‹ Dictionnaire de musique de Hugo RiemannChapitre 320 sur 542 · NAUMANN · texte numérisé non relu

NAUMANN

dans l'enseignement du chant, en Allemagne. Mais N. a aussi écrit passablement sur la musique et, outre de nombreux et intéressants articles pour 1' « Allgemeine Musikalische Zeitung » (1826-1844) de Leipzig, pour la « Cœcilia » (1830-1835) et pour la « Berliner Musikzeitung » (1832). il a publié : Ideen zu einer Ref'orm der christlichen Kirchenmusik (1845). Naumann, 1. Johanx-Gottlieb, fécond compositeur, né à Blasewitz, près Dresde, le 17 avr. 1741, m. à Dresde le 2 oct. 1801; fréquenta l'Ecole de la Croix à Dresde, niais était, à part les leçons de chant qu'il avait reçues dans cette école, absolument autodidacte pour la musique, lorsqu'un riche musicien suédois, Weestrôm, l'entendit jouer des sonates de Bach et lui proposa de l'accompagner dans un voyage d'études en Italie. A la fin de mai 1757, ils partirent d'abord pour Hambourg, où ils restèrent dix mois, après quoi ils se rendirent en Italie; mais se trouvant trop mal traité, N. se sépara de Weestrôm à Padoue et se dirigea, en 1761, avec le violoniste Pitscher, sur Naples en pas-; sant par Rome, où il revint l'année suivante à Pâques. Une lettre de recommandation du P. Martini lui facilita l'accès d'un théâtre de Venise; après avoir débuté avec bonheur comme compositeur d'opéras, au théâtre « San Samuele » de cette ville, il fut nommé, en 1764, compositeur de musique d'église de la Cour électorale de Saxe (il avait adressé auparavant à la princesse-veuve Maria-Antonia de Saxe une de ses compositions religieuses), avec un traitement de 240 thaler. Il avança au bout d'une année déjà au rang de compositeur de la 1 11 1 ambre et reçut un congé, largement octroyé, pour un voyage en Italie, en vue de la continuation de ses études de composition scénique; il fut absent de 1765 à oct. 1768. N. a écrit pour Palerme (1767) Achille in Sciro, pour Venise Alessandro nelle Indie, pour Dresde La clemenza di Tito (1709), Il villano geloso, L'ipocondriaco, puis, en 1772, de nouveau pour Venise Solimanno, Le nozze disturbate, L'isola disabitata, Lî Ipermnestra, et pour Padoue Armide. Il fut alors nommé maître de chapelle (1776) avec un traitement de 1200 thaler, puis premier maître de chapelle (1786) a^ec 2000 thaler. Entre temps, N. fut appelé à Stockholm, en 1777, pour y reconstituer l'orchestre (il y donna l'opéra Amphion), et y retourna une fois en 1 780 ( opéras : Cora [reprise en 1882] et Gustav Wasa; en 1785 remaniement '!'■ son Orpheus, à Copenhague). N. a écrit en tonl \ ingt-trois opéras (le dernier fut Aci e Galatea, Dresde, 1801), un ballet Medea (Berlin, 1789), dix oratorios (Davidde in Terebinto, 1 Pellegrini), une quantité de psaumes et dix Mes- 3es, le Vater unsev de Klopstock (son chefd'œuvre), un Tedeum, beaucoup de morceaux (!<• musique d'église de moindres dimensions, dix-huil symphonies, «les sonates pour piano, pour harmonica, et pour violon, des trios, des duos «If violon, des lieder, des chants pour les loges Franc-maçonniques et une élégie: Klopstochs Grab. Mais une petite partie seulement

