuvres chorales, etc. et donna d'excellentes éditions de toute une série d'œuvres anciennes jusqu'alors inédites (sonates de Scarlatti et Martini, airs de Gluck, etc.).
Banda (ital.), franc, bande, angl. band, terme servant à désigner autrefois un corps de musique, plus spécialement d'instr. à vent, sans aucune allusion méprisante; les 24 violons de Louis XIV portaient le nom de bande, de même les 24 fiddlers de Charles II d'Angleterre celui de King's private-band, etc. Les Italiens donnent aujourd'hui le nom de B. aux fanfares •ou musiques d'harmonie, ou à l'ensemble des cuivres et des instr. à percussion d'un orchestre d'opéra, ou encore à la musique de scène.
Bandola (esp. Bandolon, Bandora, Bandura), instr. à cordes pincées, de la famille du luth, monté d'un nombre plus ou moins grand de cordes d'acier ou de boyau.
Banfi, Giulio, luthiste renommé, né à Milan vers le milieu du xvn° s., m. en Espagne, où il était devenu lieutenant-général d'artillerie; auteur d'une méthode El maestro de chitarra <1653).
Banister. 1. John, excellent violoniste, né à St-Gilles (in the Fields) près Londres en 1630, m. le 3 oct.1679; fut envoyé en France par Charles II pour s'y perfectionner, et nommé à son retour maître de la chapelle privée du roi (Kings' band). Il fut plus tard congédié, pour avoir parlé avec mépris de certains violonistes
français protégés par le roi (son successeur fut un Français, nommé Grabu); il vécut à Londres jusqu'à sa mort, comme directeur d'une école de musique et entrepreneur de concerts. B. écrivit la musique de Circe de Davenants, et, en collaboration avec Pelham Humphrey, celle de la Tempête de Shakespeare, enfin des romances, des leçons de violon, etc. — 2. John, né vers 1663, m. en 1735, fils du précédent; fut premier violon au théâtre de « Drury-Lane », écrivit de la musique de scène pour diverses œuvres et collabora à la méthode de violon Division violin (1684) de J. Playford.
Banjo, instrument favori des nègres américains qui l'importèrent d'Afrique où on le trouve sous le nom de Bania. Le b. est une sorte de guitare à long manche et à table de résonance formée par une membrane tendue sur un cadre circulaire. Il a de 5 à 9 cordes ; la chanterelle se joue avec le pouce, elle est à côté de la plus basse des autres cordes. Comme pour la guitare, on écrit pour b. à l'octave au-dessus du son réel.
Bannelier, Charles, écrivain musical, né à Paris le 15 mars 1840; élève du Conservatoire de Paris, collaborateur assidu puis, pendant les années qui précédèrent immédiatement sa disparition (fin de 1880), rédacteur en chef de la Revue et Gazette musicale. Outre un grand nombre d'articles excellents parus dans cette revue, B. publia la traduction française du célèbre opuscule de Hanslik, Du beau dans la musique (1877), celle du texte de la Passion selon St-Matthieu de Bach et un arrangement pour piano à quatre mains de la Symphonie fantastique de Berlioz.
Banti, Brigitta, née Giorgi, cantatrice, née à Crema (Lombardie) en 1759, m. à Bologne le 18 févr. 1806; fut découverte dans un café chantant de Paris, et remporta d'immenses succès à Paris et à Londres, grâce à sa voix merveilleuse, mais elle ne parvint point à compléter son éducation musicale rudimentaire et resta toute sa vie simple cantatrice par intuition. Ses tournées en Allemagne, en Autriche et en Italie furent une suite ininterrompue de triomphes; elle fut engagée de 1799 à 1802, comme prima donna à Londres, puis retourna vivre en Italie.
Baptiste (proprement Baptiste Anet), violoniste célèbre vers 1700, élève de Corelli, fit beaucoup parler de lui à Paris; il alla plus tard en Pologne où il mourut comme chef d'orchestre. Il a écrit quelques sonates pour violon et des sonates pour deux musettes.
Bar (ail.) v. Strophe; (angl.) mesure: bar Une, barre de mesure.
Barbacola (Barbahteu, Barrereau) v. Bau-
BIREAU.
Barbarini, Manfuhdo-Luit, compositeur du milieu du xvie s. dont on trouve quelques motets dans les anthologies de l'époque, sous le simple nom de Lupi (v. ce nom), nom de toute une série d'autres maîtres du temps.