de ses œuvres a paru: les œuvres vocales ont été publiées en une nouvelle édition complète, chez Breitkopf et Hœrtel. On trouvera des détails sur N. dans l'ouvrage de Meissner : Bruchstùcke aus Naumanns Lebensgeschichte (1803 et 1804; 2 vol.), ainsi que dans les biographies de N. par G.-H. von Schubert (1844) et Emile Naumann (dans la « Allgemeine Deutsche Biographie »); un catalogue de ses œuvres a été pu-, blié par Mannstein. — 2. Emil, musicographe et compositeur, né à Berlin le 8 sept. 1827, m. à Dresde le 23 juin 1888; petit-fils du précédent, fils d'un professeur de médecine (Moritz-Ernst- Adolf N., appelé en 1828 à Bonn), reçut dans cette dernière ville sa première éducation du & vieux » Bies (le père de Ferd. Ries) et de Mme Matthieu, continua ses études à Francfort, sous la direction de Schnyder von Wartensee, devint, en 1842, élève particulier de Mendelssohn, puis de 1843 à 1844, du Conservatoire de Leipzig qui venait de s'ouvrir. Il vécut ensuite à Bonn où, tout en suivant des cours à l'Université, il s'occupa de composition et de travaux littéraires. Il se fit d'abord connaître par quelques grandes œuvres (un opéra Judith, Dresde, 1858; un oratorio Christus, der Friedensbote, exécuté à Dresde en 1848; une cantate Die Zerstorung Jerusalems, etc.); l'ouverture d'un opéra, Lorelei, fut gravée, ainsi qu'une sonate pour piano et des lieder. N. publia en 1856 son premier écrit : Die Einfuhrung des Psalmengesangs in die evangelische Kirche, qui lui valut le poste de directeur de musique d'église de la Cour royale, à Berlin : il écrivit alors pour le chœur du Dôme des psaumes et des motets et publia : Psalmen auf aile Sonn- und Feiértage des evangelischen Kirchenjahrs, formant les vol. VIII à X de la « Musica sacra » (v. Commer). Le grade de Dr phil. lui fut accordé plus tard pour sa dissertation : Das Aller des Psalmengesangs, et le titre de professeur, après la publication de : Die Tonhunst in der Kullurgeschichte (1869-1870). C'est avec cet ouvrage que N. est entré dans le domaine de l'histoire esthétique de la musique, domaine dans lequel il a circonscrit dès lors son activité : Deutsche Tondichter von Sébastian Bach bis auf die Gegenwart (1871, plusieurs fois réédité); ItalieniscJie Tondichter von Palestrina bis auf die Gegenwart (1876), lllustrierte Musikgeschichte (1880-1885); ces ouvrages ne contiennent pas les résultats de recherches personnelles, mais simplement de la compilation d'autres ouvrages, ils sont rédigés dans un style brillant et destinés à un cercle étendu de lecteurs allemands. Il faut noter encore parmi les publications de N. : Nachhldnge ; Gedenkblâtter aus dem Musik-, Kunst- und Geistesleben unserer Tage (1862); Deutschlands musikalische Heroen und ihre Rûchvïrkung auf die Nation (1873); Musikdrama oder Oper (1876, antiwagnérien); Zuhunf'tsmusik und die Musik der Zuhunfl (1877); Ueber ein bisher unbekanntes Geselz im Aufbau klassischer Fugenthemen (1878; l'un des écrits les plus curieux de Naumann); Der moderne musika-

NAWRATIL — NEERLANDAIS

lische Zopf (1880) el quelques autres brochures sans grande portée. N. transféra son domicile, en 1873, à Dresde, où il a donné plus tard, au Conservatoire, des conférences sur l'histoire de la musique. Son opéra, Loreley, ne fut représenté qu'après sa mort (1889). — 3. Karl- Ernst, aussi un petit-fils de J.-G. Naumann, fils du conseiller privé des mines et professeur de minéralogie K.-F. N., né à Freiberg (Saxe), le 15 août 1832; suivit, à Leipzig, les cours du gymnase St-Nicolas et de l'Université, tout en prenant des leçons particulières de musique avec Hauptmann, Richter, Wenzel et Langer, à Leipzig, et Joli. Schneider à Dresde En 1858, il obtint à Leipzig le grade de Dr phil., avec une dissertation : Ueber die verschiedenen Bestimmungen der Tonverhâltnisse und die Bedeutung des pythagoreischen oder reinen Quintensystems fur unsere Musik. Deux ans plus tard, il fut nommé directeur de musique de l'Université d'Iéna et organiste de la ville; il dirigea, en outre, les « Concerts académiques » et a reçu en 1877, le titre de « professeur ». N. a publié quelques oeuvres de musique de chambre habilement écrites : une sonate pour alto (op. 1), un quatuor (op. 9) et deux quintettes (op. 6 et 13) pour instr. à archet, un trio pour piano, violon et alto (op. 7) et une sérénade pour quintette d'instr. à archet, flûte, hautbois, basson et cor.

Nawratil, Karl, né à Vienne le 7 oct. 1836, Dr jur., d'abord employé au palais de justice, puis secrétaire de la direction générale des chemins de fer d'Etat autrichiens ; il fut dès sa jeunesse grand amateur de musique, et prit plus tard, sur le conseil de Brahms des leçons de contrepoint de Nottebohm. Il a publié un certain nombre d'oeuvres de musique de chambre fort agréables (trios, quintettes avec piano, quatuors pour instr. à archet), une ouverture de concert, le psaume xxx pour soli, chœur et orchestre, des morceaux pour piano et des lieder; d'autres œuvres plus considérables (Messes) sont restées manuscrites. Le Dr N. est très apprécié comme pédagogue (Mme Essipoff, Schiitt, Pxùckauf sont ses élèves).

Naylor, John, excellent organiste anglais, né à Stanningley, près Leeds, le 8 juin 1838; élève pour le piano de R.-S. Burton, à Leeds, et pour le reste autodidacte, devint en 1856 organiste à Scarborough, en 1863 bachelier et en 1872 Dr mus., à Oxford. Il est depuis 1883 organiste de Yorkminster; il a composé des anthems, des services, ainsi que plusieurs cantates (Jeremias, 1884; Die eherne Schlange, 1887) avec orgue.

Neeb, Heinrich, né à Licli, dans la-Haute- Hesse, en 1807, m. à Francfort s/M. le 18 janv. 1878; suivit les classes du séminaire d'instituteurs de Friedberg, où il fut élève de Peter Millier. Il arriva en 1831 à Francfort s/M., où Aloys Schmitt eut une excellente influence sur son éducation musicale, et réussit bientôt, à obtenir dans cette ville une place considérée comme maître de musique. Il dirigeait en outre les sociétés de chant « Germania ». « Neebs

Quartett », « ïeutonia » (qui subsiste encore) et « Neebscher Mânnerchor ». Comme compositeur, N. s'est fait avantageusement connaître en Allemagne par des ballades : Die Zobeljagd. Andréas Hof'er, Der tote Soldat, Der sterbende Trompeter, Der Flûchtling, Die deutsche Mutter, etc., puis par une cantate : Das deutsche Lied und sein Sânger. Il n'eut pas autant de bonheur avec ses opéras: trois d'entre eux : Domenico Baldi, Der Cid, et Die schwarzen Jâger n'eurent que peu de représentations et le dernier : Rudolf von Habsburg, ne parvint pas même à la scène. Des quatuors pour instr. à archet, des morceaux pour piano et un grand nombre de lieder et de ballades sont restés manuscrits.

Neefe, Christian-Gottlob, compositeur, né à Chemnitz le 5 févr. 1748, m. à Dessau le 26 janv. 1798; étudia à Leipzig le droit en même temps que la musique, sous la direction d'A. Hiller, fit même son examen d'Etat, mais se voua finalement à la musique; il dirigea d'abord (1776-1777) à Leipzig et à Dresde, ainsi que dans ses tournées dans les provinces rhénanes, les représentations d'opéra de la société théâtrale Seiler, et, lorsque celle-ci fut dissoute (1779), celles de la société Grossmann-Hellmuth, à Bonn. N. fut définitivement attaché à la ville de Bonn par sa nomination au poste de second organiste de la Cour électorale, puis de directeur de musique de la Cour, après la mort de van der Eeden (1782). Il succéda aussi à van der Eeden, comme maître de Beethoven. Lorsqu'en 1784, le prince électeur Max-Frédéric mourut, le théâtre fut dissous et le traitement de N. diminué; en 1788 il est vrai, s'ouvrit un Théâtre de la Cour, mais la guerre avec la France, en 1794, occasionna au bout de peu de temps sa fermeture définitive et N. se trouvn dans une situation précaire. Ce ne fut qu'en 1796 qu'il trouva de nouveau un poste de chef d'orchestre d'opéra, à Dessau. Il a écrit pour Leipzig et Bonn huit pièces de théâtre (vaudevilles et opéras), puis un Pater noster, une ode de Klopstock : Dem Unendlichen (à quatre voix, avec orchestre), un double concerto pour piano et violon avec orchestre, des sonates pour piano, des variations, des fantaisies, des lieder et des chants pour voix d'enfants ; il a transcrit, en outre, pour piano, plusieurs opéras de Grétry, de Paesiello, etc., et donné quelques articles à des journaux musicaux.