Barbedette, Hippolyte, né à Poitiers en 1827, publia des œuvres pour piano et de la musique de chambre, mais se fit surtout con-
BARBEREAU — BARBLAN
naître comme musicographe en même temps que comme homme politique. On a de lui des essais sur Beethoven, Chopin, Weber, Schubert, Mendelssohn et Stéphen Heller. B. collabore depuis nombre d'années au Ménestrel.
Barbereau, Mathurtn-Auguste-Balthasar, né à Paris le 14 nov. 1799, m. en cette ville le 18 juil. 1879; élève de Reicha au Conservatoire, obtint en 1824 le grand prix de Rome et fut pendant quelque temps chef d'orchestre au Théâtre français. Il se voua ensuite à l'enseignement, tout en faisant des recherches historiques, et fut nommé en 1872 professeur de composition au Conservatoire de Paris; il changea plus tard cette chaire contre celle de professeur d'histoire de la musique, qu'il dut cependant abandonner aussi faute de talent oratoire (il eut pour successeur E. Gautier). B. a publié un Traité historique et pratique de composition musicale (1845, inachevé) et une Etude sur l'origine du système musical (1852, de même inachevé).
Barbier, Frédéric-Etienne, né à Metz le 15 nov. 1829, m. à Paris le 12 févr. 1889, élève de l'organiste Darondeau à Bourges, où il remporta son premier succès au théâtre, avec Le mariage de Colombine (1852). Il débuta à Paris, en 1855, par Une nuit à Séville, que monta le Théâtre lyrique, puis il lit représenter, à partir de cette époque, un grand nombre d'autres œuvres, la plupart en un acte et se rapprochant de plus en plus du genre de l'opérette-bouffe.
Barbieri. 1. Carlo-Emanuele di, né à Gènes le 22 oct. 1822, m. à Budapest le 28 sept. 1867. élève de Mercadante à Naples; fut chef d'orchestre de diverses scènes d'opéra italiennes, puis du théâtre de Kârnthnerthor à Vienne (1845), de celui de Konigsstadt â Berlin (1847), â Hambourg (1851), â Rio-de-Janeiro (1853). Il se retira pendant quelques années (1856-1862) dans la vie privée, â Vienne, puis accepta et conserva jusqu'à sa mort les fonctions de chef d'orchestre du Théâtre national de Budapest. B. écrivit des opéras dont un surtout, Perdita, ein Wintermàrch&n (1865), fil le tour des théâtres allemands, des ballets, des farces, etc. — 2. Francisco-Asenio, né à Madrid le 8 août 1823, m. en cette ville en févr. 1894; avait étudié le piano, la clarinette, léchant et la composition au Conservatoire de sa ville natale. Il l'ut d'abord clarinettiste dans un corps de musique militaire et dans un orchestre de petit théâtre, devint directeur des chœurs et souffleur d'une troupe d'opéra italien qui parcourait le nord de l'Espagne (Pampelune, Bilbao, etc.) et entreprit un jour «le chanter à la place de l'artiste indisposé le pôle île Basilio du o Barbier de Séville»; sou succès lui assez grand pour qu'il restât un certain temps chanteur scénique. De retour à Madrid en 1847, il fut nommé secrétaire de la Société pour la fondation d'un théâtre de zarzuela (opérette), ch roii i( pieu r musical de ['Illustration et, tout en composant avec ardeur, il paivint à se créer une certaine réputation comme* maître jie musique, c'est en 1850 qu'il lit représenter sa première zarzuela en un
acte, Gloria y peluca ; il devint rapidement dès lors le héros du jour, surtout après qu'il eut donné, en 1851, une zarzuela en trois actes,. Jugar con f'uego. B. n'est pas seulement le « zarzuelero » le plus aimé de Madrid, il est membre de plusieurs associations artistiques,, excellent chef d'orchestre et savant distingué en matières musicales. Il donna en 1859, dans la salle du théâtre de zarzuela, construit sur ces entrefaites, des Concerts spirituels, arrangea en 1866 des concerts périodiques de musique classique, d'où sortit l'année suivante la. | Société de concerts de Madrid (il donna 50 concerts en 1868). En 1868, il refusa le poste de professeur d'harmonie et d'histoire de la musique au Conservatoire, acceptant par contre, l'année suivante, de diriger l'orchestre du Théâtre royal. Il fut nommé, en 1873, membre de l'Académie des beaux-arts de Madrid. B. trouva le loisir, malgré cette activité multiple, d'écrire un grand nombre d'oeuvres orchestrales, d'hymnes, de motets, de chansons, et publia des articles musicaux soit dans les revues spéciales, soit dans les journaux politiques.
Barbireau, Barbiriau, Barbereau, Barbarieu, Barbyrianus, Barbingant, Barbacola> Jacques, maître des enfants de chœur à Notre Dame d'Anvers en 1448, m. en cette ville le 8 août 1491 ; contrapontiste très renommé, ami de B. Agricola, et cité comme autorité par Tinctoris. La Bibliothèque impériale de Vienne et la bibliothèque de Dijon possèdent une ou deux de ses œuvres manuscrites.
Barbitos (barbiton), instr. â cordes de la Grèce antique (l'instrument favori d'Alcée, de Sapho et d'Anacréon qui s'en servaient pour accompagner leurs chants), dont nous ne savons qu'une chose, c'est qu'il était monté d'un plus grand nombre de cordes que la cithare et la lyre (une harpe?).
Barblan, Otto, né à Scanfs, dans la Haute- Engadine (Suisse), le 22 mars 1860; reçut le premier enseignement musical de J.-A. Held e Grisch â l'Ecole cantonale de Coire (1874-1878 et fut ensuite élève de J. Faisst, Alwens, Seyer len et Doppler au Conservatoire de Stuttgart (1878-1884). En 1883 déjà, il donna un concert d'orgue â Lausanne, mais rentra à Stuttgar où il remplit, pendant l'année 1884-1885, le; fonctions de maître suppléant au Conservatoire, allant entre temps donner des concerts à Augsbourg, Lausanne, Aigle et Coire. Après un séjour de deux ans dans celte dernière ville. où il avait été nommé maître de musique à l'Ecole cantonale et directeur du chœur mixte et du chœur d'hommes, il fut appelé, en 1887, à la suite d'un brillant concours, au poste d'organiste de la cathédrale de St-Pierre, à Genève Il est en outre professeur d'orgue et de composition au Conservatoire de musique et directeur de plusieurs sociétés chorales (« Chant sacré», etc.). B. a publié quelques œuvres (chez Rieter-Biedermann) qui toutes font pieuvi d'une haute culture musicale : un Andante et variations (op. 1), 5 pièces (op. 5) et un Passacaglio (op. 6) pour orgue, des pièces pour pian<
BARBOT — BARGIEL
<op. 2, 3 et 4), etc. ; d'autres sont encore manuscrites.
Barbot, Joseph-Théodore-Désiré, né à Toulouse le 12 avr. 1824, reçut la première éducation musicale dans sa ville natale, à la maîtrise ■de la cathédrale, puis entra au Conservatoire de Paris, où il fut l'élève de Garcia. Entré à l'Opéra en 1848, it n'y resta que peu de temps, fit de nombreuses tournées à l'étranger et revint ensuite créer le rôle de Faust dans l'œuvre de Gounod, au Théâtre-Lyrique. En 1875, B. fut nommé professeur de chant au Conservatoire de Paris. — Sa femme, Caroline B., cantatrice distinguée, née à Paris vers 1830, partagea ses succès à l'étranger et fit aussi partie pendant quelque temps du personnel de l'Opéra (1859).
Barcarolle (ital. Barcaruola, de barca, barque), nom que l'on donne aux chants de bateliers italiens (gondolier a).
Bardes, nom que l'on donnait aux chanteurs (poètes) qui, en Angleterre, en Ecosse, en Irlande et dans les Gaules, formaient chez les anciens Celtes une caste tout particulièrement privilégiée, vénérée et protégée par des lois. Systématiquement poursuivis par les Bomains qui voyaient en eux les instigateurs du sentiment patriotique, les b. disparurent vite de la Gaule et des parties de la Bretagne soumises aux Bomains. L'institution des b. se perpétua en Irlande jusqu'à la bataille de Boyne (1690), en Ecosse jusqu'à l'abolition de la justice patrimoniale (1748). Les Germains n'eurent jamais de classe privilégiée de chanteurs, tandis que les Scandinaves connurent fort bien cette institution. L'instrument dont les b. se servaient poui accompagner leurs chants s'appelait chrotta (crout; en irlandais cruit).