Néerlandais (Ecole néerlandaise), nom collectif de l'imposante série de maîtres contrapontistes qui, originaires des contrées arrosées par la Meuse et l'Escaut, créèrent presque ou exercèrent en tous cas les premiers, avec la perfection technique nécessaire, un art dont la merveilleuse efflorescence nous plonge aujourd'hui encore dans la même admiration et le même étonnement que les cathédrales gothiques du moyen âge. De même que l'Italie, de 1600 à 1700, et plus tard d'autres pays de l'Ekirope centrale et septentrionale, ce furent les Pays-Bas qui, dr 1450 à 1600. attirèrent les regards du monde musical tout entier et lui

XEHRLICH

NEITZEL

fournirent non seulement les œuvres de maîtres, mais les maîtres eux-mêmes (en tant que maîtres de chapelle, etc.). Ce furent les N. qui prenant à ses débuts assez maladroits encore l'art de polyphonie (cf. cependant Dunstable) le portèrent jusqu'au degré de raffinement le plus excessif de l'écriture en imitations (y. imitation, canon, contrepoint). Si la musique n'était vraiment, comme d'aucuns le prétendent, qu'une simple architecture vivante, un jeu d'arabesques sonores, les N. pourraient se glorifier de l'avoir poussée jusqu'à son extrême développement; mais la nature même de l'art musical empêcha ces musiciens de se borner à imaginer des combinaisons variées et intéressantes, les obligea tout au contraire à donner finalement au langage sonore une certaine chaleur et une certaine intensité d'expression. La gloire de transformer la musique en une vraie langue du sentiment était réservée aux Italiens et aux Allemands, qui enseignèrent aux autres peuples à considérer comme simple moyen ce que les N. eux prenaient en lin de compte comme but. La musique des N. est, dans l'histoire de la musique, le vrai représentant du moyen âge, quand bien même elle s'étend audelà des limites de cette période de l'histoire. La négation de la subjectivité par l'imposition d'un dogme ecclésiastique se répercute, en une image absolument adéquate, dans la polyphonie des N. qui, avec l'illusion de superposer quatre voix ou plus, indépendantes les unes des autres, n'en laissèrent aucune se développer tout à fait librement. Cet art marque donc, à certains points de vue, un recul sur la mélodie libre de la période de l'homophonie, dans l'antiquité, voire même sur celle des « Minnesaenger » et des troubadours; cependant, il ne faut point se dissimuler qu'il forme une transition inévitable entre la musique primitive et celle qui, portant simultanément les caractères de l'homophonie et de la polyphonie, consiste en mélodie poussée à sa plus haute expression artistique par l'harmonie sur laquelle elle repose. C'est aux ltaliens-que revient le mérite d'avoir délivré la mélodie des liens de la polyphonie qui l'enserraient étroitement, aux Allemands celui d'avoir augmenté sa puissance expressive au moyen '!<■ la formation d'un nouvel art polyphonique subordonné à la mélodie. On distingue trois phases successives dans l'art musical néerlandais : 1. La période de fixation des règles de l'écriture musicale (passant d'Angleterre aux Pays-Bas), de formation du contrepoint proprement dit, représentée par (Dunstable), Binchois, Busnois, Dufay et leurs contemporains (première école néerlandaise, 1400 à 1450); 2. La période de développement et de floraison du style en imitations (deuxième école néerlandaise, 1450-1525), dont les principaux représentants sont avant tous : Okeghem, puis Hobrecht, Josquin des Prés Larue, Brumel, Orto, Pipelare, Kevin, Gombert, Ducis, Clemens non papa, etc.: 3. La période de réaction, qui, après la fondation par 1rs X. des grandes écoles de L'Italie, amena une sorte de renaissance de l'art

néerlandais par les maîtres italiens : Willaert Arcadelt, Goudimel, Lassus, Palestrina,Gabrieli (1525-1600).

Nehrlich, Christian-Gottfried, maître de chant, né à Ruhland (Haute-Lusace) le 22 avr. 1802, m. à Berlin le 8 janv. 1868 ; étudia la théologie à Halle, mais se voua ensuite à la musique et fonda, à Leipzig, une école de chant qu'il transféra en 1849 à Berlin. Après avoir plusieurs fois changé de domicile (Paris, Bàle, Stuttgart, Cassel, Francfort), il revint à Berlin, en 1864. N. a publié : Die Gesangskunst oder die Geheimnisse der grossen italienischen und deutschen Gesangsmeister vom physiologischpsychologischen, àsthetischen und pœdagogischen Standpunkt aus (1841; 2me éd., 1853; nouv. éd. sous le titre : Der Kunstgesang, etc., 1868) et Gesangschule fur gebild'ete Stànde (1844). La méthode de Nehrlich manque tout à fait de précision et ses raisonnements sont toujours ampoulés ; ses ouvrages ne se sont du reste pas répandus.