Bardi, Giovanni, comte Vernio, gentilhomme I tloren tin, riche et de haute culture, à la fin du |xvie s. B. réunissait dans son palais les artistes ■et les savants les plus remarquables de Florence, et ce fut lui qui, peut-être même directement, donna la première impulsion à la composition dramatique (opéra) sous forme d'imitation de la tragédie antique (cf. Opéra). Il était du reste lui-même un compositeur habile, comme le prouve un madrigal à cinq voix qui nous est parvenu. B. est l'auteur d'un opuscule intitulé : Discorso sojira la musica antica ël ■cantar bene.
Bardit, nom que l'on donne aux chants des bardes. Le mot b. est dû à une fausse interprétation d'un passage de Tacite (barditus au lieu de barritus, d'où l'on conclut que les Germains avaient aussi leurs bardes) ; il fut introduit par Klopstock dans la langue poétique allemande.
Bardone, Viola di b., syn. de baryton, (instrument), simple corruption italienne, sans doute, de ce dernier mot: tandis que l'expression viola di bordone, que l'on rencontre aussi, désigne les cordes tendues à côté de la touche, mises en vibration indirectement par les autres cordes, ou simplement pincées.
Barem, nom d'un jeu bouché de l'orgue, en général de 8', et d'une intonation particulièrement douce.
Barge, Johann-Heinrich-Wilhelm, flûtiste remarquable, né à Wulfsahl, près Dannenberg (Hanovre) le 23 nov. 1836; autodidacte, fut, de sa dix-septième à sa vingt-quatrième année, flûtiste au régiment hanovrien de la garde, puis premier flûtiste de l'orchestre de la cour à Detmold et, à partir de 1867, premier flûtiste également de l'orchestre du Gewandhaus, à Leipzig. B. a publié une méthode de flûte (chez Forberg), quatre cahiers d'études (Orchesterstudien, collection des passages principaux des opéras, symphonies, etc.) pour flûte, et des arrangements pour flûte et piano d'une quantité d'oeuvres classiques et modernes.
Bargheer. 1. Karl-Louis, violoniste, né à Buckebourg, où son père était membre de la chapelle de la cour, le 31 déc. 1831 ; travailla le violon, de 1848 à 1850, sous la direction de Spohr, à Cassel, puis entra dans la chapelle de la cour, à Detmold. Il employa les congés qu'on lui avait généreusement accordés à compléter ses études auprès de David (Leipzig) et de Joachim (alors à Hanovre) puis, en 1863, il fut nommé chef d'orchestre de la cour à Detmold. B. se fit aussi remarquer comme virtuose (soliste et quartettiste) dans de nombreuses tournées de concerts. Lorsque, en 1876, l'orchestre de Detmold fut dissous à la suite du changement de règne, B. devint violon solo de la Société philharmonique et professeur au Conservatoire de Hambourg, fonctions qu'il conserva jusqu'en 1889. Il fut plus tard encore concertmeister des concerts d'abonnement dirigés par H. de Bûlow. — 2. Adolf, frère du précédent, né à Buckebourg le 21 oct. 1840;, fut le dernier élève de Spohr (1857-1858) et termina ses études auprès de Joachim. Comme son frère, il fut pendant deux ans musicien de la cour, à Detmold, remplit ensuite les fonctions de concertmeister à Munich où il resta cinq années consécutives. Il est depuis 1866 violon solo et premier professeur de violon à l'école de musique de Bàle.
Bargiel, Woldemar, compositeur de musique, né à Berlin le 3 oct. 1828. Son père, Adolf B., qui était maître de musique, mourut en 1841; sa mère, Marianne, née Tromlitz, avait épousé en premières noces Fr. Wieck. B. est donc beau-frère de Clara Schumann (v. ce nom). Il fut d'abord l'élève de ses parents, puis entra au Conservatoire de Leipzig, où il travailla sous la direction de Hauptmann, Moschelès, Bietz et Gade. Après avoir vécu pendant quelque temps à Berlin, où il donnait des leçons particulières, il fut nommé professeur au Conservatoire de Cologne, puis successivement directeur des diverses institutions de la Maatschappij tôt bevordering van toonkunst, à Amsterdam (1865), professeur à l'Académie royale de musique (Hochschule) à Berlin (1874), membre du sénat de l'Académie des beauxarts et directeur d'une école académique de composition musicale (Akademische Meistersckule; 1875). B. est un compositeur remarquable de musique instrumentale et représente comme tel les tendances de Robert Schumann;