Neidhardt, Johann-Georo, musicographe, originaire de la Silésie, m. comme maître de chapelle à Kœnigsberg, le 1er janv. 1739; auteur de : Die beste und leichteste Temperatur des « Monochordi », vermitlelst icelcher das heutigen Tags gebrâuchliche » Genus diatonicochromaticum » eingerichtet toird (1706; ; Sectio canonis harmonici (1724) et G'dnzlich erschopfte mathematiscJœ Abteilung des diatonisek-chromatischen temperierten « Canonis Monochordi » (1732) ; un traité de composition est resté manuscrit. N. a aussi mis en musique les sept psaumes de pénitence.

Neithardt, August-Heinrich, fondateur du chœur du dôme de Berlin, né à Schleiz le 10 août 1793, m. à Berlin le 18 avr. 1861 ; il était déjà, lors de la guerre d'indépendance, hautboïste dans le bataillon de chasseurs de la garde et fut nommé, en 1816, maître de musique de ce bataillon, et, en 1822, maître de musique du « Franz-Regiment », poste qu'il a conservé jusqu'en 1840. Il fut appelé ensuite, en 1843, aux fonctions de maître de chant du chœur du dôme que l'on venait d'instituer, puis, en 1845, à celles de directeur de cette institution ; plusieurs voyages à Rome, à St-Pétersbourg, etc., qu'il fit en qualité d'envoyé du gouvernement pour étudier la formation des meilleurs chœurs, le mirent à même d'amener le chœur du Dôme à un haut degré de perfection. La plus importante des publications de N. est : « Musica sacra »,Sammlung religioser Gesdnge altérer und neuerer Zeit (vol. v à vu et xn publiés par N. ; cf. Commer). N. est l'auteur du chant prussien : Ich bin ein Preusse, Kennt ihr meine Farben ? (1826) ; il a en outre écrit un grand nombre d'œuvres instrumentales et vocales (dont beaucoup pour musique militaire, des trios et des quatuors pour cors, des sonates, des variations et des morceaux pour piano, des quatuors pour voix d'hommes, un opéra: Julietta, 1834).

Neitzel, Otto, pianiste et musicographe, né à Falkenburg, en Poméranie, le 6 juil. 1852 (son père était instituteur); put, grâce au subside

NEL — NESTLE l\

d'un riche industriel, devenir élève de l'Académie Kullak, à Berlin, tout en suivant les cours du gymnase de « Joachimsthal » et plus tard de l'Université. Il prit, en 1875, le grade de Dr phil., accompagna Pauline Lucca et Sarasate (à diverses reprises) en tournées de concerts, puis accepta, en 1878, la direction de la « Société de musique » de Strasbourg. De 1879 à 1881, il fut directeur de musique au théâtre municipal de Strasbourg et maître au Conservatoire de cette ville, puis il devint maître au Conservatoire de Moscou, et en 1885 à celui de Cologne. Il rédige depuis 1887 la chronique musicale de la « Gazette de Cologne ». Comme compositeur, N. a donné des opéras : Angela (Halle s/S, 1887), Dido (Weimar, 1888) et Der alte Dessauer (Wiesbaden, 1889, etc.), mais sans succès notable. Il a écrit en outre un Fûhrer durch die Oper (3 vol.).

Nel (ital.), contracté pour in il: nello = in lo (dans le); negli = in //h' (dans les).

Nenna, Pomponio, compositeur de madrigaux des xvie et xvir3 s., originaire de Bari (N'a pies), dont on trouve quelques madrigaux imprimés déjà en 1585 dans la collection de madrigaux à deux voix de compositeurs de Bari, et d'autres dans la Melodia Olympica (1594) de Phalèse, tandis que ses huit livres de madrigaux à cinq voix ne parurent que de 1609 à 1624, et un volume de madrigaux à quatre voix, en 1631. Bien qu'ils aient eu beaucoup d'éditions, ces recueils sont d'une extrême rareté.

Neri, Filippo (canonisé plus tard), né à Florence le 21 juil. 1515, m. à Rome le 26 mai 1595; se rendit, à peine âgé de dix-huit ans, à Rome, où il vécut dans la retraite monastique et se voua, soit à des études savantes, soit aux soins des pèlerins. En 1551, il fut ordonné prêtre, tint depuis lors des assemblées dans l'oratoire du couvent « San Girolamo » et plus tard de celui de « Santa Maria in Vallicella », assemblées au cours desquelles il donnait des conférences sur l'histoire biblique. Ces assemblées prirent des dimensions de plus en plus grandes, et devinrent une société d'éducation dûment organisée, à l'usage des prêtres séculiers; elles furent confirmées par Grégoire XIII, en 1575, sous le nom de « Congregazione dell'Oratorio ». N. ne tarda pas à demander à la musique un nouvel élément d'édification et s'associa Animuccia, le maître de la chapelle pontificale, qui écrivit pour les assemblées des chants nommés Laudi spirituali. Après la mort d'Animuccia, ce fut Palestrina qui prit ici encore sa place. Ces chants se rapportaient à l'histoire biblique que l'on commentait dans l'assemblée ; ils furent les avant-coureurs de I'oratorio (v. ce mot) dont le nom est notoirement dérivé de l'« oratoire » de Neri.

Neruda,WiLMA.-MARiA-FRANCiSKA, remarquable violoniste, née à Brùnn le 29 mars 1839, ville où son père (probablement un descendant du célèbre violoniste bohème de même nom, au siècle précédent) était organisLe de la cathédrale ; élève de Jansa, elle se produisit d'abord

en 1846 (à l'âge de sept ans) avec sa sœur Amélie (pianiste) à Vienne, puis fit avec son père et ses frère et sœur (un frère, Franz N., est violoncelliste) une tournée de concerts en Allemagne et se fit entendre, en 1849, .à la « Philarmonic Society », à Londres. Après d'autres voyages de longue durée, elle remporta d'immenses succès à Paris, en 1864 ; elle épousa Ludwig Normann (v. ce nom), mais se sépara déjà en 1869 de lui. Elle a été depuis lors à Londres, son nouveau domicile, l'une des artistes les plus en vue, dans chaque « season » ; elle joue, dans les concerts populaires du Lundi et du Samedi (musique de chambre), la partie de premier violon et se fait entendre souvent aussi dans les concerts du « Palais de cristal », dans les « Concerts philharmoniques », les récitals de Halle, etc. Elle épousa, en 1888, Charles Halle. Parmi les femmes violonistes, Mmo N. est sans contredit la plus remarquable ; elle peut rivaliser avec les plus grands maîtres de l'instrument.

Nessler, Viktor-E., compositeur, né à Baldenheim, près Schlettstadt, en Alsace, le 28 janv. 1841, mort à Strasbourg le 28 mai 1890 ; étudia la théologie à Strasbourg et lit, en outre, ses études musicales, sous la direction de Th. Stern. Le succès de son premier opéra, Fleurette, à Strasbourg (1864), l'engagea à abandonner la théologie et à aller à Leipzig achever son éducation musicale. Il devint bientôt chef des chœurs du Théâtre municipal de cette ville, directeur de la société de chant « Samgerkreis », et fut longtemps l'une des personnalités musicales les plus en vogue. Le Théâtre municipal de Leipzig représenta de lui un opéra-féerie romantique : Dornroschens Brautfahrt (1867), une opérette : Die Hochzeilsreise (1867), deux opéras en un acte : Nachhoàchter und Student (1868) et Am Alexandertag (1869) ainsi que d'autres opéras : Irmingard (1876), Der Rattenfànger von Hameln (1879), Der wilde Jœger ( 1881 ) et Der Trompeter von Saekkiugen (1884) ; les trois derniers ont rapidement fait leur chemin sur les scènes d'Allemagne. N. écrivit encore: Otto der Schiitz (Leipzig, 1886) et Die Rose von Strassburg (Munich, 1890). C'était un éclectique, amoureux de mélodie facile, d'allure populaire et mélodieuse ; il avait des connaissances évidentes de la technique dramatique, mais son style manquait d'originalité et de pureté. Ses lieder populaires et ses quatuors pour voix d'hommes eurent aussi presque tous du succès. N. a écrit encore une ballade : Der Blumen Rache (chœurs, soli et orchestre), un double chœur : Sàngers Friihlingsgruss, pour voix d'hommes, un cycle de chœurs avec soli et accompagnement de piano, intitulé: Von der Wiege bis zum Grabe, et quelques chansons comiques bien réussies (Drei Schneider, Frater Kellermeister, etc.). N. a passé à Strasbourg les dernières années de sa vie.

Nestler, August-Julius, né à Grumbach, près Annaberg, le 3 déc. 1851 ; se prépara à la carrière de maître d'école, mais étudia ensuite la musique au Conservatoire de Leipzig (1874) et

NESVADBA.

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